la voie directe

Nisargadatta  Maharaj  entre Advaita traditionnel et Néo-advaita : la voie directe.

1/ présentation de l’advaïta Vedanta

   1.1 historique

   1.2 différents courants

2/ Advaita et connaissance de Soi

   2.1 les différentes approches

   2.2 Concepts et moyens habiles propres au différents courants de l’Advaïta

3/ Jnani yoga et voie directe

   3.1 la voie de l’oiseau.

   3.2 Nisargadatta Maharaj

1/ Présentation de l’Advaïta Vedanta

  

1.1/ Résumé historique et ramification des différents courants

Certaines recherches pourraient faire remonter les premières traces de  transmissions d’enseignements à -6000 avant J-C.

L’écriture Devanagari ( sanscrit écrit) n’est apparue en Inde de l’Ouest que vers -3000 avant J-C. la transmission était donc orale avant cela.

Les Vedas ,ensemble de textes sacrés de l’Inde remontent à -1500 avant J-C.

L’AdvaÏta  peut se définir ainsi : non deux, a = non et dvaita = deux, soit la philosophie de la non dualité.

Philosophie oui , mais expérimentale, d’introspection et de questionnement de la Conscience, et donc de la Conscience que nous avons de nous- même. 

L’Advaïta traditionnel comporte différents courants qui ne s’adresse pas à un m^me public. Il est facile de les opposer l’les uns aux autres. Il peut être interessant de les voir comme des étapes progressives  au fil de la maturation du chercheur. Ainsi l’Advaïta propose des jalons conceptuels et pratiques qui s’adaptent au questionnement d’auto-investigation de plus en plus profond et au final  dépouillé de tout concepts, même de ceux que l’on pourrait qualifiés d’ adventins.

Le mental et la compréhension intellectuelle ne peuvent qu’être limités et ne peuvent donc que pointer vers l’illimité, sans pouvoir l’atteindre. La carte d’un menu de restaurant, ne sera jamais la dégustation du menu lui-même.

L’aboutissement de L’Advaîta, sera son abandon. Mais comme pour l’athlète qui pratiquerait le saut à la perche, lâcher la perche trop tôt serait rater, tout comme y rester attaché serait tout aussi à l’encontre du but rechercher.

1.2/ Ramification des différents courants
1.2.1/ De l’Advaita au sein de l’Hindouisme.

On distingue dans l’hindouisme trois courants principaux:

1 -Nyāya et vaisesika

  •   Nyāya

      

Étymologie: « ce en quoi une chose va à nouveau », règle, norme.

 Attribué selon la tradition à Gautama, 3ème siècle avant J-C. Système philosophique qui traite et explique tous sujets matériels ou métaphysiques.

  •   Vaisesika : fait référence aux  « neuf  substances essentiellement différentes », développé à la suite de Gautama par  Kanada.

2 -Sāmkhya et yoga

  • Sāmkhya 

signifie  « fondé par les nombres »,en référence  aux 25 tattva-s. Il s’agit d’une philosophie dualiste fondée par Kapila. Elle a pour objectif la libération de purusa, conscience non manifesté considérée comme pure des liens qu’elle entretien avec prakrti , conscience manifestée considérée comme impure.

  • Yoga

  Terme qui signifie union. Traditionnellement, selon la doctrine de Patanjali, a pour objectif d’unir la conscience individuelle avec Isvara, la forme manifestée du Divin. Qui dit recherche d’union, dit dualité, bien évidemment. Courant imprégné par certains aspects du Bouddhisme.

3 -Pūrva mīmāmsā et Uttara mīmāmsa

Mīmāmsā signifie « pensée, réflexion profonde » 

  • Pūrva mīmāmsā 

Pūrva signifie « antérieur, premier ».

 S’appuie sur l’étude des textes les plus anciens des Vedas, sur les rituels et les règles de vie. Ce que l’on nomme Karma kanda, sit qui s’intéresse à la partie concernant les actions, les règle de vie. Courant dualiste par essence, de part son point de focalisation.

Paternité attribué à Jaimini, considéré comme un élève de Vyāsa, a qui est attribué la compilation des Vedas.

  • Uttara mīmāmsa

Etymologiquement, plus tard postérieur, mais aussi plus haut, supérieur,.. 

Concerne l’étude des textes les plus récents des Vedas, que l’on nomme les janāna kānda, qui sont principalement les Upanishads, encore nommées le Vedānta.

Bādarayana, l’auteur des bramasūtra  en est le fondateur.

Dans cette école philosophique se distingue trois courants principaux :

  • Dvaita, courant dualiste, attribué au philosophe  Madhva.
  • Advaita, courant non dualiste attribué au philosophe Samkara, qui nous intéresse plus spécialement ici.
  • Visistadvaita, courant nondualiste dit ‘qualifié’, associé au philosophe Rāmānuja. 
1.2.2/ Aujourd’hui  au  sein de l’Advaita contemporain

se distinguent trois courants. 

1 – Traditionnel

Le courant traditionnel s’appuie :

-sur une transmission de maître ( guru) à disciple, sur une étude des textes, sur une pratique de méditation et d’introspection et d’investigation du Soi.

 -sur l’acceptation temporaire, d’un chercheur, existant dans un monde séparé et devant progressé par l’assiduité et l’effort vers la réalisation de sa véritable nature.

Danger:

– d’une confusion entre savoir livresque d’érudition et une véritable réalisation.

-de l’entretien et  la valorisation d’un chercheur spirituel ( ego spirituel), de plus en plus subtil et purifié, mais tout autant séparé de Lui-même par la recherche d’un but à atteindre.

Un chemin progressif, invitant à une progression de vérité relative en vérité relative au fur et à mesure, de la progression et de la maturation du disciple. 

 Une vraie voix dans une relation individuelle de maître à disciple. Un système de croyance et de religiosité quand dispensé aux plus grands nombres sans discernement.

Si bien exposé, amène à une clarification des points principaux sur lesquels reposent l’ignorance

2 -Néo

Dans le Néo Advaita, Tout l’enseignement repose sur le fait qu’il n’y a rien à faire, étant donné qu’il n’y ni chercheur, ni cherché, donc aucune recherche qui vaille. Donc pas de questionnement.

Une non voie qui prend des allures de koans Zen.

La philosophie de base reste la même, mais se retrouve confronter par son approche à un enseignement limité, dont la mise en place même de satsang montre la limite, si ce n’est le paradoxe. 

Très en vogue en occident actuellement.

Peut cacher, chez les occidentaux, une résistance  à établir  une relation de maître à disciple et de s’engager dans une véritable Sadhana. 

Une méconnaissance de la culture indienne et de la relation maître et disciple, ainsi que d’un manque de discernement à ce sujet, laissant place à toutes sortes de dérives et de pseudo – enseignements. Avec là encore une confusion fréquente entre la réalisation véritable du Soi et la répétions de quelques formulations stéréotypes, par une entité bien identifiée à « son éveil »

3 – Voie directe

Une approche dépouillée, s’appuyant avant tout sur la prédestination et la vision que tout est grâce.

Il n’y a que le Soi.

La pratique ne consiste qu’à discerner le faux, pour laisser apparaître le vrai. Tout est déjà là.

C’est une voie de déconstruction . Elle est favorisé par la dissipation  du voile d’illusion  qui permet de laisser apparaître la connaissance sous jacente.

 Repose  essentiellement sur le Jnana Yoga, mais les écritures et la bakti  suivant les enseignants et leur publics  ne sont pas systématiquement rejetés, voir même entretenus, surtout en Inde, et notamment dans l’enseignement de Nisargadatta Maharaj.

Chez Nisargadatta Maharaj, c’est notamment à travers son maître Siddharameshwar que c’est fait cette transition entre voie traditionnel et voie directe ( La voie de la fourmi et la voie de l’oiseau). Les références culturelles et sociales dans les textes anciens restent cependant nombreuses encore chez Nisargadatta Maharaj, beaucoup moins voir plus du tout chez ces disciples occidentaux ( europe, australie, Amérique du nord).  Certains  restant dans une forme d’enseignement très traditionnel, alors que d’autres sont des Néo-Adventins.

Limites et intérêts des supports anciens et nouveaux.

Pour bénéficier d’un réel accès à la sagesse des textes traditionnels, il faudrait pouvoir les lires dans leur écriture d’origines, ou bénéficier de traductions fiables, faites par des traducteurs qui non seulement connaissent intellectuellement ,mais surtout vivent ce qui est évoqués dans ces textes. Connaître suffisamment le contexte social et culturel de l’époque pour pouvoir discerner, l’essence du message de sa gangue culturelle.

Pour ce qui est des supports contemporains, si ils ne font plus aucune référence au contexte spirituel, ils peuvent soit verser dans une connaissance assécher de la dimension du Coeur ,et s’égarer dans un « éveil  personnel ».

Le support de dialogues tirés de satsang, peuvent amener une confusion, en faisant prendre pour vérité absolue, une vérité relative et toute pédagogique que l’enseignant adresse à l’élève pour lui là où il en est. La V,érité n’étant pas accessible, l’enseignement véritable ne sera  qu’une suite de moyenss habiles proposés pour un temps, avec pour seul devenir que de devoir être lâchés  le moment venu. Comme des marches d’un escalier virtuel qui apparaitraient les unes après les autres et qui se dissolveraient une fois empruntées.

L’Advaîta ne s’intéresse ni ne prend en considération les questionnements personnels de bien être ou de ce que l’on appelle aujourd’hui la psychologie ou le développement personnel. 

Même si certains enseignants occidentaux dérivent dans ce qui n’est plus alors la quête de Soi à travers l’Advaîta Vedanta , mais un accompagnement de réconfort psycho-spirituel.

Aujourd’hui nous nous retrouvons confronté, plus au trop d’informations qu’à leur rareté. Le discernement et  la concentration sont donc des qualités souhaitables chez tout chercheur sincère. 

2/ Advaïta et  connaissance de Soi 

2.1 les différentes méthodes d’enseignements

Un questionnement qui part du mental, mais  invite à une remise en question engageant tout les plans de l’être. Le lieu de départ du cheminement sera la situation ou le questionnement présent.

Questionnement sur ce que je suis, sur ce qu’est « Je suis », ma véritable nature.

Questionnement de faits considérés comme établis.

Questionnement de vérités relatives en vérités relatives, jusqu’à  l’Absolu.

L’Advaîta Vedanta propose un certains nombres d’approches ou techniques, ( prakriyā) pour amener une remise en question et un changement de regard sur ce que je crois être.

Ce n’est pas une technique de développement personnel ou de solutions apportées à nos problèmes quotidiens. 

C’est en fait bien plus que cela.

C’est une invitation, à examiner la nature de la manifestation, à questionner la relation entre cause et effet.

Une invitation à explorer l’aspect transitoire  des trois états de conscience.

Il s’agit de l’état de veille ( jāgrat avec son ego visva), du sommeil profond ( susupti et de l’ego endormi : prajna ), et de l’état de rêve ( svapana avec son ego taijasa).

Une exploration qui mène à découvrir le 4ème « non – état », turiya sur le quel les trois premiers s’inscrivent.

C’est en fait à un véritable changement de référentiel qui doit se produire.

Le point de référence est la Conscience sur la quelle défilent les différents états, et non plus un personnage durable qui se réveille, s’endort, rêve.

Cela peut être regarder comme des états  ou fréquences différents de la conscience dans son aspect manifesté. Tout comme l’eau peut tout en restant de l’eau se trouver sous forme de glace, de  liquide, de  gaz.

Drgdrsya prakriya permet de déterminer ce que nous ne sommes pas.

Laisser s’effectuer une sédimentation  des perceptions (objets) au sein  de ce qui les perçoit  le non objet. `

C’est une remise en question des frontières habituellement admises entre moi et le monde., moi en tant que corps, ressentis, idéologies, ect…

La pratique du « Ni ceci, Ni cela », Neti Neti en sanskrit apparait pour la première fois dans les écritures, dans la Brihadaranyaka Upanishad.

Dans l’advaîta traditionnel, ainsi que dans la lignée des Navnat sampradaya , à laquelle appartient Nisargadatta, cette pratique est vivement encouragée. Elle se base sur la remise en question des 5 enveloppes (Pañca kosa prakriyā)  détaillée dans la Taittriay Upanishad).

Remise en question de l’identité au corps. ( Anna maya kosa ) qui correspond au règne minéral.

Remise en question de l’identité au souffle vital ( prana maya kosa) qui correspond au règne végétal.

Remise en question de l’identité au mental instinctif,( fonction mental inférieur et organes des perceptions, manas, appelé Mano maya kosa), qui correspond au règne animal.

Remise en question de l’identité au mental supérieur ,( buddhi) ( inclus la part  qui inclus la fonction intuitive  (vijñana- maya- kosa.  Qui est le ‘ corps’ qui amène le stade humain avec le questionnement , la remise en question métaphysique et spirituelle.

Remise en question de l’identité  à l’état de félicité, corps de félicité ( samahdi), Ananda maya kosa) qui est encore un état  lié à l’identification à ce corps.

Ces corps qui constituent traditionnellement les cinq enveloppes autour du Joyau.

Reste alors le Joyau lui-même sans qualificatif. Ne peut être décrit ( sinon , ce serait encore un objet).

Je ne pourrais qu’en faire des descriptions qui ne seront jamais plus que des pelures d’espace et de temps de mon Indicible.

Cependant, une fois cette démarche réellement menée à son terme et réalisée,  l’ étape suivante sera de voir que rien de ce qui semblait ne pas être Cela, ne peut en fait qu’être Cela.

C’est le bhūmān au delà de l’attachement au corps de félicité. Etape ultime de l’advaita vedanta et de toute quête véritable.

« Voir que je ne suis rien c’est la sagesse, voir que je suis tout c’est l’Amour. »

 Nisargadatta Maharaj

Pour beaucoup de scientifiques, la conscience apparait à partir d’un certain niveau d’évolution de la matière vivante.

Alors que dans l’Advaita Vedanta, l’ensemble des questionnements va permettre  à celui qui s’y implique réellement de constater de première main qu’il est bien en tant que Conscience antérieur à toutes disparitions et apparitions.

Cela amène à la remise en question d’un « je » autonome qui aurait autorité et responsabilité de penser et d’agir.

Les objets animés par la conscience, semblent avoir leur propre conscience. Comme l’évoque l’exemple d’ un métal brulant plongé dans le feu , qui en acquière toutes les caractéristique ( lumière, chaleur,) mais qu’il perdra avec le temps quand on l’en ressort.

Pensées, sensations physiques font expérimentés un dualisme relatif de par les formes passagères de perceptions et sensations qui se suivent spontanément.  Une invitation à laisser faire cette apparence qui va et vient.

Un autre aspect important à signaler: Ne pas lutter contre la force d’identification, mais voir sa relativité. Cela suffit avec répétition ou soudainement à se replacer en Soi momentanément ou durablement.

A l’inverse toute volonté de changement, d’amélioration ou de répression ne fera que renforcer la croyance en cette identité. Seul l’ego peut vouloir détruire l’ego. ( pour être un ego libérer de l’ego!!!!!). Même si temps que l’identité à un « je » séparé est là, c’est paradoxalement celui-ci qui semble prendre part et même agir dans le sens d’une libération.

Rapidement la reconnaissance de ce que je ne suis pas, permet de m’abandonner à ma véritable Volonté. Celle que je nomme la Sienne , tant que « je » m’en tient séparé.

Cela demande à dépasser le formatage habituel des sens et du mental qui se focalisent en permanence sur tout ce qui changeant, ( instinct de ‘préservation’ du corps mental) jusqu’à en faire oublier l’Immuable Réalité.

En fait, c’est  la seule Conscience qui peut poser la question de ‘Qui-suis -Je?’.

 Pas d’autre n’existe et aurait cette capacité, la mise en scène de Soi, à travers le monde est ce questionnement.

Quand le mécanisme d’identification n’a plus lieu,  l’unité est tout, même la séparation apparente, qui perdure alors juste dans son aspect naturel, fonctionnel.

2.2/ Concepts et moyens habiles propres aux différents courants de l’Advaïta

Concepts d’acteur et de libre arbitre. 

Dans l’Advaita traditionnel, ceux sont les gunas, qualités que possède la conscience pour se manifester qui de par leur mélange particulier propre à chaque manifestation, donne un comportement qui semble particulier et individuel.

Pour la Conscience se vivant sur une fréquence d’identification, l’ensemble des facteurs conditionnant le comportement et l’environnement, appelés karma et samskāra, sont des facteurs individuels de mérites ou d’invalidations  en fonction d’ actions antérieures dont la conscience identifiée, ( l’individu, le jiva ) serait responsable. Pédagogiquement  et selon les écoles, la réalité d’une conscience individuelle peut être validée plus ou moins longtemps suivant le stade de compréhension au travers chaque être de manifestation.

Un des aspects puissant de l’enseignement de l’Advaita, sera de pointer sur l’absence d’acteur, non pas que d’une façon intellectuelle, mais d’inviter  à une observation subtile de l’absence de tout véritable acteur, qui n’existe que par le phénomène d’identification de la conscience à une partie de sa manifestation , créant ainsi un « autre ».

Il s’agit d’une invitation à rester dans une place de témoin, de spectateur des différentes actions, perceptions, sensations. Voir que je suis ce qui ne change pas, ce qui ne bouge pas, ce qui assiste au défiler des changements permanents. Cela quelque soit parmi les cinq kosa-s celui qui serait le plus concerné.

Quelques éléments de clarification sur les notions de Maya et de karma.

 

Quand la Conscience se manifeste. Toujours pédagogiquement, onconsidère qu’elle se déploie en deux aspects:

Purusha devient témoin et prakriti s’oublie dans la manifestation

 Prakriti se manifestant au travers des 3 gunas, statva, rajas et tamas

Comment clarifier la notion de karma ( en) sanskrit signifie: action, travail, rite, résultat.

Dans le Vedanta, il désigne l’action, mais aussi la destinée, mais aussi le comportement à adopter dans la société.

Entre croyance religieuse et moyen habile d’enseignement.

L’enseignement est sensé mener à son extinction. . Dans le véritable enseignement cette extinction du karma, ce fait par l’extinction de la conscience individuelle à qui il s’appliquait avec son rôle d’éducation par la carotte et le bâton .

Le karma est le fruit de vasanā (s), que l’on pourrait définir comme des patterns ( colorations) mentaux, qui vont induire tel ou tel types de comportements. Elles sont elles-mêmes produitent par le samskāra .

Le samskara, pourrait être défini comme une impression, une programmation  faite par les comportements précédents, une sorte de  mémoire comportementale.

Traditionnellement , il est distingué trois aspect du samskara.

Le samcita samskara, qui provient de « vie passée », l’occidental pourrait y voir des comportements de mémoires transgénérationnels, ou génétiques, des imprégnations psychologiques d‘éducations de la petites enfances.

Le prārabdha samskara lui se réfère aux  conditionnements plus actuels, d’expériences nouvelles, peut permettre suivant la clarté de conscience de mener ou non à la réalisation de Soi. N’étant plus lié à une individualité, il peut ou non disparaître du temps de la manifestation corporel.

Le troisième samskara, gamin samskara, crée les conditionnements futurs, par manque de clarté de la conscience.

Il existe traditionnellement trois types de prārabdha Samskara:

  • icchā prārabdha :

    Signifie désiré personnellement, pour la conscience réalisé, il n’a plus place.

  • anicchā prarabdha:

   Signifie sans désir ( personnel), dans le cas de la conscience réalisé, action mené pour le bien de l’unité, il n’y a plus d’autres.

  • parecchā prārabdha:

    Signifie dû  au désir de l’autre. Ne provient pas d’un désir personnel, qui ne peut plus avoir de moteur, mais d’une participation à un désir provenant d’une conscience identifiée. Cela concerne les actions de fonctionnement en socoiété, la vie rationnel et mondaine.

En réalité, pour la Conscience réalisée, il n’y a ni passé, ni présent, ni futur. Juste le jeu instantané des gunas en Son reflet d’espace et de temps.

Il ne peut donc pas non plus y avoir place pour la mort. Il y a juste apparition et disparition de reflets spatio temporels , qui semblent plus ou moins durable, au sein de la Conscience immuable.

Concept du libre arbitre  à la lumière de l’Advaita Vedanta.

La réalisation du Soi demande-t-elle d’ être libre de tout conditionnement , samskara. L’advaîta y répond de différentes manières suivant les courants qui le compose.

Tant que l’enseignement s’adresse à une conscience en mode très identifié et personnifié, les notions de karma, samskara et vasana-s vont être considérés comme des qualités et caractéristiques personnelles. 

A ce stade différentes façons d’enseigner sont proposées :

Dévotionnel, appel de la grâce.

Yoga , travail de purification.

Jnani yoga , yoga de la connaissance.

Méditation non intentionnelle ou directive, présence à l’état naturel.

La maturation se fait, comme une brume qui se lève.

Le mental trouve là ces limites dans le jeu des paradoxes.

Il ne peut il y avoir d‘éveil personnel, seul la Conscience s’éveille à elle – même dans son aspect de manifestation. Tout est Conscience, tout est déjà éveillé.

Du point de vue de la Conscience éveillée à elle -même, il n’y a aucune action qui puisse être considérée comme personnelle ou volontaire.

S’élève en Soi, le jeu de la création, ( prakriti)  de l’action ( karma, par  l’interaction des gunas entre eux, et de l’expression spatio-temporelle des mémoires( samskara) et patterns de manifestations (vasana)).

Purusha est l’aspect de la conscience inconditionnée, témoin.

Prakrti, la conscience dans son aspect de manifestation ( karma, vasana, samskara, gunas, sont ces moyens de manifestations).

Ultimement, rien est à choisir, rien n’est à libérer.

Cela sera dans un premier temps entendu à travers les enseignements, comme la sonnerie insistante d’un réveil.

Puis le processus de réveil lui-même se fera par une assimilation, une actualisation de cette information .

Puis la pleine réalisation, la pleine lumière  s’éclairera dans tous les aspects de sa manifestation.

Juste assister en tant que conscience témoin sans attribut ( purusha) au jeu de notre propre manifestation (prakrti) ,

Au sein de ce qui ici n’est jamais né..

Sous ce regard, nombre de concepts s’effondrent sur eux-mêmes, tels que la recherche de bonheurs temporels, le but, le sens de la vie. L’Advaita dans ses enseignements les plus avancés invitent à la libération de tous les concepts, jusqu’au dernier. 

Quand il n’y a plus de concepts qui s’intercalent entre Soi et Soi, la réalisation véritable aboutit.

Tout est vu comme l’expression de la Conscience. Tout ce qui semblait devoir être atteint à l’extérieur, est le reflet spatio-temporelle ( passager) de cet ici intemporel qui ne connait ni le manque ou le besoin de complétude.

Qui aimer quand il n’y a que( le) Soi. 

Oubliés les romances, les histoires de quelqu’un de spécial!

Se retrouver et se connaître dans l’unité aux multiples facettes.

C’est la fin de la quête, la fin de l’attente, la fin de la plainte.

Le bonheur véritable pourrait être défini comme une absence de désir, une libération de la dépendance au plaisir, la cessation de la dualité sujet-objet . 

La réalisation de la réalité, c’est à dire qu’il n’y a ni individus séparés ni monde annihile toute notion de but à atteindre. 

Avant cela , le seul est dernier but sera la réalisation du Soi.

 

Ignorance et connaissance

La définition la plus simple de l’ignorance ( avidyā) : fait d’ « oublier »  le Soi, notre essence et de s’identifier au corps, à l’intellect ( formation de l’ego, jiva qui n’est fait que de conscience, (Atman)) et de se vivre en tant que quelqu’un de séparer d’un monde dans lequel il vit.

Jiva correspond à la conscience séparée , identifiée ( l’âme chez les chrétiens).

Bandha, désigne cette auto -emprisonnement.

L’Atman voilé (upādhi) par l’ignorance (avidyā), se retrouve à l’état de Jīva. Il s’agit d’un auto -emprisonnement (bandha).

Un upādhi est quelque chose qui semble voiler en apparence, sans pouvoir le faire véritablement.

Cela est évoqué sous les deux aspects de la maya.

D’une part le pouvoir de cacher (āvarana) et d’autre part  de projeter un monde illusoire (viksepa).

Comme l’obscurité nécessaire à la projection d’un film.

Le film, l’histoire se trouve alors projeté sur le Soi immuable , comme un film est projeté sur écran.

Ce phénomène de surimposition est appelé ( adhyāsa).

Traditionnellement, il est distingué deux  levées de l’adhyāsa:

 – soit quand la méprise est reconnu, l’illusion disparait totalement ( Nirupādhika adhyasa) . C’est très classiquement l’image de la corde et du serpent.` Quand la corde est prise pour un serpent, elle suscite la peur, quand elle est vu pour ce qu’elle est , la peur disparaît.

  • Soit quand la méprise est reconnu  et que  l’illusion continu d’être «  fonctionnelle » dans le quotidien, le levé et le coucher du soleil, en est un exemple, même si aujourd’hui tout le monde sait qu’il ne se lève, ni ne se couche en réalité.

Cela pointe en même temps un aspect souvent source de confusion dans le processus de clarification sur la voie de l’AdvaÏta Vedanta. Entre l’enseignant qui parlera du point de vue d’une vision de la réalité non-duelle et de celui qui reçoit l’enseignement, encore tout empreint d’un vision voilée par des concepts de dualité, laissant place à des incompréhensions et des confusions de mélange de ces points de vue.

Les notions de satyam et de mithya qui s’applique à la conscience ( brahman) peuvent apporter un complément d’ éclairage.

Satyam est vérité, ce qui est inéchangeable par le passé, le présent et le futur.

Mithya est vérité relative, le pot fait d’argile, la forme passagère. Un objet qui est vu séparé.

La connaissance  est apportée par la transmission, les enseignements, l’auto investigation, et au final toujours par la grâce, c’est à dire la levée du voile sans que personne ne puisse le faire.

Ce n’est qu’une étape puisque la connaissance qui n’existe que relativement par rapport à l’ignorance, sera elle aussi abandonnée, une fois son rôle de moyen habile utilisée.

Ne pas oublier que la connaissance est aussi (mithyā).

Le monde manifesté est appelé vyavahāra, changeant continuellement. Il ne peut être considéré comme réel; la seule réalité est  paramārtha. Elle est seule et unique , aussi vyavahāra en fait partie. C’est la un paradoxe est pas des moindres.

Quand on parle de connaissance, dans l’advaïta, il faudra distinguer la connaissance objective ( la somme des savoirs et connaissances mondaines, un catalogue d’informations), de la connaissance qui va amener à la reconnaissance du Soi. 

Le terme pour désigner ce type de connaissance est (Pratipādya- pratipadaka sambandha. Pratipādya signifie ce qui doit être révélé et pratipādaka ( ce qui révèle) ,Sambandha, lien entre le sujet étudié et l’objectif.

L’expérience directe seule , souvent ne suffit pas, la somme des croyances peut continuer à jouer son rôle d’obscurcissement. Ce sera le rôle des enseignements et des textes de clarifier et de laisser se dépouiller la conscience du jiva ( conscience identifiée) de ces limitations  et fausses identifications (et non pas d’en rajouter d’autres). Au final , tout concept devra être lâché, ou tout au moins, vu pour un concept et non pas la Vérité. (rappel de l’exemple du levé et du coucher du soleil).

Le fondement même de l’advaïa est que la vérité ne peut être évoquée ou décrite puisqu’elle n’est pas du domaine du sujet et de l’objet. Elle peut être pointée, désignée, ce constat se nomme tatastha laksana. 

Toute quête prend place dans l’état de veille, et les enseignements se font  donc depuis ce point de vu relatif , et non réel ( temporaire).

 Ils ne peuvent donc mener au Réel, juste lever les voiles qui semblent poser. Mais cela suffit puisque tout est déjà là, parfaitement.

Même Sat ( existence) – cit ( la conscience) -Ananda  (félicité), ne sont encore que des qualités relatives de l’Absolu, perçues et évoquées depuis cette état de veille.

Dans l’advaïta traditionnel ainsi que dans la voie directe , l’élève va être amener à cheminer de vérité relative en vérité relative, chacune remise en question quand la compréhension par l’expérience se fait plus subtile .

Cela est appelé adhyāropa-apadāva.

Cela est complété par  le Neti-neti, pratique du dépouillement  et de la discrimination par le « faux »..

Jusqu’ à l’akhandākārā , la réalisation du Soi. La fin de l’ignorance du  Soi, par dissolution du « faux-Soi » , le jiva. Il n’y a plus alors que Brahman.

Nisargadatta Maharaj établi une distinction importante en la foi et la croyance.

La foi est une intime conviction , qui est en fait un appel de ce qui est déjà là. La croyance est une surimposition toujours limitante sur la Réalité.

Le véritable renoncement, tyaga, n’est pas un renoncement aux biens matériels, mais aux fausses connaissances.

    

Engagement et pratiques sur la voie de réalisation du Soi.

Divergence entre Advaita traditionnel, voie directe et néo-Advaita .

Tous sont d’accord sur l’essentiel, il n’y a pas d’ego séparé, donc pas de volonté séparé. 

Notre nature véritable est déjà la seul réalité.

C’est la manière de l’appréhender et de le transmettre qui est différente, d’un coté prise en compte de la situation de jiva dans un souci pédagogique , de l’autre (néo-advaïta) aucun compromis.

L’advaïta n’est pas une voie d’acquisition, mais l’accompagnement  d’un mûrissement naturelle. 

Un retournement de ce qui est cherché vers ce qui cherche, du spatio -temporel à l’intemporel. 

La sadhana est nécessaire tant que la sensation de quelqu’un  qui puisse agir est là, mais qui doit aussi à un moment être vu comme le dernier obstacle qui entretien le chercheur.

Le Soi n’est pas intermittent, Il est, avant même d’être.

Quelques confusions fréquentes dans cette approche:

Ne pas confondre éveil et expérience valorisante pour un égo spirituel.

Ne pas confondre expériences mystiques ou états particuliers de conscience et éveil.

L’éveil est la levé du voile sur notre état naturel immuable et intemporel.Toute expérience est temporel. L’éveil ,c’est arrêt de toute identification aux expériences et la réalisation d’être le témoin de toute expérience.

Du point de vue de l’Advaïta traditionnel, le jiva agit pour dissiper l’ignorance.

Du point de vue de la voie directe, cet aspect est purement pédagogique.

Du point de vue du Néo -Advaîta, rien ne peut être fait, puisque le jiva lui-même est une illusion.

L’obstacle n’est pas la recherche, puisque en faites il s’agit d’un mouvement de la Conscience en elle-même, mais de l’identification au chercheur, à l’égo spirituel.

Ce n’est quand dépassant la dualité que  la plus juste formulation peut être trouvé.

Il pourrait se dire ainsi que l’effort, la persévérance du jiva sont la manifestation spatio- temporelle de la manifestation de la grâce de la Conscience, de Brahman.

Entre en jeu le paradoxe: tout progrès spirituel est une illusion, et pourtant pour la plupart des êtres, un cheminement spirituel prendra forme et permettra de se dépouiller des voiles et illusions, y compris ceux de toute  progression spirituelle. Une fois toutes les illusions tombées, reste ce qui ne peut être enlevé, Cela !

Qualités indispensables que le disciple, chercheur ou élève quelque soit le nom qui lui est donné, se doit de développé, (si il peut agir!!!)  :

  • Le discernement ou discrimination ( viveka).
  • Le désintérêt pour les objets du monde, l’absence de passion pour tout autre que la quête du Soi( vairāgya).
  • La renonciation. (samnyasa). La renonciation la plus importante et effective est intérieure, d’un véritable détachement, au possession, au rôle, au savoir, à tout image de soi et de Soi.
  • L’éducation des sens et de l’esprit pour en faire des outils au service de la quête du Soi. ( ( samādi satka sampatti)
  • Samādhāna , contemplation, méditation profonde.
  • Sraddhā, la confiance la foi dans l’enseignement, le guru ( Nécessaire avant  qu’un contact intérieur puisse être opérant).
  • Mumuksutva, le désir d’atteindre la libération plus que tout autre.

Le moment venu, ces qualités devront elles aussi être vu comme non personnelles.

Les yogas, ou pratiques qui visent à la dissolution du jiva dans l’atman.

Karma yoga – bakti yoga – jnani yoga – raja yoga

Le terme yoga , signifie, joindre , unir. Cette union est celle de la conscience identifié e à sa Source non identifié, di jivatman à l’atman.

Il y a plusieurs façons de concevoir chacun de ces yogas et  leur inter relations et complémentarités.

Tous ont le même objectif: purifier et préparer le jiva à sa dissolution.

Au final l’eau se redissoud dans l’eau. Il n’y a pas d’autre Source , d’autre Atman que Soi (-même). Il n’y a qu’un Soi.

Karma et bakti yoga peuvent être en cela aussi considérés comme préliminaire  au Jnāna Yoga.

Ils ont pour vocation de recentrer l’attention sur un seul point (ekagratā).

 Ceci par une dévotion constante par le Bakti yoga, par une action, sans acteur intéressé des bénéfices de son action, dans le karma yoga. Faire ce qui se présente et non ce que « je » veux faire.

Dans les vedas ne sont considérés que le karma yoga , pour les personnes impliqués dans la vie active et le jnana yoga.

Du point de vue  de l’ advaïta ,seuls les bakti, karma et raja yoga-s s’adressent au jiva, la conscience identifiée, le jnana yoga permet le switch dans la conscience une par la levée du voile des fausses croyances sur notre nature unifiée.

Traditionnellement , il est fait mention de trois étapes que l’on pourrait comparer  à un repas.

Premièrement l’ingestion, sravana, qui consiste à écouter les enseignements.

Suivi de la phase de digestion ,d’intégration, manama, idéalement avec l’accompagnement  et l’interaction d’un guide, maître, guru.

Puis la phase de métabolisation et de réalisation de cet enseignement, nididhyasana. 

Cette voie était réservée aux disciples déjà prêts ou avancés sur la voie, ils sont nommés les adhana ādhikarī.

Il est ici important de préciser que  Cela que que nous sommes véritablement n’est pas concerné par la concentration ou l’agitation du mental,. Mais cela ne peut être véritablement appréhendé que quand un véritable retour à Soi s’est déjà effectué.

Autres pratiques au service de la réalisation du Soi:

  • La méditation :
  • Avec récitation d’un japa, l’attention se tournant progressivement sur les espaces entre le japa, ceux-ci augmentent et laissent la place à la conscience pure.
  • Sur une représentation d’une déité, du guru , étape vers le Soi.
  • de type pleine conscience: observation de ce qui est permet peu à peu de prendre conscience de ce qui est toujours tranquille, immuable et aucunement perturbé par l’ensemble des mouvements incessants. Les pensées passent et ne sont nullement dérangeantes, le ’je’ est aussi vu comme un ensemble de pensées et voit son statut passé de réalité à une forme illusoire.
  • Enseignement par le Silence, (Dkshinamurthy ( daksināmūrtī), qui représente le Dieu Shiva en tant que Guru est le représentant de la transmission en silence).
  • Stasang, le satsang ultime est la présence à Soi. La vie est Satsang. Un discernement entre les différents types de Satsang proposé aujourd’hui en occident est bienvenu, ils sont parfois plus proche d’ un  rassemblement bienveillant de psycho- spiritualité, que d’une véritable guidante vers la réalisation du Soi.
  • Atma vicara, l’investigation du Soi.  UnProcessus mis en avant et rendu « populaire » par Ramana Maharshi. Surtout pas de réponses toutes faites, à chaque fois, une invitation à redécouvrir, sa véritable nature, une fois débarrassée des fausses identités. Rien a créé, se défaire  de l’identification à ce qui est créé et passager.

Pour terminer quelques invitations à méditer sur ces quelques concepts qui n’ont d’autres utilités que d’être des moyens habiles, dont il faudra se dépouiller le moment venu : 

– De la différence entre les états de consciences et expérience ( liée au temps et à l’espace, et donc éphémère ,et la réalisation de la réalité intemporelle, immuable qui de ce ‘ non fait’  est un non état.

 -Du’ témoin ‘, moyen habile, qui devra aussi être abandonné, au risque de rester dans une identification duelle du témoin et de ce dont il est le témoin. Il permet cependant de faciliter les identifications de bases ( corps, pensées , concepts).

 – De la non causalité de l’univers perceptible.

La création de l’univers est maya, sans début ni fin  puisque c’est par elle que ce crée le temps.

Il s’agit encore et toujours d’un concept pédagogique qui devra être abandonné en son temps;

 Tout comme  līlā, le ‘ jeu’ du divin. Une façon de présenter la création et le monde impermanent comme une distraction, un jeu. Cela sous entend sans rien à acquérir, à réussir ou parachever. Comme l’enfant et ses jeux. Vivre la vie sans pourquoi.

Au risque de verser dans un solipsisme, voir l’irréalité du monde, c’est voir aussi et surtout l’irréalité du « je ».

« Voir que je ne suis rien ,c’est la sagesse. Voir que je suis tout , c’est l’amour. » Nisargadatta Maharaj

Le fondement même de toute vision non-duelle est qu’il n’y a pas deux, tout est Un, tout est Brahman, Tout est Cela.

Le rien  doit être retrouvé pour s’emplir du tout. Il s’agit de deux aspects encore conceptuels qui se fondent dans l’unicité. 

OM.

Cela est plénitude.

Ceci est plénitude.

Cette plénitude-ci est issue de cette plénitude là.

Lorsque cette plénitude- ci est enlevée à cette plénitude- là, seule demeure  la plénitude.

Introduction de  l’Isba Upanishad  – sāntiti-Pātha ( prière de la paix)

« Le point de vue ultime est qu’il n’y a rien à comprendre, ce qui fait que lorsque nous essayons de comprendre, nous nous complaisons dans des acrobaties mentales.

Quoi que vous ayez compris, vous ne l’êtes pas. Pourquoi vous perdez-vous dans des concepts? Vous n’êtes pas ce que vous savez, vous êtes le connaisseur. »

Nisargadatta Maharaj

Prior to consciousness, jean Dunn Acorn press.

3/ Jnani yoga

Qu’est-ce que la connaissance du point de vue de l’Advaita traditionnel et du Jnani Yoga.

Dans l’enseignement de Samkara, c’est la connaissance seule qui est libératrice.

Encore faut-il définir ce qui est entendu par connaissance dans la démarche de connaissance du Soi dans l’Advaita Vedanta dans son ensemble est ici plus particulièrement tel que l’évoque Samkara .

Il  distingue deux types de connaissance, l’une objective qui pourrait se définir aussi par un savoir, l’autre celle qui a toute son attention, qui est considérée comme la véritable connaissance est la connaissance directe, sans sujet, ni objet et non discursive: la connaissance du Soi. Une connaissance qui n’est pas objectivable. L’évoquer, oblige à en parler d’un point de vue duel, où seul l’art du paradoxe permettra de ne pas la chosifier, et d’en évoquer seulement un parfum, une direction.

Cela ne l’a pas empêché de partir dans de longues diatribes et joutes verbales, qui étaient en fait aussi à l’époque le moyen privilégié d’enseigner et de transmettre les enseignements.

La connaissance, qui nous intéresse ici, est donc une connaissance au delà de la connaissance. 

Une lumière qui s’éclaire de sa propre lumière, dans une instantanéité, une immédiateté, car libre des contraintes de la manifestation spatio- temporelle. 

La connaissance inconditionnelle peut sembler au départ voilée .

 Aussi une clarification du mental, que l’on pourrait appeler connaissance déconstructive ou de clarification, en opposition à une connaissance d’accumulation de savoirs est souvent nécessaire. Il s’agit d’ un délestage des faux concepts.

 L’ advaïta traditionnel, tout comme la voie directe font reposer leur pédagogie de révélation, sur l’utilisation de concepts passagers qui seront ensuite invalidés le moment venu, pour laisser place à d’autres et ainsi de suite, jusqu’à la révélation de la nature non conceptuelle de l’Absolu.

3.1 transmition de maître à disciple dans la Navnath Sampradaya

La Navnath Sampradaya est une lignée ininterrompue de transmission de maîtres à disciples.

L’enseignement y est transmis de manière traditionnelle, mais sans toujours reposer sur les textes « canoniques », pour des raisons de languages. Nisargadatta, comme son maître Siddharameshwar font souvent références à la sagesse de textes plus spécifiques de la culture marathi.

Le Marathi étant la langue lue et parlée par Nisargadatta Maharaj, Siddharameshwar, et Bhausaheb Maharaj( le guru de Siddharameshwar).

Sri Siddharameshwar a donné une orientation encore plus directe à la façon de transmettre l’enseignement de vérité de la lignée en axant encore plus la transmission sur le jnani yoga et sur le bhakti yoga.. Il a lui-même intitulé cette façon d’enseigner la voie de l’oiseau ( Vihanga Marg),

 Pour la différencier de la voie de la fourmi ( pipilya Marg), tel qu’il l’avait reçu de son maître , sri Bhausaheb Maharaj. Comme le vol de l’oiseau, l’enseignement va  directement  à son objectif, la réalisation de la nature du Soi. Elle est basée sur une écoute et une foi sans faille dans l’enseignement du maître et sa mise en application directe, par une pratique d’ introspection visant à valider ces enseignements et les rendre opérants.

S’y retrouve toujours la progression de l’enseignement de vérité relative en vérité relative, au fur et à mesure de la maturation de la compréhension du disciple. 

Dans le même temps est annoncé  d’emblée que le chercheur est déjà ce qu’il cherche derrière la confusion d’identification.

« Je ne parle que de vous. Trouver votre véritable nature est la chose la plus facile qui soit, car vous l’êtes déjà. »  Siddharameshwar  Maharaj

3.2 Nisargadatta Maharaj

Nisargadatta Maharaj, fidèle disciple de Siddharameshwar appartient donc à cette même lignée de la Navnath Sampradaya, tout empreint de la façon d’enseigner de Siddharameshwar.

Une approche qui comme nous l’avons vu précédemment, fait référence aux écritures et pratiques traditionnels, mais repose avant tout sur l’enseignement direct de Guru (maître ) à disciple.

En toute liberté et spontanéité et suivant la maturité de son auditoire. Ces propos peuvent être tout aussi bien considérés comme très traditionnels , comme  à d’autres moments plus néo-advantins que les contemporains du genre. 

Il est cependant considéré comme un enseignant de la voie directe de l’advaïta.

Le Jnani Yoga, ou Yoga de la Connaissance est un des piliers principaux de l’enseignement de Nisargadatta.

Le Jnani , par opposition au Jiva, est celui qui a la Connaissance. Connaissance de sa véritable Nature.

 Connaissance qui fait disparaître toute illusion d’un individu  »connaisseur.

Le jiva est alors à considérer non pas comme un individu séparé, mais comme une expression spatio temporelle de la Conscience sous une forme identifiée à un corps- mental, et donc séparée d’un monde qui lui semble extérieur.

Le Jnani, ou sage d’un point de vue d’une représentation spatio temporelle, est celui qui a connaissance  de sa nature non objectivable. Il s’agit en fait de la Conscience dans son état de non identification. Conscience consciente d’elle -même avant tout représentation. « Je suis ». Brahman. 

Brahman, Dieu, la Conscience apparaisant au Coeur de parabhraman, l’Absolu.

Aujourd’hui nous avons comme grâce de ses enseignements, des traces écrites ou audio de ses satsangs réguliers. 

Ne s’en tenir qu’à la lecture de ceux-ci, reviendrait à lire la carte de menu d’un restaurant , s’en y entrer. 

Bien sûr quelques hésitations peuvent se faire de franchir ce seuil , quand  il est de notoriété que celui qui y entre , sera certe à une place de choix, mais pas celle qu’il croyait.  Il sera mâché, cuit cuisiné et mangé……Il n’en ressortira pas, et c’est tant mieux! Il se réveillera et se révélera ainsi  à nouveau, comme depuis toujours à Lui -même.

La bhakti, aspect dévotionnel de la transmission est un autre pilier de l’enseignement de Nisargadatta. Cette aspect de la transmission est la force de réalisation qu’il génère est beaucoup moins familier au public occidental. Beaucoup d’enseignants contemporains ont aujourd’hui laissé de coté cette aspect. Il est évoqué sur ce site à  la page dédiée aux enseignements.

 Pour la suite de cet article  rendez-vous est donné sur la page Enseignements

 

N-b :Vous trouverez de plus amples références et développements des sujets abordés dans les ouvrages qui se trouvent à la page Livres.