Navnāth sampradāya

représentation symbolique des premiers sages fondateurs de la Navnāth sampradāya.

 

Présentation

L’origine de la Navnāth sampradāya prend sa source au frontière de l’intemporel, là où la mémoire se fait plus mouvante et se mêle à la symbolique.

Elle prend racine dans une évocation  plus mythologique qu’historique du sage Dattātreya. Celui-ci  initia 9 autres sages, ce qui donna le nom de Navnāth sampradāya, ( l’assemblée, la lignée des neufs sages, des neufs victorieux.).

Les filiations plus certaines remontent cependant au 7ème siécle avec  Revananāth, qui serait un de ces neufs sages et fondateurs de la lignées.

Quoi qu’il en soit, le fil conducteur de cette lignée est une transmission ininterrompue,  de maître à disciple, de la réalisation du Soi, par une reconnaissance de la source intemporelle de l’être.

Comme dans toute lignée, il s’y constitue des embranchements, ou sous- lignées, ainsi que des embrassements avec d’autres courants spirituels ou philosophiques qui viennent enrichir le courant principal.

La lignée à laquelle  Nisargadatta Maharaj se réfère s’appelle  l ‘Inchagiri sampradāya.

Cette ramification plus particulière remonte à Shri Bhausaheb Maharaj ( le Guru du Guru de Nisargadatta Maharaj, voir ci-dessous), elle porte aussi parfois le nom de Nimbargi sampradāya, en la faisant remontée au Guru de Bhausaheb Maharaj, qui s’appelait Nimbargi Maharaj ( ou  encore Guru Lingajangam).

Les dénominateurs commun à l’Inchagiri sampradāya

sont:

_ La primauté du Soi inconditionné, comme identité de reliance de ces membres. Quelles que soient les règles et limitations sociales des époques envisagées, l’appartenance à la Navnāth sampradāya se faisait par la reconnaissance du Soi, comme la véritable nature de tout être et tout au moins par un désir authentique et profond de la réaliser.

_Hommes et femmes peuvent donc être maître et disciple.

_Castes, conditions sociales et même courants spirituels ne sont pas des critères déterminant l’appartenance.

_ Selon les époques ,une initiation pouvait être donnée, avec  la transmition d’un mantra.

 

Ces différents facteurs ont donnés à cet enseignement une prédisposition à être transmis à la fin du siècle dernier vers un auditoire occidental en recherche d’un nouveau souffle spirituel authentique et compatible avec  le mode de vie de notre époque.

Dans cette lignée, l’enseignement n’attache que très peu d’importance à  la manière de se comporter au quotidien. Les indications de cet ordre ne seront que très anecdotiques, et s’adressent à ceux qui pourraient en avoir le besoin, et à eux seuls. Les conseils délivrés ne concernent alors que l’époque et la situation individuelle du questionneur.

Nisargadatta Maharaj se refusera presque toujours à entrer dans ce genre de requête, d’autant plus que ces jours physiques étaient comptés. Il ramène chaque auditeur constamment vers le coeur de l’enseignement, à savoir la reconnaissance de sa nature inconditionnée, le Soi.

De cette reconnaisance découlera ensuite un comportement fluide et spontané, reflet d’une vision unitive du Soi et du monde manifesté. Nul besoin alors de régle de conduite.

Dans le recueil  » je suis », Nisargadatta Maharaj évoquait ainsi la lignée :

N.M: On nous appelle collectivement ‘ les Neuf Maîtres ‘. La légende veut que notre premier maître fut ṛṣi Dattātreya, la grande incarnation de la Trinité : Brahmā, Viṣṇu et Śiva. Même les «  Neuf Maîtres » (Navnāth) sont mythologiques.
Q: Quelle est la particularité de leur enseignement ?
N.M: Sa simplicité, aussi bien en théorie qu’en pratique.
Q: Comment devient-on un Navnāth ? Par initiation ou par succession ?
N.M: Ni l’un ni l’autre. La tradition des Neufs Maîtres (Navnāth pamraṃparā) est comme une rivière – elle s’écoule dans l’océan de la réalité et tous ceux qui y entrent sont emportés par le courant.
Q: Cela implique-t-il d’être accepté par un maître vivant appartenant à la même tradition ?
N.M: Ceux qui s’appliquent à la sādhanā  de la concentration du mental sur «  je suis » peuvent avoir le sentiment d’une relation avec les autres qui ont suivi la même sadhana et qui ont réussi. Ils peuvent décider d’exprimer leur sentiment de parenté en s’appelant Navnāth. Cela leur donne le plaisir de faire partie d’une tradition établie.
Q: Tirent-ils quelques bénéfices de se joindre aux Navnāth ?
N.M: Le cercle de la satsaṅga, la «  compagnie des saints », s’agrandit avec les années.
Q: Cela leur donne-t-il accès à une source de pouvoir et de grâce qui, autrement, leur aurait été interdite ?
N.M: Le pouvoir et la grâce sont partout, et ils sont là pour être demandés. Cela ne sert à rien de se donner un nom particulier.  Appelez-vous comme vous voulez – tant que vous êtes intensément attentif à vous-même, les obstacles accumulés sur la voie de la connaissance de soi ne peuvent manquer de disparaître.
Q: Si j’apprécie votre enseignement et si j’accepte vos conseils, pourrais-je me considérer comme un Navnāth.
N.M: Vous faites plaisir à votre mental intoxiqué par les mots ! Le nom ne vous changera pas. Au mieux, il peut vous rappeler de bien vous conduire. Il y a une succession de maîtres, avec leurs disciples qui, à leur tour, enseignent d’autres disciples. C’est ainsi que la lignée se maintient. Mais la continuité de la tradition n’est pas soumise à des règles et c’est volontairement qu’on s’y insère. C’est comme un nom de famille, mais dans ce cas, c’est une famille spirituelle.
Q: Faut-Il se réaliser pour se joindre à la sampradāya ?
N.M: La Navnāth sampradāya n’est qu’une tradition, une façon d’enseigner et de pratiquer. Cela ne dénote pas un niveau de conscience. Si vous acceptez comme Guru un maître de la Navnāth sampradāya, vous vous unissez à sa sampradāya. Généralement vous recevez une marque de sa grâce – un mot, un regard, un attouchement, parfois un rêve particulièrement vivant ou un fort souvenir. Il se peut que le seul signe de la grâce soit un changement significatif et rapide du caractère et du comportement.
Q: Maintenant je vous connais depuis quelques années et je vous rencontre régulièrement. Votre pensée n’est jamais loin de mon mental. Cela fait-il de moi un adepte de votre sampradāya ?
N.M: Votre appartenance ne dépend que de vos sentiments et de vos convictions. Tout compte fait, ce n’est que mots et conventions. En réalité, il n’y a ni guru ni disciple, ni théorie ni pratique, ni ignorance ni réalisation. Tout dépend de ce pour quoi vous vous prenez. Connaissez-vous vous-même correctement. Il n’y a pas de substitut à la connaissance de soi.
Q: Quelle preuve aurai-je de ma parfaite connaissance de moi-même ?
M: Vous n’avez pas besoin de preuve, l’expérience est unique et évidente. Elle fondra sur vous soudainement quand les obstacles auront été., dans une certaine mesure, levés. C’est comme le coup de fouet d’une corde usée qui se casse, C’est à vous d’user les brins. La cassure ne peut que se produire. Elle peut être retardée, mais elle est inévitable.

 

  • Shri Siddharameswhar Maharaj, le Guru de Nisargadatta Maharaj

est né en 1888 dans l’état du Maharashtra, en Inde.

Il eut  pour maître Shri Bahausaheb Maharaj.

Après  la mort de son maître, il entra en méditation profonde avec la ferme résolution de n’en sortir qu’une fois la pleine compréhension réalisée. Il en sorti neuf mois plus tard, après une vision de son maître qui lui confirma , la pleine réalisation. .

Ce  dernier enseignait la voie de la réalisation par la méditation, qui était nommée traditionnellement voie de la fourmi  (pipilya marg). Siddharameshwar eut ensuite à coeur de rendre la réalisation du Soi plus accessible, notamment par la compréhension directe, c’est ainsi qu’apparu la voie de l’oiseau ( vihanga marg).

Points essentiels de l’enseignement de Siddharameshwar Maharaj:

-Pour Siddharameshwar, le renoncement n’est pas un passage obligatoire , comme dans les enseignements traditionnels. Il considère même que les efforts du renoncements peuvent renforcer l’identification plutôt que de participer à sa dissolution.

-Il considère que pour réellement renoncer, il convient de connaître ce à quoi on renonce. Quand  par l’exploration proposée, tout ce à quoi il conviendrait de renoncer , est vu comme illusoire, à quoi renoncer. L’exploration doit cependant être réelle et aboutie, pour ne pas rester que sur un plan intellectuel, mais mener à une véritable reconnaissance de Soi.

-Une vie ordinaire est vivement encouragée.  Les enseignements s’adressent à tous sans distinctions de genre, de caste.

-Deux facteurs  sont primordiaux, une confiance inconditionnelle dans le maître, et un engagement  infaillible.

-Deux étapes majeures, peuvent être distinguées:

Premièrement le passage de l’état de conscience identifiée à un être séparé, à  la conscience pleine, l’état de Brahman (La connaissance, Dieu créateur, Brahman, Je suis, la Conscience non identifiée.)

Deuxièmement, beaucoup plus rarement exposé, par manque de candidats et de maître l’ayant véritablement réalisé, la dissolution dans le Soi,  la source de la Conscience, l’au-delà de la connaissance, Parabrahman, ( la connaissance et le monde sont alors perçus comme un état d’ignorance.) Aucun qualificatif ne peut convenir.

Siddharameswhar Maharaj enseigna de nombreux disciples. Les plus connus en occident sont Nisargadatta Maharaj, Ranjit Maharaj et Ganapatrao Maharaj.

Il laissa son corps en 1936, à l’âge de 48 ans.

Livre en français  de recueils d’enseignements de Sri Shiddharameshwar Maharaj.

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clef réalisation de soi siddharameshvar

 

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paroles immortelles Siddharameshwar Mahara

  • Bhausaheb Maharaj (1843-1914), a été initié par Shri Raghunathpriya Maharaj. Son Sadguru était Shri Gurulingajangam Maharaj (encore nommé Shri Nimbargi Maharaj) qui l’aimait profondément. Il était connu comme le Saint d’Umadi et était un chef de famille. Bhausaheb Maharaj avait de nombreux disciples, incluant Sri Siddharameshwar Maharaj, Sri Gurudev Ranade et Sri Amburao Maharaj, pour n’en mentionner que quelques-uns.

Sa Voie est connue comme la « Voie de la fourmi » (pipilya marg), utilisant la méditation, le non-attachement et la renonciation. Sa principale accentuation concernait le médium de la méditation, plutôt que la connaissance. C’était parce que beaucoup de ses disciples venaient de communautés rurales et étaient illettrés. Bhausaheb Maharaj a enduré de grandes épreuves, comme il luttait pour trouver la Réalité. Il demeura dans la forêt durant dix-huit ans, sans repos, méditant douze heures par jour. Soulignant l’importance de se souvenir du Nom Divin, il aurait dit, « Allez jusqu’à l’os. Faites toujours la répétition acharnée du Nom Divin dans le mental pendant la méditation ».

Il n’y a  à ce jour pas de livre publié des enseignements de Bhausaheb Maharaj, cependant grâce au travail dévoué deJean-Claude Dhainaut, nous disposons d’une traduction en français de l’ouvrage paru en Anglais  » Nama-Yoga« . Il s’agit d’un recueil de textes et lettres choisies d’enseignements de Bhausaheb Maharaj, par M.S. Deshpande.

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nama yoga bhausaheb français

 

 

 

  • Ganapatrao Maharaj Kannur, 1909- 2004, disciple de Siddharameshwar, moins connu des occidentaux. Un recueil de ses enseignements à cependant été traduit récemment en français. Il s’agit de « Le bonheur est en Soi  » aux éd. des 2 Océans.

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bonheur soi ganapatrao

 

 

  • Ranjit Maharaj , 4 janvier 1913 – 2000, disciple de Siddharameshwar Maharaj, se mit à  enseigner que tardivement.

Dans la tradition de son maître, il proposait une voie directe d’’accès à la réalité au cours de rencontres, qui attiraient les chercheurs de vérité aussi bien en Inde qu’’en France, en Allemagne, aux Etats-Unis…

En français, nous avons à disposition un recueil d’entretien paru en 2014, aux éditions des 2 océans, par une traduction de Laurence Le Doaré et Frédéric Chenu.

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ranjit maharaj livre je ne parle que de vous

 

Sont disponibles  des vidéos de satsanga avec Ranjit Maharaj à la rubrique vidéo  du site.

  • Ramakant Maharaj ( 1941- 2018), a été initié en 1962 par son Maître, Nisargadatta Maharaj, et a fait évoluer les enseignements de la Lignée une fois de plus. Son approche est radicale et absolue. Il n’entretient pas les concepts, coupant rapidement dans tout, y compris le concept « Je Suis ». Il offre un raccourci vers la Réalisation de Soi en présentant les plus hauts enseignements, dans un langage terre-à-terre. Ramakant Sawant (son nom de naissance) a été élevé dans la commune rurale de Phondaghat, Gadgesakhal Wadi. En 1965, il intègre le prestigieux établissement Elphinstone Collège de Bombay, à la demande de Nisargadatta Maharaj. Suite à cela, il est diplômé de l’Université de Bombay en 1972, (M.A. en histoire et politique). En 1976, il a obtenu la qualification LLB, du Siddhartha Law College de Bombay. Il a travaillé dans la banque, au service juridique, de 1970 jusqu’à sa retraite en tant que directeur de la banque en 2000. Il fut marié à Anvita Sawant, aussi une disciple de Nisargadatta Maharaj depuis de nombreuses années et eurent deux fils. En 1962, Ramakant Maharaj a été présenté par des parents à son futur Guru,  Nisargadatta Maharaj.  Après avoir passé quelques mois avec le Maître, il reçu le Mantra du Guru le 2 octobre 1962. Dès lors, il a assisté fidèlement et écouté régulièrement les entretiens de Nisargadatta Maharaj. Il était présent au Mahasamadhi de son Maître le 8 septembre 1981. A l’ ashram de Nashik,  Ramakant Maharaj a accueilli les étudiants / disciples / dévots du monde entier, à ses enseignements et à l’occasion, à sa discrétion, les a initiés dans la lignée Inchegiri Navnath SampradayaConcernant sa vie, Maharaj dit, « Je connais mon passé et d’où je viens. Je suis un miracle. Tout cela grâce à mon Maître, « .

Deux ouvrages  disponibles en français :

( cliquer sur l’image pour voir la présentation)

ramakant maharaj livre

 

ramakant maharaj livre français

 

 

Anecdotes et Témoignages

. Peur de mourir

Question: N’avez-vous pas peur de mourir?

Nisargadatta: Je vais vous raconter la mort de mon Guru ( Shri Siddharameshwar Maharaj). Après avoir annoncé sa mort prochaine, il cessa de se nourrir tout en ne changeant rien à ses habitudes quotidiennes. Le onzième jour, à l’heure de la prière, alors qu’il chantait et tapait des mains avec vigueur, il mourut subitement!  Comme cela, entre deux mouvements, comme une chandelle que l’on souffle. Chacun meurt comme il a vécu. Je n’ai pas peur de la mort parce que je n’ai pas peur de la vie. Je mène une vie heureuse. la misère, c’est d’être né, pas de mourir. Tout dépend du point de vue.

Extrait de  « Je suis » entretien 40  p 195

                                                                     Shri Siddharameshwar Maharaj