Robert Adams et Nisargadatta Maharaj

Extrait d’interview de Robert Adams, ou il évoque son expérience au près de Nisargadatta Maharaj.

Robert Adams Nisargadatta Maharaj

Question : Étiez-vous un étudiant de Nisargadatta Maharaj ?

Robert Adams : Je n’étais pas un de ses étudiants mais j’ai été avec lui pendant un moment.

Question : Vous connaissiez Nisargadatta directement ?

Robert Adams : Je connaissais Nisargadatta, oui.

Question : Avez-vous passé beaucoup de temps avec lui ?

Robert Adams : Six mois.

Question : Six mois ?

Robert Adams : Um-hm.

Question : En continu ?

Robert Adams : Oui.

Question : Est-ce que c’était avant que vous alliez auprès de Ramana Maharshi ?

Robert Adams : Non, c’était après.

Question : Après ? Qu’est-ce qui vous a retenu pendant six mois ?

Robert Adams : J’étais intéressé.

Question : En quoi ?

Robert Adams : En regardant ses actions. J’étais là quand Balsekar était son interprète.

Question : Mullarpattan n’était pas son interprète à l’époque ? Quelle a été votre conclusion après l’avoir vu en action ?

Robert Adams : Ma conclusion est : « Tout va bien, et tout se déroule comme il se doit. »

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Question : Pourriez-vous nous parler de la différence entre comprendre quelque chose et être cette compréhension ? Nisargadatta n’arrêterait pas de dire que si vous dites que vous avez compris, c’est que vous n’avez pas compris.

Robert Adams : Vrai.

Comprendre quelque chose, c’est quand je parle ou quand vous lisez un livre et intellectuellement, cela a beaucoup de sens pour vous. Mais même si ça a un sens intellectuellement pour vous, vous n’en n’avez pas fait l’expérience.

Si vous n’en avez pas fait l’expérience, peu importe depuis combien de temps vous lisez des livres, depuis combien de temps vous discutez de la vérité, ou le nombre de cours que vous avez suivis ou combien d’enseignants vous avez eu.

Vous devez être capable de faire quelque chose vous-même pour faire l’expérience de la réalité. C’est pourquoi il arrive un moment dans nos vies où on arrête de lire des livres.

On arrête de courir d’enseignant en enseignant.

Nous cessons d’aller nous identifier à certains endroits dans le monde et de courir partout dans le monde.

Nous devenons immobiles, nous allons beaucoup à l’intérieur de nous-mêmes.

Nous avons beaucoup de temps pour nous.

Nous nous interrogeons, nous nous observons, nous nous regardons nous-mêmes et alors le gourou intérieur vous dira quoi faire, comment le faire et où aller et tout ira bien pour vous.

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Pensez à certains des enseignants que vous connaissez ou dont vous avez entendu parler.

Nisargadatta  priait toujours. Il avait réalisé qu’il était conscience.

Il était réalisé, mais en même temps il chantait, il priait, il avait de la dévotion.

Cela semble contradictoire. Car vous pouvez dire, »Si quelqu’un se réalise et se connaît lui-même comme étant tout ce qui est, à qui s’adresse-t-il ? »

Essayez de vous rappeler que toute vie spirituelle est une contradiction.

C’est une contradiction parce que les mots ne peuvent l’expliquer.

Même quand vous êtes le Soi, vous pouvez prier le Soi, qui est vous-même.

Ramana Maharshi chantait toujours à l’ashram, prières, hymnes dévotionnels.

Ces choses sont très importantes. Beaucoup d’occidentaux, qui prétendent être athées, viennent écouter des conférences sur l’Advaita Vedanta, et pourtant, il ne se passe jamais rien dans leur vie.

Tant que vous n’aurez pas la dévotion, la foi, l’amour, la discrimination, la sérénité, il sera très difficile de vous éveiller.

Par conséquent, ceux d’entre vous qui s’ennuient à pratiquer l’auto-investigation peuvent devenir très dévotionnels.

Abandonnez tout.

Abandonnez votre corps, vos pensées, toutes les choses qui vous lient, quels que soient les problèmes que vous croyez avoir.

Abandonnez-vous à votre divinité préférée.

Vous vous videz en faisant cela. Faites-en beaucoup.

Devenez humble. Ayez une grande humilité.

Si vous pouvez juste faire cela, vous deviendrez un favori de Dieu et vous n’aurez plus à chercher.

Mais bien sûr, vous avez toujours le choix.

Qu’est-ce que vous poursuivez dans la vie ?

Qu’est-ce que vous cherchez ?

Quelles sont les choses qui vous intéressent ?

Quoi que vous mettiez en premier dans votre vie, c’est là que se trouve votre cœur.

Tout ce qui s’est passé dans votre vie jusqu’à présent, oubliez-le.

Sachez tout le temps qu’il n’y a pas d’erreurs.

Il n’y a rien du passé qui puisse interférer avec votre vie si vous avez de la dévotion et foi en Dieu. Vous serez automatiquement protégé de tout.

Et si vous avez assez de foi, vous pouvez totalement supprimer tous les aspects karmiques de votre vie. Vous pouvez transcender tout le karma. Vous pouvez vous faciliter la vie, si vous avez la foi.

Il y a beaucoup de gens qui pratiquent l’Advaita Vedanta, et certaines personnes sont ici ce soir qui n’aiment vraiment pas entendre ces choses.Elles veulent juste m’entendre dire que vous êtes conscience.

Tout va bien.

Vous êtes la réalité absolue.

Vous n’êtes vraiment pas votre corps ou votre mental.

Pourtant, une fois qu’ils quittent cette pièce, ils redeviennent des êtres pourris, avec tous les aspects négatifs , toute la colère, et toutes les blessures et tous les soupçons, et toutes les choses qu’ils ont en eux depuis des années.

n-b: avec nos remerciements à Stéphane Aubry pour la traduction de cet entretien.