Nirupana 106 – Tous les noms appartiennent à la conscience

Tous les noms appartiennent à la conscience

Date anniversaire de naissance de Maharaj (Hanuman Jayanti – célébration d’Hanuman – pour le calendrier hindou)

Quand la conscience reconnaît la conscience, il s’agit de la réalisation du Soi. La conscience est sans forme, alors comment la reconnaître ? Comment se reconnaît la conscience ? La conscience s’identifie au corps qui n’a cessé de se modifier depuis l’enfance. La conscience est présente à elle-même, mais elle ne s’est pas reconnue. La conscience doit laisser le corps de côté et se mettre pour un moment à sa propre recherche, alors sa propre connaissance disparaît. La conscience s’oublie elle-même et s’ensuit un état de samâdhi. La conscience est par nature universelle. Le corps peut être celui d’une fourmi, mais sa conscience contient l’univers. Ceci est compris quand la conscience se réalise. Tous les noms appartiennent à la conscience. Les capacités d’expression de la conscience varient suivant les caractéristiques des corps. Vous expérimentez le temps. Ça signifie que vous êtes le témoin du corps. Ça signifie aussi que vous n’êtes pas le temps. La lumineuse et toute-puissante conscience s’est prise pour le corps. Elle est devenue faible. Le corps n’est que de la nourriture pour la conscience. La conscience est non agissante. Elle est juste témoin. Elle a pris des noms tels que Brahma, Vishnu et Shiva. Elle n’a ni naissance, ni mort. S’il y avait naissance et mort, vous auriez affaire aux récits de milliers de naissances. Mais y a-t-il le souvenir d’une seule ?

Vous ne pouvez pas saisir la conscience par le fait qu’elle est sans attache et imprègne toute chose. Soyez authentique vis-à-vis de la conscience. Au début, vous pourrez éprouver de l’inquiétude, mais cela ne durera pas. Abandonnez-vous à elle, comme à Dieu. Notre véritable nature ne sait pas qu’elle est. De Ceci, la sensation « Je suis » est apparue, suivie du monde. Quand l’état de Vérité intemporelle est expérimenté, c’est au-delà de toute expérience. Dans cet état, rien n’est connu. Pas même soi. Dans l’état d’ignorance, il y a investissement dans les affaires du monde. Elles ne dureront pas. Vous ne possédez rien que vous puissiez préserver. Quel est l’aboutissement de la spiritualité ? Nous concernant, il s’agit de discerner le vrai du faux. Seul le faux peut être trouvé. C’est grâce à la qualité de Sattva (la faculté de connaissance), que nous expérimentons le fait d’être. Comme le sucré se manifeste dans le sucre, de la même manière la faculté de connaître, Sattva, se manifeste en tant que mental. Or vous n’êtes pas le mental. La conscience peut se déployer de toutes les manières, mais elle redeviendra non manifestée à nouveau. C’est sa véritable nature. Vous voulez exister. Mais comment allez-vous satisfaire ce besoin ? Cela, qui est antérieur à la connaissance, sait que la qualité de Sattva ne durera pas. Alors qui héritera du fruit de la connaissance ?

 

Nisargadatta Maharaj

jeudi 12 avril 1979

Extrait de  » Méditations avec Sri Nisargadatta Maharaj » aux éditions Aluna

 

Nirupana 105 – tout est passager et disparaîtra

tout est passager et disparaîtra

Anniversaire de naissance du Seigneur Rama

 

Quand Rama est né, il n’avait aucune connaissance de Parabrahman. Son Guru Vashistha lui enseigna qu’il était Parabrahman, sans fin ni commencement, et qu’il n’était pas le corps. Vous devez reconnaître la naissance de Rama à travers une dévotion directe. Votre existence est l’incarnation de Rama. Tous les êtres vivants ont le sentiment d’être. Toutes les activités mondaines sont là pour passer le temps. Elles ne vous sont d’aucune utilité. Celui qui dit : « Je suis en train de mourir » se trompe grandement. Celui qui vous parle de Rama est votre propre conscience. Celui qui réalise la naissance de Rama n’est pas concerné par la mort. Cela qui est antérieur à toute mémoire, Cela qui est conscient de Lui-même, Cela est la véritable nature de Sri Rama. Votre sensation « Je suis » est la sainte vision de Rama. Cela, à travers quoi nous avons connaissance que nous sommes, est le yoga de Sri Rama. Parabrahman s’est oublié Lui-même, mais par la grâce du Guru, Il se reconnaît. Les pieds saints du Sadguru sont identiques à Sri Rama. Atman, le Soi, ne peut être comblé que par une contemplation et une dévotion envers le Guru. Rama, qui fut enseigné par Sri Vashistha, était le même Rama dont la présence physique mettait le monde en mouvement. Celui qui lui révéla qu’il était Parabrahman était son propre Soi. Votre conscience est identique aux pieds du Guru. S’il vous plaît, Souvenez-vous de ceci. Si vous êtes empli de peur, répétez : « Guru, Guru, Guru. »

Le prana fournit tout ce qui est nécessaire à la conscience et la nourrit. Le prana est tel Maruti (Hanuman, dévot de Rama), et la conscience telle Sri Rama. Si vous voulez voir Rama, prenez soin de votre prana. Dans ce sens, répétez le mantra constamment. La source du mental est le prana. La source du prana est la conscience. Le fait que vous ayez la connaissance « Je suis » est Rama, Lui-même. Le prana le satisfait en tout. Votre sentiment d’être est soudainement apparu à votre présence – c’est la naissance de Rama. Pour accéder à cette compréhension, faire preuve de discrimination est nécessaire. Il se peut qu’un individu soit « pollué » par un certain nombre de comportements erronés. Même dans ce cas, si sa foi dans le Guru est ferme et qu’il est initié par le Guru, ses travers seront dissous et réduits en cendres. Vous devez être soucieux de la vénération portée au Guru. Pour vous rappeler la naissance de Rama, considérez votre conscience comme le saint Rama. Il n’existe pas de métaphore pour parler du Guru parce que rien n’est comparable à lui. Reconnaître Rama, c’est reconnaître votre pure conscience. Elle est priée sous un nombre infini de noms. Tous sont le nom de votre propre Soi. Cette conviction est indispensable. Parabrahman est totalement ouvert et clair. Voyez cela avec toute votre détermination. Si vous avez pu accéder à l’état sans mort, vous serez toujours en paix, même quand les autres vous critiqueront. Sans rien en dire aux autres, répétez : « Ne suis-je pas Rama lui-même ? » Vous expérimenterez cela pour quelques jours et cela s’en ira. Que le corps soit présent ou s’en aille, ne quittez pas les pieds du Guru. Il n’y a pas besoin d’effort pour cela. Rare est celui qui donne à sa conscience le statut de Guru. Quand cela se fait, c’est une grande fortune. Soyez dans une totale présence mais pas en tant que corps ou en tant que mental. Celui qui reçoit la grâce du Guru, n’a plus besoin de méditer sur quoi que ce soit d’autre. Sont requis la foi et la certitude. Avec cela vous devenez immortel. Ça ne peut être compris que par la dévotion. Le Guru est antérieur aux mots. Celui qui prononce les mots est le prana. Sans aucun concept, regardez juste ce que vous êtes naturellement. Alors, tout ce à quoi vous avez cru jusqu’à maintenant s’en ira. Depuis la naissance, les désirs sont présents. Ils ne seront pacifiés que par la connaissance du Soi. Ceux qui bavardent au sujet de la réalisation du Soi, se dévalorisent. Rappelez-vous ceci : aller nu n’est pas le détachement. Le détachement, c’est d’être pleinement conscient du fait que tout est passager et disparaîtra.

Nisargadatta Maharaj

jeudi 5 avril 1979

Extrait de  » Méditations avec Sri Nisargadatta Maharaj » aux éditions Aluna

Nirupana 104 – Le rêve prit fin et le monde disparut

Le rêve prit fin et le monde disparut

Une personne ordinaire ne peut pas réaliser le Soi. Elle se voit comme étant le corps. À moins que la conscience identifiée au corps soit supprimée, la réalisation du Soi ne peut pas advenir. En fait, les impuretés du corps grossier ne peuvent pas affecter la conscience présente dans le corps. Cependant la conscience s’exprime en tant que corps. Quelle que soit l’apparente joie expérimentée, elle sera aussi la source de tourment. Le Soi s’identifie au corps et perd ainsi sa perfection. Aussi longtemps que le concept de naissance sera présent, il y aura tourment. La conscience en elle-même est sans forme, pure et sainte, mais elle est alourdie par les concepts de naissance et d’ego. Celui qui en arrive à l’écoeurement des affaires du monde commence à se détacher. C’est par la conscience identifiée au corps que se fait l’imprégnation avec les cinq éléments. La connaissance dans le corps est la sainte vision de Dieu. C’est Lui qui fait comprendre que l’idée de naissance est erronée. Il anéantit le sens de l’individualité. La conscience est occupée par tant de pensées. Sous la guidance du Guru, vous allez la tourner sur elle-même. Celui qui saisit qu’il n’y a pas de différence entre lui et le Guru, s’illumine. Celui qui accepte qu’il n’est pas le corps, reçoit la grâce du Guru. La conscience est infinie et sans limite. Alors comment pourrait-elle mourir ? Par la grâce du Guru, la naissance du corps devient la naissance de Brahman. Alors le chercheur oublie qu’il se prenait pour un individu.

Même si le jnani imprègne toute chose, il a encore un désir : celui que la connaissance se poursuive. Il est à la recherche de quelqu’un ayant les qualités requises pour recevoir cette connaissance et la lui transmettre. Ainsi, tous sont des dévots de Dieu. La dévotion envers Dieu est dévotion envers le Soi. Tout est fait pour que le sens « Je suis » se perpétue. En accord avec la parole du Guru, si vous vénérez la conscience sans forme, vous deviendrez immortel et indestructible. Vous comprendrez que votre véritable nature est Parabrahman. Est-ce que le Soi a des besoins tels que de la nourriture, une femme, un mari, des enfants, ou cela concerne-t-il le dévot ? Le Soi ne se soucie pas de la forme corporelle. Ceux qui ont atteint la connaissance du Soi se sont déployés à l’entière manifestation et l’ont transcendée. Ils sont Parabrahman – au-delà de toutes formes et qualités. Si vous avez réalisé le Soi, les rituels, religions, magies blanches ou noires, malédictions et fantômes ne vous concernent pas. Au contraire, ils se retournent contre ceux qui en feraient mauvais usage à votre encontre. Quelqu’un qui veut se jouer d’un jnani apportera sur lui-même beaucoup de tourments. Si vous donnez du crédit aux diseurs de bonne aventure, c’est que vous n’avez pas atteint la réalisation du Soi. Dans le rêve, le monde était vu. Dans le rêve apparaissait aussi votre corps. Le rêve prit fin et le monde disparut. Qu’advient-il de celui qui regardait le rêve ? Est-ce qu’Il contemple son corps gisant là ? Il n’est jamais venu, ni parti. L’Atman n’est pas le prana. Reconnaissez ce fait. Ce n’est pas suffisant d’en faire juste un savoir. Qu’est-ce qui, présent dans le corps, nous permet d’avoir la connaissance que nous sommes ? Vous devez faire acte de dévotion envers le Guru (une dévotion non duelle). Soyez attentif. Préparez-vous pour la félicité du dernier moment. Pour les autres, ce sera un événement terrifiant.

Nisargadatta Maharaj

dimanche 1er avril 1979

Extrait de  » Méditations avec Sri Nisargadatta Maharaj » aux éditions Aluna

Nirupana 103 – Nous ne sommes rien d’autre que la grâce du Sadguru

Nous ne sommes rien d’autre que la grâce du Sadguru

La nature du Sadguru est éternelle et infinie. Rama, Krishna, Hari, etc., sont tous Ses noms d’apparat (tous ces noms sont ceux de la conscience dans les apparences corporelles correspondantes). Quand le concept de la naissance est vu irréfutablement comme faux, tout ce qui lui est lié est aussi vu comme faux. Le Guru est Parabrahman. Celui qui a compris cela, s’y tient intérieurement et accède à la nature du Guru. Une fois que le corps subtil est dissous, il n’y a plus aucun concept de mort. Alors, ce qui subsiste est le principe non né. La conscience identifiée au corps et la sensation d’être l’auteur des actions disparaissent par la grâce du Guru. Une fois que cela est saisi et assimilé, vous ne l’oubliez plus. La grâce du Sadguru signifie la manifestation de Sa conscience. La conscience a un sens d’individualité de par le corps. Ce sens s’en va et ce qui reste est la totalité. La nature de Brahman est conscience. Aussi longtemps que le corps subtil est présent, il y a un ego. Quand celui-ci est extirpé, il n’y a plus de naissance. La conscience identifiée au corps laisse alors place à l’Infini universel. L’état de Parabrahman et la grâce du Sadguru sont un. Cela prend son sens en réalisant sa propre véritable nature. Vous devenez Cela, tel qu’on vous l’a décrit. Alors, la grâce du Sadguru se manifestera. Nous ne sommes rien d’autre que la grâce du Sadguru. La conscience dans le corps se manifeste dans le monde au travers de l’acceptation de divers concepts. Celui qui a porté toute son attention sur la parole du Sadguru obtiendra assurément Sa grâce. La nature du Sadguru se déploiera et deviendra limpide. Vous viendrez à connaître que vous et le Guru êtes le même. L’expérience du monde et le rêve viennent au travers du corps. Qu’y a-t-il dans le corps, après tout ? Avec cette connaissance, le corps subtil est déposé, reste alors la véritable nature. C’est alors que le chercheur n’a plus d’individualité, de concept de naissance. Celui qui n’a pas réalisé ceci est contraint de se comporter conformément à la nature du temps. Le terme de vie, de la naissance à la mort, est une saison qui passe ; c’est le temps. Toutes vos expériences dépendent du temps. Aussi, comprenez ceci une bonne fois pour toutes avant que votre vie arrive à son terme. Le Jnani vit une journée juste dans l’instant. Toutes les choses seront accomplies dans la présence à l’instant. Quel aspect de vous-même voulez-vous préserver ? Ce que vous êtes maintenant est simplement passager et donc temporaire. Si vous comprenez la nature du temps, vous transcenderez le temps. Tout ceci sera clarifié par la parole du Guru. Le mouvement perpétuel de la conscience se poursuit en vous. Observez-le juste. Dans la phase d’ignorance, la libération était nécessaire. Une fois la connaissance du Soi révélée, cette libération est à votre service. Il en est ainsi tant qu’il y a la plus infime trace d’individualité. L’individualité dépend du temps. Celui qui connaît le temps est le Sadguru. Celui qui dépend du temps ne sera jamais libre de préoccupations. Celui qui connaît le temps n’a pas besoin d’une durée de vie. La félicité signifie la réalisation de votre véritable nature intemporelle. Votre expérience du temps se situe entre le lever et le coucher de la conscience. Le Sadguru est notre véritable nature. Ce pourquoi nous nous prenons est de nature temporelle. Il s’agit du sens de « moi et mien », et de rien d’autre. Et encore, il n’y a rien de tout cela. Restez profondément tranquille. Ne laissez pas venir de perturbations par le renoncement ou l’acquisition de quoi que ce soit. Seul le mental est né, pas vous.

Nisargadatta Maharaj

jeudi 29 mars 1979

Extrait de  » Méditations avec Sri Nisargadatta Maharaj » aux éditions Aluna

Nirupana 102 – la conscience est vierge de concepts

la conscience est vierge de concepts

Gudi Padva, jour de l’an de l’état du Maharastra

Nous sommes conscients aujourd’hui que « nous sommes », mais qu’adviendra-t-il de cette conscience dans le futur ? Ceux qui vivront la mort en s’identifiant au corps, renaîtront à nouveau (conformément aux écritures). Quel que soit le concept présent au moment de la mort, ce qui arrivera sera conforme à celui-ci. Ce n’est pas le cas par contre pour celui qui est illuminé. Ce n’est pas mon expérience, c’est pourquoi je ne parle pas de renaissance. Celui qui a réalisé la totalité n’a pas de naissance ou de mort individuelle. En tant que totalité, l’Atman n’a pas d’existence. Le sentiment d’être arrive avec le corps, qui est nourriture. La cause de l’existence du sentiment d’être est triviale. Et c’est aussi la raison de la renaissance. Le jnani en a connaissance. Un individu n’a pas l’expérience de sa propre naissance. S’il évoque l’expérience de naissance de quelqu’un d’autre, est-ce que cela peut être considéré comme vrai ? Cette approche a pour objectif de montrer comment la bulle est formée. Toute autre forme de connaissance acquise n’est pas fiable. Maya apparaît avec la conscience identifiée au corps. L’amour « Je suis » est maya. Certaines personnes éprouvent de la difficulté à écouter ce genre de connaissance. Cela requiert une grande force intérieure. La conscience pure est omniprésente. Quand elle n’est pas dans le corps, elle n’a pas conscience de son existence. L’espace fait-il l’expérience de la respiration ? Les mots et leurs significations créent une grande variété de désirs. Celui qui, plutôt que de regarder à l’extérieur se tourne vers l’intérieur, sera rapidement libéré. Ne questionnez pas les autres à ce sujet. Il vous faut faire appel à votre propre discernement. Quand il y a discernement, il y a détachement. Vous travaillez dur pour votre existence. Qu’est-ce qu’une existence ? N’est-ce pas l’espoir de faire perdurer le sentiment d’être ? Pourquoi l’être humain endure-t-il tant d’épreuves ? N’est-ce pas pour perpétuer son sentiment d’être ? La conscience est insupportable. Avec elle vient le sentiment de peur de la perdre. Alors, il y a à la fois peur et tourment. Tous les objets du monde sont créés pour rendre la conscience supportable. Il y a cette nécessité d’avoir un mari, une femme, un enfant, de la nourriture, etc. Par conséquent, l’amour pour notre sentiment d’être est impropre. L’amour de soi veut perdurer. C’est la grande illusion ; l’amour de soi est devenu la cause de création de tout l’univers. Quand la vie arrivera à sa fin, qui se souciera de ce que devient le monde ? Si vous ressentez l’urgence d’accéder à la compréhension de ceci, assurément vous y accéderez. La connaissance spirituelle de base est simple, mais les gens s’impliquent dans des rituels pénibles et inutiles. Quand il n’y a plus de sentiment d’être, le corps est une simple forme. Votre véritable nature est au-delà de toute description. Bien qu’elle soit, elle ne peut être connue. Elle est la Source de toute chose. La conscience est apparue et elle disparaîtra. C’est tout. Que voulez-vous savoir d’autre ? Si vous vous établissez dans votre vraie nature, les besoins vitaux vous seront spontanément fournis. Vous n’aurez pas à faire d’effort pour eux. Le Guru révèle au disciple sa propre dévotion. Il initie celui qui s’est confié. La signification du mantra est : « Je suis Atman, je ne suis pas le corps. » Ceci est comme le nom de baptême du nouveau-né. Les parents donnent naissance au corps. Le Sadguru donne naissance à la conscience. Il plante la Graine dans le coeur du disciple. Celui qui saisit la parole du Guru devient Dieu. Votre langue n’a pas de goût par elle-même. C’est pourquoi elle peut capter les autres saveurs. De la même manière, la conscience est vierge de concepts. C’est simplement une lumineuse clarté. La seule chose fiable dans le monde est la parole du Guru : « Je suis Brahman. »

Il y a une chose dans le corps par laquelle vous avez connaissance d’être. Ceci ne peut être saisi sans la grâce du Guru. Vous luttez pour préserver le corps. Quand vous orienterez ces efforts sur la réalisation du Soi, vous deviendrez immortel et éternel.

Nisargadatta Maharaj

mercredi 28 mars 1979

Extrait de  » Méditations avec Sri Nisargadatta Maharaj » aux éditions Aluna

Nirupana 101 – c’est par sa lumière que le monde devient visible

c’est par sa lumière que le monde devient visible

Nous nous réunissons ici par la grâce du Sadguru. Ceci ne peut pas être compris au niveau de la conscience identifiée au corps. Pour servir aux pieds du Guru (notre propre conscience), l’aspirant doit être béni et purifié. Celui qui vit en tant que conscience identifiée au corps, ne boira pas le nectar aux pieds du Guru (il ne réalisera pas sa véritable nature). L’aspirant est sans forme. Là encore, c’est par sa lumière que le monde devient visible. Quand vous regardez un rêve, par quelle lumière le voyez-vous ? La conscience du chercheur est identique aux pieds bénis du Guru. Votre conscience n’a pas de naissance. Votre existence en tant que pure conscience est l’état du Guru. Quand le disciple l’accepte, il naît au Divin. Avant cela, il ne s’agit que de la naissance du corps. Quand le Guru vous initie, et vous dit : « Vous n’êtes pas le corps », à ce moment précis vous abandonnez votre nature humaine. À partir de là, vous n’aurez plus de naissance. Tout est connu au travers de votre conscience. Elle est le centre de l’univers. Sans la présence du Guru, la conscience ne peut pas se réaliser. Si vous n’avez pas de temps à disposition, remémorez-vous au moins les paroles du Guru en allant vous coucher. Vous devez vénérer la conscience, comme s’il s’agissait des pieds du Guru. Toutes les choses du monde sont créées pour l’amour du Soi.

 

Nisargadatta Maharaj

dimanche 25 mars 1979

Extrait de  » Méditations avec Sri Nisargadatta Maharaj » aux éditions Aluna

Nirupana 100 – une seule flèche bien acérée

une seule flèche bien acérée

Celui qui a la conviction inébranlable que le Guru est Paramatman, réalise sa véritable nature sans aucun effort. Humilité et abandon vous font réaliser votre nature intérieure. Quand votre attention est totalement tournée vers votre véritable nature, le mental disparaît. Vous pouvez vous incliner, mais rappelez-vous que vous êtes Cela qui est avant toute action. Votre sensation « Je suis » est antérieure à toute action. Le sens de toute individualité se dissipera ; restera la pure sensation d’être. Vous pouvez faire preuve de dévotion, mais elle doit être dirigée vers Celui qui a connaissance de la conscience. Quand votre mental disparaît pendant l’état de veille, celui qui a connaissance de la conscience est révélé. Des milliers d’êtres ont une pratique dévotionnelle. Celui qui atteint la cible a une seule flèche bien acérée. Comment la connaissance peut-elle oeuvrer là où celui qui a connaissance est absent ? Vous êtes la conscience. Son support est le Sadguru. Il est antérieur à la conscience. Il imprègne toute chose. Sans Lui, qui connaîtrait la conscience ? Quand la conscience identifiée au corps se dissout, l’individualité s’en va. Sous la guidance du Guru, le dévot réalise qu’il n’est ni le corps, ni le mental. Il est celui qui a connaissance du corps-mental. Il atteint le Divin. Le Guru peut pratiquer la dévotion comme n’importe qui d’autre, mais il est libre de toute illusion. Il ne voit aucune différence entre lui-même et Dieu.

Il y a peur de la mort tant qu’il y a une connexion avec le corps mental. Pour vous, véritablement, il n’y a pas de mort. Alors, pourquoi devrait-il y avoir une peur ? La plus haute forme de dévotion est de se remémorer ce qui a été entendu du Guru. Celui qui perd sa nature de jiva, gagne sa nature de Shiva. Même s’il mène une vie mondaine, elle est dédiée à son Guru. C’est une maladie que de prendre le corps pour votre Soi. Votre vie mondaine dans son ensemble : enfants, bien-être, désirs, sont de simples divertissements dans lesquels il n’y a rien à gagner ou à perdre. Si vous êtes un véritable dévot, maya, sous différentes formes, vous servira. Par la dévotion, les doutes sont éliminés. Sans la conscience présente en lui, le corps n’est-il pas juste une forme inanimée ? Toutes les activités appartiennent à la conscience et non pas à Moi (Celui qui en est le témoin). La parole est là, parce qu’il y a la sensation « Je suis ». La langue a le pouvoir de goûter par la présence de la conscience. Soyez un dévot de l’essence de connaissance du Soi. Quelle méditation allez-vous pratiquer ? Le méditant et Celui qui médite sur lui sont le même. Écoutez correctement, gardez cela présent et restez avec. Comprenez le pourquoi et le comment de votre attachement aux choses du monde.

 

Nisargadatta Maharaj

jeudi 22 mars 1979

Extrait de  » Méditations avec Sri Nisargadatta Maharaj » aux éditions Aluna

Nirupana 99 – ni connaissance, ni inconnaissance

ni connaissance, ni inconnaissance

Vous avez accepté la limitation du corps, et ainsi vous êtes prisonnier de ses actions. Paramatman est sans limite. Depuis la naissance du corps, vous avez accepté les concepts. Vous vous accrochez à ces concepts. Le concept premier est « Je suis » ou « Je suis conscient ». De ce concept découle la sensation de temps. Une fois que ce concept premier sera vu comme faux, vous réaliserez que vous êtes sans naissance et sans mort. À chaque instant, il y a des millions d’incarnations de la conscience (ce que nous voyons, visualisons, et imaginons est l’incarnation de notre conscience). Il est dit que les pensées du dernier moment d’une personne décident de ce qu’elle deviendra. Ceci est vrai pour une personne ignorante qui se prend pour le corps. Qu’est-ce qu’un jiva ? Qu’est-ce qu’une personne ? C’est l’existence. C’est sans forme. La conscience est née ; elle possède les caractéristiques de l’essence de nourriture. En tant que telle, elle est pure. Par la présence du corps, elle semble polluée. La plus simple définition de Parabrahman est : Cela qui est au-delà de tout ce qui peut être vu ou expérimenté. Il est éternel et vrai. A-t-il une quelconque expérience d’implication ? Il est au-delà de l’espace. Il est immuable. Expérimentet-on l’espace pendant le sommeil profond ? Celui qui évolue est celui qui est consumé par le temps. Quoi que ce soit qui se produise est dû à l’expression de la conscience. Paramatman ne peut faire bien ou mal. Au sein de ma véritable nature, rien ne peut être changé. Paramatman n’est ni connaissance, ni inconnaissance. Il ne possède pas un iota d’information. Ce qui fait preuve de dévotion est de la nature de l’éternel Parabrahman. Si la lumière du soleil est présente, il n’y a pas besoin de chercher après le soleil. La lumière du soleil n’est pas indépendante du soleil. De la même manière, tout vient à l’existence à travers ma conscience. Je suis, moi-même, Parabrahman, Celui qui est parfait. Tout se produit au sein de l’espace de conscience. L’attente, le désir, la peur, la naissance, la mort existent au travers du mental. Ils s’élèvent avec le sens « Je suis ». Celui-ci veut perdurer. La conscience produit le cosmos que nous voyons. L’espace de la conscience est apparu de lui-même. Avec certitude, Je suis Parabrahman. Je suis plénitude. Vous vous préoccupez de votre corps. Vénérez votre conscience. Les imperfections s’accumulent quand vous vénérez le corps. Celui qui devient un avec sa conscience fait obligatoirement l’expérience d’être le témoin absolu (le quatrième état). Le monde et votre conscience ne sont pas deux choses séparées. Votre état de pleine conscience et le monde sont de même nature. Rappelez-vous bien que Atman, la connaissance, et le monde sont un et un seul. Attardez- vous sur le fait que votre conscience soit visible en tant que le monde. Une grande importance est donnée à la naissance du corps que vous appelez vôtre. Quelqu’un, ici, a-t-il le courage d’affirmer : « Le monde entier est ma propre forme, ma propre nature ? » Par l’expression de Sattva (conscience), l’état de veille surgit en tant que « Je suis ». Par le fait que cela se reproduit sur un long temps (la durée de vie du corps), il se produit une intoxication, jusqu’à en arriver au fait que l’état de conscience puisse être difficile à supporter. Pour connaître le secret de la conscience, il faut devenir très intime avec elle. La conscience dans le rêve ou l’état de veille est la même. C’est un processus physique. Après avoir acquis une connaissance fine des trois états que sont la veille, le sommeil, le rêve, celui qui vit à partir du quatrième état est pur Brahman. Cela demande d’y être dédié totalement pour se réaliser.

Nisargadatta Maharaj

dimanche 18 mars 1979

Extrait de  » Méditations avec Sri Nisargadatta Maharaj » aux éditions Aluna

Nirupana 98 – le Soi ne va pas de place en place

le Soi ne va pas de place en place

Le jnani possède la connaissance de ce qui est éternel et de ce qui ne l’est pas. Ceci est acquis par la discrimination. Ce qui est compris par le mental doit encore être discriminé plus profondément. À travers ce processus s’acquiert la compréhension du corps grossier et du corps subtil. Le jnani évoque avec discrimination Sattva, le « Je suis », la conscience. Alors, il s’établit dans sa véritable nature. Le corps grossier est fait de nourriture. La conscience émerge de l’essence de nourriture et, de la conscience, la sensation « Je suis » s’élève. C’est l’instrument pour une juste discrimination. Le jnani a connaissance qu’il est lui aussi éphémère. Celui qui peut voir clairement ce qu’est le temps, n’est plus prisonnier du temps. Il est celui qui connaît le temps. Il est antérieur à ce qu’il connaît ou ressent. Tant que vous prenez la mort pour réelle, c’est que vous n’êtes pas sorti du cocon de la conscience. Le chercheur doit en premier lieu s’établir dans la conviction qu’il n’est pas le corps. Avant cela, il ne peut pas faire preuve de discrimination. Comment celui qui n’a pas de corps peut-il être marqué par les événements ? En tant que conscience identifiée, même dans une joie apparente, un être est tourmenté. Sans conscience identifiée, un être est dans la joie, même au milieu des tourments. Il est libéré. L’ego signifie identification au corps. Tout comme l’espace ne va pas d’ici à là, le Soi ne va pas de place en place. Il est partout. En l’absence de discrimination, la mort est réelle. Elle ne l’est pas pour un jnani. C’est l’ego qui est à l’origine des actions en se prenant pour le corps. Si l’on dit à un homme qu’il accouchera d’un enfant dans deux jours, il n’en sera pas affecté (parce qu’il sait que c’est impossible). De la même manière, celui qui sait qu’il n’est pas le corps, ne peut jamais être effrayé par la mort. Parabrahman ni ne va, ni ne vient. Il est infini. Brahman (manifesté) va et vient au travers de toutes choses. Le jnani fait preuve de discrimination au sujet de tout ceci. Son existence dans le corps est secondaire. En tant que Soi, il est aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur et qu’en toute chose. Un récipient peut être grand ou petit, mais l’espace qu’il délimite est de même nature. Réfléchissez à tout ceci pendant que le prana est encore dans ce corps. Aussi longtemps que le corps et le prana sont unis, il y a expérience. Un jnani sait qu’il n’est pas ce qui peut être connu. Il est celui qui connaît. Un jnani a connaissance de cela. Vous n’êtes pas la conscience, ni ce qui est expérimenté au travers de la conscience. Faites preuve d’un juste discernement pour comprendre ceci. Celui qui s’identifie à ce que dit le mental est dans l’erreur. Il est emprisonné. Parabrahman n’a pas d’identité. Il est antérieur à toutes choses. La compagnie de la conscience cessera, tout comme le soleil se couche, tout comme l’enfance passe. Observez la conscience. Adorez-la avec amour et donnez-lui le statut de Dieu. Vous finirez par être convaincu que vous êtes le Soi. Ceci est la voie spirituelle, la Vérité ultime.

Nisargadatta Maharaj

dimanche 11 mars 1979

Extrait de « Méditations avec Sri Nisargadatta Maharaj » aux éditions Aluna

Nirupana 97 – Ce qui voit n’a ni forme, ni couleur

Ce qui voit n’a ni forme, ni couleur

Jiva est synonyme de conscience. Une personne est agitée parce qu’elle croit qu’elle est le corps. Le corps est une poupée faite de nourriture. Le mental a adhéré à la conviction qu’un être est de nature physique. Il en résulte que toutes sortes de tourments doivent être endurés. À vrai dire, le mental n’a pas d’existence individuelle. En vous prenant pour le corps, vous vous amenuisez chaque jour un peu plus. Mais, même cet affaiblissement n’est pas réel. Tout ceci est appelé maya. Le fait que vous expérimentiez la peur devrait vous faire rechercher qui vous êtes dans tout ceci. Il n’y a personne dans le corps en tant que tel. Il s’y trouve le prana, il s’y trouve la conscience. Votre véritable nature est le Soi, pas le corps. Le Guru n’est pas un individu, il est la conscience imprégnant toute manifestation. Prenez pour identité la conscience sans forme, et poursuivez vos activités. La raison pour laquelle la dévotion portée au Guru amène la libération est qu’elle vous révèle que vous êtes libre. Le mental ne peut jamais connaître le Soi. Quand le mental tente avec constance d’atteindre le Soi, il est dissous dans le processus. Maya a élaboré le corps à partir de la conscience. Ce qui est visible possède une forme et une couleur, mais Ce qui voit n’a ni forme, ni couleur. Pourquoi la mémoire faiblit-elle avec l’âge ? C’est parce que la conscience, une qualité propre à Sattva, commence à se dissoudre. Nous devons accéder à la connaissance de ce que nous étions avant d’avoir entendu parler de ce que nous sommes maintenant. Notre façon de nous comporter résulte des caractéristiques de l’essence de nourriture. S’il vous plaît ! Souvenez-vous que le mental s’écoule en fonction de la qualité de la nourriture. Vous êtes très attaché à votre conscience. Les activités quotidiennes sont menées dans le but de rendre supportable notre existence. Celui qui est convaincu d’être l’Atman ne sera pas affecté même si un millier de tourments fondent sur lui.

Nisargadatta Maharaj

jeudi 8 mars 1979

Extrait de  » Méditations avec Sri Nisargadatta Maharaj » aux éditions Aluna