Nirupana 100 – une seule flèche bien acérée

une seule flèche bien acérée

Celui qui a la conviction inébranlable que le Guru est Paramatman, réalise sa véritable nature sans aucun effort. Humilité et abandon vous font réaliser votre nature intérieure. Quand votre attention est totalement tournée vers votre véritable nature, le mental disparaît. Vous pouvez vous incliner, mais rappelez-vous que vous êtes Cela qui est avant toute action. Votre sensation « Je suis » est antérieure à toute action. Le sens de toute individualité se dissipera ; restera la pure sensation d’être. Vous pouvez faire preuve de dévotion, mais elle doit être dirigée vers Celui qui a connaissance de la conscience. Quand votre mental disparaît pendant l’état de veille, celui qui a connaissance de la conscience est révélé. Des milliers d’êtres ont une pratique dévotionnelle. Celui qui atteint la cible a une seule flèche bien acérée. Comment la connaissance peut-elle oeuvrer là où celui qui a connaissance est absent ? Vous êtes la conscience. Son support est le Sadguru. Il est antérieur à la conscience. Il imprègne toute chose. Sans Lui, qui connaîtrait la conscience ? Quand la conscience identifiée au corps se dissout, l’individualité s’en va. Sous la guidance du Guru, le dévot réalise qu’il n’est ni le corps, ni le mental. Il est celui qui a connaissance du corps-mental. Il atteint le Divin. Le Guru peut pratiquer la dévotion comme n’importe qui d’autre, mais il est libre de toute illusion. Il ne voit aucune différence entre lui-même et Dieu.

Il y a peur de la mort tant qu’il y a une connexion avec le corps mental. Pour vous, véritablement, il n’y a pas de mort. Alors, pourquoi devrait-il y avoir une peur ? La plus haute forme de dévotion est de se remémorer ce qui a été entendu du Guru. Celui qui perd sa nature de jiva, gagne sa nature de Shiva. Même s’il mène une vie mondaine, elle est dédiée à son Guru. C’est une maladie que de prendre le corps pour votre Soi. Votre vie mondaine dans son ensemble : enfants, bien-être, désirs, sont de simples divertissements dans lesquels il n’y a rien à gagner ou à perdre. Si vous êtes un véritable dévot, maya, sous différentes formes, vous servira. Par la dévotion, les doutes sont éliminés. Sans la conscience présente en lui, le corps n’est-il pas juste une forme inanimée ? Toutes les activités appartiennent à la conscience et non pas à Moi (Celui qui en est le témoin). La parole est là, parce qu’il y a la sensation « Je suis ». La langue a le pouvoir de goûter par la présence de la conscience. Soyez un dévot de l’essence de connaissance du Soi. Quelle méditation allez-vous pratiquer ? Le méditant et Celui qui médite sur lui sont le même. Écoutez correctement, gardez cela présent et restez avec. Comprenez le pourquoi et le comment de votre attachement aux choses du monde.

 

Nisargadatta Maharaj

jeudi 22 mars 1979

Extrait de  » Méditations avec Sri Nisargadatta Maharaj » aux éditions Aluna

Nirupana 99 – ni connaissance, ni inconnaissance

ni connaissance, ni inconnaissance

Vous avez accepté la limitation du corps, et ainsi vous êtes prisonnier de ses actions. Paramatman est sans limite. Depuis la naissance du corps, vous avez accepté les concepts. Vous vous accrochez à ces concepts. Le concept premier est « Je suis » ou « Je suis conscient ». De ce concept découle la sensation de temps. Une fois que ce concept premier sera vu comme faux, vous réaliserez que vous êtes sans naissance et sans mort. À chaque instant, il y a des millions d’incarnations de la conscience (ce que nous voyons, visualisons, et imaginons est l’incarnation de notre conscience). Il est dit que les pensées du dernier moment d’une personne décident de ce qu’elle deviendra. Ceci est vrai pour une personne ignorante qui se prend pour le corps. Qu’est-ce qu’un jiva ? Qu’est-ce qu’une personne ? C’est l’existence. C’est sans forme. La conscience est née ; elle possède les caractéristiques de l’essence de nourriture. En tant que telle, elle est pure. Par la présence du corps, elle semble polluée. La plus simple définition de Parabrahman est : Cela qui est au-delà de tout ce qui peut être vu ou expérimenté. Il est éternel et vrai. A-t-il une quelconque expérience d’implication ? Il est au-delà de l’espace. Il est immuable. Expérimentet-on l’espace pendant le sommeil profond ? Celui qui évolue est celui qui est consumé par le temps. Quoi que ce soit qui se produise est dû à l’expression de la conscience. Paramatman ne peut faire bien ou mal. Au sein de ma véritable nature, rien ne peut être changé. Paramatman n’est ni connaissance, ni inconnaissance. Il ne possède pas un iota d’information. Ce qui fait preuve de dévotion est de la nature de l’éternel Parabrahman. Si la lumière du soleil est présente, il n’y a pas besoin de chercher après le soleil. La lumière du soleil n’est pas indépendante du soleil. De la même manière, tout vient à l’existence à travers ma conscience. Je suis, moi-même, Parabrahman, Celui qui est parfait. Tout se produit au sein de l’espace de conscience. L’attente, le désir, la peur, la naissance, la mort existent au travers du mental. Ils s’élèvent avec le sens « Je suis ». Celui-ci veut perdurer. La conscience produit le cosmos que nous voyons. L’espace de la conscience est apparu de lui-même. Avec certitude, Je suis Parabrahman. Je suis plénitude. Vous vous préoccupez de votre corps. Vénérez votre conscience. Les imperfections s’accumulent quand vous vénérez le corps. Celui qui devient un avec sa conscience fait obligatoirement l’expérience d’être le témoin absolu (le quatrième état). Le monde et votre conscience ne sont pas deux choses séparées. Votre état de pleine conscience et le monde sont de même nature. Rappelez-vous bien que Atman, la connaissance, et le monde sont un et un seul. Attardez- vous sur le fait que votre conscience soit visible en tant que le monde. Une grande importance est donnée à la naissance du corps que vous appelez vôtre. Quelqu’un, ici, a-t-il le courage d’affirmer : « Le monde entier est ma propre forme, ma propre nature ? » Par l’expression de Sattva (conscience), l’état de veille surgit en tant que « Je suis ». Par le fait que cela se reproduit sur un long temps (la durée de vie du corps), il se produit une intoxication, jusqu’à en arriver au fait que l’état de conscience puisse être difficile à supporter. Pour connaître le secret de la conscience, il faut devenir très intime avec elle. La conscience dans le rêve ou l’état de veille est la même. C’est un processus physique. Après avoir acquis une connaissance fine des trois états que sont la veille, le sommeil, le rêve, celui qui vit à partir du quatrième état est pur Brahman. Cela demande d’y être dédié totalement pour se réaliser.

Nisargadatta Maharaj

dimanche 18 mars 1979

Extrait de  » Méditations avec Sri Nisargadatta Maharaj » aux éditions Aluna

Nirupana 98 – le Soi ne va pas de place en place

le Soi ne va pas de place en place

Le jnani possède la connaissance de ce qui est éternel et de ce qui ne l’est pas. Ceci est acquis par la discrimination. Ce qui est compris par le mental doit encore être discriminé plus profondément. À travers ce processus s’acquiert la compréhension du corps grossier et du corps subtil. Le jnani évoque avec discrimination Sattva, le « Je suis », la conscience. Alors, il s’établit dans sa véritable nature. Le corps grossier est fait de nourriture. La conscience émerge de l’essence de nourriture et, de la conscience, la sensation « Je suis » s’élève. C’est l’instrument pour une juste discrimination. Le jnani a connaissance qu’il est lui aussi éphémère. Celui qui peut voir clairement ce qu’est le temps, n’est plus prisonnier du temps. Il est celui qui connaît le temps. Il est antérieur à ce qu’il connaît ou ressent. Tant que vous prenez la mort pour réelle, c’est que vous n’êtes pas sorti du cocon de la conscience. Le chercheur doit en premier lieu s’établir dans la conviction qu’il n’est pas le corps. Avant cela, il ne peut pas faire preuve de discrimination. Comment celui qui n’a pas de corps peut-il être marqué par les événements ? En tant que conscience identifiée, même dans une joie apparente, un être est tourmenté. Sans conscience identifiée, un être est dans la joie, même au milieu des tourments. Il est libéré. L’ego signifie identification au corps. Tout comme l’espace ne va pas d’ici à là, le Soi ne va pas de place en place. Il est partout. En l’absence de discrimination, la mort est réelle. Elle ne l’est pas pour un jnani. C’est l’ego qui est à l’origine des actions en se prenant pour le corps. Si l’on dit à un homme qu’il accouchera d’un enfant dans deux jours, il n’en sera pas affecté (parce qu’il sait que c’est impossible). De la même manière, celui qui sait qu’il n’est pas le corps, ne peut jamais être effrayé par la mort. Parabrahman ni ne va, ni ne vient. Il est infini. Brahman (manifesté) va et vient au travers de toutes choses. Le jnani fait preuve de discrimination au sujet de tout ceci. Son existence dans le corps est secondaire. En tant que Soi, il est aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur et qu’en toute chose. Un récipient peut être grand ou petit, mais l’espace qu’il délimite est de même nature. Réfléchissez à tout ceci pendant que le prana est encore dans ce corps. Aussi longtemps que le corps et le prana sont unis, il y a expérience. Un jnani sait qu’il n’est pas ce qui peut être connu. Il est celui qui connaît. Un jnani a connaissance de cela. Vous n’êtes pas la conscience, ni ce qui est expérimenté au travers de la conscience. Faites preuve d’un juste discernement pour comprendre ceci. Celui qui s’identifie à ce que dit le mental est dans l’erreur. Il est emprisonné. Parabrahman n’a pas d’identité. Il est antérieur à toutes choses. La compagnie de la conscience cessera, tout comme le soleil se couche, tout comme l’enfance passe. Observez la conscience. Adorez-la avec amour et donnez-lui le statut de Dieu. Vous finirez par être convaincu que vous êtes le Soi. Ceci est la voie spirituelle, la Vérité ultime.

Nisargadatta Maharaj

dimanche 11 mars 1979

Extrait de « Méditations avec Sri Nisargadatta Maharaj » aux éditions Aluna

Nirupana 97 – Ce qui voit n’a ni forme, ni couleur

Ce qui voit n’a ni forme, ni couleur

Jiva est synonyme de conscience. Une personne est agitée parce qu’elle croit qu’elle est le corps. Le corps est une poupée faite de nourriture. Le mental a adhéré à la conviction qu’un être est de nature physique. Il en résulte que toutes sortes de tourments doivent être endurés. À vrai dire, le mental n’a pas d’existence individuelle. En vous prenant pour le corps, vous vous amenuisez chaque jour un peu plus. Mais, même cet affaiblissement n’est pas réel. Tout ceci est appelé maya. Le fait que vous expérimentiez la peur devrait vous faire rechercher qui vous êtes dans tout ceci. Il n’y a personne dans le corps en tant que tel. Il s’y trouve le prana, il s’y trouve la conscience. Votre véritable nature est le Soi, pas le corps. Le Guru n’est pas un individu, il est la conscience imprégnant toute manifestation. Prenez pour identité la conscience sans forme, et poursuivez vos activités. La raison pour laquelle la dévotion portée au Guru amène la libération est qu’elle vous révèle que vous êtes libre. Le mental ne peut jamais connaître le Soi. Quand le mental tente avec constance d’atteindre le Soi, il est dissous dans le processus. Maya a élaboré le corps à partir de la conscience. Ce qui est visible possède une forme et une couleur, mais Ce qui voit n’a ni forme, ni couleur. Pourquoi la mémoire faiblit-elle avec l’âge ? C’est parce que la conscience, une qualité propre à Sattva, commence à se dissoudre. Nous devons accéder à la connaissance de ce que nous étions avant d’avoir entendu parler de ce que nous sommes maintenant. Notre façon de nous comporter résulte des caractéristiques de l’essence de nourriture. S’il vous plaît ! Souvenez-vous que le mental s’écoule en fonction de la qualité de la nourriture. Vous êtes très attaché à votre conscience. Les activités quotidiennes sont menées dans le but de rendre supportable notre existence. Celui qui est convaincu d’être l’Atman ne sera pas affecté même si un millier de tourments fondent sur lui.

Nisargadatta Maharaj

jeudi 8 mars 1979

Extrait de  » Méditations avec Sri Nisargadatta Maharaj » aux éditions Aluna

Nirupana 96 – cette illusion est appelée Dieu

cette illusion est appelée Dieu

Le mental relève du domaine des pensées. La conscience est antérieure à la pensée. La conscience s’élève de l’ignorance (l’état primordial – l’Absolu). L’ignorance devient connaissance. Quand le corps est quitté, la connaissance retourne à l’ignorance. Celui qui reconnaît ceci est un siddha (ici le mot « connaissance » signifie conscience et le mot « ignorance » signifie l’Absolu, antérieur à toute manifestation). Par la présence de maya, cette illusion est appelée Dieu. Lui aussi est maya. Il n’y a pas un iota de vérité dans ce monde. Beaucoup de personnes étudient le yoga, qui est l’union de la connaissance et de l’ignorance. À la fin tout est ignorance. Il doit être réalisé que la connaissance elle-même est ignorance. Quand il n’y a pas de conscience, il n’y a pas de temps, et vice versa. Quel est la signification du temps ? S’il n’y a pas la conscience, qui peut appréhender le temps ? Vous êtes la puissance qui photographie en permanence les cinq éléments. Vous ne faites aucun effort pour cela. En fait, personne ne fait. Vous pouvez dire que vous ne possédez rien, mais vous possédez vous vous-même ? La connaissance est la source de l’ignorance, et vice versa. La bande enregistrée se répète. Est-elle douée d’une intelligence ? Exactement de la même manière, les impressions enregistrées dans la conscience depuis l’enfance parlent. Est-ce que ceci est compris ? L’enregistrement et votre conscience sont du même ordre. Le fait de nous rappeler à nous-même est notre principale affection. Cela se traduit en pensées et supporte toutes les activités mondaines. Le temps, maya, et Brahman sont le même. (La manifestation). Paramatman ne relève pas de la conscience. Il est parfait, pur vijnana, antérieur à la conscience. Il n’est apparu d’aucune matrice. L’expérience de l’état imparfait se fait par la faim, la soif, etc. C’est à cela qu’on le reconnaît. Les festivités sont là, tant que maya est présente sous la forme de la conscience.

 

Nisargadatta Maharaj

dimanche 4 mars 1979

Extrait de  » Méditations avec Sri Nisargadatta Maharaj » aux éditions Aluna

Nirupana 95 – La lumière de cette flamme est notre conscience

La lumière de cette flamme est notre conscience.

En fait, le prana est ce qui soutient l’expression de Sattva. La nourriture est nécessaire à notre existence pour voir sa flamme perdurer. La lumière de cette flamme est notre conscience. En méditation, une pointe de Sattva devient visible. Une fois que cela est vu, tous les comportements erronés prennent fin. C’est le signe de la réalisation du Soi. Quand cela est vu, toutes les impuretés sont ôtées. Aussi longtemps que dure l’union de la nourriture, de l’eau, et du souffle vital, vous ressentez « Je suis ». Cela ne se fera plus si l’un d’eux vient à manquer. Pour accéder à la véritable compréhension de tout cela, avoir pour Guru un simple philosophe n’est d’aucune utilité, il est nécessaire d’avoir un Guru qui a réalisé la nature du Soi. Le mental ne peut pas accéder à Atman. Le mental est limité au corps. L’expérience du corps et celle du mental apparaissent en même temps. Atman se révèle quand le corps est oublié. L’être humain devient libre en se défaisant de la conscience identifiée au corps. C’est dans une expression de Sattva impure que doit se trouver la conscience limitée au corps. La conscience identifiée au corps disparaît lorsque l’expression de Sattva est purifiée.

Nisargadatta Maharaj

jeudi 1er mars 1979

Extrait de  » Méditations avec Sri Nisargadatta Maharaj » aux éditions Aluna

 

Nirupana 94 – dites-moi qui est né

dites-moi qui est né Nisargadatta

La conscience est limitée tant qu’elle est identifiée au corps-mental et au prana. À partir du moment où elle se réalise, elle n’est plus limitée. Celui qui dit : « Je ne suis pas le corps, je ne suis pas le mental, je ne suis pas le prana », n’est pas limité non plus. Celui qui a connaissance de la nature du prana ressent beaucoup de joie au moment de la mort. Quoi que ce soit qui ait pu être connu s’en va. Celui qui en a connaissance, ni ne vient, ni ne va. Celui qui saisit ceci, sait ce que « naissance » veut dire. Celui qui a examiné avec un discernement adéquat le concept de la naissance, n’a plus à en souffrir. Maintenant, dites-moi qui est né, est-ce vous ou bien les désirs ? Un jnani connaît la réponse. Le jiva pris dans ses limites sait cela aussi, cependant il est prisonnier du concept qu’il doit encore endurer plus de souffrances. Le jnani ne peut être défini par les mots. Il n’est ni un homme, ni une femme. Il n’a pas de forme. Celui qui connaît ceci ne peut être compris. Les concepts de naissance et de renaissance concernent les personnes ignorantes. Le désir est de la nature de l’espace. Alors qui est né ? Le prana provient de l’espace, le mental provient du prana » et vous vous identifiez au mental. Celui pour qui il est clair que « Je »n’est pas un objet, sait que tout ce qui est vu n’est pas « Je ». Tout est contenu dans l’espace. Il prendra l’aspect des concepts que vous lui présentez.

La maya primordiale est de la nature de l’espace. Aussi, tout ce que je vous dis est totale ignorance. Vous pourriez aussi dire que c’est la véritable connaissance (ceci veut dire que c’est au-delà des mots). Pendant le sommeil, il n’y a pas de mental. Il y a uniquement le prana. Quand le mental apparaît et devient perceptible, vous appelez cela un rêve. Le mental ne peut rien exprimer de nouveau ou d’original. Il ne peut que répéter ce qu’il a entendu. Vous avez mis le noeud coulant du mental autour de votre cou. Un jnani ne fait pas une telle chose. Nous devons découvrir qui crée les concepts. Laissez de côté les discussions qui partent en tout sens et célébrez : « Jaï Guru, Jaï Guru. » Il n’y a pas une connaissance dont il ne vous gratifiera.

Nisargadatta Maharaj

jeudi 22 février 1979

Extrait de « Méditations avec Sri Nisargadatta Maharaj » aux éditions Aluna

Nirupana 93 – voeu de silence

voeu de silence Nisargadatta

À cause de l’influence de maya, chacun dit : « Je suis le corps. » En fait, il n’y a pas de maya (elle est illusoire). Elle rend un individu fier de son corps. Le corps et ses comportements sont éphémères.

Parce que le mental en prend la responsabilité, cette vie mondaine doit être supportée. La compagnie du corps et du mental n’était pas là auparavant, et ne sera plus là dans le futur. Le corps contient la conscience pure, qui s’éclaire elle-même. Elle n’a pas de limite. Sous l’influence de maya, la conscience s’est identifiée au corps. Antérieurement à une telle croyance, elle est sans forme, libre de pensée, absolue. Une fois cette croyance adoptée, tout ce qui arrive est illusoire. La conscience est l’Absolu indifférencié. Une infime modification y crée le monde. Le Soi voit toutes choses, ressent toutes choses. Il a connaissance des mouvements du mental, mais il n’est pas le mental. S’il y a la conviction que vous n’êtes pas le corps, vous arriverez à la connaissance que le monde dans son entier est animé par votre propre connaissance.

Un concept s’est élevé dans l’Absolu, et ainsi est apparue maya. S’il y a expérience de tourments, il y a aussi nécessité de bonheur. Dans la conviction que vous n’êtes pas le corps, il n’y a pas d’expérience de bonheur ou de peine. Aussi longtemps que le mental est présent, la graine est là. Paramatman n’a pas de volontés.

Celui qui n’a pas d’expérience du mental, est véritablement silencieux. Est-ce que ceux qui font voeu de silence sont véritablement silencieux ?

Rappelez-vous sans cesse dans votre coeur qu’il n’y a pas d’autre Dieu que votre conscience. Ensuite, dans les faits, comportez-vous comme vous aimez.

Nisargadatta Maharaj

dimanche 18 février 1979

Extrait de « Méditation avec Sri Nisargadatta Maharaj » éd. aluna

Nirupana 92 – Vous êtes antérieur à la pensée

Nisargadatta Nirupana

Vous êtes antérieur à la pensée. Comment les pensées pourraient- elles apparaître si vous n’étiez pas là avant elles ? Vous êtes antérieur à l’état de veille. Il vous arrive le matin, s’active la journée et dort la nuit. Un jour cet état de veille s’endormira pour toujours.

Mon enseignement est unique. Il n’est d’aucune utilité pour celui qui se considère comme le corps. Ce que vous êtes en train d’écouter est la plus haute forme de méditation.

Quel est le sens de la vie ? Il n’y en a pas. Elle est là sans raison. C’est la même chose qu’uriner. Soyez-en juste le témoin. Même quand la vie est comprise comme étant la connaissance du Soi, la connaissance acquise n’est pas fiable. Il n’en restera rien. Aussitôt que le prana s’en ira, vous serez comme si vous n’aviez jamais existé.

L’Absolu est présent à jamais. La connaissance « Je suis » se surimpose à l’Absolu. C’est la source de tous les tourments. Ce « Je suis » est la connaissance. Votre être n’est pas vrai. Il s’agit de l’essence de la spi- ritualité. La plupart des gens sont intéressés par les affaires des autres. Personne ne se tourne vers lui-même. Chacun recherche Dieu en tant qu’illimité. Cependant, la graine du monde est contenue dans la toute petite conscience. Personne ne songe à cela.

La conscience est appelée chidakash (L’espace intérieur). La connais- sance du monde n’est pas extérieure à la conscience. Le sommeil, la transe, et la mort, impliquent l’oubli de notre conscience. La mort est redoutée.

L’oubli est de la nature de la conscience. L’origine des mondes, de l’état de veille et des rêves, est votre être. Votre conscience est passagère. Ce qui lui est antérieur est vrai et éternel. Ne blessez personne avec vos mots. Ne méprisez personne. Quand tout est vu comme faux, quelle attente en avoir ? Et pour la même raison, pourquoi critiquer ?

Nisargadatta Maharaj

dimanche 11 février 1979

Extrait de « Méditations avec Sri Nisargadatta Maharaj » aux éditions Aluna

Nirupana 91 – La nature du Soi ne peut pas être pensée

Soi Nisargadatta Nirupana

La nature du Soi ne peut pas être pensée. Nous ne pouvons jamais nous contempler. Un remède simple à cela est de prendre notre conscience pour Guru. Elle est comblée quand elle est vénérée de cette façon-là. Soyez convaincu en disant que vous êtes Brahman. Suivez ceci comme la parole du Guru. Il n’y a rien de plus parfait que la réalisation du Soi. Il n’y a rien de plus imparfait que la conscience identifiée au corps. La parole du Guru dit ceci : « Je suis sans forme, sans tache, conscience pure. » Le vrai dévot ne devrait jamais donner d’importance à ce que les gens disent. Il devrait être fermement enraciné dans la réalisation du Soi.

Nisargadatta Maharaj

jeudi 8 février 1979

Extrait de « Méditations avec Sri Nisargadatta Maharaj » aux éditions Aluna