Nirupana 96 – cette illusion est appelée Dieu

cette illusion est appelée Dieu

Le mental relève du domaine des pensées. La conscience est antérieure à la pensée. La conscience s’élève de l’ignorance (l’état primordial – l’Absolu). L’ignorance devient connaissance. Quand le corps est quitté, la connaissance retourne à l’ignorance. Celui qui reconnaît ceci est un siddha (ici le mot « connaissance » signifie conscience et le mot « ignorance » signifie l’Absolu, antérieur à toute manifestation). Par la présence de maya, cette illusion est appelée Dieu. Lui aussi est maya. Il n’y a pas un iota de vérité dans ce monde. Beaucoup de personnes étudient le yoga, qui est l’union de la connaissance et de l’ignorance. À la fin tout est ignorance. Il doit être réalisé que la connaissance elle-même est ignorance. Quand il n’y a pas de conscience, il n’y a pas de temps, et vice versa. Quel est la signification du temps ? S’il n’y a pas la conscience, qui peut appréhender le temps ? Vous êtes la puissance qui photographie en permanence les cinq éléments. Vous ne faites aucun effort pour cela. En fait, personne ne fait. Vous pouvez dire que vous ne possédez rien, mais vous possédez vous vous-même ? La connaissance est la source de l’ignorance, et vice versa. La bande enregistrée se répète. Est-elle douée d’une intelligence ? Exactement de la même manière, les impressions enregistrées dans la conscience depuis l’enfance parlent. Est-ce que ceci est compris ? L’enregistrement et votre conscience sont du même ordre. Le fait de nous rappeler à nous-même est notre principale affection. Cela se traduit en pensées et supporte toutes les activités mondaines. Le temps, maya, et Brahman sont le même. (La manifestation). Paramatman ne relève pas de la conscience. Il est parfait, pur vijnana, antérieur à la conscience. Il n’est apparu d’aucune matrice. L’expérience de l’état imparfait se fait par la faim, la soif, etc. C’est à cela qu’on le reconnaît. Les festivités sont là, tant que maya est présente sous la forme de la conscience.

 

Nisargadatta Maharaj

dimanche 4 mars 1979

Extrait de  » Méditations avec Sri Nisargadatta Maharaj » aux éditions Aluna

Nirupana 95 – La lumière de cette flamme est notre conscience

La lumière de cette flamme est notre conscience.

En fait, le prana est ce qui soutient l’expression de Sattva. La nourriture est nécessaire à notre existence pour voir sa flamme perdurer. La lumière de cette flamme est notre conscience. En méditation, une pointe de Sattva devient visible. Une fois que cela est vu, tous les comportements erronés prennent fin. C’est le signe de la réalisation du Soi. Quand cela est vu, toutes les impuretés sont ôtées. Aussi longtemps que dure l’union de la nourriture, de l’eau, et du souffle vital, vous ressentez « Je suis ». Cela ne se fera plus si l’un d’eux vient à manquer. Pour accéder à la véritable compréhension de tout cela, avoir pour Guru un simple philosophe n’est d’aucune utilité, il est nécessaire d’avoir un Guru qui a réalisé la nature du Soi. Le mental ne peut pas accéder à Atman. Le mental est limité au corps. L’expérience du corps et celle du mental apparaissent en même temps. Atman se révèle quand le corps est oublié. L’être humain devient libre en se défaisant de la conscience identifiée au corps. C’est dans une expression de Sattva impure que doit se trouver la conscience limitée au corps. La conscience identifiée au corps disparaît lorsque l’expression de Sattva est purifiée.

Nisargadatta Maharaj

jeudi 1er mars 1979

Extrait de  » Méditations avec Sri Nisargadatta Maharaj » aux éditions Aluna

 

Nirupana 94 – dites-moi qui est né

dites-moi qui est né Nisargadatta

La conscience est limitée tant qu’elle est identifiée au corps-mental et au prana. À partir du moment où elle se réalise, elle n’est plus limitée. Celui qui dit : « Je ne suis pas le corps, je ne suis pas le mental, je ne suis pas le prana », n’est pas limité non plus. Celui qui a connaissance de la nature du prana ressent beaucoup de joie au moment de la mort. Quoi que ce soit qui ait pu être connu s’en va. Celui qui en a connaissance, ni ne vient, ni ne va. Celui qui saisit ceci, sait ce que « naissance » veut dire. Celui qui a examiné avec un discernement adéquat le concept de la naissance, n’a plus à en souffrir. Maintenant, dites-moi qui est né, est-ce vous ou bien les désirs ? Un jnani connaît la réponse. Le jiva pris dans ses limites sait cela aussi, cependant il est prisonnier du concept qu’il doit encore endurer plus de souffrances. Le jnani ne peut être défini par les mots. Il n’est ni un homme, ni une femme. Il n’a pas de forme. Celui qui connaît ceci ne peut être compris. Les concepts de naissance et de renaissance concernent les personnes ignorantes. Le désir est de la nature de l’espace. Alors qui est né ? Le prana provient de l’espace, le mental provient du prana » et vous vous identifiez au mental. Celui pour qui il est clair que « Je »n’est pas un objet, sait que tout ce qui est vu n’est pas « Je ». Tout est contenu dans l’espace. Il prendra l’aspect des concepts que vous lui présentez.

La maya primordiale est de la nature de l’espace. Aussi, tout ce que je vous dis est totale ignorance. Vous pourriez aussi dire que c’est la véritable connaissance (ceci veut dire que c’est au-delà des mots). Pendant le sommeil, il n’y a pas de mental. Il y a uniquement le prana. Quand le mental apparaît et devient perceptible, vous appelez cela un rêve. Le mental ne peut rien exprimer de nouveau ou d’original. Il ne peut que répéter ce qu’il a entendu. Vous avez mis le noeud coulant du mental autour de votre cou. Un jnani ne fait pas une telle chose. Nous devons découvrir qui crée les concepts. Laissez de côté les discussions qui partent en tout sens et célébrez : « Jaï Guru, Jaï Guru. » Il n’y a pas une connaissance dont il ne vous gratifiera.

Nisargadatta Maharaj

jeudi 22 février 1979

Extrait de « Méditations avec Sri Nisargadatta Maharaj » aux éditions Aluna

Nirupana 93 – voeu de silence

voeu de silence Nisargadatta

À cause de l’influence de maya, chacun dit : « Je suis le corps. » En fait, il n’y a pas de maya (elle est illusoire). Elle rend un individu fier de son corps. Le corps et ses comportements sont éphémères.

Parce que le mental en prend la responsabilité, cette vie mondaine doit être supportée. La compagnie du corps et du mental n’était pas là auparavant, et ne sera plus là dans le futur. Le corps contient la conscience pure, qui s’éclaire elle-même. Elle n’a pas de limite. Sous l’influence de maya, la conscience s’est identifiée au corps. Antérieurement à une telle croyance, elle est sans forme, libre de pensée, absolue. Une fois cette croyance adoptée, tout ce qui arrive est illusoire. La conscience est l’Absolu indifférencié. Une infime modification y crée le monde. Le Soi voit toutes choses, ressent toutes choses. Il a connaissance des mouvements du mental, mais il n’est pas le mental. S’il y a la conviction que vous n’êtes pas le corps, vous arriverez à la connaissance que le monde dans son entier est animé par votre propre connaissance.

Un concept s’est élevé dans l’Absolu, et ainsi est apparue maya. S’il y a expérience de tourments, il y a aussi nécessité de bonheur. Dans la conviction que vous n’êtes pas le corps, il n’y a pas d’expérience de bonheur ou de peine. Aussi longtemps que le mental est présent, la graine est là. Paramatman n’a pas de volontés.

Celui qui n’a pas d’expérience du mental, est véritablement silencieux. Est-ce que ceux qui font voeu de silence sont véritablement silencieux ?

Rappelez-vous sans cesse dans votre coeur qu’il n’y a pas d’autre Dieu que votre conscience. Ensuite, dans les faits, comportez-vous comme vous aimez.

Nisargadatta Maharaj

dimanche 18 février 1979

Extrait de « Méditation avec Sri Nisargadatta Maharaj » éd. aluna

Nirupana 92 – Vous êtes antérieur à la pensée

Nisargadatta Nirupana

Vous êtes antérieur à la pensée. Comment les pensées pourraient- elles apparaître si vous n’étiez pas là avant elles ? Vous êtes antérieur à l’état de veille. Il vous arrive le matin, s’active la journée et dort la nuit. Un jour cet état de veille s’endormira pour toujours.

Mon enseignement est unique. Il n’est d’aucune utilité pour celui qui se considère comme le corps. Ce que vous êtes en train d’écouter est la plus haute forme de méditation.

Quel est le sens de la vie ? Il n’y en a pas. Elle est là sans raison. C’est la même chose qu’uriner. Soyez-en juste le témoin. Même quand la vie est comprise comme étant la connaissance du Soi, la connaissance acquise n’est pas fiable. Il n’en restera rien. Aussitôt que le prana s’en ira, vous serez comme si vous n’aviez jamais existé.

L’Absolu est présent à jamais. La connaissance « Je suis » se surimpose à l’Absolu. C’est la source de tous les tourments. Ce « Je suis » est la connaissance. Votre être n’est pas vrai. Il s’agit de l’essence de la spi- ritualité. La plupart des gens sont intéressés par les affaires des autres. Personne ne se tourne vers lui-même. Chacun recherche Dieu en tant qu’illimité. Cependant, la graine du monde est contenue dans la toute petite conscience. Personne ne songe à cela.

La conscience est appelée chidakash (L’espace intérieur). La connais- sance du monde n’est pas extérieure à la conscience. Le sommeil, la transe, et la mort, impliquent l’oubli de notre conscience. La mort est redoutée.

L’oubli est de la nature de la conscience. L’origine des mondes, de l’état de veille et des rêves, est votre être. Votre conscience est passagère. Ce qui lui est antérieur est vrai et éternel. Ne blessez personne avec vos mots. Ne méprisez personne. Quand tout est vu comme faux, quelle attente en avoir ? Et pour la même raison, pourquoi critiquer ?

Nisargadatta Maharaj

dimanche 11 février 1979

Extrait de « Méditations avec Sri Nisargadatta Maharaj » aux éditions Aluna

Nirupana 91 – La nature du Soi ne peut pas être pensée

Soi Nisargadatta Nirupana

La nature du Soi ne peut pas être pensée. Nous ne pouvons jamais nous contempler. Un remède simple à cela est de prendre notre conscience pour Guru. Elle est comblée quand elle est vénérée de cette façon-là. Soyez convaincu en disant que vous êtes Brahman. Suivez ceci comme la parole du Guru. Il n’y a rien de plus parfait que la réalisation du Soi. Il n’y a rien de plus imparfait que la conscience identifiée au corps. La parole du Guru dit ceci : « Je suis sans forme, sans tache, conscience pure. » Le vrai dévot ne devrait jamais donner d’importance à ce que les gens disent. Il devrait être fermement enraciné dans la réalisation du Soi.

Nisargadatta Maharaj

jeudi 8 février 1979

Extrait de « Méditations avec Sri Nisargadatta Maharaj » aux éditions Aluna

Nirupana 90 – Vous pensez que vous agissez, mais tout se fait spontanément.

Vous pensez que vous agissez, mais tout se fait spontanément. Nisargadatta

Les gens répètent le nom de Dieu de multiples manières, telles qu’elles leur ont été enseignées. D’après ma propre expérience, si le mantra est répété avec la juste respiration, le mental devient silencieux et un état de samâhdi s’ensuit.

Même en plein combat, Arjuna vivait une paix inébranlable. Sans paix, il n’y a pas de samâhdi. La paix qui découle de la réalisation du Soi est le véritable samâhdi. Les autres sont des constructions mentales. Soyez dans la connaissance de n’être ni le corps, ni le mental, ni le prana, et restez tranquille. Alors, les activités du corps-mental ne vous affecteront pas. Qui est concerné par la naissance ? Qui est concerné par la vieillesse ? Voyez cela. Toutes les bonnes et mauvaises habitudes sont liées au corps et s’en vont quand le corps s’en va. Mais vous n’êtes pas le corps. Tant que vous vous prendrez pour le corps, il y aura la sensation d’être un homme ou une femme, avec les peines et plaisirs qui vont avec. Toutes les qualités dépendent de la conscience identifiée au corps. Notre véritable nature n’a pas de qualités.

La vérité ultime, Paramatman, ne fait pas partie d’une caste ou d’une religion. Celui qui a la connaissance, reconnaît cela et garde le silence. Si je vous dis de pratiquer tel rituel, vous le ferez, mais cela ne vous sera d’aucune utilité. Vos tourments viennent de la conscience, pas du monde. La connaissance que l’on peut évoquer est encore du domaine de l’ignorance. Toute action dans le monde est juste un divertissement.

Tant que vous ne lâcherez pas ce divertissement, il n’y aura pas de paix. Le vrai jnani ne voit pas le monde comme véritablement réel. Un jnani n’est pas préoccupé par le fait d’agir ou de ne pas agir. C’est pourquoi il n’y a rien à dire au sujet de sa vie quotidienne. Juste répéter : « Je ne suis pas le corps, je ne suis pas le mental », n’est pas suffisant. Il faut connaître les qualités qui relèvent du corps et du mental. Un simple savoir verbal ne fonctionne pas.

La conscience dans le corps est la caractéristique de l’essence de nourriture. Elle sera présente aussi longtemps que cette essence est présente. Toutes les choses sont contenues dans la conscience. Le prana et la conscience apparaissent de l’essence de nourriture. Combien de temps seront-ils là ? La conscience par laquelle vous faites l’expérience du monde n’est pas éternelle. En réalité, rien n’est véritablement créé.

Rompez avec le concept que vous êtes l’auteur des actions, et faites ce qui vous plaît ! Tout comme le diamant taille le diamant, il faut utiliser la conscience pour aller au-delà de la conscience. Aucun autre outil ne peut convenir. Accrochez-vous à ce par quoi vous expérimentez la peur (la conscience crée la dualité, qui génère la peur. L’unité dans la conscience permet d’être libre de la dualité, c’est ce qui se produit par la réalisation du Soi. Aussi, qui expérimente la peur ?).

Après avoir entendu cela, peut-être que vous ne me reverrez plus. Mais en tout cas, si cela vous offre la réalisation, vous accourrez de loin et vous vous prosternerez. Vous pouvez être en quête de la Vérité toute votre vie, seule votre conscience vous libérera. Elle vous libérera de tous vos besoins. Après quoi, il n’y aura plus le besoin de Dieu.

Vous devez être libre de la conscience. C’est la maya primordiale. Ce n’est pas l’état permanent. S’il y a compréhension de ce qu’est le temps, la peur s’en va à tout jamais. Pour mettre fin aux tourments, embrassez Cela par quoi tous les tourments sont connus. Cela par quoi vous avez connaissance de tout, est identique aux pieds du Guru. Méditez-y. Les trois gunas sont à l’œuvre, mais en tant qu’individu vous revendiquez en être l’auteur. Cette individualité doit être lâchée. Vous pensez que vous agissez, mais tout se fait spontanément. Vous viendrez à connaître que tout se fait de lui-même. Vous ne faites rien. C’est seulement une impression. Ce qui ne se fait pas au travers de la méditation, se fera à travers le discernement.

Celui qui a créé le corps connaît le remède. Que peuvent faire les médecins ? Sans prendre pour support le nom ou la forme, soyez en unité dans la conscience. En fait, rien ne s’est produit, et cependant vous voyez le phénomène-monde. C’est une propriété de votre conscience. Soyez totalement présent à cela.

Nisargadatta Maharaj

jeudi 1er février 1979

Extrait de  » Méditations avec Sri Nisargadatta Maharaj » aux éditions Aluna

Nirupana 89 – Votre nature est celle du Soi, en chaque être

Votre nature est celle du Soi, en chaque être

Parce que toujours changeante, aucune connaissance de ce monde n’est fiable. L’expérience du monde toute entière est malhonnête (passagère). Vous avez pu vous définir comme ceci ou comme cela, mais cette identité ne restera pas la même. Je me connais uniquement en tant que Soi. Ce qui est connu n’est pas fiable. Même cela, par l’intermédiaire de quoi se fait la connaissance, n’est pas fiable. Vous comprendrez ceci quand le temps s’en ira. Ce qui connaît n’est jamais né. Dieu est créé à partir du dévot. Comment s’incarne-t-Il ? Il prend forme au travers de la conscience du dévot. Personne ne vous dira ceci. Ne vous perdez pas dans les méandres de votre mental. Restez juste en compagnie de votre conscience, la sensation « Je suis ». Elle nous a recouvert d’une manière inattendue. Elle nourrit votre Soi, tout autant que le monde. Êtes-vous encore en train de vous égarer après avoir entendu ceci ? Quand la foi s’affermit dans l’unique conviction, alors tous les tourments deviennent supportables. La conscience dans le corps est le Guru. La dévotion non duelle n’est pas chose aisée pour un être ordinaire. Cependant, la conscience doit être vénérée comme le Guru. Aucun autre Guru n’est nécessaire. Elle est de la nature de l’amour. Elle est venue sans être demandée. Premièrement, j’ai connaissance que « Je suis », et ensuite tout vient à être connu. Toutes les affaires du monde se font pour l’amour du Soi. Agir et mener à bien les affaires du monde relève de Rajo guna. Les percevoir comme étant faites par « moi » relève de Tamo guna. Le mouvement du Soi universel se manifeste en tant que maya. Le Guru est la conscience qui est venue à vous sans que vous sachiez comment. Vous n’avez pas reconnu le Guru, c’est pourquoi vous aimez le corps. Son énergie vitale prend soin du corps. Il fait toutes choses par amour du Soi. Il est la source de la lumière. Il est la conscience. Prenez-la pour Guru et vénérez-la. Vous ne serez pas capable d’adorer votre Soi à cause de vos conditionnements. Aussi, adorez le Guru. La foi en votre Soi, est la foi en Paramatman. C’est cela la non-dualité.

C’est seulement avec du temps qu’il vous sera possible d’être libre des chuchotements du mental. Quand une chose est vue, elle est automatiquement photographiée. C’est la compétence de maya. La conscience pure est le témoin passif. Tout est connu d’elle. Elle est votre propre amour du Soi. Vénérez cet amour en tant que Guru. Alors la réalisation se déploiera en vous, comme une pousse grandit pour devenir une fleur. Vous n’arrivez pas à suivre la parole du Guru parce que vous êtes l’esclave de votre mental. Lentement, par la pratique, il est possible d’être sans mots, en silence. Quand le verbe devient silence, il s’agit du Sahaja (naturel) samâdhi.

Votre nature est celle du Soi, en chaque être. Tous sont votre manifestation. Pour commencer, c’est l’espace du rêve qui se déploie à partir de « vous », ensuite vous vous y déplacez en tant qu’individu. Tout ceci se fait spontanément. Le Soi de l’univers est le « Je suis » ou l’état de conscience qui vous est arrivé. Vénérez la connaissance qui écoute la parole du Guru et abandonnez-vous à elle.

Nisargadatta Maharaj

dimanche 28 janvier 1979

Extrait de  » Méditations avec Sri Nisargadatta Maharaj » aux éditions Aluna

 

Nirupana 88 – Tout se produit spontanément

Tout se produit spontanément

Dans le bâton d’encens, il y a le feu, la fumée et le parfum. C’est la même chose avec le corps. Le corps est le bâton, le prana est le feu, et la conscience est le parfum. Le prana est la vibration de l’essence du corps, qui est l’essence de nourriture.

Par la conscience identifiée au corps, une femme recherche un mari, et vice-versa. Le corps est temporaire. Celui qui en a la connaissance, ne l’est pas. Vous pourriez leur donner les noms de Purusha et Prakriti. L’objectif est le même. C’est la sensation « Je suis ». Quelles actions accomplissiez-vous avant que vous ayez connaissance de votre corps ou de votre mère ? Quelles actions conscientes avez-vous accomplies pour en arriver où vous êtes ? Quelle sorte de sadhana allez-vous suivre ? Quelle est votre identité personnelle ? À laquelle de vos identités Dieu offre-t-il sa bénédiction ? Y a-t-il une forme que vous pourriez véritablement appeler la vôtre ? Vous retournerez d’où vous êtes venu. Restez tel que vous êtes. Observez juste ce qui a été accumulé.

Est-ce que quelqu’un pleure une horloge qui s’est arrêtée ? Cela signifie juste que le temps s’est arrêté. L’arrêt du temps devrait-il vous rendre misérable ? Quand une personne meurt, le temps arrive à sa fin. Devriez-vous vous plaindre de ceci ? Ce qui vous donne le sentiment d’être est avec vous, juste ici. Alors, quelle est l’utilité de partir en quête ? Existe-t-il un endroit particulier dans le monde où cela pourrait être trouvé ? Arrêtez-vous ici et réfléchissez-y.

Krishna dit : « Avec l’émergence de la sensation « Je suis », Je vis que J’étais tout. » Sans la conscience, il n’y a rien. Un nombre infini d’univers prend place dans la conscience. Ce qui n’empêche pas que la moindre cellule de tout ceci n’est ni vraie, ni éternelle. En restant iden- tifié au corps, espérez-vous accéder à la connaissance de Brahman ? Vous combattez les mots que vous entendez. Votre véritable corps est la totale manifestation du corps subtil de la conscience microscopique. Le monde cessera d’exister quand votre conscience arrivera à sa fin.

Contempler en permanence cette conscience consiste à s’en remettre au Guru. Cela signifie se focaliser sur sa propre énergie. S’en remettre au Sadguru, c’est abandonner la conscience identifiée au corps, lâcher l’individualité. Se souvenir de notre conscience est la méditation. C’est identique aux pieds du Guru. Cela mène à la réalisation du Soi. Ce qui se réalise est comparable aux pieds bénis du Sadguru.

L’Atman est présence, lumineuse par elle-même. La lumière apparaît, puis disparaît. Y a-t-il réellement une naissance ou une mort ? Vous dites que vous vous connaissez. N’est-ce pas déjà parce que vous avez connaissance d’être ? Aussi, focalisez-vous sur la conscience. Là où vous- même n’avez aucune existence, qui peut dire que le monde existe ?

Savez-vous que votre conscience prend constamment des photographies avec la parole, le toucher, les formes, le goût, les odeurs ? C’est automatique. Ne sachant pas comment cela se produit, vous retirez une fausse fierté de vos actes. Tout se produit spontanément, aussi ne retirez aucune fierté d’être l’auteur de quoi que ce soit.

Nisargadatta Maharaj

vendredi 26 janvier

Extrait de « Méditations avec sri Nisargadatta Maharaj » aux éditions Aluna

Nirupana 87 – un état au-delà des besoins

un état au-delà des besoins

Nous sommes tous nés au sein de la même espèce, mais à la naissance nos caractéristiques sont différentes. C’est à cause de la combinaison des cinq éléments. Ainsi la manière de s’exprimer de chacun est différente. Nous subissons les programmations des cinq éléments en tant que destinée.

Le but pour chacun est le même, cependant il y a différentes opinions. Dans le sommeil profond, nous sommes tous identiques. Aussitôt que nous nous réveillons, la différentiation se met en place. La sensation « Je suis » est la caractéristique de la conscience. Quand la forme va apparaître, l’essence des cinq éléments est en action. Cela signifie que la conscience est générée. Elle s’éteint quand vient la fin. Ce n’est pas notre fin. Le jnani est séparé de la conscience. Vous connaissez un jnani par son nom, son corps, et ce qu’il vous dit. Mais pour le connaître directement, vous devez aller au-delà de votre conscience. Aussi longtemps que le mental, avec ses changements incessants, continue à errer, vous n’êtes pas prêt pour la réalisation du Soi.

Croire que je suis le corps est ignorance. Notre identité sans le corps est illimitée. La conscience se prend pour le corps. Ceci est la grande faute. Dans le corps se trouvent le prana, et la conscience, en tant que caractéristique du prana. Quand le prana quitte le corps, la conscience disparaît. L’ignorant dit que la personne est morte. Le corps est la nourriture qui soutient le prana et la conscience. La conscience est le Guru.

Le prana implique la parole, le discours. Tous deux sont interdépendants. Ensemble, ils sont nommés respectivement prakiti (la création) et purusha (le témoin.) La parole du Guru, elle-même est prana. La conscience est le Guru. Une fois saisi ceci, comment vous voyez-vous ? Pensez-vous être le corps ? Votre conduite résulte des cinq éléments. Le comportement des cinq éléments est appelé votre destinée.

Quoi que ce soit qui arrive est tel un rêve. Des désirs seront là jusqu’à ce que le prana et la conscience soient réalisés. Le désir est la racine de l’esclavage. Après la réalisation, il y a passage à un état au-delà des besoins. Poursuivez vos activités quotidiennes de la meilleure manière qui soit. Prenez soin des membres de votre famille en les traitant comme Dieu. N’attendez aucun profit de cela. Vous devez réaliser le prana et les gunas très clairement. Alors, vous transcenderez immédiatement la conscience et ses caractéristiques.

Vous serez véritablement satisfait. Le plus grand désir est le désir de vivre. La conscience dans le corps est le roi – le Soi. La force vitale ou prana est le serviteur. Pratiquer rend toute chose possible. Dites : « Je ne suis pas le corps », faites-en une habitude. Cela ne se produira pas instantanément.

Nisargadatta Maharaj

jeudi 11 janvier 1979

Extrait de  » méditations avec sri Nisargadatta Maharaj » aux éditions Aluna.