Maurice Frydman – Biographie et témoignage

Maurice Fryman est celui par qui  l’enseignement de Nisargadatta Maharaj a pu sortir du presque anonyma de la banlieu de Mumbay pour être révélé  à un large public   européen et nord américain ,dans un premier temps, et mondial aujourd’hui.

Notamment par l’édition d’entretien de Nisargadatta Maharaj dans  le recueil ‘I AM THAT’  ( ‘JE SUIS’ aux éditions 2 Océans)

maurice Frydman Nisargadatta maharaj

 

  • Biographie de Maurice Frydman, en remerciement à cet être d’exception au service de la Vérité. ( avec nos remerciements à Jean-Claude Dhainau pour la traduction extraite de Ramana Periya Puranam (Inner Journey of 75 Old Devotees)
    Par V. Ganesan, grand-neveu de Shri Ramana Maharshi.

Extrait:

Maurice Frydman était un génie.
Il est né dans un ghetto juif en Pologne. Il vient d’une si pauvre famille, qu’il n’a goûté du pain blanc qu’à l’âge de treize ans.
Il pouvait lire et écrire le russe, l’hébreu et le cyrillique à l’âge de dix ans, et il pouvait parler couramment le russe, le polonais, le français, l’anglais et l’hébreu.
Il occupait le premier rang dans sa classe dès ses études jusqu’à l’époque où il était étudiant en génie électrique. Un génie extraordinaire; il avait près d’une centaine de brevets pour ses inventions d’ingénierie alors qu’il n’avait que vingt ans.
A l’âge de vingt-cinq ans, Maurice avait une forte envie intérieure de chercher Dieu. Dans le processus, il a abandonné le judaïsme pour se convertir à l’Orthodoxie Russe. Il est devenu moine, menant une vie austère dans un monastère solitaire.
Sur une des rares occasions de sortie du Monastère, il se trouva au sommet d’une puissante cascade. Ici, Satan l’a tenté en disant: « Si vous avez une vraie foi en Jésus-Christ et si vous aimez vraiment l’église, sautez dans cette cascade ». Maurice, de façon très caractéristique, sauta immédiatement dans le gouffre profond, portant la robe de moine. Arunachala laisserait-elle quelque chose lui arriver? Sa robe s’est emmêlée dans quelques arbustes du précipice, et il a été sauvé! Preuve que, quand il y a de la sincérité, une soif de connaître la Vérité, la Vérité nous guide.
Tous les dogmes orthodoxes qu’il pratiquait ne le conduisirent pas à la Vérité, et il fut vexé. Il cherchait à se libérer de toutes sortes de servitudes. Cette quête le conduisit à la Société Théosophique et à Annie Besant. La rencontre avec J. Krishnamurti l’impressionna le plus. Toutes ces réunions eurent lieu en 1926.
Krishnamurti a déclaré: « La Vérité est une terre sans voie » Et cette Vérité ne peut être obtenue qu’en s’exerçant diligemment sans dépendre d’aucune sorte d’autorité extérieure. Cette approche a résonné dans Maurice et il a eu de longs dialogues sur le sujet avec Krishnamurti. Il est écrit que Krishnamurti a toujours reçu Maurice quand il voulait lui parler.
Maurice avait un vif désir de voir Dieu et de connaître la Vérité, mais de 1928 à 1934, il continua à travailler dans l’industrie électrique. Il était Directeur Général d’une usine bien connue de fabrication de produits électriques en France.
Pourtant, son aspiration à connaître la Vérité ne l’a jamais quitté et il a commencé à lire les traductions françaises et allemandes de traités Védantiques comme les Upanishads et la Bhagavad Gita. L’année 1935 s’est avérée être le tournant dans sa vie spirituelle. Ce fut quand il a commencé à lire les livres de Paul Brunton. L’enseignement « Qui suis-je? » s’est avéré être extrêmement instructif. L’enseignement que la Vérité existe en soi-même, plutôt qu’en dehors de Soi, l’a fait se tourner vers l’intérieur. Les livres de Paul Brunton ont allumé le désir ardent de visiter l’Inde et de rencontrer le Sage vivant, Bhagavan Shri Ramana Maharshi.
Dans tout cela, la providence le guidait. Le Diwan de Mysore (un Diwan s’apparente au Premier Ministre d’un État ou même au Premier Ministre d’un pays) voulait moderniser son État et parcourait l’Europe et l’Angleterre pour en apprendre davantage sur les installations disponibles dans ces pays. Un jour, il a visité l’usine dont Maurice Frydman était responsable. Il a été tellement impressionné par la sincérité de Maurice, son application et son travail acharné, qu’il lui a demandé: « Voulez-vous, s’il vous plaît, venir dans notre État et nous conseiller sur la façon de le développer? » Dans les années 1930, l’Inde était dans un état très arriéré et la technologie n’avait vraiment pas trouvé une place ici. Maurice eut cette réponse caractéristique: « Mes bagages sont faits, Monsieur. Je suis prêt à partir pour l’Inde avec vous. » Telle était la beauté de Maurice.
Maurice Frydman est arrivé en Inde, le pays de ses rêves en 1935. Il a été chargé de mettre en place une grande usine de fabrication de produits électriques puisqu’il était un expert dans le domaine. Son aspiration, cependant, était de rencontrer Bhagavan. Malgré son horaire de travail chargé, il est allé à sa rencontre. Dès le premier instant, il était prêt à se rendre à Bhagavan. Il travaillait jour et nuit à l’usine. Tant et si bien, que le projet fut réussi dans un court laps de temps. Le week-end, il allait à Arunachala, où les gens, rapidement, le saluèrent avec l’expression, « Voici notre Maurice ».
Pendant ses séjours, il parlait à ses amis et à Bhagavan, interrogeant Bhagavan souvent, et Bhagavan lui tolérerait tout. Bhagavan était spontané et naturel, vous reflétant comme un miroir. Quand quelqu’un était totalement immergé dans la spiritualité, il lui répondait en se donnant totalement à lui.
Les gens dans le Ramanasramam ont commenté ses fréquentes visites hebdomadaires: « Maurice, pourquoi ne venez-vous pas une fois par mois ou peut-être une fois tous les deux mois? Tu dois dépenser tellement pour venir ici. » Maurice répondit: « Que puis-je faire? Ma batterie est de petite taille. En seulement une semaine elle est déchargée. Je dois donc venir ici chaque semaine pour être en présence de Bhagavan et la faire recharger! »
Maurice était extrêmement proche de Bhagavan. Il rassembla tout ce qu’il pouvait sur le Védanta, discuta avec d’autres et lisait le plus possible les Écritures Hindoues. Il lut que si l’on voulait l’émancipation finale, il fallait prendre des sanyas. Il s’approcha de Bhagavan et demanda: « Bhagavan, voici ce que disent les Écritures hindoues. Voulez-vous me donner des sanyas? Bhagavan resta silencieux – mais vous connaissez notre cher Maurice. Il était persévérant dans sa demande.
Un jour, il s’approcha de Bhagavan sur la colline et dit: « Bhagavan, donne-moi des sanyas. Je veux renoncer au monde et m’efforcer d’atteindre l’illumination. » Bhagavan, d’un ton très compatissant, répondit: « Les Sanyas sont pris de l’intérieur; Pas de l’extérieur. » Le visage de Maurice devint livide en entendant la réponse. Bhagavan, comme une mère, regarda Maurice et lui expliqua: « Tu es déjà un sanyasin. Pourquoi voulez-vous prendre la robe de couleur ocre? Maurice n’a pas abandonné. Il a continué à demander à Bhagavan pour les sanyas, et Bhagavan a répondu à plusieurs reprises, « Il n’y a pas besoin de sanyas ». Alors, qu’a fait Maurice avec son cerveau ingénieux et inventif? Il est allé voir Swami Ramdas – une âme réalisée – dans Anandashram. D’une certaine manière, il a convaincu Swami Ramdas de lui donner des sanyas. Swami Ramdas lui donna les sanyas extérieurs qu’il désirait désespérément. Maurice reçut un nouveau nom. Il s’est appelé Swami Bharatananda, ce qui signifie « Celui qui aime rester en Inde ». Maurice est devenu proche de Swami Ramdas. Une fois, Swami Ramdas lui a dit, « Maurice, Swami Bharatananda, c’est votre dernière naissance ». Étant un grand Sage, il pouvait comprendre la grandeur de Maurice Frydman.
Un jour, pendant que Bhagavan descendait de la colline, Maurice vint se placer devant lui, vêtu de la robe ocre et des perles d’un moine Hindou. Maurice était plutôt anxieux parce qu’il voulait que son maître approuve ce qu’il avait fait. En le voyant, Bhagavan se mit à rire. Ensuite, Bhagavan dit en souriant à son serviteur, « Hé, il ressemble à un bouffon dans un cirque ». Maurice compris. Toute sa vie, il avait été un véritable sanyasin de l’intérieur. Par conséquent, son attachement au port de la robes ocre ne s’est poursuivi que pendant quelques années encore. C’est ce que Bhagavan voulait dire quand il a dit: « Sanyas est le renoncement à l’attachement », parce que Maurice n’a jamais eu aucune sorte d’attachement.
Même en travaillant dans l’usine, Maurice a mené une vie très austère. Il a refusé d’accepter son salaire mensuel de trois mille roupies – un montant incroyablement énorme à l’époque. Il a refusé le montant, disant: «Je n’en veux pas. Donnez-le aux fonds des ouvriers.
Pour dormir, une fois les boutiques fermées pour la nuit, il dormait sur le porche d’une de ces boutiques. Et qu’a fait ce grand patron, ce grand homme travaillant à l’usine pour obtenir son déjeuner? Alors que tous les autres ouvriers rentraient dans la salle à manger pour le déjeuner qu’ils avaient apporté de la maison, Maurice se tenait à l’entrée de la salle, revêtu de sa robe ocre et avec son bol de mendicité dans ses mains. C’était dans l’esprit d’un vrai sanyasin. Les ouvriers, qui l’aimaient beaucoup, mettaient d’abord quelque chose dans le bol du mendiant avant d’entrer dans la salle à manger. Non seulement cela, Maurice a cousu ses propres vêtements. Il ne portait que des pyjamas khadi et des kurtas fabriqués à partir de tissus qu’il avait lui-même filé sur la charkha, la roue traditionnelle indienne. Même ses chaussures étaient cousues par lui! Il a mené une vie remarquablement simple, mais il était heureux et content. Il ne se réjouissait pas de son mode de vie ou ne s’en dégageait pas – il était tout simplement très heureux.
L’association de Maurice avec Bhagavan est restée proche et régulière. De même que l’enfant interroge la mère, Maurice lui-même a posé beaucoup de questions incisives à Bhagavan sur les aspects pratiques de la sadhana. Ce n’était pas pour satisfaire sa curiosité intellectuelle qu’il lui demandait. Bhagavan répondait patiemment à ses questions. Maurice avait l’habitude d’enregistrer ces échanges et ensuite de montrer le dossier à Bhagavan pour le faire corriger. Cela a été publié plus tard comme L’Évangile de Ramana Maharshi à l’occasion du soixantième anniversaire de Bhagavan en 1939. A partir de cette année-là, ce livre a guidé les vrais chercheurs. Même aujourd’hui, il reste un beau guide pour les chercheurs sérieux. Je recommande toujours trois livres à ceux qui cherchent sincèrement à étudier – le Maharshi et Son Message, les Paroles de Grâce et l’Évangile de Maharshi.
C’est au cours d’une telle interaction étroite avec Bhagavan, que Maurice a écrit une série de vers sur le mouvement. Bhagavan les lut avec grand intérêt. Dans un de ces poèmes Maurice dit:
« Tant que je suis sur cette scène pour te faire plaisir.
Mes yeux sont aveuglés par la lumière de ton jeu.
Mes oreilles sont assourdies par le tonnerre de ton rire.
Mon cœur est transformé en cendres par la flamme de la vraie douleur.
Seigneur, pour te faire plaisir, je me suis ridiculisé.
Et maintenant je suis incapable d’arrêter l’agonie de ce jeu.
Seigneur, fais-moi sortir de cela.

Maître, j’ai oublié le chemin pour entrer ou sortir. »

Bhagavan était heureux de lire ces vers. Il lui a dit que c’était exactement ce qui avait été écrit par Appayya Dikshitar, un Sage qui a vécu il y a plusieurs siècles. Ses vers en sanskrit étaient écrits sur des feuilles de palmier et beaucoup de gens ne les connaissaient pas. Bhagavan disait que les vers de Appayya Dikshitar « décrivent la situation de la danseuse de la cour effectuant une danse en présence du Roi. Elle ne peut pas s’arrêter de danser à moins que cela plaise au Roi de lui dire d’arrêter. Les membres de la danseuse peuvent souffrir, mais elle ne peut s’arrêter d’elle-même. Elle crie: « Seigneur, je suis fatigué des nombreuses naissances et des morts que j’ai endurées. Un seul regard de vous, oh seigneur, suffit pour mettre un terme à cette danse de naissance et de mort et m’accorder la libération ». Bhagavan s’arrêta avant de dire: « Maurice Frydman appartient à cette terre. D’une façon ou d’une autre, il est né à l’étranger mais il est revenu ici à nouveau. Sinon, comment est-il possible pour lui de composer des vers semblables à Appayya Dikshitar? » Bhagavan laissa Maurice poursuivre sa danse en ne lui demandant pas d’arrêter.
Comme nous allons le voir, il a dû continuer à jouer sur la scène mondiale parce qu’il était un Karma Yogi qui avait encore beaucoup de bonnes actions à réaliser. Donc, Maurice a couru avec l’état des choses et a continué à travailler activement dans l’usine. Apa Pant, le Prince d’Audh, qui avait étudié en Angleterre, a été envoyé au Maharaja de Mysore pour s’entraîner dans l’art de la gouvernance. Au cours de sa formation, on lui a demandé de visiter l’usine où Maurice était directeur général. Quand il est allé à l’usine, Apa Pant, lui-même une personne calme et recueillie, ne pouvait pas s’empêcher d’être attirée par la lumière émanant de Maurice et par son dévouement. De même, Maurice a beaucoup apprécié Apa Pant et a commencé à le guider spirituellement. Il a également impressionné le jeune prince sur la nécessité de se concentrer sur le développement des villages de son État et de développer la science et la technologie là afin que la vie devienne plus facile et plus douce pour les paysans. Apa Pant dit alors à Maurice: « Veuillez venir dans notre État. Vous pourriez y rester pendant au moins cinq à six mois pour nous guider ».
Un beau jour peu après, le Prince trouva Maurice dans son palais. Maurice dit au prince: « Je suis venu à vous. J’ai démissionné de mon emploi à Bangalore. Je voudrais servir les villages de l’État d’Audh! » Le pauvre Prince (pauvre, pas littéralement) ne savait pas quoi dire. Il ne pouvait que dire: « Cet État ne peut pas se permettre de payer un ingénieur comme vous ». Maurice, à sa façon très caractéristique, répondit: « Je vais dormir sur le sol dans cette chambre. Donnez-moi un bureau indien pour travailler. J’ai des jambes pour marcher et je vous emmènerai dans mes promenades. Nous travaillerons ensemble dans les villages d’Audh. Maintenant, si vous pouviez me donner de la nourriture, j’ai faim. » Maurice parlait souvent dans un style télégraphique, mais il était très, très clair!
Où qu’il se trouvait, Maurice restait en correspondance avec Bhagavan. Nous devons comprendre qu’à l’intérieur de lui-même, il était tout le temps en présence de Bhagavan. Dans une de ses lettres à Bhagavan, il écrivait: « Le Maharshi est avec moi non seulement quand je pense à lui, mais aussi quand je ne pense pas à lui. Sinon, comment vais-je vivre? »
Apa Pant et Maurice ont commencé à travailler ensemble. Vous serez surpris de savoir que le bureau de Maurice était à l’ombre d’un énorme arbre dans un village. Il a vécu dans les villages qu’il a visités et a travaillé très dur pour eux. Maurice a entendu parler du grand intérêt du Mahatma Gandhi pour amener la démocratie décentralisée dans les villages afin de les développer. Il s’est mis à rencontrer Mahatma Gandhi pour en apprendre davantage sur le processus. Mahatma Gandhi prit aussitôt Maurice; Il ne s’adressait à Maurice que comme Bharatananda; Tout le monde dans son Sevashram s’adressait à lui de la même manière. Gandhi a trouvé que Maurice n’était pas seulement un ouvrier dur à la tâche, mais aussi un inventeur qui utilisait le charkha indien. En guise de bénédiction, Mahatma Gandhi demanda à Maurice: « Pourquoi n’inventez-vous pas quelque chose par lequel nous pourrions produire des fils plus rapidement? » Maurice a immédiatement inventé une nouvelle charkha appelée Dhanush Takli. L’extraordinaire chose à propos de la nouvelle invention était que l’on pouvait produire trois fois plus de fil avec la même énergie qui était dépensé sur la charkha traditionnelle. Mahatma Gandhi était, inutile de dire, extrêmement heureux!
Que Maurice ait été avec Bhagavan, le Mahatma Gandhi ou J. Krishnamurti, sa méthode de premier interrogatoire, expérimentant et expérimentant la vérité à tous les niveaux, et seulement ensuite l’acceptant et la suivant, est restée la même. Telle était sa nature. C’est exactement ainsi qu’il dirigeait les soixante-quinze villages qu’il réformait. Il aimait les villageois pauvres et sans instruction et il était si compatissant envers eux qu’ils se sentaient purifiés en sa présence; en fait, ils l’appelaient « Swami ». Maurice réussit dans son aventure dans les villages et bientôt toute l’Inde se rendit compte du genre de vie que Maurice menait. À ce moment-là , Bhagavan et le Mahatma Gandhi avaient laissé tomber leur corps. Ce fut un grand revers pour Maurice, mais il décida de s’axer davantage sur les causes qu’ils avaient prise parce qu’il se sentait encore sur la scène et qu’il devait continuer à jouer le jeu extérieur.
Maurice est allé à Varanasi pour rester dans l’institution de Krishnamurti. Il a mis en œuvre les programmes de réforme dans les villages environnants. Les partisans de Krishnamurti sont aussi de grands admirateurs du bouddhisme et les enseignements du Bouddha et de Krishnamurti étaient semblables dans de nombreux aspects. Les principaux adeptes de Krishnamurti comme Achyut Patwardhan sont devenus très proches de Maurice. Cela s’est également produit pendant la tourmente tibétaine, quand les communistes en Chine étaient dans l’humeur de s’emparer du pouvoir. Quand Maurice entendit parler du tumulte, il se mit en action parce qu’à cette époque Apa Pant venait de devenir le Gouverneur du Sikkim. Sans perdre de temps, il s’est immédiatement rendu au Sikkim et a rencontré Apa Pant.
Il a dit à Apa Pant, avec enthousiasme, « Vous allez être d’une grande utilité pour moi! Nous avons une mission importante à accomplir ici parce que nous devons sauver Sa Sainteté le Dalaï Lama, tous les anciens manuscrits bouddhistes et des milliers de Tibétains ». C’est une de ses caractéristique, Maurice a immédiatement emmené Apa Pant à Delhi pour rencontrer Jawaharlal Nehru, alors Premier Ministre de l’Inde. Maurice, le travailleur diligent, avait déjà à cette époque la feuille de route pour mener à bien le plan de sauvetage. Maurice et Achyout Patwardhan m’ont raconté comment ils avaient élaboré un plan pour l’évasion de Sa Sainteté.
C’est finalement le projet de Maurice que Nehru a suivi pour sortir Sa Sainteté hors du Tibet. Ils ont « nourri » le gouvernement chinois avec des informations erronées sur la fuite de Sa Sainteté et finalement le gouvernement Indien a agi d’une manière contraire. Le jour où Sa Sainteté s’est échappée en Inde, de même que des centaines d’autres Tibétains. Sa Sainteté est venue avec beaucoup de vieux manuscrits bouddhistes, maintenant conservés dans le musée à Sarnath. Ainsi, des milliers de manuscrits inestimables ont été sauvés des mains destructrices de la Chine communiste. Lorsque le Dalaï-Lama est entré en Inde, Maurice l’avait planifié de telle manière que Achyout Patwardhan rencontrerait le dalaï-lama et lui donnerait les détails. Pourtant, il n’y a aucune mention de Maurice dans les livres consacrés à l’évasion ou à la sauvegarde des manuscrits bouddhistes du Tibet. Je n’ai jamais vu une personne aussi effacée que Maurice. De même, il n’y avait aucune mention du nom de Maurice dans le livre « L’Évangile du Maharshi » à l’ origine; Seulement maintenant son nom est mentionné.
Au moment de la lutte tibétaine, Jawaharlal Nehru a dit très brutalement: « Mes mains sont liées. » Maurice a immédiatement voyagé dans toute l’Inde, dépensant son propre argent, afin de trouver refuge pour des centaines de réfugiés Tibétains. Maurice a cherché des endroits plus frais pour les réfugiés et établi cinq colonies. Si les Tibétains jouissent aujourd’hui d’une existence paisible en Inde, c’est à cause de ce Saint mystique juif dont le nom n’est pas mentionné nulle part!
En découvrant la capacité de cet homme à apporter un semblant d’ordre même dans les situations les plus chaotiques, Nehru a demandé à Maurice de prendre en charge le mouvement Khadi. Il avait d’abord été lancé par Gandhi, mais il se trouvait dans un total désarroi. Cela signifiait que Maurice devait aller à Mumbai. Là, il a demeuré chez sa vieille amie, Miss Petite. Bhagavan m’a donné l’occasion de rencontrer Maurice à Mumbai. Je l’avais déjà rencontré à l’ashram dans les années 1960 pendant les rares visites qu’il a faites. Encore une fois, je l’ai rencontré quand je suis allé à Mumbai dans les années 70 pour collecter des fonds pour les publicités du journal Ramanasramam, The Mountain Path. Maurice me dit alors: « Tandis que ton corps est engagé dans la gestion de l’ashram, ton cœur doit être totalement installé dans cette Conscience Pure de la Vérité. Ne manquez jamais cela, quoi que vous fassiez. »
Nous avions l’habitude d’avoir de belles conversations privées. Une fois, Maurice m’a avoué très sérieusement, « le regret brûlant pour nous de n’avoir pas su profité au maximum de ces jours heureux et précieux quand Bhagavan était avec nous physiquement – mangeant, parlant, riant et ouvertement disponible à nous tous. La Réalité était là en abondance parmi nous pour être absorbée, et n’importe qui pouvait la prendre. Mais nous nous sommes enfermés dans notre fausse humilité, dans la procrastination, et de fausses excuses. Nous avons donc pris une coupe, quand l’océan était à nos pieds!
Cependant à une autre occasion, il me pressait, juste pour me donner une poussée: « Voyez, Bhagavan n’est pas la personne. Il est l’enseignement. Comme l’enseignement, il est pleinement disponible pour vous. En plus de tout travail que vous faites, plongez-vous dedans et goûtez la Conscience intérieurement. Cette Conscience est notre Bhagavan. »
Maurice m’emmenait pour de longues promenades à Mumbai. Il me disait, « Je ne vous donnerai pas de voiture; Je ne vais même pas vous prendre en bus; Vous devez marcher où nous allons, avec moi. Êtes-vous préparé? » Avec les mains en namaste, je répondais: « Hésiterais-je pour être à proximité de la Vérité, de la Réalité? » Maurice était un géant spirituel, mais physiquement il mesurait à peine plus de 1,50 m. Sûrement personne n’hésiterait à marcher à côté de lui!
Durant une de ces promenades, Maurice me dit, « Ganesan, aujourd’hui je vais vous emmener à l’endroit où j’ai rencontré un homme simple vendant des beedis. » Comme nous marchions vers la place, Maurice m’a raconté, « J’ai vu un groupe de personnes fumant des beedis; Ils racontaient leurs malheurs dans la vie. Ce simple homme leur a répondu exactement à la manière de Ramana Maharshi. Si Ramana Maharshi avait parlé le Marathi, nous aurions perçu la même chose! » Je m’arrêtais de marcher et j’écoutais attentivement. « Il était étonnant de voir un homme ordinaire vendant des beedis parler si spontanément! J’ai commencé à aller à cet endroit tous les jours pour noter ce qu’il dit. Ensuite chez moi, je traduis toutes les questions et les réponses en anglais. »
Cependant, Maurice se sentait coupable parce qu’il n’avait pas demandé l’autorisation à cette personne d’enregistrer ces entretiens. Il a quand même informé l’homme de ce qu’il avait fait et lui a lu tous ses écrits, les traduisant en Marathi. L’homme en fut ravi et dit à Maurice: « Allez-y, allez-y! » Cela a été publié plus tard sous le titre I AM THAT. Une publication qui secoua tout le monde spirituel. Cet homme n’était autre que Shri Nisargadatta Maharaj.
Plus tard, après avoir rencontré Maharaj, j’ai dit à Maurice: « Tout ce que vous dites est absolument vrai. Je peux sentir la présence de Bhagavan en sa présence. L’enseignement de Bhagavan vient de lui spontanément. »
Maurice m’a toujours encouragé: « Venez me raconter le dialogue que vous avez eu avec Maharaj ». Il ajoutait: « Être un chercheur spirituel, s’associer avec des Sages et des Saints approfondiront votre compréhension; Cela vous aidera à aller plus loin dans votre expérience. La lecture améliore seulement la compréhension intellectuelle. Cette Compréhension orientée vers l’expérience se produira, que vous l’ayez compris ou non, seulement en présence de Maîtres Réalisés. » En disant cela, il m’a encouragé à aller vers Maharaj.
Je n’ai pas pu être avec Maurice Frydman dans ses derniers jours. Mais j’ai été heureux de comprendre par un dévot de Bhagavan qui était aussi le dévot de Nisargadatta Maharaj, que Bhagavan lui-même l’avait soigné. Le dévot m’a parlé d’une infirmière à Mumbai qui normalement facturait une redevance énorme pour ses services. Cette infirmière a eu un rêve, dans lequel un Sadhu portant seulement un pagne lui disait très clairement: « Mon dévot souffre. Allez vous asseoir près de lui. » Le Sadhu lui a aussi donné des indications précises pour rejoindre la résidence de Maurice. L’infirmière est allée à l’endroit décrit dans le rêve le lendemain et a trouvé Maurice Frydman au lit. Mademoiselle Petite était plus âgée que Maurice et elle aussi était impuissante et sans surveillance. L’infirmière a immédiatement offert ses services. L’attitude austère de Maurice ne lui permettait pas d’accepter ses services et donc il refusa. Déçue, l’infirmière quitta la pièce quand elle vit une photo de Ramana Maharshi. Elle se tourna vers Maurice et s’écria: « C’est le Sadhu qui est apparu dans mon rêve ». Maurice, visiblement ému, dit: « Mon maître est donc venu me soigner ». L’infirmière l’a servi jusqu’à la fin. Apa Pant, qui regardait Maurice comme son Gourou, était présent lors des derniers jours de Maurice. Je voudrais citer les propres mots d’Apa: « Le Sage est en train de mourir », murmura une voix douce au téléphone depuis Mumbai. « Le Sage vous demande. Apa, venez aussitôt que possible. » Quand je suis arrivé, Mlle Petite, le médecin et l’infirmière se sont plaints que Maurice refusait de manger et de prendre des médicaments. Ils m’ont imploré de le faire manger et de lui faire prendre ses médicaments – comme si quelqu’un pouvait faire faire à Maurice quelque chose qu’il ne voulait pas! Là, il était couché dans sa chambre familière; tout ce qui l’entourait était méticuleusement propre et à sa place. Comme je l’approchais révérencieusement, il a crié, « Apa, qui est en train de mourir? » Le lendemain, il a conduit tout le monde hors de la salle, leur ordonnant de le laisser seul avec moi. Puis, il a dit magnifiquement: « Apa, j’entends de la musique. Je vois de la lumière brillante. Qui meurt? Personne ne meurt. Ce corps malade me retient de cette harmonieuse beauté. Ne les laissez pas me garder dans ce corps. Allez maintenant en paix. » Le lendemain, nous étions tous à son chevet comme il rendait le dernier soupir. Trois souffles, « Hari Om, Hari Om, Hari Om », et il s’en alla.
Nisargadatta Maharaj était également à son chevet, alors je lui ai demandé, « Maharaj, où va Maurice? Qu’est-ce qui lui arrive? » Maharaj répondit, « Rien ne se passe. Personne ne meurt, car personne ne naît. » Alors je lui ai demandé: « Alors, pourquoi cette douleur, ce vide, cette perte, Maharaj? » Maharaj gracieusement se tourna vers moi et me dit: « Qui a du chagrin? Qui ressent le vide? Qui sent la perte? » Je suis resté silencieux.
En quelques heures, en présence de Nisargadatta Maharaj, les restes de ce que nous appelions Maurice Frydman ont été consumés dans le feu. Les restes étaient revenus à leur état originel. Le Grand Dévot, Maurice Frydman, était revenu à la Source, Arunachala.
Une fois, je suis allé à la maison de Nisargadatta Maharaj parce qu’il m’avait demandé de rester avec lui. J’y suis resté huit jours. Le matin, de huit heures à dix heures, il me demandait d’être assis pendant qu’il faisait la Puja. Il y avait des photographies de Saints comme Ramakrishna Paramahamsa, Bouddha, Jésus-Christ, Ramana Maharshi, et oui, même Maurice Frydman, dans sa chambre. Maharaj appliquait de la poudre vermillon sur les photographies au niveau du troisième œil et des pieds; il installait aussi les guirlandes pendant que l’encens embaumait la pièce. Comme il faisait ce rituel chaque jour, je me demandais, « Pourquoi fait-il cela? » Il se tourna vers moi et me dit d’un ton compatissant, « Maurice Frydman était un Dnyani. C’était un Saint, un Sage. » C’est indéniablement vrai.
Maurice Frydman nous a bénis tous en nous apportant l’Essence des Enseignements de Ramana Maharshi et de Nisargadatta Maharaj. Quelle chance nous avons eu de pouvoir partager la vie d’une si grande personne, une personne qui voulait rester inaperçue et invisible. Tant et si bien que la première édition de L’Évangile du Maharshi compilée par Maurice n’a même pas porter son nom!
Nous, sincères chercheurs de la Vérité, nous devons nous accrocher à lui dans notre Cœur.

 

( traduction en cours)

  • Témoignage sur l’enseignement de Nisargadattta Maharaj

exposé par  Maurice Frydman

Le Nisargadatta Yoga ou Une façon simple d’atteindre la Paix Parfaite .

Dans l’humble demeure de Sri Nisargadatta Maharaj, s’il n’y avait pas les lumières électriques et les bruits du trafic de la rue, on ne saurait pas dire dans quelle période de l’histoire humaine nous sommes en train de vivre. Il y a une atmosphère d’intemporalité dans sa petite chambre; Les sujets abordés sont intemporels – valables pour tous les temps; La façon dont ils sont exposés et examinés est aussi intemporelle; Les siècles, les millénaires et les Yugas s’évanouissent alors que l’on traite de choses immensément anciennes et éternellement nouvelles.

Les discussions et les enseignements donnés auraient été les mêmes il y a dix mille ans et seront les mêmes dans dix mille ans. Il y aura toujours des êtres conscients s’émerveillant sur le fait d’être conscient et se questionnant sur sa cause et son but. D’où je viens? Que suis-je? Où vais-je? Ces questions n’ont pas de commencement et ne finiront jamais. Et il est crucial de connaître les réponses, car sans la pleine compréhension de soi-même, à la fois dans le temps et dans l’intemporalité, la vie n’est qu’un rêve, imposé par des puissances que nous ne connaissons pas, à des fins que nous ne pouvons saisir. Tous les enfants nés poseront de telles questions et ne doivent pas se voir refuser un chemin vers ses réponses, non pas vers des réponses données par un autre, mais par des personnes qui naissent de leur propre expérience directe.
Sri Maharaj n’est pas un homme instruit. Il n’y a pas d’érudition derrière son Marathi familier; Les Autorités il ne les cite pas, les Écritures sont rarement mentionnées; Le patrimoine spirituel étonnamment riche de l’Inde est implicite en lui plutôt qu’explicite. Aucun riche Ashram n’a jamais été construit autour de lui et la plupart de ses disciples sont des gens humbles, travaillant et chérissant l’occasion de passer une heure avec lui de temps en temps.
La simplicité et l’humilité sont les clés de sa vie et de ses enseignements; Physiquement et intérieurement, il ne prend jamais le siège supérieur; L’essence de l’être dont il nous parle, il le voit dans les autres aussi clairement qu’il le voit en lui-même. Il admet que s’il en est conscient, d’autres ne le sont pas encore, mais cette différence est temporaire et de peu d’importance, sauf pour le mental et son contenu en constante évolution.
Lorsqu’on lui demande son Yoga, il dit qu’il n’en a aucun à offrir, pas de système à proposer, pas de théologie, de cosmogonie, de psychologie ou de philosophie. Il connaît la vraie nature – la sienne et celle de ses auditeurs – et il la souligne. L’auditeur ne peut pas la voir parce qu’il ne peut pas voir l’évidence, simplement et directement. Tout ce qu’il sait, il le sait avec son mental, stimulé par les sens; Que le mental est un sens en soi, il ne le soupçonne même pas.
Le Nisarga Yoga, le Yoga « Naturel » de Sri Maharaj, est d’une simplicité déconcertante – le mental, qui est tout en devenir, doit reconnaître et pénétrer son être, non pas comme étant ceci ou cela, ici ou là, avant ou maintenant, mais juste être intemporel.
Cet être intemporel, que Sri Maharaj appelle Swarupa, l’être-Soi, et qui est la source à la fois de la vie et de la conscience est, par définition, la source intemporelle. En termes de temps, d’espace et de causalité, il est Tout-Puissant, étant la cause sans cause; Omnipotent, Omniprésent; Éternel, dans le sens d’être sans fin, sans fin et toujours présent. Incausé, il est libre; Omniscient, il sait; Indivisible, il est heureux. Il vit, il aime, et il a un plaisir éternel, façonnant et refaçonnant l’univers. Tout homme l’a, tout homme l’est, mais ils ne se connaissent pas tous comme ils sont et s’identifient donc au nom et à la forme de leur corps et au contenu de leur conscience.
Pour remédier à cette incompréhension de sa Réalité, la seule façon est de prendre pleinement connaissance des manières de penser et de les transformer en un instrument de découverte de Soi. Le mental était à l’origine un outil dans la lutte pour la survie biologique. Pour cela il a dû apprendre les lois et les manières de la Nature pour la conquérir par l’obéissance. Qu’il soit et fasse – et il n’y a pas de mal en lui, – car le mental et la Nature travaillant main dans la main peuvent élever la vie à un niveau supérieur. Mais dans le processus, le mental a acquis l’art de la pensée symbolique et de la communication, l’art et l’habileté du langage. Les mots devinrent importants. Les idées et les abstractions ont acquis une apparence de réalité, le conceptuel a remplacé le réel, de sorte que l’homme vit maintenant dans un monde verbal, rempli de mots et dominé par des mots.
Évidemment, pour traiter des choses et des gens, les mots sont extrêmement utiles. Mais ils nous font vivre dans un monde totalement symbolique et donc irréel. Pour sortir de la prison du mental verbal pour aller vers la Réalité, il faut être en mesure de déplacer son attention du mot vers ce à quoi il se réfère, la chose elle-même.
Le mot le plus utilisé et le plus prégnant avec des sentiments et des idées est le mot « Je ». Le mental a tendance à y inclure tout et n’importe quoi, le corps aussi bien que l’Absolu. En pratique, il s’agit d’un indicateur d’une expérience directe, immédiate et immensément significative. Être et savoir que l’on Est, est le plus important; Pour être digne d’intérêt, une chose doit être liée à son existence consciente, qui est le point focal de chaque désir et de chaque crainte. Car le but ultime de tout désir est de renforcer et d’intensifier ce sens de l’existence, tandis que toute crainte est dans son essence la peur de l’extinction de soi.
Pour plonger dans le sens de « Je », si réel et vital, pour atteindre sa source est l’essence du Nisarga Yoga de Sri Maharaj. N’étant pas une expérience continue, le sens de « Je » doit avoir une source dont il coule et auquel il revient. Cette source intemporelle de l’être conscient est ce que Sri Maharaj appelle la Nature de Soi, l’être-Soi, Swarupa.
Quant aux méthodes de Réalisation de son Identité Suprême avec l’être-Soi, Sri Maharaj est singulièrement évasif. Il dit que chacun a son chemin vers la Réalité, et qu’il ne peut y avoir de règle générale. Mais, pour tous la porte de la Réalité, quel que soit le chemin pour y arriver, c’est la sensation « Je suis ». C’est en saisissant l’importance du « Je suis », et en allant au-delà à sa Source, que se Réalise l’État Suprême qui est aussi à la fois l’État Originel et l’État Ultime. La différence entre le commencement et la fin réside seulement dans le mental. Lorsque le mental est sombre ou turbulent, la Source n’est pas perçue. Quand il est clair et lumineux, il devient un reflet fidèle de la Source. La Source est toujours la même, au-delà des ténèbres et de la lumière – au-delà de la vie et de la mort, au-delà de la conscience et de l’inconscience.
Cette insistance sur la sensation « Je suis » est le Yoga simple, facile et Naturel, le Nisarga Yoga. Il n’y a pas de secret et aucune dépendance, aucune préparation n’est nécessaire et aucune initiation. Celui qui est intrigué par son existence même en tant qu’être conscient et sincèrement veut trouver sa Propre Source, peut saisir la sensation toujours présente du « Je suis », et insister sur cela assidûment et patiemment, jusqu’à ce que les nuages obscurcissant le mental se dissolvent et que le cœur de l’être soit vu dans toute sa splendeur.
Interrogé sur la nécessité d’un Guru, ( d’un maître) la réponse de Sri Maharaj est: Le Guru Suprême, le Sadguru, est toujours à l’intérieur; Il existe de nombreux Gurus à l’extérieur et il est préférable d’apprendre de tous. Celui qui a une leçon à donner devient un Guru; Mais la vraie lumière et la puissance viennent de l’intérieur. Le Nisarga Yoga, pratiqué avec persévérance jusqu’à sa Réalisation, résulte dans une prise de conscience active de ce que l’on a toujours été inconsciemment passif. Il n’y a pas de différence de nature – seulement de manière – la différence entre un morceau d’or et un ornement glorieux. La vie continue, mais elle est spontanée et libre, significative et heureuse.
Sri Maharaj décrit très volontiers l’État Naturel et Spontané, mais comme l’aveugle de naissance ne peut pas visualiser la lumière et les couleurs, le mental non éclairé est incapable de donner un sens à de telles descriptions. Des mots comme le bonheur sans cause, le détachement affectueux, la création sans action, l’identité du voyant et du vu, l’intemporalité et l’absence de causalité des choses et des êtres – tout cela semble étrange et ne provoque aucune réponse. Intuitivement, nous sentons qu’ils ont un sens profond, et cela crée en nous un étrange désir de l’ineffable, un précurseur des choses à venir, mais c’est tout. Comme le dit Sri Maharaj: les mots sont des pointeurs, ils montrent la direction, mais ils ne viendront pas avec nous. La Vérité est le fruit d’une action sérieuse, les mots seulement pointent la Voie.

Extrait d’appendice à  » I am that »