Conscience et Absolu – une goutte de connaissance

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Nisargadatta Maharaj : Le coeur de cette conscience est la connaissnce, le savoir ” Je suis” ( I Am, le sens d’être). Ce n’est pas une personne, ce n’est pas un individu. C’est la manifestation du tout. L’être (beingnesss) est là qui rempli tout.

Mais cette qualité “d’être-moi” (I Am) est le résultat du corps matériel, objectif. L’arbre entier est là, latent, dans la graine; les trois mondes sont contenus dans la goutte du ” Je suis” ( comparable à la goutte d’eau qui repose sur la feuille de lotus, sans y être attachée).

L’état le plus haut est celui du Jñani. Le premier pas est d’être cette goutte. Vous connaissez cette goutte, et ce faisant vous en sortez, et voilà l’état du Jñani. Il n’est pas obsédé par l’adversité ou les problèmes, parce qu’il est au -delà du principe du “Je suis”. Il regarde la pièce en spectateur.

Comprenez-moi bien. Cette “goutte” de connaissance est le résultat du corps-nourri-de-l’extérieur; en comprenant cette connaissance, vous vous en libérez. Ce dernier pas – savoir que Moi, l’Absolu, ne suis pas cette goutte, la conscience – n’est franchi qu’une seule fois. Après cela, il n’y a plus participation à la pièce jouée pa la conscience. Vous êtes dans un état de non retour, l’état éternel.

Tout ce que vous pensez être connaissance spirituelle a été acquis au niveau de la conscience; un tel savoir n’est qu’un fardeau pour vous, il ne fait qu’ajouter à votre infortune. Ce n’est que du jargon spirituel. Cet “être-moi” ( ce sens du Je, ce sens d’être que le Je a, I Amness) est la source de toute détresse.

Êtes-vous dans un tel état ( de quiétude) que les mots ne sont plus adéquats pour exprimer votre Soi? Je réponds à vos questions en détail, vous devriez tomber dans un état de quiétude tel qu’aucun mot ne peut vous en sortir.

Je vous transmets ce savoir complètement, dans tous les détails. Avez-vous le courage de l’accepter?

Si vous avez vraiment compris ce que je vous ai dit, vous n’avez plus besoin de revenir.Ne racontez pas ces choses à tous venants, gardez-les pour vous.

Nisargadatta Maharaj

Le 11 avril 1981

Extrait de “Conscience et Absolu” aux éditions des deux Océans

Conscience et Absolu – Demeurez en paix

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Visiteur : Si la conscience est identique sous toutes ses formes pourquoi chaque individu a-t-il des pensées et des actions différentes?

Nisargadatta Maharaj : Les pensées et les actions sont du domaines du corps-esprit, et il est l’essence des cinq éléments. La forme dépend à des degrés variés des cinq éléments et de trois guna-s ( qualité d l’être). Les pensées et les actes dépendent du conditionnement qui commence dès que la conscience est là. Sans la conscience, il n’y aurait que des formes mortes (inanimées).

La conscience et le corps sont maintenus en bon états par la nourriture et les médecines que nous absorbons. Dans chaque forme les pensées, les mots et les actes dépendent non seulement du conditionnement qu’elle a  subi depuis son apparition ( sa naissance), mais aussi du conditionnement antérieur, au moment de la conception. La conscience était latente dans cette naissance chimique.

Ironie de l’identification avec le corps

Depuis combien de temps vous occupez-vous de spiritualité?

Visiteur : Depuis quarante ans. J. suivais la voie du “Qui suis-je?” de Ramana Maharshi, et j’ai lu le livres sur l’enseignement de Maharaj.

Nisargadatta Maharaj : Jusque là , ça va. Comment comprenez-vous votre Soi?  Vous êtes quoi?

Visiteur: La conscience.

Nisargadatta Maharaj : L’Ultime est avant tout expérience. “L’être-moi” ( I Amness) est le commencement de l’expérience. Sur la feuille blanche de l’Ultime cette cognition est apparue, et la question s’est posée : Je suis qui , je suis quoi?”. Ce sentiment d’être n’a pas la saveur (color, la couleur) de la forme. C’est juste un sentiment d’être, le sens qu’il y a un ” étant”. Ça a été la  première expérience.

Visiteur: C’est Maya.

Nisargadatta Maharaj : Comme vous n’avez pas la réponse à “Qui suis-je” vous répondez  que c’est Maya. Votre réplique n’est pas une réponse. À quoi vous identifiez-vous?

Visiteur: Je suis le Brahman.

Nisargadatta Maharaj: Vous n’en avez pas l’expérience directe. Vous ne faites que répéter ce que vous avez lu ou entendu. Vous êtes quoi , d’après vous?

Visiteur : J’ai eu une expérience …

Nisargadatta Maharaj: Il y a expérience quand “l’être-moi” ( I Amness) est là, mais avant cette expérience du “Je suis” ( I am) quelle était la situation?

Visiteur: Je ne sais pas.

Nisargadatta Maharaj : Je vous parle parce que vous avez la sagesse pour comprendre.

Visiteur: Est-ce que je peux stopper cet “être -moi” et être avant le “Je suis”?

Nisargadatta Maharaj : Comment stopper un processus naturel? Tout arrive spontanément. En ce moment vous êtes la conscience, qui bouge, qui vibre. Ne croyez pas que vous êtes quelque chose d’autre ( une entité séparée) que cette conscience qui bouge et qui vibre. Vous faites partie du jeu de cette conscience. Vous, la conscience, vous êtes le produit de la nourriture consommée.

Au niveau de la conscience active, qui est Soi, et qui est en activité, il ne peut y avoir d’identification à un corps particulier.

Visiteur: Comment m’en convaincre?

Nisargadatta Maharaj : Quand vous êtes dans la quiétude du Soi, vous avez la conviction. Demeurez en paix.

Nisargadatta Maharaj

Le 29 mars 1981

Extrait de “Conscience et Absolu” aux éditions des deux Océans

 

 

Conscience et Absolu – vous êtes ce qui ne peut être perdu

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Visiteur : Comment me stabiliser dans ma prise de conscience?

Nisargadatta Maharaj:  Vous savez que vous êtes. Ceci est en soi la prise de conscience. Si vous pensez que vous devez être conscient ( de quelque chose), vous entrez dans l’état d’expérience. Vous voulez faire l’expérience de quelque chose ( ce qui automatiquement crée la dualité sujet-objet).

Ne considérez pas votre corps-esprit comme votre vrai identité.. L’identification au corps -esprit, ça va pour la vie de tous les jours, mais quand vous devez vous comprendre, il ne faut pas vous comprendre ( vous considérer) comme un corps-esprit. Vous avez la connaissance du “Je suis” (I Am). Cela en soi signifie que vous êtes ( nul besoin de concevoir quelque chose d’autre – dualité et séparation – pour ancrer l’être).

Ce corps est l’expression du produit de la nourriture consommée. la matière est consommée sous forme de nourriture, et voilà le résultat. S’il y a de moins en moins de nourriture, le corps s’amaigrit, s’étiole. Vous n’êtes pas ça, votre image est autre. ( Montrant ce corps) Ce n’est qu’une boite à mangeaille! Pourquoi cette figure maigre? Parce que l’apport de nourriture est réduit. le corps-nourriture, vous n’êtes pas ça. L’état de veille, vous n’êtes pas ça. L’état de sommeil profond, vous n’êtes pas ça. Vous connaissez l’état de veille., vous n’êtes pas l’état de veille. Vous connaissez l’état de sommeil profond, vous n’êtes pas l’état de sommeil profond.

V: Je n’y comprends rien, je suis perdu.

N.M. : Ce “vous” Ultime ne peut jamais être perdu. Tout ce que vous avez perdu, ce ne sont que des mots. Qui vous a dit que vous étiez perdu? Vous savez que vous êtes, “Je suis” (I Am).

Dès que le sentiment “Je suis”apparaît, le monde aussi apparaît.”Vous êtes” n’est pas seul, dans l’isolement. Vous êtes une part intégrale de la connaissance dans le monde.

Dans la ‘hiérarchie’ de la conscience il y a trois étapes:

1. Jivatman, c’est celui qui s’identifie au corps-esprit. Celui qui pense je suis un corps, une personne, un individu différent du monde.Il s’exclut et s’isole du monde en tant que personne séparée, à cause de l’identification au corps-esprit.

2. Vient ensuite l’être (en anglais beingness), ou la conscience, qui est le monde. “Je suis” (I Am) signifie mon monde entier.Juste l’être et le monde.En même temps que l’être, le monde est ressenti – c’est l’Atman.

3. Le Principe Ultime, qui sait que l’être ne peut avoir de nom.Aucun mot ne peut l’approcher ou le déterminer. C’est l’état Ultime.

J’explique cette hiérarchie avec des mots de tous les jours, par exemple: J’ai un petit fils (ça s’est jivatma). J’ai un fils et je suis le grand-père.

Ces trois étapes, on ne peut pas  les appeler de la connaissance.Le terme connaissance s’applique au niveau de l’être (beingness), je vous ai transmis l’essence de mes enseignements.

À quoi êtes-vous identifié maintenant? Vous êtes venu au monde avec quelle identité? Vous voudriez quitter ce monde avec quelle identité? Normalement nous nous accrochons  à l’identité corporelle, mais je l’ai jeté par dessus bord – vous n’êtes pas le corps. Je vous demande: ” Vous êtes quoi? Quelle peut être votre identité, maintenant que vous n’êtes pas le corps?”. Vous pouvez répondre ce que vous voulez, les mots seront toujours incorrects, ils seront faux.

Vous vous accrochez avec l’énergie du désespoir au corps-esprit, comme étant vous. Vous devez avoir la conviction inébranlable qu vous n’êtes pas le corps-esprit, que vous n’êtes m^me pas la conscience dans l’être (beingness).

Faites une expérience sur vous. Vous observez un bâton; est-ce que vous dites au bâton :”Je suis entrain de t’observer?” ( ce faisant on crée le ‘Je’ séparé, l’illusion de l’ego).

Quand on est tout seul avec soi-même, rien n’est utile, aucun entretien n’est utile. Quand on e fond dans son entité véritable rien n’a plus d’importance, parce que rien n’est. Quand le “Je” s’affaisse ( quand il n’y a plus d’individu), il ne rste plus que la prise de conscience (directe).

Nisargadatta Maharaj

21 juin 1981 ( Après-midi)

Extrait de “Conscience et Absolu “ aux éditions des deux Océans

Conscience et Absolu – qui vous êtes n’est jamais né

éternité nisargadatta

Nisargadatta Maharaj: Maintenant, vous savez que vous êtes. Comment est-ce arrivé, qu’est-ce qui vous fait savoir que vous êtes? Il faut aller à la source. Il y a cent ans, vous ne saviez pas que vous existiez. Aucun problème, alors. Maintenant, à cause de ce savoir, les problèmes ont commencé. C’est à cause du corps que cet “être-moi” ( en anglais: I Amness) a fit son entrée, donc que savons-nous du corps et de ce “sens du Je” (en anglais : I-ness)?

Visiteur: Quand le corps s’effondre, quand la personne est morte, est-ce que la mémoire et la conscience continuent?

N.M : La conscience et la mémoire sont toutes les deux des qualités du corps sustenté par la nourriture, mais le vrai Soi est autre chose.

V: Turya, qu’est-ce que c’est? ( conscience pure)

N.M: Turya veut dire que vous seul restez, rien d’autre. Tant que vous savez que vous êtes, tout est. Apprenez ce que vous êtes, et vous aurez toute les réponses; découvrez l’origine du corps et de cet ” être-moi”. Découvrez tout cela, et vous saurez ce que vous êtes.

Tout ce qui change n’est pas votre Soi; ce corps-esprit change constamment. Il n’était pas là, il est arrivé, il va disparaître. Il n’est pas vous. Découvrez ce que vous êtes.

C’est la conscience qui est importante. Concentrez-vous sur la conscience. Voilà ce qu’est la méditation; méditez, et la conscience vous dira tous les secrets. la conscience aime cet Amour-de-soi. Concentrez-vous sur la conscience seulement, vous apprendrez à la connaître. Si vous vous interessez au monde, alors vous ne vous intéressez pas à la conscience. Intéressez-vous seulement à elle, alors elle vous dévoilera tous les secrets, et alors vous saurez ce que vous êtes. Ce “vous” saura qui vous êtes, mais cet aperçu signifie conscience pure, et là il n’y a plus de”Je”.

La méditation, c’est se regarder. ëtre dans la conscience, sans rien d’autre, c’est la connaissance sans language que vous Êtes. il y aura des pensées, mais de plus en plus faibles, seul le sens d’être, d’étant (I Amness) continuera; seulement la conscience sans activité aucune. Si il y a identification au corps-esprit, se regarder agir, par exemple observer sa colère.

V: ESt-ce que Maharaj sent son corps?

N.M : Tout arrive par la conscience. je vois ce corps comme je vous vois; mais je ne suis pas ce corps, je ne m’identifie pas à lui. La conscience n’est ni m^me ni femelle, elle est lumière. Lumière signifie aussi chaleur. Quand la température baisse du corps baisse vraiment., le docteur dit que le patient n’est plus.

V: Est la réincarnation?

M.N:  Même cette naissance n’est pas réelle. C’est à cause du corps qu’il ya cette qualité “d’être-moi” Dans le  sommeil profond vous ne savez pas si vous existez ou non; vous ne vous sentez pas être, c’est tout. Vous n’êtes pas né du tout; votre existence est annoncée, c’est tout. Vous existiez même avant votre naissance; vous existez dans l’éternité, mais c’est seulement dans votre petite enfance que vous avez su que vous existiez.

Ne vous occupez que de cette naissance ( la vôtre). Pourquoi se poser des questions sur la réincarnation? Voyez déjà si cette naissance est vraie.

Nisargadatta Maharaj

Entretien du 5 juin 1981

Extrait de “Conscience et Absolu” aux éditions des deux Océans.

Conscience et Absolu – Puja

Visiteur : En suivant la voie de Maharaj, on pourrait exhiber un comportement en dehors des normes sociales.

Nisargadatta Maharaj : Le  comportement de qui?

Et considéré en dehors par qui ?

Tout ce qui est est l’essence es 5éléments. Cette essence ne va pas changer à cause de la perception consciente. L’essence des cinq éléments est ce sens momentané de la présence, en face de l’éternité.

Vous venez ici avec un sentiment d’amour et de respect pour moi; cela vous sera utile dans la mesure où vous pouvez me percevoir. Si vous continuez à me considérer (seulement) comme un individu, l’utilité s’arrête là, mais si vous me voyez comme je me vois et comme je vous vois, vous en bénéficierez d’autant plus. L’état véritable est ce qui existait avant l’arrivée de la conscience. Très peu atteindront cet état. La plupart d’entre vous ne veulent pas aller au delà de l’identification avec une entité, avec un corps.

Cette identification, changeante depuis l’enfance jusqu’à maintenant, et qui continuera de changer avec le temps qui passe, est purement saisonnière.

Vous vous identifiez à votre corps sur la base d’un ouï-dire. Vos parents vous ont dit que vous étiez né à une certaine date, et que ce corps, c’est vous. Sur la base de cet ouïe-dire vous avez donné à votre identité une certaine image. Vous pouvez penser que maintenant vous êtes des jñani-s et que vous êtes bien conscients de votre identité, mais le plus souvent ça n’est qu’une tromperie des sens. toute image que vous pouvez avoir de vous n’est rien qu’un concept.

Vous n’avez qu’à comprendre ce que vous êtes, et à continuer votre vie de tous les jours du mieux que vous pouvez.

Visiteur: Est-ce qu’on pratique les cérémonie d’offrandes, ( Puja). ici?

Nisargadatta Maharaj : Oui. Sauf que ici, le pratiquant est la conscience, et l’objet du culte est aussi la conscience.

Nisargadatta Maharaj

Le 7 mars 1981

Extrait de “Conscience et Absolu” aux éditions des deux Océans.

Conscience et Absolu – Darshan

Darshan Nisargadatta Maharraj

Nisargadatta Maharaj : Tout arrive dans la conscience basée sur le corps, et là seulement. Les personnes  ( les entités séparées) n’existent que dans la conscience basée sur le corps. La connaissance habituelle ne s’occupe que des choses en relation avec cette image du corps. Vous n’êtes pas le corps, vous êtes la conscience. Il n’y a pas la marque d’une personne, il y a seulement la conscience manifestée qui fonctionne. Cette conscience manifestée, dynamique n’a aucune conception que ce qui lui arrive est bon ou mauvais; quelque chose arrive, c’est tout. Personne n’est l’agent.

Le message “Je suis” est là. Le flot du mental est là aussi; il ne représente pas une personne, seulement la conscience. L’idée même que vous êtes le corps ( l’entité corps-esprit) est ridicule; il n’y a que la conscience qui fait l’expérience de sa manifestation ( qui est consciente d’elle-même à travers sa manifestation). Rares sont ceux qui vont saisir ce fait. pour un Jnãni, la vie dans le monde signifie le fonctionnement total de la conscience. Normalement, quelqu’un qui pense toujours que les autres sont des personnes ne va pas les concevoir simplement comme une expression, un fonctionnement de la conscience. Le jeu total de la conscience ne va pas descendre au niveau individuel ( et ne peut pas être saisi à ce niveau). Au niveau de la totalité,, c’est tout à fait différent, l’individu est seulement une manifestation de la conscience.

N’êtes vous pas le disciple d’un grand Sage? Il y a longtemps que vous allez le voir?

Visiteur : Sept ou huit ans.

N.M : Alors pourquoi venir ici?

V : Je voulais recevoir votre darshan, je voulais vous rencontrer.

N.M: Quand vous êtes ancré dans votre propre Soi, l’autre n’existe pas ( pas de dualité ou de séparation), vous êtes le tout. Si vous demeurez dans votre Soi vous êtes semblable à l’espace et il n’y a plus de dualité. Vous êtes aussi vaste et aussi subtil que l’espace, et  ça c’est la libération. Aucun nom, aucune forme ne  vous conditionnent. SI vous êtes semblable à l’espace, pourquoi aller quelques part? L’espace qui est ici est aussi partout ailleurs. la spiritualité n’est pas un jeu d’enfant. Mes paroles vont tailler en pièces les doutes de quiconque les entend.

Avant tout, demeurez dans votre Soi et allez au-delà, et en le transcendant vous réaliserez l’Ultime. les mots qui viennent d’ici ne sont pas une connaissance empruntée, celle qu’on trouve dans les écritures et autres livres; c’est de l’expérience directe, Nirupana. La pratique habituelle de ces gens qui font une profession de la spiritualité, c’est qu’ils répètent tels ou tels livres.

Vous devez comprendre absolument ce que vous êtes, ou ce que vous pourriez être quand il n’y a rien. Quand il n’y a rien, vous êtes toujours. Qu’est-ce que ce vous? ( Examinons les deux cas / Tout est un, et quand tout est, vous êtes aussi; ça se comprend; mais quand rien n’est, comment puis-je être? ( Si ce n’est  que en temps qu’Absolu: quand les qualités ne sont plus, il ne reste que l’être sans qualités, l’Absolu).

Nisargadatta Maharaj

le 19 juin 1981

Extrait de “Conscience et Absolu” aux éditions des deux Océans

Conscience et Absolu – disciplines spirituelles et illusion

illusion Nisargadatta Maharaj

Visiteur : Est-ce que l’on ne devrait pas se débarrasser de toute connaissance?

Nisargadatta Maharaj : Il faut d’abord être allé au bout de la conscience, la connaître dans sa totalité; alors on voit qu’elle n’est pas la réalité, et elle devrait se dissiper. Vous avez assisté à ces entretiens; maintenant, asseyez-vous et méditez: ” Ce que je viens d’entendre, est-ce vrai oui ou non?”. Alors vous arriverez à la réalisation que ça aussi il faut s’en débarrasser.

le principe qui est à même de décider si le monde est ou n’est pas, ce principe doit forcément être avant le monde. Ce principe qui décide de tout, si le monde est ou n’est pas, – qui le conçoit?

Quand je dis :”Parabrahman ( le suprême Absolu), vous dites que vous saisissez. Mais les mots ne sont rien qu’un outil pour communiquer. Est-ce que je me fais comprendre?

V : Le Jnãni sait que tout cela n’est qu’illusion, et qu’il n’y a pas de voie; mais si, dans l’illusion, on est convaincu qu’il y a une voie, qu’il ya une terre promise quelque part, alors est-ce qu’il est valable d’utiliser des techniques qui mènent à encore plus d’ illusion ?

N.M : Illusion, c’est un mot ou qu’est-ce que c’est?

V: C’est un mot qui représente un concept.

N.M : Et ça c’est aussi un mot , non?

V: Oui.

N.M: Alors  jusqu’à quand va-t-on chercher d’autres mots- illusion ???

 

Nisargadatta Maharaj

Le 18 novembre 1980

Extrait de “Conscience et Absolu” aux éditions des deux Océans

Conscience et Absolu – Individu et universel

Nisargadatta Maharaj conscience et Absolu

Visiteur : Pourquoi se fait-il qu’on se pense tout naturellement comme individus séparés ?

Nisargadatta Maharaj : Vos pensées sur l’individualité ne vous appartiennent pas en propre; elles sont collectives. Vous opinez que c’est vous l’individu qui a ces pensées; en fait, elles viennent de la conscience.

Quand notre spiritualité se développe, notre identification à l’individualité corps-esprit diminue, et notre conscience atteint la conscience universelle.La force vitale continue, mais ses pensées et ses actions ne sont plus limitées à un individu. Elles deviennent une expression du tout. C’est comme le vent : il ne souffle pour personne en particulier.

V: En tant qu’individu, puis-je retourner à la source?

N.M : Pas en tant qu’individu; la connaissance “Je suis” doit retourner à la source.

La conscience s’est identifiée et déterminée dans une forme particulière. En suite, elle réalise qu’elle n’est pas cette forme, et elle progresse. Dans certain cas, elle peut atteindre l’espace, et très souvent elle s’arrête là. Très rarement, elle remonte à sa vraie source, au delà de tout conditionnement.

Il est difficile de ne pas se laisser aller à cette tendance à ramener le Soi ( universel) au corps-esprit individuel. Quand je vous parle, je ne parle pas à un individu; je parle à la conscience. C’est elle qui doit remonter à sa source.

Au début, il y a le non-être. Puis, l’être en sort, aussi doucement que vient le crépuscule, avec juste une sensation de ” Je suis”, et soudain l’espace est là. L’espace permet le mouvement, qui se manifeste  par l’air, le feu, l’eau et la terre. Ces cinq éléments sont vous. C’est votre conscience qui a tout fait. Il n’y a pas d’individu, il a vous, c’est-à- dire le fonctionnement du tout, la conscience en acte.

Vous êtes cette conscience, tous les attributs de la Divinité sont aussi les vôtres, mais vous vous cramponnez au corps-esprit, et ce faisant vous vous laissez aller au temps et à la mort – vous vous l’imposez à vous-mêmes.

je suis l’univers tout entier. Je n’ai besoin de rien, puisque jesuis tout. Mais je me suis niché dans du tout petit, dans un corps; je me suis limité à un fragment, et maintenant j’éprouve le manque, un corps a besoin de tant de choses.

Sans le corps, est-ce que vous existez, est-ce que vous avez existé? Sans le corps, est-ce qu’il y a, est-ce qu’il y a eu quelque chose? Retournez à cet état d’avant le corps.Votre véritable nature est présente, elle est libre, mais vous la cachez, en vous imaginant toutes sorte de choses.

Nisargadatta Maharaj

Le 8 novembre 1980

Extrait de “Conscience et Absolu” aux éditions des deux Océans

 

 

Ni Ceci Ni Cela – Maha-Vakya

Nisargadatta Maharaj Maha-Vakya

Nisargadatta Maharaj : Je ne suis pas intéressé par les miracles s produisant à l’extérieur, seulement par ceux qui se produisent en moi.

Dans mon état originel de non-savoir j’ignorais l’être, et tout d’un coup ce sentiment d’être  a spontanément été ressenti. C’est le premier miracle. Puis, en un éclair, j’ai découvert cet immense univers manifesté et aussi mon corps, plus tard j’ai compris que cet univers s’et uniquement manifesté dans cette trace d’être initiale.

Pourquoi n’êtes-vous pas attirés par ces miracles? Beaucoup de miracles se produisent, plus étonnant les uns que les autres, mais que pensez-vous de ceux-ci? Jerépète: au début il n’y avait pas de message “Je suis” et il n’y avait pas non plus de monde. Instantanément le message “Je suis” et ce monde vaste et magnifique se sont manifestés à partir du vide, du rien! N’est-ce pas stupéfiant?

Ce message” Je suis” n’est autre que la Vérité éternelle dressant un  panneau publicitaire ( d’elle-même). Il en est de même pour les noms, les titres et la forme des prophètes, sages ou Mahatma-s, ils ne sont qu’annonces et portes-paroles proclamant le m^me principe. C’est comme lorsque vous  préparez un grand nombre de plats: galettes, beignets, quenelles. Chacun possède un aspect et un nom différent mais le blé seul est leur base commune.

Pour me stabiliser dans ce principe éternel mon Guru m’a initié en prononçant les mots sacrés “Tat Tvam Asi”, qui signifient ” Je suis Cela”. À partir de cet instant j’ai définitivement perdu tout intérêt envers les affaires du monde. Ces mots sacrés sont appelés Maha-Vakya, il s’agit d’une profonde affirmation chargée d’une signification sublime.

Visiteur: Que veut dire “Je Suis Cela”?

Nisargadatta Maharaj: le mot ‘cela’ se réfère à l’ensemble de la totalité.

Visiteur: Est-ce possible d’avoir un semblant de connaissance de cet état au travers  des expériences effectuées dans le monde grâce au corps?

Nisargadatta Maharaj:  Certainement pas, je parle d’un état sans expériences effectuées dans le monde grâce au corps?

Nisargadatta Maharaj: Certainement pas, je parle d’un état sans expérience. Avant les expériences quel était mon état? Qui à ce niveau étai susceptible de répondre? Ce point doit être intégralemment compris.

Dans cet état éternel primordial je ne possédais aucune information sur moi-même. A présent une forme associée à cette information” Je suis m’est imposée et vous  voulez des détails sur cet état et un nom à lui donner…! S’il le faut appelez-le Para-Brahma ou Para-Atma, mais à qui ce nom est-il accordé? A ce Moi sans forme et ne disposant d’aucune information le concernant!

Vous vous prenez pour quelqu’un de sage, de spirituel, mais vous posez-vous la question du comment et pourquoi vous vous trouvez dans cet état relevant de l’expérience?

Attardez-vous là dessus, investiguez!

Nisargadatta Maharaj

16 Janvier 1980

Extrait de “Ni Ceci Ni Cela” aux éditions des Deux Océans

Ni Ceci Ni Cela – un diamant

diamant nisargadatta Maharaj

Nisargadatta Maharaj:

En transcendant cet état “Je suis” l’absolu prédomine et il est alors appelé Para-Brahman, tandis que la connaissance “Je suis” porte le nom de Brahman. Ce savoir “Je suis”, cet être, est Brahman et il s’agit d’un état illusoire. Il en découle que lorsque Brahman est transcendé seul le Para-Brahman subsiste, para-Brahman dans lequel il n’y a pas trace de la condition “Je suis”, c’est-à- dire de l’être.

Lorsque ces trois états, sommeil profond, éveil et connaissance ne sont plus, l’être peut-il subsister? Non. Pourquoi…? Y a-t-il un besoin quelconque d’êtreté dans l’état Para-Brahman? Pourriez-vous tirer un bénéfice quelconque du soleil, de la lune ou de étoiles? L’être est le manteau de l’illusion étendu sur l’Absolu. Autrement dit, l’être – qui est le concept premier, primordial,” Je suis” – est en lui-même  le principe d’illusion. Cette touche de ” Je suis” elle-même est illusion  bien que vaste et innombrable.

Ce monde manifesté est le jeu dynamique des cinq éléments entre eux. Au sein de cette immensité, il n’y a pas place pour un individu. Un diamant rayonne la lumière tout autour de lui, il est pur rayonnement.

Dans la méditation profonde vous pourrez constater cela. Tout comme l’éclat du diamant rayonne dans toutes le directions, le monde manifesté irradie à partir de Vous, il est votre propre splendeur.

Nisargadatta Maharaj

15 Janvier 1980

Extrait de “Ni Ceci Ni Cela “ aux éditions des deux Océans