Premiers discours 14 – Ce qui ne se voit pas est ce que vous êtes

Paramatman

Ce qui ne peut être touché par le temps ne peut être décrit par des mots. Qu’en est-il alors? Notre intellect se met en phase avec Cela, et il se produit une expérience de béatitude. Ce n’est rien d’autre que la conscience de nous-même. Nous avons pris conscience de notre être, du «Je suis». Comment s’en souvenir? Nous devons méditer sur la Conscience en tant que Paramatman intemporel. Notre journée commence au lever du soleil. Quand nous devenons conscients de notre être, c’est le lever du soleil. Notre rappel de Paramatman devrait commencer là.

Ce rappel amène la connaissance, sinon il y a ignorance. C’est donc un jeu de connaissance et d’ignorance. Toutes les activités s’y déroulent. En réalité, les activités se déroulent par la présence de notre Conscience. Ici, la Conscience est l’Expérimentateur. Au fil du temps, ce qui est connu devient à nouveau l’inconnu. Tout est interdépendant. Celui qui a la connaissance fait aussi des expériences. Qui reste à la fin? Seul demeure le «Connaisseur» de la connaissance et de l’ignorance. Ce qui ne peut être compris dans le jeu de la connaissance et de l’ignorance est nommé «le suprême élément». Quand la connaissance et l’ignorance prennent fin, ce qui reste est notre vraie nature. La Conscience est très subtile et nous en venons à connaître sa présence en tant que «Je suis». Grâce à la Conscience, nous apprenons à connaître notre existence et l’environnement. Bhagavan Shri Krishna l’appelle son pouvoir de Yoga. Ce qui peut être vu n’est qu’une apparence qui va disparaître. Il doit devenir clair que la connaissance est due à la Conscience, et en son absence, il y a ignorance. Shankaracharya affirme que prendre le corps pour ce que nous sommes revient à considérer la corde comme un serpent. C’est très stupide de prendre une corde pour un serpent. Notre expérience d’être est très subtile ; c’est l’expression de la suprême Réalité, qui est sans forme. Elle est invisible et Elle est votre propre Soi dans toute sa pureté. Vous aimez être conscient sans aucune limite. Tout comme un nourrisson suce le sein de sa mère, vous sucez le fil de la Conscience. Vous jouissez de votre propre existence. À quoi ressemble le fil de l’Atman ? Il est pareil à vous. Cependant, vous avez pris la corde pour un serpent. Par conséquent, vous croyez aussi en sa destruction un temps venu. Mais je vous dis que vous êtes indestructible. Si le serpent, surimposé à la corde, est brûlé, que perdez-vous? C’est à cause d’une mauvaise compréhension que vous êtes emporté dans ce vaste flux de savoir-ignorance. Le monde, lui, n’en est pas affecté. C’est criminel de ne pas croire en son propre Atman: ce n’est rien de moins que de Le tuer. Le monde est vu à grâce au Soi, mais le Soi vous est invisible. Ce qui ne se voit pas, c’est Ce que vous êtes. Une fois que vous tiendrez le fil de l’Atman, vous n’irez plus nulle part. Il est suicidaire d’imaginer une mort à l’Éternel et de considérer le monde manifesté comme permanent. L’Éternel est venu à connaître son existence, et il fut divisé en deux parties: la connaissance et l’ignorance. Par conséquent, c’est leur jeu que vous voyez maintenant. Comment vivent les sages? Ils s’identifient avec la Conscience et vivent en tant que Vérité.

Nous avons pris conscience de notre existence, dans laquelle il n’y a pas de différenciation entre connaissance et ignorance. Nous ne sommes même pas cette Conscience, même si nous le croyons. Nous sommes Ce que nous sommes vraiment. Nous ne sommes que le Soi, qui est omniscient. Il en est ainsi, même si vous n’en avez pas l’expérience. Il est insensé de prendre la lumière pour les ténèbres.

L’utérus est un lieu de repos pour l’ignorance. Les gens parlent au sujet de la connaissance de Brahman, que nous disons être notre propre droit de naissance. Nous ne pouvons pas nous considérer comme séparés de Brahman en tant que Conscience, car ils ne sont pas deux. Ce qui s’en va est la Conscience et ce qui reste est Parabrahman, qui est votre vraie nature. Celui qui développe cette conviction est libéré de tout lien et emprisonnement. La mémoire «je suis» contient la connaissance-ignorance. Oublier notre vraie nature, c’est oublier notre plénitude. L’apparence du Sadguru semble très petite, pourtant Il connaît l’univers entier. Même si vous ne vous rendez pas compte de la vérité, ayez une foi totale dans les paroles du Guru et ayez confiance en Lui. C’est une erreur que de donner du crédit aux prédictions. Quand vous avez connaissance d’être complet, tout votre travail réussira. Votre plénitude peut être évoquée sous les termes de Sadguru Paramatman. C’est votre relation à Lui. Votre vraie nature en tant qu’Atmarama n’a pas besoin de nourriture pour se nourrir et elle n’est pas tou- chée par les cinq sens. Qui est-ce? Qui est-ce? Ce qui est maintenant conscient de Lui-même.

L’oubli de votre plénitude conduit à la connaissance et à l’ignorance. Votre sensation d’exister est la cause de cet oubli. Si vous développez la conviction que vous n’avez rien à voir avec l’apparente manifestation de l’existence, vous êtes certain de réussir. En outre, vous n’êtes jamais le connu, seulement son Connaisseur. Vous devez être assez audacieux pour vivre avec une telle conviction. Pour cela, la confiance dans le Maître réalisé en tant que Soi est indispensable. La pureté de la conscience individuelle est, ainsi, nécessaire.

Le Sadguru est votre vraie nature et c’est toute votre légitimité de L’être. Quand vous exercerez votre droit, toutes vos difficultés prendront fin.

Nisargadatta Maharaj

10 Juillet 1955

Extrait de  » Premiers discours » aux éd. des 2 Océans

 

Premiers discours 13 – le corps n’est pas séparé du Soi

Shiva Nisargadatta

Les Veda ont résumé ainsi l’ultime connaissance: L’Atman Lui- même est Brahman. Après cela, les Veda se sont tus. Notre véritable corps de manifestation est l’Atman. Nous prenons connaissance que nous Le sommes, ce qui signifie que nous sommes en contact avec notre être pur. La manifestation de Shiva est de bon augure. Cela se situe au-delà du bien-être et du mal- être. Notre Conscience est la forme de Shiva, ce qui est de bon augure. Tous les sages disent qu’il n’y a pas d’autre Brahman que notre Soi. Il est de bon augure et exempt de toute impureté. Par conséquent, son action est toujours juste.

Le terme «Shiva» signifie «bien-être». Dieu en tant que Shiva est aussi appelé Keshava. Cela désigne Sa nature de manifestation vivante. Cette information est utile pour connaître le Soi. Quand nous ne faisons plus qu’un avec Shiva, cela signifie que c’est au-delà du bien et du mal. Nous ne faisons alors plus qu’un avec toute l’existence, y compris notre corps. En Shiva, il n’y a pas grand-chose, mais tout ne fait qu’Un. Il reste une attitude juste et bonne. Que l’unique apparaisse en multiple ou que le multiple soit vu comme unique, il n’y a que grâce en Cela. C’est dans sa nature même. Ce qui paraissait instable s’est déployé en une multitude, mais sa nature stable et permanente est restée égale à elle-même. Nous devenons conscients de notre Soi stable par la Conscience. Nous devons en être fermement établis dans cette Conscience sans objet. Notre Conscience est alors la seule chose en mouvement dans cette stabilité. Nous devons utiliser notre Conscience pour être stables dans le Soi.

Quand il n’y a pas de Maya et pas de monde, le Soi brille dans sa gloire. Quand notre vraie nature apprend à connaître son existence, Maya fait son apparition. Mais Maya ne peut L’abîmer. La Conscience ne peut induire aucune impureté dans le Soi éternel. Celui qui se considère comme séparé et indépendant de Brahman est pollué par le sens du «Je suis». Celui qui est stabilisé en Brahman n’est pas touché par Maya. Qui est candidat pour ce qui est évoqué ici? Sans aucun doute, celui qui ne s’est pas encore réalisé et qui, par là même, reçoit toute cette connaissance.

Bhagavan Shri Krishna devint célèbre dans le monde entier, mais il y eut avant Lui nombre de Rishi et Muni qui pratiquèrent l’ascétisme pendant des centaines d’années. Malgré cela, ils n’avaient pas réalisé le Soi. Ils ont continué à vivre longtemps sans savoir comment réaliser le Soi. Krishna a été victorieux dans cet art rare. Beaucoup sont capables d’impressionner les gens en faisant des miracles, mais Celui qui les soulage de tout péché comme de tout mérite est plus rare. La capacité d’accomplir des miracles n’est pas une preuve de la connaissance du Soi. Ceux-là ne savent pas comment ils sont liés à Brahman.

La réalisation du Soi signifie l’émancipation finale. Celui qui se repent vraiment de son existence insignifiante se qualifie pour recevoir la connaissance du Soi. Cette connaissance n’est pas le résultat de toute une variété de pratiques spirituelles. L’implication dans des situations complexes ne peut pas qualifier une personne pour l’Ultime. Celui qui connaît l’infériorité et l’inutilité de toutes les autres activités et développe la confiance en l’Atman comme Dieu unique est qualifié pour cette connaissance du Soi.

Nisargadatta Maharaj

22 mai 1955

Extrait de « Premiers discours «  aux éditions des 2 Océans

Premiers discours 12 – Vous avez peur de votre propre Soi

Maya Nisargadatta

Ce que vous voyez est appelé le monde. Notre sensation d’être, qui est apparue, en est la cause. L’apparence d’une pousse se transforme en arbre. De même, le frémissement de l’Atman se manifeste comme le monde. Quand le Soi est inconscient de lui- même, rien n’est vu. Son frémissement originel et son expansion s’appellent « Maya ». Le Soi prend conscience de son être et celui-ci apparaît comme le monde. La conscience identifiée, jiva, ignore cela, car elle prend le Soi pour le corps. Le mouvement qui surgit au sein de l’Atman est inattendu.

La réalisation du Soi d’un être humain équivaut à faire l’apologie de Dieu. Par la suite, Dieu obtient un nom et une forme. Si un sage reste sans nom, c’est parfait. Le Soi est sans (le sens du) « Je et Vous». Par cette connaissance, Il devient un amoureux. Qu’est-ce qui est responsable de toute cette diversité ? C’est ce qu’on appelle le monde. Mais il n’a pas d’existence sans le Soi. La Vérité en est le fondement et Elle est antérieure à tout. Tout le reste apparaît grâce à Elle. Toute connaissance est rendue possible par Brahman, aussi il est antérieur à toute chose. Oublier le Soi, c’est l’ignorance; prendre conscience du Soi, c’est la connaissance.

Shankaracharya nous dit que Maya n’est plus valable pour Lui. L’ignorance vis-à-vis de la corde est responsable de l’apparition d’un serpent. Alors surgit la crainte de notre mort. Il n’y a pas de changement pour Brahman, mais tous les êtres vivants ont peur de perdre conscience. Ici, le Soi est la corde et la sensation d’une existence séparée est le serpent. C’est dû à Maya. Mais qui en connaît l’existence ? C’est le Soi. Par conséquent, Maya et le Soi ne sont pas deux. Celui qui fait l’expérience de l’équanimité devient un véritable soutien pour tous. Ce que l’on voit n’est que l’expression du Soi.Tout être vivant a peur de perdre sa sensation d’être ou son existence. Tout corps vivant n’est qu’une enveloppe, pourtant il est faussement identifié comme étant le Soi. Parmi des millions d’êtres, rares sont ceux qui développent la conviction de ne pas être le corps. Beaucoup de soi-disant jnani ne peuvent pas abandonner le concept de mort et sont sûrs de mourir.

Par la puissance de l’illusion, nous croyons en une forme et oublions que nous sommes le Connaisseur et non le connu. Notre vraie nature est sans peur et notre vie en est le résultat. Les sages disent que notre Soi soutient de nombreux mondes. Notre Soi est responsable de l’apparition du monde, et toutes les apparences sont celles du Soi. N’appelez pas le Soi «Maya», seulement le Soi. Comme les ascètes se considéraient comme faisant partie de Maya, ils avaient honte de montrer leur visage. Vous avez peur de votre propre Soi et vous Le fuyez. Être un véritable jnani, c’est aller au-delà de l’intellect et de la folie. C’est insensé de tenter de ressembler à un jnani (ce qui ne serait qu’une autre identification). Ce qui est constant est dévoilé. Bien que beaucoup vivent dans des grottes pour faire pénitence, ils sont encore dans l’ignorance. Ils ne voient pas le Soi sous toutes Ses apparences et ils en ont peur. Si vous fuyez les gens, de quoi avez-vous peur ?

Shankaracharya dit à ses disciples qu’ils existent dans tout ce qu’ils voient. Il dit : « Je suis l’Atman, complet à tous égards. Je suis au-delà du temps et de tous les chants. Comment pouvez-vous Me capturer par votre chant (en répétant mon nom) ? »

Faites face à la vie telle qu’elle se déroule sans vous accrocher à aucun concept. La conviction «Je suis» est responsable du monde. Votre conviction occupe tout l’univers, qui est la manifestation de Vishnu. Pour les vrais adorateurs de Vishnu, le monde entier est Vishnu Lui-même. Celui qui réalise le Soi est toujours empli d’un sentiment de plénitude, comme le Soi contenant le monde entier.

Nisargadatta Maharaj

15 mai 1955

Extrait de « Premiers discours «  aux éditions des 2 Océans

Premiers discours 11 – nous sommes méconnaissables

Nisargadatta Maharaj extrait

Dans ce corps,
nous sommes méconnaissables !

Tout en chantant le Mantra et en modérant les organes des sens et de l’action, nous devrions fixer notre attention sur Paramatman. Après L’avoir réalisé, nous en arrivons à connaître pleinement ce que nous sommes en réalité. Cette connaissance est difficile à atteindre. Par l’utilisation de différentes voies, cette connaissance a été transmise aux êtres de ce quatrième âge du monde appelé Kali yuga.

De nos jours, la durée d’une vie est courte et l’intellect très capricieux. Ainsi, afin de calmer l’intellect, le psychisme et les organes des sens, Dieu a recommandé la répétition du Mantra, le chant de bhajana et la méditation régulière. La réalisation du Soi est l’accomplissement le plus élevé pour les êtres humains ; elle est considérée comme le plus grand aboutissement spirituel. Avant la réalisation, l’homme se contente d’acquisitions mineures qui lui procurent de la joie, comme la nourriture, mais la vraie félicité n’est vécue qu’après la réalisation du Soi.

Quand nous nous rapprochons de notre Soi, tous nos besoins prennent fin. Les troubles et les déplaisirs du monde ne peuvent pas subsister dans la lumière de la béatitude intérieure. Après l’apparition du corps, toutes nos expériences sont une illusion.

L’unique Brahman est présent en chacun. Notre vraie nature est présente dans le corps, mais ne peut être vue. Elle n’est pas perceptible par les sens, mais Elle permet la vision du tout .

La mort ne signifie pas la destruction. C’est la disparition de l’être ignorant. L’importance du chant «Jaya Guru» («gloire au Guru, gloire au Maître ») est telle que si on ne le prononce qu’une seule fois mais avec honnêteté, on devient libre d’avoir une forme séparée. Brahman est la semence de toutes les expériences. La conscience identifiée, jiva, se prend à tort pour le corps à cause de l’opacité qui recouvre l’Atman. La compagnie des sages enlève cette opacité. Celui qui reçoit l’initiation d’un Guru et comprend vraiment à quel point l’Atman est fait pour la célébration et le respect, celui-là est responsable de la renaissance du monde entier. Une telle personne qui s’est purifiée est vénérée par Bhagavan Krishna Lui-même. Nous ne pouvons même pas imaginer à quel point ce Soi est digne de respect. Même des dieux comme Brahma, Hari et Hara sont nés de Lui.

Nous existons avant toutes nos expériences. Nous ne manquons de rien en n’expérimentant rien. Quand faisons-nous l’expérience la plus naturelle qui soit ? Quand nous expérimentons «Je suis». La différence entre l’individuel et l’universel ne vient qu’après l’apparition du « Je suis ». Ayez la foi dans le fait qu’aucun défaut ne peut salir le Soi. Souvenez-vous de votre valeur. Votre Atman est le même que Celui que Shri Krishna a adoré. Soyez assuré que le Soi de Dieu est le même que votre propre Soi.

L’Infini ne voit aucune différence entre l’individu et le collectif.

Nisargadatta Maharaj

8 mai 1955

Extrait de « Premiers discours » aux éditions des deux Océans

Premiers discours 10 – La Conscience pure n’est rien d’autre que vous

Adi Shankaracharya Nisargadatta

Shankaracharya a proposé comme philosophie celle de la juste attitude dans ce monde. Tout le monde devrait avoir connaissance de cette juste attitude. Pour que le comportement soit en harmonie avec l’existence entière, il convient de connaître le Soi omniprésent. Il est dit que la grandeur de ce comportement se traduit par le bien-être de tous.

L’être sans ego est complet à tous égards. Celui qui connaît la fin de tout, y compris Hari (Vishnu) et Hara (Shiva), est vraiment le Connaisseur de tout. Cela n’est pas accessible par l’esprit et l’intellect, et c’est ce qui en fait toute la difficulté. L’utilisation de l’intellect pour connaître le Soi est inappropriée et est vouée à l’échec. Celui qui s’évertue à persister dans l’utilisation de ces méthodes inadéquates est un grand imbécile. Celui qui les essaie à contrecœur est stupide. Celui qui est vraiment complet sera libéré du sens de la personne. Celui qui n’est plus un individu limité expérimente le monde entier comme son corps.

Dans le sommeil profond ou en Samadhi, vous n’êtes pas conscient de votre existence. Comment alors en vient-on à connaître le plaisir que cela procure? C’est connu par la lumière intérieure. Le corps n’est pas notre forme, mais il nous accom- pagne. C’est le Principe autolumineux, qui se trouve en compagnie du corps. À l’état pur, on l’appelle Paramatman. Ceux qui savent l’appellent notre vraie nature ou le Soi. Le Soi n’est ni un homme ni une femme. Les états d’éveil ou de sommeil ne s’appliquent pas à Lui. Il n’appartient à aucun tiers, mais c’est notre propre nature. Comme elle est commune à tous, elle n’appartient à personne. Comment agit la Conscience? De même qu’il y a de la douceur dans le sucre ou de l’amertume dans la courge amère, la Conscience est la qualité de tout corps vivant. C’est Ishwara ou Dieu. Il y a «quelque chose» dans le corps qui indique notre présence. Quelle est sa nature ? Elle est là comme Conscience. Cette Conscience est digne d’être vénérée par tous. Elle se manifeste en tant que Shiva(Hara), Vishnu (Hari) et Brahma.( les trois aspect de la manifestation qui sont la création, le déploiement, et la dissolution à nouveau dans la Conscience) C’est l’expression du Soi, et son absence n’est connue que par le Soi.

Ce qu’on appelle le corps est la nourriture de la Conscience. Celle-ci s’entretient sur ce corps de nourriture. Pour le compte de qui agit la Conscience ? Votre Soi est le Connaisseur de tout, mais personne ne peut Le connaître. Qui se nourrit de ce corps, à part votre Conscience ? Le témoin de cette Conscience doit être connu. Ce témoin connaît aussi l’absence de cette Conscience. Celui qui a réalisé cela a dû se livrer complètement en offrande. Ce grâce auquel vous connaissez votre sommeil profond et toutes vos activi- tés est votre Soi. Comment celui qui a totalement ignoré sa propre Conscience peut-il réaliser le Soi ? Celui qui voit sa fin, sa mort, et qui n’a pas encore invoqué: «Panduranga, Panduranga», celui-là est un sage. Le poète et mystique Tukaram a confié qu’il avait assisté à sa propre mort, ce qui signifie la mort de l’identité corporelle. Le Connaisseur de la Conscience n’est autre que vous et c’est votre vraie nature. Aussi devez-vous méditer sur la Conscience autant que possible.

Nisargadatta Maharaj

1er mai 1955

Extrait de « Premiers discours » aux éditions des 2 Océans

Premiers discours 9 – ni forme ni concept

premiers discours nisargadatta

3 avril 1955

Atman : ni forme ni concept !

Ce qui est facilement accessible – parce que sans risques ou caractéristiques ni plans à réaliser – devient en fait très difficile à obtenir. C’est non préhensile par les sens et antérieur, depuis des temps immémoriaux, à tout ce qui existe. C’est indescriptible. Quand le connaisseur essaie consciemment de connaître le Soi, il L’oublie. Au début, il ressent que ce qu’il essaie de trouver, c’est sa propre manifestation. Mais alors il se rend compte que ce qui est consciemment trouvé n’est pas sa forme véritable.

Quand les choses se passent selon nos attentes, nous disons que c’est selon notre pensée. Ce qui est expérimenté avant l’apparition du mental n’a ni nom ni forme. Celui qui commente imagine mentalement beaucoup de choses. Mais le Soi en est absent. L’intellect ne peut pas imaginer le Soi. Ce qui est au-delà de tout concept, c’est l’Atman. Toute imagination se situe dans le domaine des concepts. C’est Paramatman qui s’est oublié Lui-même. Il a commencé à jouir des concepts mentaux et s’est manifesté. La forme actuelle du connaisseur n’est pas le Soi. Quelle que soit l’intelligence du mental, il ne peut pas réaliser le Soi. L’intellect est très performant et capable de grandes tâches, mais il ne peut pas voir la Vérité. Ce qui agit dans le mental et l’intellect n’est rien d’autre que la Conscience. Cependant, le Soi est antérieur à tout ce qui se crée ou ce qui est connu.

Enlevez tout ce qui est dans vos mains, sur vos pieds, dans votre esprit et aussi dans votre intellect. Jetez tout et renoncez-y.

Pour combien de temps? Jusqu’à ce que vous atteigniez l’Ultime.

Le roi Janaka avait dit à Shuka de n’enlever que ses sandales, sans parler de son esprit et de son intellect. Le vrai renoncement est celui de l’ego. Le Suprême – Parabrahman – est au-delà, mais l’auditeur est établi de ce côté. En réalité, c’est exactement le contraire qui convient. Celui qui enlève et éloigne les sandales de l’intellect et du mental est immobile, même en activité. Par l’intellect, l’identification au corps grandit. Nous ne sommes jamais le connu. Paramatman n’est touché par aucun nom ni aucune forme. Mais Il s’oublie Lui-même avec l’apparition de la conscience. Vous ne pouvez pas trouver Paramatman par le mental, quels que soient les changements que vous y apportez. Notre vraie nature est au-delà de tout. Le mot «Shiva» signifie toucher et le dieu Shiva signifie Un avec une touche de «Je suis». Il est au-delà des cinq éléments et ne peut être vu par les yeux. Il ne peut être vu que par l’œil de l’amour. La touche de «Je suis» n’est vraiment pas une simple touche, c’est un délice. Parabrahman est indescriptible par les mots, il est plus savoureux que le clair de lune. Là où il y a béatitude, la touche de « Je suis » doit être présente. Là où il y a joie, la touche de «Je suis» ou Shiva doit être là. En raison de la nature indescriptible de Parabrahman sans attributs, tous ont préféré garder le silence.

Notre vraie nature est l’origine de la Conscience. Vous devriez être exempt de peur dans n’importe laquelle de vos activités quotidiennes. Alors seulement, vous aurez le contrôle de votre mental. Tout ce qui apparaît aujourd’hui avec l’aide du mental disparaîtra et réapparaîtra sous une forme agréable. C’est vous seul qui devez d’abord être certain d’être l’origine de vos concepts.

Celui qui peut contrôler le mental peut contenir le Soleil et la Lune. Les concepts de Vaikuntha et Kailas ne sont que des imaginations mentales. De même, toutes les idoles sont des créations de l’imagination du mental. La conscience identifiée – jiva – a peur de la mort, et cette imagination disparaît en compagnie d’un sage. Cependant, le mental doit être contrôlé. La guerre n’est pas à l’extérieur, mais mentalement, à l’intérieur. Il faut toujours s’en tenir aux paroles du Sadguru. Il faut avoir la conviction que Paramatman est immuable et beaucoup plus grand que le mental et l’intellect. Cela effrite de plus en plus l’ego, ce qui mène finalement à son extinction. Si vous voulez contrôler le mental, ne l’écoutez pas. Vous devez être ferme sur le fait d’être sans forme et libre de concepts. Vous devez prêter serment et jurer que vous êtes identique à Raghava (Ram en tant que pure Conscience). Vous devez vous y tenir, même au prix de votre vie.

Nisargadatta Maharaj

3 avril 1955

Extrait de « Premiers discours » aux éditions des 2 océans

 

Premiers discours 8 – parce qu’ils s’identifient avec le corps, ils échouent à contacter leur vrai Soi

Soi Nisargadatta Maharaj

Aucune créature vivante
ne peut être sans que Dieu soit !

Alors que Bhagavan Krishna est en train d’amener son conducteur de char Daruka à réaliser sa vraie Nature, Il lui dit: «Je suis, en eux, le Soi de mes dévots, sans qu’ils en aient connaissance. Et parce qu’ils s’identifient avec le corps, ils échouent à contacter leur vrai Soi. »

Même dans ce cas, le Vénérable est en eux.

Krishna poursuit: «Bien que ces mots annoncent la fin de ma forme physique, Je suis et Je serai toujours présent dans le Cœur de mes fidèles. » Dieu est présent en chaque être vivant. Il est toujours entier et non pas plus ou moins selon les circonstances. Sans la présence de Dieu en nous, nous ne pouvons pas connaître notre existence. Bhagavan dit à Daruka: «Je suis là avec Mon dévot, avant qu’il ne répète Mon nom. Un tel dévot médite sur Moi et répète Mon nom selon sa foi. »

En répétant le nom de Dieu, nous sommes conscients de Lui, où qu’Il soit. Un dévot peut répéter le nom de n’importe quel Dieu; il réalisera de la sorte son propre Atman. En chantant le Mantra, les pensées seront dissoutes une par une et nous nous observerons dans un état sans pensée. Ceci rendra progressivement le dévot libre de l’identité corporelle et de tous les désirs.

Ce que notre Maître intérieur, le Sadguru, nous donne, c’est la réalisation de notre propre Soi. Celui qui vénère le Soi avec foi et conviction devient libre de toutes les erreurs des visions et devient très sage. Pour un sage, tous les êtres vivants sont équivalents au Soi. Quand il y a identité corporelle, il y a différents désirs et envies. Quand vous perdez l’intérêt pour ceux-ci en raison de l’absence de passion mondaine, il y a connaissance du Soi.

Nous devrions nous évoquer conformément aux paroles du Sadguru. En méditant sur le Soi, il ne faut pas oublier que c’est sur notre vraie nature que nous méditons. Notre corps est responsable de l’entretien de la mémoire d’être un homme ou une femme. Par contre, celui qui se souvient du corps et de sa couleur, mais qui a la conviction intérieure qu’il n’est pas limité à cette forme, celui-là accède à une connaissance pure. Quand vous méditez sur ces mots, cela a plus de valeur que le fait de donner en offrande un million de vaches! Une telle méditation, accomplie même une seule fois, est suffisante pour «satisfaire» Paramatman. Celui qui se stabilise dans une telle méditation n’est pas affecté par la mémoire de «Je suis le corps», tout comme nous ne sommes pas le vêtement que nous portons. Celui qui a pris l’initiation du Sadguru ne peut plus envier personne, à cause de son sentiment d’unité avec tous.

Vous pouvez poursuivre vos activités quotidiennes comme habituellement. Ce corps est destiné à l’effort et à l’activité. Celui qui se voit comme pure Conscience est sans limites. Celui qui est dans la béatitude du Soi est entouré de joies et de plaisirs mondains de toutes sortes. Le mirage est faux, mais il apparaît par la présence du soleil, qui est vraie. Notre expérience et la connaissance des objets sont dues à l’Atman. C’est Dieu lui-même. Une fois que vous avez la connaissance véritable, vous ne devez plus l’oublier ou la mettre de côté. Vous pouvez évoluer dans le monde comme vous le souhaitez, sans pour autant oublier votre vraie nature. Votre Conscience ne doit pas se limiter au corps, mais être partout. De Celui qui s’est réalisé comme l’Atman, pourquoi ne chanterions-nous pas des chansons louant Ses réalisations et Sa grandeur ?

Nisargadatta Maharaj

6 février 1955

Extrait de « Premiers discours » aux éd. des 2 Océans

Premiers discours 7 – Bhagavan

Bhagavan Krishna

 

Brahman est universel !

Dans la cité de Dwarka, Krishna voulait informer Son peuple que Son temps était terminé et qu’Il était sur le point de laisser Son corps. Quand il demanda à Daruka d’annoncer la nouvelle, ce dernier voulut se défiler en quittant son corps avant Krishna. Krishna dut donc lui en dire plus sur son propre Soi.

Bhagavan (Krishna) lui parla ainsi: «Ma vraie nature est l’absorption totale en Soi. Cela ne peut convenir qu’à Celui qui a la conviction qu’Il n’est autre que Paramatman. En découle la ferme conviction que Je suis présent dans toutes les formes de vie en tant que Conscience. Quiconque connaît Ma vraie nature est Mon disciple bien-aimé. Bien que ce dévot jouisse des objets des sens, la Conscience, qui est la reine de tous les sens, est Mon Soi. Il faut avoir la conviction que la Conscience, dans n’importe quel corps, est Shri Krishna Bhagavan Lui-même. Alors, le corps peut rester ou tomber, mais la foi en l’Atman et la force de l’Atman ne seront pas abandonnées, même au prix de la vie. Notre foi en l’être est telle Shri Vitthal. »

Bhagavan parla ainsi à Daruka: «Celui qui accepte mon Dharma me trouve. Dans ce monde, il y a beaucoup de dévots qui ne sont pas sérieux. Celui qui ne m’oublie pas un seul instant est mon vrai disciple. Même entendu une seule fois, ceci devrait avoir un effet instantané. Celui qui se considère comme séparé de Moi aura quelques bénéfices temporaires, mais c’est une faute, qui aura besoin de rédemption. Celui qui a la conviction d’être Conscience en tant que Bhagavan ne peut pas faire l’expérience de séparation d’avec Dieu. »

Brahman est universel. C’est un nom universel, qui inclut à la fois le manifesté et le non-manifesté. Krishna dit : « Dans le Cœur, il faut méditer sur Moi et la bouche ne doit être utilisée que pour répéter Mon nom et chanter les bhajan. Qu’y a-t-il dans notre Cœur ? C’est ce que nous aimons le plus, c’est-à-dire le Soi. Notre Conscience est l’idole dans le Cœur. Nous devrions méditer sur cette idole, sur cette Conscience. »

Au cœur de Bhagavan, réside la connaissance d’être Parabrahman, et au cœur de Daruka réside la connaissance d’être un serviteur. Bhagavan lui dit: «Il n’y a pas de différence entre toi et moi. Garde dans ton cœur le trésor d’être Bhagavan Shri Krishna. »

Une seule «chose» existe dans le cœur de l’un et de l’autre, mais chez Daruka il y a méprise. C’est pourquoi il se considère comme un serviteur, un cocher. Il souffre de ne pas reconnaître le trésor du Cœur.

Dans le Cœur, nous sommes Conscience pure et nous devenons comme Son nom sur nos lèvres. Nous sommes Lui, dont le nom est sur nos lèvres. Sur nos lèvres, il y a Siddharama, que nous devrions adorer. C’est une aberration de se considérer comme séparé de Dieu. Cela est juste de sentir l’unité avec Dieu. Toutes les incarnations du passé étaient nos ancêtres. Nous sommes ce même Soi. Les sages décrivent ce qu’est l’Atman ou Paramatman. Rien de mal ne peut arriver à ceux qui ont la conviction d’être Bhagavan. C’est pourquoi les sages nous demandent d’écouter le Purana et les divines épopées. Tout en les écoutant, nous devrions faire la distinction entre le réel et l’irréel. Alors, nous atteindrons le Soi.

Nisargadatta Maharaj

30 janvier 1955

Extrait de  » Premiers discours » aux éd. des 2 Océans

Premiers discours 6 – En devenant un avec Atman, vous êtes Dieu !

Rama Khrishna Nisargadatta

26 janvier 1955

En devenant un avec Atman, vous êtes Dieu !

Shri Bhausaheb Maharaj était le Guru de notre Maharaj (Siddha- rameshwar Maharaj). Il a quitté son corps en ce jour sacré (date anniversaire). Il était empli de compassion. Ces grands sages vivaient en tant que Parabrahman, ce qui signifie qu’ils expérimentaient leur unité avec Lui. La nature d’un Sadguru est sereine, encline à améliorer le sort des gens. Jusqu’alors, cette nature s’est manifestée de bien des façons, sans pour autant appartenir à quelqu’un. Elle se comporte ainsi pendant un certain temps, puis disparaît. Notre forme véritable est la manifestation en action de l’aspect transcendantal du Principe ultime. C’est l’incarnation de la grâce. Le Mantra préconisé par le Sadguru nous rappelle notre vraie nature – «Je suis Cela». Cette nature auspicieuse reste toujours identique, encline à servir et à guider les êtres. Elle ne connaît pas d’allées et venues. Par la dévotion à son égard, on devient Dieu. La disparition physique du Sadguru ne signifie pas pour autant la destruction du Soi. Celui qui observe cette disparition l’observe en lui. Le Soi reste invisible à cause du voile de l’identité corporelle.

Par la dévotion, l’identité corporelle est amoindrie tandis que la proximité avec l’Atman s’accroît. Quand l’identité corporelle est détruite par la dévotion, Ce qui reste est Parabrahman.

Nous ne pouvons pas savoir ce qu’est l’Atman à travers l’étude du monde des formes, des attributs et des mots. Toute existence est le corps de Shiva. Tout de suite, L’Atman fait l’expérience de son existence, mais Il est perturbé par l’identification avec le corps. Sans cela, sa nature originelle est béatitude. Elle est impatiente de se voir elle-même. Sa manifestation est auspicieuse. Elle vous inspire de l’intérieur pour guider votre intellect. Vous adorez Ishwara comme quelqu’un d’autre que vous, mais en réalité nous sommes Ishwara, Lui-même.

Les ignorants n’ont pas connaissance d’Ishwara en tant que leur vraie nature, ils L’adorent comme séparé d’eux-mêmes. La présence de la Conscience dans le corps et Son émergence dans le vivant n’est due qu’à l’Atman. L’Atman est auspicieux et plus sub- til que l’espace. Le Soi est empli de grâce, il n’est pas touché par la lumière de l’intellect. «L’âme du Soi auspicieux», tel est le nom que nous donnons à Bhausaheb Maharaj. Un tel être, aussi véné- rable et auspicieux, ne peut pas faire d’expérience néfaste. Il peut y avoir des expériences néfastes jusqu’à ce que le Soi soit connu. Celui qui réalise le Soi voit son unité avec le monde entier. Notre Maharaj (Siddharameswhar Maharaj) fut empli de grâce en rencontrant Bhausaheb Maharaj et il en fut de même pour moi, en rencontrant le premier. En rencontrant mon vénérable Maître, j’ai transcendé tout à la fois péchés et mérites. Maintenant, même l’enfer est le bienvenu chez nous, car il est vu comme un reflet de cet Auspicieux. Ce monde est la lumière du Soi et il n’a pas d’existence sans Lui. La présence de mon Maître transforme même l’enfer en la demeure du Seigneur Vishnu. C’est ainsi que le sage Tukaram fut prêt, même pour la renaissance, car cela serait à nouveau l’occasion d’expérimenter les bénédictions de la réalisation du Soi.

Vous devez connaître la grâce du sentiment d’être éveillé. Souvenez-vous de la grandeur de la Conscience. Elle est un rappel de la pure Présence, Parabrahma, par Laquelle nous existons.

Le Divin, au travers d’un sage, parle pour le bénéfice des ignorants. Celui qui réalise son unité avec l’Atman devient Dieu pour le monde. Mais les gens croient qu’Il est Sa manifestation physique et L’adorent en tant que tel. Un sage n’est jamais son corps, mais l’univers entier. Souvenez-vous de Lui.

De toutes les incarnations, la plus mystérieuse et puissante est nommée Râma. Si le corps ne répète pas le « Ram Mantra », ce n’est qu’un amas de chair et de sang. La sagesse n’est rien d’autre que le rappel de Râma. Développez la conviction que vous êtes Râma.

Krishna demanda à Radha sur qui elle méditait, et elle répondit sur Krishna. Radha Lui dit : « Je vois mon Soi en Toi. Je me remémore encore et encore l’histoire de Ta vie. »

Paramatman est ma propre forme. Par conséquent, ne cessez jamais de chanter les bhajan dédiés au Maître. C’est ce qu’il y a de mieux. Dieu est un avec le fidèle. Le meilleur usage de ce corps est de se souvenir du Maître et de ses paroles. Répétez le Mantra où que vous soyez. C’est dans la dévotion que le corps devrait se consumer comme le bois de santal. Dans ce processus, l’épais voile qui recouvre le Soi s’amincit. Ces paroles sont celles de Bhausaheb Maharaj, qui conseilla à ses disciples de faire le meilleur usage de la rare forme humaine. Jusqu’à ce jour, je n’ai jamais cessé de suivre son conseil. Aussi, n’abandonnez jamais la dévotion.

Nisargadatta Maharaj

26 janvier 1955

Extrait de  » Premiers discours » aux éditions des 2 Océans

Premiers discours 5 – La dévotion est votre principal atout

Nisargadatta dévotion

La dévotion est votre principal atout !

Uddhava s’exprima ainsi: «En Ta présence, j’ai disparu et Tu occupes le monde entier. C’est ce que je vois assurément. » Krishna garda Uddhava dans cet état de liberté (Samadhi) pendant douze jours, sans nom ni forme. C’est ainsi que Uddhava comprit que Paramatman était le soutien de toute la vie mondaine. Uddhava dit: «Tu es présent en chacun de nous. Par conséquent, j’aime chacun. Maintenant, permets-moi d’aimer et d’adorer la libération. Je sais que je ne suis rien d’autre que Paramatman, donc je dois nourrir et prendre soin du monde entier. Ma dévotion pour Toi m’aidera à le faire. Tu ne dépends de rien d’autre que de la dévotion de Ton disciple. Tu t’incarnes en tant que Ton disciple. »

Vous vous prenez pour une conscience individuelle, bien que vous soyez comme la lumière et la Conscience elle-même, grâce à laquelle tout est connu. Même notre existence est connue à cause de cela. Vous êtes Brahman qui rayonne de sa propre lumière, mais vous vous identifiez à tort avec le corps. Seul un être parmi des millions réalise le Soi.

L’Atman s’éclaire de sa propre lumière. Tous les sages sont des expressions de Paramatman. Comment voient-ils les autres ? Ils les voient comme eux-mêmes. Tout comme un enfant grandit pour devenir un homme, les ignorants doivent s’élever jusqu’à leur plein potentiel de réalisation du Soi. Après cela, le faux ego est lâché.

Si la connaissance du Soi libère, pourquoi alors poursuivre la dévotion après la libération ? La dévotion et la pratique de cérémonies conduisent à la libération, ce qui leur donne toute leur importance et les rend dignes de toute cette reconnaissance. Paramatman «est en affinité» avec ceux qui sont reconnaissants de la bienveillance et des faveurs reçues. Il «n’aime pas» les ingrats. Par conséquent, la dévotion doit continuer après la libération.

Nous devons être au service de tous et ne faire qu’un avec eux. Certains, dans leur dévotion totale à Dieu, en ont même oublié femme et enfants. Rama et Krishna sont de bons exemples de dévouement. Dieu signifie la Conscience dynamique grâce à laquelle nous avons connaissance de notre existence. Grâce à Dieu, il y a Conscience et notre dévotion Lui revient. En raison de votre identité corporelle, vous croyez en votre fausse imagination. Quand vous méditez sur la Conscience, oubliant le corps, la vraie connaissance apparaît. Vous avez reçu la Conscience pour un temps limité et non pour une durée indéterminée. C’est par la dévotion que Ce qui vous a été prêté deviendra vôtre. Alors, vous réaliserez votre nature permanente.

La dévotion est la puissance de Dieu ; toutes les activités se produisent à la suite des diverses manifestations prises par celle-ci. C’est pourquoi Uddhava demande que la dévotion lui soit encore accordée après la libération. Le pouvoir de la dévotion crée des univers infinis. La dévotion peut être sans fin et n’a pas d’attributs de nom et de forme. C’est le pouvoir de Paramatman qui donne naissance à diverses incarnations. C’est la volonté de Dieu. Des sages qui semblent fous en viennent à être connus par la dévotion. À quoi d’autre qu’à la réalisation du Soi la dévotion pourrait-elle mener? Votre Conscience est tels «les pieds du Divin» ou «les pieds du Maître». Rappelez-vous qu’Elle n’est qu’un point, un germe de dévotion.

Votre ego est un concept. Il ne devrait pas avoir sa place en vous. Quand vous comprenez que vous êtes Dieu par nature, tous vos problèmes de subsistance prendront fin.

16 janvier 1955

Nisargadatta Maharaj

Extrait de « Premiers discours » aux éditions des 2 Océans

Note et commentaire :

Est abordé ici , la place de la dévotion, après la réalisation de notre nature véritable, c’est un point fondamental de la véritable réalisation. Celui qui a réalisé sa véritable nature, ne peut qu’être remerciant er reconnaissant, même s’il a la connaissance au plus profond de lui, qu’il n’y a pas d’autre à aimer à adorer.

Contrairement à ce que pourrait faire penser la description d’une dévotion si intense qu’elle en ferait oublier femme, mari et enfants, dans la tradition de la Navnath Sampradaya,  l’implication dans la vie quotidienne et vivement encouragée. Bien évidemment l’attitude et la nature du lien sera modifiée par la reconnaissance de notre véritable nature, ici évoquée sous le terme de Paramatman, ( Au delà de l’Atman). Nisargadatta fut lui-même pris par ce besoin profond de tout abandonner et de partir en moine errant ( Saddhu), sur les routes de l’Inde. C’est la rencontre, avec un de ces co-disciples ( Guru bandhu), qui le fera revenir à son domicile, enrichi de cette détermination et de ce dépouillement.

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