Nirupana 78 – Asseyez- vous tranquillement un moment

Nisargadatta Asseyez- vous tranquillement un moment

 

Dieu est la conscience pure qui demeure dans le corps. Quand le corps meurt, le prana s’en va. L’Atman, Lui, ne va nulle part. Est-ce que l’espace se déplace de cette pièce à l’autre pièce ? Non, parce que tout est contenu en lui. Quand le prana et la Conscience s’unissent, la douleur et le plaisir sont ressentis. Quand le prana se sépare de la Conscience, il n’y a plus d’expérience de douleur et de plaisir. Le corps est constitué à partir de la nourriture. Êtes-vous de la nourriture ?

Quand vous vous rappelez que vous êtes Conscience, le Guru est avec vous. La croyance que vous êtes un corps humain est une erreur. Vous n’avez pas de commencement. Dieu vient plus tard. Dieu a Son origine dans la maya primordiale. Cette source est sans cause. (Dieu – le manifesté, apparaît de l’Absolu – le non manifesté). Votre désir de faire perdurer la conscience est la maya racine.

Quand il n’y a pas de corps, il n’y a pas de mot. Quand il n’y a pas de mot, il n’y a pas de sens « Je suis » ou « Je ne suis pas ». Un verset dit : « Avant toute chose existe une graine, la perception ‘Je suis’. » La vraie religion est de vivre en tant que Soi. Vous pouvez faire ce que vous aimez, mais n’identifiez pas votre conscience au corps. La conscience est le Sadguru. Souvenez-vous, l’état de veille qui apparaît le matin est le saint regard de Dieu. Gardez cela présent pendant que vous poursuivez vos activités quotidiennes. Les « pieds bénis du Guru » sont la manifestation du Guru. C’est votre véritable nature.

Dans l’essence des choses se trouve une saveur, comme le sucré ou l’amertume. Votre expérience de la conscience graine est votre sensation d’être. L’essence du corps est la sensation « Je suis ». Votre corps est nourriture pour la Conscience. Votre destinée est l’expression d’impressions qui sont gravées en vous. Cela n’est fait que de concepts. Atman est pur, mais il est entravé par les concepts. La conscience est attachée à ses qualités. C’est la conséquence de maya. C’est l’amour de l’existence. La dénomination de guna-maya est donnée au Soi dans le corps ; la conscience dans le corps. Elle est identique à Dieu. Nous savons que l’illusion première est « Je suis ». C’est la qualité de Sattva. À cause de la maya-racine, chacun veut que son existence se poursuive. C’est l’amour de soi.

Paramatman, notre vraie nature, n’a pas de qualités similaires. Maya est le nom donné à la manifestation de la conscience. Paramatman est antérieur à ces qualités ; il est antérieur à la sensation d’existence, antérieur à « Je suis » ou « Je ne suis pas » (la conscience pure est appelée Dieu. Après la réalisation du Soi, la même est appelée maya).

Il n’y a aucune différence entre celui qui parle et celui qui écoute. (La même conscience est à l’œuvre dans les deux.) Quand la Conscience est pure, elle se révèle.

Les incantations purifient le prana. Le prana purifie le mental. Quand la Conscience se purifie, avec un mental pur, elle se révèle à elle-même. Un tel être, chez qui cela se produit, est appelé un jnani. La Conscience, la sensation « Je suis », est le Guru. Ne la prenez pas pour le corps. Elle peut percevoir l’espace, mais l’espace ne peut percevoir la conscience, car il lui est postérieur.

Ce qui agit est le prana. Quand le prana habite le corps, il y a connaissance. Une fois hors du corps, il redevient universel. Quand vous entendez ceci, vous comprenez que la mort est un faux concept. Le corps composé des cinq éléments est produit à partir de la maya primordiale. Quoi qu’il en soit, nous ne sommes pas le corps. Asseyez- vous tranquillement un moment et méditez sur celui qui connaît. Le mantra est donné pour apaiser le mental.

jeudi 7 décembre 1978

Nisargadatta Maharaj

Extrait de  » Méditations avec Sri Nisargadatta Maharaj » éd. Aluna

Nirupana 77 – Ce que Dieu a créé, retourne à Dieu. Je ne fais rien

Ce que Dieu a créé, retourne à Dieu. Je ne fais rien

  La réalisation du Soi mène à un état de parfait contentement à la fois sur le plan spirituel et dans le monde. Après cela le chercheur ne réclame plus rien, même pas sa vraie nature. Vous êtes devenu un chercheur parce que vous étiez affamé de la réalisation de votre vraie nature. Le but à atteindre (la Conscience pure) comporte trois états : l’état de veille, de sommeil, et de rêve. Celui qui a connaissance de l’objectif est antérieur à tous les états. Ce qui est recherché comporte trois gunas : Sattva, Rajas, et Tamas. Quand vous vous êtes réalisé, vous avez connaissance d’être antérieur au sommeil et à la veille. Les états qui alternent, du sommeil et de la veille, ne seront pas présents indéfiniment. Quand vous êtes antérieur à ces états, pouvez- vous me dire quelle tenue vous portez ?

Pratiquez la méditation. Chacun devrait vivre avec la ferme conviction qu’il n’est pas le corps, mais la pure Conscience dans le corps. Le printemps de la réalisation du Soi s’épanouira depuis l’intérieur. Voici le signe d’un véritable dévot : « Ce que Dieu a créé, retourne à Dieu. Je ne fais rien. » Cela qui anime le corps est le véritable dévot. Il a un cœur pur. Il est lui-même Dieu. Au début, il offre son corps et sa présence à Dieu, ensuite il Est, en tant que pure Conscience.

Méditer signifie s’en tenir à la Conscience. La Conscience qui apparaît le matin est le regard saint de Dieu. Tout est connu au travers de la Conscience. Quand le cœur est pur, il est possible de dire : « Le Guru est le Soi, Il est tout. » Le véritable dévot n’a aucun sens de l’appropriation d’une action. La Conscience est la force vitale de l’ensemble du monde. Si vous êtes dans l’incapacité d’une pratique spirituelle, au moins gardez dans votre cœur la sensation pure « Il n’y a pas d’autre Dieu que (ma) Conscience ». Cela vous sera profitable, ainsi qu’aux autres. Ne portez pas d’attention aux honneurs et reconnaissances. Aussi, ne retirez aucune fierté du genre « Je suis un remarquable dévot ». Ne faites jamais état de vos bonnes actions et œuvres charitables. Usez du corps avec joie, mais ne vous identifiez jamais à lui.

Gardez toujours présent ceci : « Je suis l’observateur, pas l’expérimentateur. » Ainsi, les basses qualités se détacheront. La sensation pure dans votre cœur ne devrait jamais être lâchée, même au prix de votre vie. C’est l’inspiration divine qui nous a mené ici. Poursuivez la méditation. Alors vous serez convaincu que tout ce qui est n’est pas séparé de vous.

Nisargadatta Maharaj

jeudi 30 novembre 1978

Extrait de « Méditations avec Sri Nisargadatta Maharaj » éd. Aluna

Nirupana 76 – qui que ce soit est moi-même

qui que ce soit est moi-même

  Il y a eu tant de grands sages. Cependant, ils n’ont pu provoquer aucun changement dans la Conscience par le fait de devenir un avec la Conscience universelle. Cette Conscience n’est sous le contrôle de personne, car créée par personne. Elle est apparue spontanément, et tout le reste a suivi. Il est dit que Dieu s’incarne et détruit le mal, mais cela ne se produit pas sciemment. Cela se produit spontanément, comme le printemps suit l’hiver. Quand le mal est abondant, le bien apparaît spontanément. La connaissance du Soi est une question d’expérience. Qu’est-ce que la totalité ? Jusqu’à ce que nous saisissions que nous sommes la totalité, nous ne pourrons accéder à la satisfaction ultime.

La sensation « Je suis » est Shiva et Vishnu. Tout est créé au travers de la Conscience. Sans votre Conscience, il ne peut y avoir de déités. Le soleil est le même pour chaque jour, cependant chaque jour porte un nom différent. À vrai dire tous les jours sont dimanche (jour du soleil, en anglais) ; les concepts l’ont divisé.

Arrêtez-vous sur pourquoi et comment la conscience vous est apparue. Le reste n’a pas de sens. Quand la conscience est présente dans le corps, le monde est là. La conscience est Dieu. Cela, à travers quoi tout est connu, est la conscience-Dieu. C’est la sensation « Je suis ». À travers sa lumière tout est vu. Le monde résulte de la sensation « Je suis ».

Parabrahman – l’Absolu, n’est pas satisfait par des efforts mon- dains.Pour atteindre cet état, aucune méthode n’est efficace. De tels comportements n’ont pas d’autre valeur que de multiplier les concepts. Vous existez à travers les concepts jusqu’à ce que vous compreniez qui vous êtes. Ce que vous croyez ou ce que vous savez est une sorte de distraction. Même dans ceci, il y a des vagues de misère et d’amertume. Vous vous comportez en fonction de ce que vous avez entendu et qui vous a convenu, mais c’est entièrement faux. L’image que vous avez de vous, que ce soit dans le quotidien ou spirituellement parlant, n’est ja- mais vous, à aucun moment. Ceci est vrai, que vous soyez occupé dans vos activités quotidiennes ou spirituelles. Il n’y a pas une seule expérience dans le monde qui soit vraie et honnête. Quelle que soit l’image que vous avez mentalement, elle est fausse. Vous ne pouvez pas être ainsi pour toujours. L’image de vous-même et vos actions ne sont pas fiables. Ni l’enfance, ni la jeunesse ne nous sont fidèles. L’information « Je suis une femme » ou « Je suis un homme » n’est pas vraie. La mémoire dépend du corps, mais le corps est-il un fait sûr ? Y a-t-il quelque chose de durable dans le monde ? Y a-t-il quelque chose d’honnête qui puisse être prouvé ? Est-ce que l’honorabilité dans ce monde repose sur un standard éprouvé ?

  L’expérience de notre conscience elle-même est fausse et trompeuse. Comment le monde insufflé par elle pourrait-il être fiable ? Toutes les méthodes spirituelles sont fausses. Et pourtant, la Conscience s’est vue dotée d’un statut divin. Cette Conscience par laquelle vous avez la connaissance « Je suis », est-elle présente à jamais ? Non. C’est pourquoi les sages ont posé la question « Qui suis-je ? ».

Chacun se remémore les bonnes œuvres et les pratiques spirituelles qu’il accomplit. Est-ce que nous faisons de même pour le nombre de fois où nous urinons ? En entretenant cette distinction, le Soi ne sera jamais en vue.

Krishna dit : « Vous ne pourrez pas venir à moi tant que vous n’aurez pas recherché la compagnie d’un sage. » De cette manière, les concepts fondront doucement. Quand le chercheur atteint sa véritable nature, il n’y a plus la moindre idée telle que « Je suis Brahman ».

Rencontrer un Sadguru est une grande chance (les trois choses les plus importantes sont : le corps humain, le désir de réalisation du Soi, la rencontre du Sadguru). Continuez de dire intérieurement : « Jaï Guru, Jaï Guru. » Vous accéderez à la compréhension, et le murmure se déploiera.

  Vous verrez votre véritable nature. Il n’y a pas au sein de votre véritable nature (l’Absolu) de changement comme « Je suis », « Je ne suis pas ». Telle est la condition d’un sage. Vous devez clairement comprendre ce qui en vous porte l’expérience de joie ou de misère. Vous avez des soucis, mais ce à travers quoi ces préoccupations sont expérimentées n’est pas éternel. La Vérité éternelle ne peut être oubliée, alors le sage s’assied en silence. Il ne recherche aucune publicité.

Laisser tout ceci ne crée pas de peur en vous. Ayez foi dans le Guru. Alors, Ce qui ne peut être décrit sera comblé. Ne prenez pas pour du détachement un dégoût passager. Vous êtes chanceux d’avoir l’opportunité d’écouter ceci. Dieu est comme un bâton fait de votre foi, pareil au bâton que vous prenez par sécurité pour vous aventurer en forêt. Quand vous reconnaissez Dieu, Il vous sert. Continuez de réciter le mantra. Ne soyez pas impatient. La Conscience est « les pieds du Guru ». C’est une grande amie. Soyez conscient de cela et restez tranquille. La non-dualité, c’est : qui que ce soit est moi-même, uniquement. Celui qui vit ainsi est protégé de tout.

Nisargadatta Maharaj

jeudi 23 novembre 1978

Extrait de « Méditations avec Sri Nisargadatta Maharaj » éd. 2 océans

Nirupana 75 – Vous êtes antérieur à toute expérience qui se présente

antérieur à toute expérience

  Vous êtes antérieur à toutes vos pensées. Soyez toujours conscient de ceci. Vous êtes antérieur à toute expérience qui se présente. Quand vous y revenez, ce qui est alors vu et senti perdra sa consistance. L’expérience « Je suis » n’est pas celle d’un individu. C’est la totalité. Cela ne peut pas être modifié. Il peut y avoir un remède pour un individu, mais est-ce possible pour la totalité ? L’expérience « Je suis » s’en ira comme elle est venue.

J’ai connaissance que l’expérience « Je suis » n’était pas là. Je sais aussi qu’elle s’en ira. Je ne suis pas ce qui s’en ira. Dieu (la Conscience) ne peut pas rester en ma compagnie pour toujours.

Pourquoi souhaitez-vous que les choses s’améliorent dans vos affaires quotidiennes ? C’est stupide. Est-ce que quelque chose de ce monde va rester avec vous ? En toutes situations, ne voyez rien d’imparfait. Quoi qu’il se passe, cela est dû à la nature du temps. Un individu est sans aucun pouvoir. Au fil du temps, un individu change. Vous ne pouvez pas changer une situation.

L’expérience que j’ai subie est valable pour tous. Mon identité ne repose pas sur l’imagination de quelqu’un ; elle est, naturellement. La nature du mental est de penser. Il ne peut pas s’arrêter.

En fait, c’est dû au prana. Vous dites que les pensées sont le résultat des impressions. En réalité, il s’agit du flot du prana. Le langage est créé par le prana. Le prana est mouvement ; c’est la force vitale (chaitanya).

  Le mental est un flot de langage ; il ne doit pas être accepté. L’éveil de la Kundalini à travers les six centres est l’œuvre du prana. Au milieu de tout cela, qui êtes-vous ? Y a-t-il quelque chose qui puisse être proclamé comme véritablement vôtre ?

  Y a-t-il encore le besoin de penser quand il n’y a plus de sentiment d’individualité ? Vous êtes le même aujourd’hui que vous étiez avant votre naissance. L’amour, que chacun possède en tant que « Je suis », est la maya primordiale – le concept racine.

La naissance est la plus mauvaise des servitudes. J’ai avalé ce lien de la naissance. Par la divine compréhension, tout s’en va.

Nisargadatta Maharaj

samedi 18 novembre 1978

Extrait de « Méditations avec Sri Nisargadatta Maharaj » éd. 2 océans

Nirupana 74 – La Vérité ne peut être vue

Nisargadatta nirupana méditation

Au cœur de tout vivant se trouve l’éternel. Une « erreur » est apparue dans la Vérité éternelle, avec pour résultat le fait que nous avons été amenés à connaître que « nous sommes ». Un bouton est apparu sur la Vérité. La douleur qu’il provoque est ressentie en tant que « Je suis ». La lumière, qui s’échappe d’un trou dans ce bouton, est appelée le monde. En langage spirituel, vous pourriez appeler ce bouton un atome (la manifestation). La survenue de la présence du bouton est comparable à celle de la conscience « Je suis ». Dieu, qui imprègne tout l’univers, est vu maintenant comme habitant une maison de la taille d’une graine de sésame !

La conscience est difficile à supporter, c’est pourquoi les gens s’impliquent dans les activités du monde. Parmi des millions d’êtres, rare est celui qui reste en silence. La conscience n’est pas notre véritable nature. L’expérience prend beaucoup de place, mais existe-t-il une expérience de l’expérimentateur ? La vision du monde est la vision de votre propre conscience. Vous prenez les Écritures pour autorité, mais ce qui les connaît, c’est vous. Vous êtes celui qui connaît. Tous les trésors contenus dans les livres du monde se trouvent dans votre conscience.

Le fait que vous soyez vivant et éveillé est l’illusion originelle. La perception intellectuelle est superflue ; elle est aride. La réalisation du Soi est comme une coupe de nectar (elle vous rendra immortel). Pourquoi votre existence n’était-elle pas connue auparavant et l’est maintenant ?

La véritable satisfaction arrivera avec la compréhension de ceci. Dieu est contenu dans la connaissance « Je suis ». Quand le temps arrive à sa fin, Dieu aussi arrive à sa fin. Vous êtes primordial. L’Atman est éternel. Vous dites qu’il y a cent ans vous n’étiez pas là, mais aujourd’hui, vous avez connaissance que vous êtes. Celui qui n’était pas, vient-il à connaître qu’il est ? Seul celui qui existe a connaissance qu’il est. La connaissance s’en ira, mais Celui qui en a fait l’expérience reste. Vous pensez que vous êtes la conscience. Alors qu’en fait, Celui qui connaît est le témoin de la conscience. La conscience n’est pas éternelle, Celui qui connaît, oui. Le monde est contenu dans la conscience. Quand la conscience s’en va, le monde s’en va. Alors qu’est-ce que le témoin a à perdre ?

Pendant le déroulement du rêve de la conscience, vous pouvez voir Rama et Krishna. Cela n’empêche pas que le concept « Je suis pleinement conscient » soit faux. Saint Tukaram disait : « Quand il n’y avait pas d’espace, pas d’eau, j’existais déjà en temps qu’Absolu. » Qu’est-ce qui s’est déployé partout ? C’est l’amour sous la forme « Je suis ». Si vous restez le témoin de votre conscience, il n’y a besoin d’aucun rituel. Nous n’avons aucun contrôle sur nos rêves ; de la même manière, pendant l’état de veille, tout arrive automatiquement. Vous ne faites qu’être témoin. Aussi longtemps que vous dites : « C’est moi qui fais ! », vous ne pourrez pas être le Témoin. Ce rêve de pleine conscience lui-même est faux. L’action de voir et ce qui est vu sont tous deux faux. »

L’être intérieur de l’aspirant n’est pas encore mature. C’est pourquoi il erre dans le monde, avec sa compréhension verbale (mentale). Il doit comprendre très clairement que son état de conscience éveillé est lui- même faux. Cela doit être une conviction. Vous aimez vous prendre pour une forme humaine. Comment cela se produit-il ? Vous vous retrouvez d’abord en compagnie de votre conscience, et ensuite du monde. Dans ma nature éternelle, il n’y a de compagnie d’aucune sorte. Alors que vous errez dans le monde, vous prenez appui sur Dieu. Autrement, c’est insupportable. Ce n’est pas différent que de prendre un bâton pour se donner du courage en s’aventurant dans la forêt.
Celui qui ne sait pas qu’il est prend-il naissance ? Il est antérieur à la naissance. Toutes les actions sont vaines tant qu’il n’y a pas connaissance de Soi. Après la réalisation du Soi, toutes les actions sont encore vaines.

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Ce qui est compris au travers des mots est faux. Ce qui est en mouvement est faux. Soit vous suivez ce que vous avez entendu, soit vous rejetez le tout. Ne parlez de tout ceci à personne. Vous seriez moqué.
Celui qui a connaissance de n’être jamais né, peut juste dire : « Je ne suis pas l’acteur. » La sensation de croire que vous savez (au sujet de la Vérité) est fausse. Ai-je fait la moindre chose pour que vous soyez là ? Seul le fait d’en être témoin est là. La présence témoin est plus subtile que l’espace. La conscience suivra son cours. Elle est arrivée sans savoir comment. Elle est spontanée. Vous n’êtes pas la conscience. Vous êtes antérieur à elle. Ce qui a connaissance de Cela, ne peut être mentionné en mots.

La Vérité ne peut être vue. Cela ne connaît pas « Je suis » ou « Je ne suis pas ». Celui qui connaît, ne peut être connu. Votre sens « Je suis » s’en ira aussi. Par la conscience identifiée au corps, l’expérience d’être et le monde vous sont arrivés. Vous avez oublié que vous êtes la conscience qui connaît le corps. Vous considérez le corps comme « Je ». C’est ce qui provoque l’attachement aux choses matérielles. Vous êtes l’Atman, le Témoin.

Vous n’avez pas oublié la Vérité, et vous ne pouvez pas non plus vous la remémorer. Comment pouvez-vous vous remémorer ce qui n’est pas oublié. C’est comme la lampe qui est le témoin. Dans sa lumière toute chose se fait, combat ou querelle. La lampe n’est pas concernée par cela. De la même manière, l’Absolu n’est pas concerné par la conscience et les comportements qui en découlent. Celui qui a connaissance de ceci est un sage. La spiritualité consiste à réaliser le sens absolu de votre Être, et non pas la signification de ce qui est vu ou ressenti.

Les états de veille et de sommeil vont et viennent automatiquement. Vous ne pouvez pas changer cela. Celui qui a connaissance de ces états n’a pas de connexion avec eux. Il n’est pas plus réveillé qu’il n’a dormi. L’état de veille est un aspect microscopique de la conscience. Même ça, c’est difficile à supporter. Celui qui n’a ni l’expérience de la veille ni celle du sommeil, est le principe témoin de tout. La joie et la tristesse font partie de la conscience. Le jnani a un sens silencieux d’être. Il ne sait pas qu’il est un jnani.

Tout comme il y a la douceur dans le sucre, il y a l’amour de soi dans la conscience. Cette association avec la conscience est transitoire. Pour la rendre supportable, on la considère comme Dieu ou Brahman. La conscience est la graine qui peut créer un nombre infini d’univers. Soyez en bons termes avec la conscience. Honorée, elle se révélera à vous.

Nisargadatta Maharaj

jeudi 16 novembre 1978

Extrait de  » méditations avec Sri Nisargadatta Maharaj » éd. Aluna

Nirupana 73 – le mental devient silencieux

Nisargadatta mental silencieux

Tout ce qui est perceptible, l’est au travers de la capacité des sens. C’est perceptible par Celui qui ne peut être perçu par les sens (l’Absolu non manifesté est antérieur au monde manifesté, le non connu est antérieur au connu).

Parfois, il est dit que tout cela est néant, mais celui qui observe le néant, est-il néant ? Méditez de telle manière que vous en oubliiez que vous méditez. La Vérité se révélera à celui qui s’oublie. Celui qui a saisi cela n’a pas besoin de s’asseoir en méditation. Poursuivez la récitation du mantra. Même sans le répéter, il faut savoir que cela se poursuit intérieurement. C’est même depuis la naissance de ce corps que cette incantation se poursuit. Cette incantation cesse seulement quand l’individu décède.

Nous possédons tous un fort désir de nous assurer de la protection de notre existence. Quand ceci est mis en question, la peur apparaît. Tenez les pieds de Celui qui fait disparaître la peur par sa présence. Tenez les pieds de la conscience. C’est en vous en permanence. Guru signifie la conscience.

Ne vous prenez pas pour un individu. C’est l’origine première de la peur. Oubliez ce que vous avez lu. Tous les hatha-yogis et ceux qui ont réveillé la Kundalini ont disparu dans la conscience. Le corps peut être fort et faible, mais celui qui en est le possesseur est le même. Atteindre le samâdhi par la sexualité est une idée stupide. La réalisation du Soi n’a rien à voir avec cela.

 Toutes les religions possèdent leur traditions, emplies de concepts. Elles sont faites de rituels. Quand on retire les concepts, le silence est là. L’ignorance est en échec dans la réalisation du Soi. Les conflits d’opinions commencent avec la perception du corps. Les gens prennent pour vrai ce qu’ils entendent. Personne n’est attentif à son propre Soi. Ô combien l’expérience du monde, qui est apparue avec le souffle, semble digne de confiance ! Que se passe-t-il quand la respiration s’arrête ? Vous êtes fier de votre religion, mais combien de temps passez-vous en votre propre compagnie ?

Celui, qui expérimente le jour et la nuit, est en nous. S’il avait été conscient de son existence avant la naissance, il ne serait pas né. Il ne prendrait plus forme. Il ne voudrait pas mijoter dans la matrice pendant neuf mois. Il est possible de supporter l’impureté dans la matrice parce que la conscience ne s’est pas encore manifestée.

Chacun croit ce qu’il entend ou voit. Avec l’attachement qui en résulte, il y a ensuite urgence d’agir selon l’inclination du mental. Quand vient un dégoût de cela, on parle de détachement – de retournement. Ceci apporte la perfection. Il n’y a plus de sens d’exister, aussi la joie et la peine deviennent sans signification. Le malheur est ce que quelqu’un n’aime pas. Le bonheur est ce que quelqu’un aime. Ils dépendent de l’existence du temps. Vous comprendrez la signification de ceci, quand vous réaliserez que les choses arrivent par la nature du temps et que vous n’êtes pas affecté par elles.

La plus haute pratique spirituelle est l’art de la juste discrimination. C’est le Sadguru. Il rend toute chose facile. Sans blesser personne, observez-vous minutieusement. De cette manière, la joie se lèvera en vous. C’est une grande fortune quand cela se produit. L’Atman est alors comblé. Tenez-vous aux pieds de Cela par quoi vous avez la connaissance de « Je suis » et que « le monde est ». Votre conscience possède des qualités. La somme totale des manifestations du monde est Dieu. La conscience est antérieure au monde. « Celui qui connaît » est antérieur à la conscience. C’est ainsi. Vous vous comportez en tant que corps. Quand le prana est prêt à s’en aller, vous ressentez que vous allez mourir. Alors vous expérimentez la peur.

Dieu est connaissance. Abandonnez-vous à Lui. Il est aussi l’Atman. Il est le monde. Aucune preuve n’est nécessaire pour cela. Avez-vous besoin d’une preuve que vous vous êtes réveillé ce matin ? Ne considé rez pas la conscience comme un corps. C’est un acte blasphématoire. La connaissance est puissance. Elle est identique à Purusha. Tant que vous ne vous serez pas éveillé à la parole du Guru, la peur de la mort ne s’en ira pas. Vous ne mourez pas ; seul le corps est oublié. Quelle lumière rend le corps pur ? N’est-ce pas la lumière de l’Atman, votre vraie nature ? Celui qui connaît la conscience est infini et éternel. Celui qui est antérieur au corps est celui qui connaît véritablement.

Doit être présente la conviction d’être la conscience, la connaissance « je suis », telle qu’enseignée par le Guru. Une fois atteinte la connaissance du Soi, vous vivrez à partir de votre dimension intemporelle. Alors, le temps n’aura plus de mesure. Si vous avez foi dans le Guru, alors, ayez foi dans la connaissance de votre être. Par la foi en Sri Krishna, Arjuna fut libéré par l’écoute de Sa parole. La conscience, qui est de la taille d’une graine de sésame, s’est déployée à tout le cosmos. Ne perdez pas votre divine foi en la conscience. C’est la plus haute forme divine. Le conseil du jnani n’est pas le produit d’une fierté. La signification de la parole du Guru est notre vraie nature. Par une telle méditation, le mental devient silencieux. Il en résulte le détachement. Ne parlez pas de ceci à d’autres sans discernement.

Nisargadatta Maharaj

dimanche 12 novembre 1978

Extrait de  » méditations avec Sri Nisargadatta Maharaj » éd. Aluna

Nirupana 72 – Vous n’êtes jamais arrivé de quelque part, alors où pourriez-vous aller ?

Nirupana 72 Nisargadatta Maharaj

C’est vrai que les mots peuvent être trompeurs. Mais qui est celui qui connaît les mots ? (Qui est antérieur aux mots ?) Quelle valeur peuvent avoir les mots si personne ne les connaît ? Vous dites qu’en méditation celui qui connaît est perdu, mais qui a connaissance de cela ? Quand la conscience disparaît, quelque chose peut-il alors être ? Toutes les choses sont connues au travers de la conscience. S’il n’y a pas de conscience, qu’est-ce qui peut être connu ?

Est-ce que l’expérience du corps et du monde demande quelque effort ? L’état de veille va et vient de façon automatique. Aussi longtemps qu’il y a la conscience, il y a l’individu. Est-ce que cette conscience peut être évacuée ? En méditation vous pouvez voir une multitude de couleurs, mais quelle est la couleur de la conscience, de la connaissance « Je suis » ? C’est simplement l’amour. Il est non duel. Votre conscience est l’amour de soi. Pour le bien de cet amour, vous avez besoin des autres choses.

Le puzzle des cinq éléments sera solutionné quand vous vous en remettrez à votre conscience. Les cinq éléments se trouvent dans votre conscience. La Vérité est au Cœur. La maya-racine, votre conscience, se joue sur la Vérité. Ceux qui ont réalisé la Vérité n’accompliront pas de miracles. Celui qui a connaissance de la conscience n’est pas temporel, il n’existe pas. Il est sans mouvement.

Votre savoir est limité à ce que vous avez appris au travers de la conscience. Je vous offre cette connaissance « pré-assemblée ». Écoutez et imprégnez-vous en. Vous devez atteindre le point où vous (en tant que conscience) êtes le Soi du monde. Ce flot de gargouillements du monde jaillit de l’amour « Je suis ».

Connaître et comprendre que le monde n’est pas vrai est le détachement véritable. Abandonner quelque chose n’est pas le véritable détachement. Comment pouvez-vous vous en remettre à la conscience, alors que c’est ce que vous êtes ? La Source, la graine du monde, est la connaissance « Je suis ». Sur un million d’êtres, rare est celui qui atteint ce point. Cela qui est éternel est la Vérité. Il ne S’y trouve aucune trace d’être. Il ne S’y trouve ni lumière, ni obscurité. Votre conscience est appelée Dieu ou Brahman. Elle n’est pas éternelle ; elle n’est pas la Vérité. Quoi que ce soit qui est perçu dans le monde est Dieu. Celui qui reconnaît Dieu est au-delà de toutes choses.

La toute première activité de la journée est de nous ressentir. La conscience est alimentée par la nourriture. Les qualités des cinq éléments s’expriment par la nourriture. Alors qu’elles s’unissent, vous venez à connaître que vous êtes. La naissance d’un corps se fait par la nourriture transformée. Le corps est la nourriture de la conscience. La force vitale est la même dans tous les êtres vivants. La force vitale s’exprime à une vitesse de plus en plus grande. Elle ne peut pas rester tranquille. Elle agit au travers des cinq sens, qui sont : le toucher, l’ouïe, la vue, le goût et l’odorat. Ils déterminent le comportement d’un individu. Quelqu’un peut avoir l’impression d’avoir compris, mais alors qu’il s’en va, il n’est pas véritablement satisfait.

Dieu signifie la lumière qui est le regard de notre conscience. Elle est créée à partir de l’essence de nourriture. Il y a une connexion entre le prana (la force vitale) et la connaissance. Sans nourriture, il n’y a même pas la force de parler. La lumière est cette nourriture. C’est grâce à ce qui est extrait de la nourriture que nous avons conscience.

La Vérité est éternelle. Il ne S’y trouve aucune sens de « Je suis ». Il n’y a là aucun « je » et « vous ». L’éternel est au-delà. Le reste provient des cinq éléments. Il y a dualité quand quelqu’un dit : « Je connais quelque chose. » Il n’y a aucune dualité quand je ne me connais même pas moi- même. Tout ceci est Un, et nous sommes Cela. Ceci est le but à atteindre. Pour le réaliser, il est nécessaire de poursuivre l’observation de notre propre Soi telle que transmise par le Guru. Alors que ceci se fait, des visions de toutes sortes peuvent survenir. Mais nous ne sommes pas cela. Nous sommes ce qui a connaissance de cela.

Celui qui voit est unique, mais ce qui est vu est multiple. N’est-ce pas vrai que celui qui voit n’a qu’une vision ? La lumière de celui qui voit n’est-elle pas unique ? Comment amener la tranquillité ? Celui qui voit doit simplement tourner son regard vers lui-même. (Il doit rester dans un état de « non-action mentale »). Tout ce qui est vu et perçu est constamment changeant et finit par s’en aller. Il n’est pas nécessaire d’être désolé de cela. Quoi qui soit vu, nous ne le sommes pas. Nous sommes Cela à qui apparaît ce qui est vu.

La forme que prend la nourriture est le corps de l’être vivant. Le prana et la conscience apparaissent et disparaissent en même temps. Ils proviennent de la nourriture. La conscience est identique, que ce soit celle d’un insecte ou d’un être humain. Elle est de même nature que la force vitale. Imaginez un ver desséché en plein soleil : qu’en dire ? La nourriture au sein de la forme du corps s’est desséchée. Le mouvement a alors disparu. S’il vous plaît, faites preuve de discrimination au sujet de ce que nous sommes et de comment nous le sommes.

Tous les livres sont vrais tant qu’il y a ignorance du Soi. Une fois le Soi réalisé, ils sont inutiles. La signification du grand mantra est « Je suis ». Les qualités de la déité que vous adorez descendront sur vous, une fois que vous en aurez eu la vision. Cela apparaît au sein de votre propre conscience.

D’où venez-vous et où allez-vous ? Vous n’êtes jamais arrivé de quelque part, alors où pourriez-vous aller ?

La conscience est apparue de la nourriture et ainsi elle s’éteindra. Atman signifie « Je », mais d’où à où ? C’est là, aussi longtemps que nous nous connaissons consciemment.

Par une dévotion résolue envers le Sadguru, se fait la reconnaissance qu’il s’agit d’une dévotion envers notre propre Soi. Tout savoir est inutile, à moins d’éprouver de la dévotion pour le Soi. Le plus grand mantra est « Je suis Brahman ». Si vous n’éprouvez aucune dévotion pour la sensation d’être, y a-t-il un monde ou Dieu ? Par la dévotion au Soi, vous reconnaîtrez spontanément toutes les déités. La signification du mantra se révélera à travers vous. Deviendra alors clair pourquoi vous êtes, et pourquoi vous n’étiez pas. Sans la dévotion pour « Je suis », aurions- nous quelques besoins ? Est-ce que quelqu’un s’est questionné sur cette dévotion ? Notre sens « Je suis » est la divinité de Dieu. Nous aimons les autres parce que nous nous aimons. Si nous n’avions pas d’eau et de nourriture, l’amour de « Je suis » s’éteindrait. Quand la nourriture est épuisée, sa caractéristique (la conscience) arrive à sa fin. La qualité de la nourriture est apparue, et maintenant a disparu.

Votre conscience est elle-même la maya primordiale. Elle se comporte comme il lui plaît. Abandonnez-vous à cette conscience. Elle se dévoilera à vous. Alors vous serez Brahman. C’est la connaissance qui nous fait percevoir que nous sommes. Dévouez-vous à cette connaissance. Menez vos activités quotidiennes à la perfection. Dans toutes les situations, n’oubliez pas la parole du Guru. Il s’agit de votre propre nature. Entretenez une incantation permanente, sans mots. Le déploiement de l’incantation apportera en vous les changements correspondants.

Nisargadatta Maharaj

jeudi 9 novembre 1978

Extrait de  » méditations avec Sri Nisargadatta Maharaj » éd. Aluna

Nirupana 71 – Le sens de sa parole est « Je suis »

sa parole Nisargadatta je suis

Le véritable sens de ahinsa (non-violence) est de ne blesser les sentiments de personne. Développer une telle attitude permet de purifier le mental. Ainsi, notre comportement se modifiera progressivement.

À l’époque de Sri Krishna, il n’y avait pas d’autre façon que d’avoir un Guru (pour le cheminement spirituel.) La parole du Guru était la Vérité. Aussi, le Guru était considéré comme Dieu. La connaissance du Soi ne peut être atteinte sans la grâce du Sadguru.

Par ignorance, on peut avoir le sentiment d’être éveillé, sans l’être réellement.

Le Sadguru apporte clairement la connaissance de comment le rêve de veille s’est manifesté. Une petite lumière du jiva a provoqué la vision de l’univers. Le Sadguru montre clairement comment l’état de veille et le monde sont du même ordre. Il nous introduit à la connaissance du Soi. Il est celui qui connaît la conscience, le sens « Je suis », et donc se situe au-delà d’eux.

Dans les époques antérieures, il était difficile pour les gens d’accéder à l’enseignement. Pour cela ils devaient avoir la foi la plus totale dans le Sadguru. Aujourd’hui, les gens n’ont plus une telle foi. Si n’importe qui possédait une telle foi, il serait libéré sur-le-champ. Le Sadguru est de la nature de l’Absolu. Il est notre Soi parfait. Il est notre vraie nature éternelle. Exceptionnel est celui qui porte ce genre de dévotion (une dévotion non duelle.) Le Sadguru et votre conscience pure sont Un, unique et identique. Nous avons connaissance d’être. C’est identique à l’amour (la conscience). L’amour lui-même est la foi. À la fin de vie, la conscience, à travers laquelle tout ceci est vu et ressenti, se fond dans la conscience universelle. Ce qui était déjà là, mais qui maintenant est devenu manifeste, est la connaissance du Soi. Ce qui subit le changement n’est pas éternel, aussi n’est-ce pas considéré comme vrai.

Nuit et jour sont créés par la conscience. Notre véritable nature ne dépend pas des cinq éléments. Celui qui le veut intensément réalisera sa véritable nature sur-le-champ, pourvu qu’il se débarrasse de la conscience identifiée au corps. Examinez-vous en mettant de côté le nom et la forme.

Maintenant comment vous voyez-vous ?

N’est-ce pas suffisant pour la réalisation ?

Rappelez-vous que vous n’êtes pas le corps. Aucun autre effort n’est nécessaire. La conscience est l’essence pure du corps. Acceptez la parole du Guru pour comprendre votre nature véritable. Identifiez-vous à la parole du Guru. Quand vous vous remémorez quelqu’un, vous vous souvenez de sa façon d’être.

Le Guru, Lui, est remémoré par sa parole.

Le sens de sa parole est « Je suis ».

Nisargadatta Maharaj

dimanche 5 novembre 1978

Extrait de « Méditations avec Sri Nisargadatta Maharaj » éd. Aluna

Nirupana 70 – Là où il n’y a pas de « Je » et « Tu », il y a pur Brahman.

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      Celui qui s’est dissous dans sa vraie nature est un yogi. La prospérité ou la pauvreté ne l’affectent pas. Vous considérez-vous comme autre chose que votre nom ? Le nom n’est que des lettres. Êtes-vous ces lettres ? Le nom a été donné au corps. Maintenant, le corps est devenu votre identité et votre nom est devenu vous-même. C’est devenu une habitude. Ceci sous l’influence de maya. Pouvez-vous me parler de vous quand vous ne vous prenez pas pour le corps, ni pour le nom donné au corps ?

À quoi ressemblez-vous quand vous dites : « Je ne suis ni le corps, ni le nom ? » Alors quel nom peut vous être donné ? Et après tout, qu’est-ce que la conscience ? N’est-ce pas l’amour, ou le goût, le parfum qui reste après avoir laissé le corps et le nom ? Qu’est-ce que l’on pourrait vouloir quand on est ainsi ? La conscience est elle-même amour. C’est la félicité naturellement présente dans la sensation « Je suis ». Elle transcende le corps. Elle n’a pas la forme du corps. Sans la conscience, y aurait-il Dieu ou le monde ? Comment nous voyons-nous dans le corps ? C’est une pure luminosité. Son symbole est la lumière. La lumière de la conscience signifie la lumière d’Atman. Elle est sans forme. Elle est indivise. Elle est sans corps et sans nom. Elle est comme l’espace.

Qui vient en premier, l’espace ou la conscience ? Quand il n’y a pas de conscience, il n’y a pas de monde. Combien de temps le monde existe-t-il ? Aussi longtemps qu’un individu est conscient. Celui qui a réalisé le Soi est un grand yogi. Dieu, le Guru, la conscience, sont identiques pour lui.

La sensation « Je suis » est le commencement du temps. En tout premier, la conscience surgit et ensuite le monde est vu en elle. Est-ce que quelqu’un a fait quelque chose pour cela ? Quand la conscience disparaît, le monde disparaît aussitôt. Que sont devenues les grandes montagnes ? Qui les a avalées ? Personne, parce que le monde était factice, parce qu’il était une illusion. Par la naissance de la connaissance « Je suis », le monde vient à l’existence. Les deux se produisent simultanément.

Ne dites pas que vous avez compris. Soyez présent à ce que vous avez continuellement entendu. L’usage du corps est destiné à la conscience, par laquelle nous avons connaissance d’être. C’est l’essence de nourriture. Celui qui voit le rêve est celui qui est l’auteur de ce rêve. N’est-ce pas ainsi ? Faire bon usage de la conscience veut dire être convaincu de ceci et se comporter en rapport.

Seul un Guru peut donner de justes conseils. Les autres distribuent des consolations avec de faux concepts. La conscience est universelle. Dieu, Guru, et « Je », sont tous ses noms. Le nom commun est Brahman. Il est là aussi longtemps que le verbe (la manifestation) est là. Sa caractéristique est la connaissance. Ce Brahman manifesté, omniprésent, se dissout dans l’Absolu. Il n’a pas d’identité propre. Il est intemporel.

Le fondement de notre voie spirituelle est l’attention à soi. Le Sadguru est intemporel. Il est sans allées et venues. N’est-ce pas ainsi que l’on connaît l’Absolu ? N’est-ce pas ainsi qu’on ne le connaît pas ? (Il s’agit de notre véritable nature, sans dualité). Le corps est nourriture pour la conscience. Le prana mange cette nourriture, pas le Soi. Le prana mène toutes les actions. Celui qui a clairement connaissance de ne pas être le corps, ne souffre pas des gains et pertes dans le monde, des plaisirs et des douleurs. Ce qui a connaissance du prana est la conscience. Elle est uniquement témoin. Pouvez-vous amener un poil de Bombay jusqu’à votre village ? La même chose est vraie pour Dieu. Du point de vue de Paramatman, vous êtes antérieur au monde. Du point de vue du jiva, le monde vient en premier et ensuite vous. Le Jnani ne recherche pas de gloire extérieure. L’identification au corps et à son nom constitue l’ego. Tant que la peur de la mort est présente, vous n’avez pas réalisé le Soi.

Prenez le temps de rester avec ce dont vous avez connaissance avant d’expérimenter le monde. Pensez à la métaphore du rêve, que j’ai évoquée auparavant.

Pour un homme, la compagnie d’une femme signifie désir. Quand il y a désir, il y a attente. Quand il y a attente, il y a espoir. Quand il y a espoir, il y a emprisonnement. La cause de l’emprisonnement est le désir. Là où il y a « Je » et « Tu », il y a pure illusion. Là où il n’y a pas de « Je » et « Tu », il y a pur Brahman.

Nisargadatta Maharaj

jeudi 2 novembre 1978

Nirupana 70

Extrait de  « Méditations avec Sri  Nisargadatta Maharaj » éd.Aluna

Nirupana 69 – Seul le corps meurt

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   L’expérience du monde se fait à travers le corps. L’expérience de Dieu se fait aussi à travers le corps. Il réside dans votre cœur. Il ne peut être contacté qu’au travers d’une forme humaine. Quand le jiva atteint le Divin, tout le passif karmique est effacé.

Toutes les actions reposent sur la force du verbe. Cela, par quoi le monde est créé, se trouve dans notre corps. Celui qui le réalise devient un sage. Il n’est plus distrait par les désirs. Celui qui n’est plus perturbé par son mental, ne sera plus troublé par le monde. Celui, dont les orages intérieurs (les pensées) se sont tus, est un sage réalisé. Par la récitation du mantra, Dieu est comblé. La perception « Je suis » provient de la nourriture. C’est Dieu.

Personne ne devrait penser qu’il mourra. Seul le corps meurt. Et vous n’êtes pas le corps. L’amour de soi est une qualité innée de la conscience. Elle veut perdurer. Vous vivez dans la maison, mais la maison n’est pas vous. Il y a reconnaissance de « Je suis » dans le corps ; le corps n’est pas vous. C’est un instinct naturel de la force vitale de se préserver. Le corps est nourriture pour le prana (la force vitale.) Celui qui accède à cette connaissance devient immortel. Pour atteindre cette qualité, suivez la parole du Guru.

Une juste ferveur spirituelle peut être entretenue tout en menant une vie de famille. Aussitôt que vous réaliserez que vous n’êtes pas le corps, vous ne serez plus affecté par vos concepts. Le monde phénoménal dans son entier est fait de conscience. Quoi que vous soyez maintenant est de nature temporelle. Celui qui saisit ceci transcende le temps. Comme conséquence des trois gunas, nous ressentons que nous sommes. Le jnani est le témoin de la conscience.

Le prana se déploie dans l’espace et le corps se dissout dans les cinq éléments. Où va l’Atman ? Voyez que vous n’êtes pas le corps, vous êtes conscience. La sensation de connaissance est la qualité de l’essence de nourriture. Quand l’essence de nourriture s’en va, la conscience fait de même. Celui qui connaît la conscience est un sage. L’habit orange ne fait pas de vous un sage. Un tel être n’est pas libre de la peur. Un sage n’est pas lié par les traditions.

Si vous retenez une phrase de ce que vous avez entendu, et que vous la faites votre, vous serez libéré. Au moins, soyez tranquillement présent au fait que vous n’êtes pas le corps.

Nisargadatta Maharaj

Nirupana 69

Extrait de « méditations avec Sri Nisargadatta Maharaj » éd.Aluna

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