Graines de Conscience – la Maya primordiale

maya nisargadatta maharaj

Nisargadatta Maharaj : Qui est l’auteur des inventions merveilleuses du monde contemporain dans les domaines mécanique et technique ? L’enfant avait en lui la potentialité de toutes ces connaissances; la matière dont il a eu besoin lui a entièrement été fournie par les cinq éléments, mais ce qu’il a réalisé grâce à cette matière est tel que vous le voyez aujourd’hui dans le monde. L’ignorance qui est née de la matrice maternelle  donne naissance a tellement de connaissances.

Où Arjuna a-t-il vu la grande forme universelle que le Seigneur Krishna lui a montré? Dans la conscience atomique contenue dans son Coeur. Quiconque a agi comme Krishna et Arjuna, vous l’êtes.`

Visiteur: Cela me plaît.

N.M : Ëtes-vous prêt à accepter ce que je viens de dire?

V : Oui.

N.M: Il n’existe pas de Dieu séparé qu’il s’agit de se concilier en sorte qu’>Il fass les choses selon notre volonté. La connaissance « Je suis » vous est donnée sans que vous ayez à faire quoi que ce soit. Courage, bravoure, conviction d’être illimités, voilà ce qu’est Ishvara, ce que vous êtes. Je vous donne des indications sur votre être qui est sans commencement, mais vous préférez rester dans votre enveloppe simiesque. Vous n’êtes pas disposé à la quitter.

Quel objectif, quel dessein est le vôtre? Celui de préserver votre individualité, votre personnalité, de satisfaire vos besoins.

Cette femme est venue me voir pour qu’elle et toute sa famille puissent jouir d’une bonne santé. C’est là tout ce qui l’interesse, la connaissance du Soi n’est pas son objectif. La famille obtiendra ce résultat mineur, mais l’Ultime, le résultat. capital ne sera pas obtenu.

Dans ce monde, aucun être ne naît, ne vit ni ne meurt. Il n’y a rien de la sorte; tout n’est que jeu se passant dans la Conscience.

V: Ceux qui croient en Dieu, que leur arrive-t-il après la mort?

N.M : Ils meurent paisiblement. Ils voient Dieu venir vers eux puis  s’éteignent.

V: Que pensez-vous des concepts du ciel et de l’enfer?

N.M: Tous les concepts que l’on entretient prennent forme.

V: Comment les concepts peuvent-ils se perpétuer en l’absence du corps de nourriture?

N.M: Le « Je suis » ne s’éteint pas tout de suite; il subsiste un certain temps sous la forme du corps subtil. La forme physique n’est plus, mais les désirs logés dans le corps subtil ne sont pas encore dissous. La conscience demeure jusqu’à l’extinction de la dernière particule d’essence de nourriture. Le Seigneur Krishna a dit: » J’ai hissé les multiples êtres au sommet de la machine de l’illusion; c’est la force mécanique qui les fait tourner. » Cette force motrice , c’est Maya ( « Je suis » ou  encore « J’aime »).

La nature de cet amour est l’avidité, l’intense désir d’être, la force puissante d’attirance pour être. Nous sommes si passionnément épris de la vie. »J’aime être » est la Maya primordiale.`Que ce principe ait revêtu cet aspect-là, est le miracle suprême; seulement vous, vous l’aimez et le prenez pour vous, et vous le limitez au corps.

Maintenant il est temps d découvrir l’identité du principe qui a revêtu la forme.

 

Nisargadatta Maharaj

22 octobre 1979

Extrait de « Graines de Conscience « aux éditions des deux Océans.

Graines de conscience – vos idées vous enchaînent

graines de conscience nisargadatta maharaj

Nisargadatta Maharaj : Toutes vos idées vous enchaînent. Une fois que vous aurez compris que la connaissance n’existe pas, qu’elle n’est qu’ignorance, vous serez au niveau qui convient.

Vous pensez que je détiens la connaissance, mais ce n’est là qu’une idée. Pour parler franchement, je n’ai de connaissance d’aucune sorte. Cela est au delà de votre imagination, Cela n’a pas d’attributs. Cela n’est absolument pas imaginable.

Sans la connaissance, je suis vraiment très heureux. Quand est entretenue l’idée « J’ai toute la connaissance », celle-ci croît de jour en jour, mais cette connaissance ne donne ni paix, ni plaisir d’aucune sorte. la connaissance tournoie violemment autour de moi avec nombre de ses attributs, mais je ne suis pas la connaissance. Il est communément  dit à l’homme qu’il est de son devoir d’acquérir la connaissance, mais un jour il comprendra qu’elle est parfaitement inutile pour parvenir au but ultime.

Nisargadatta Maharaj

31 aout 1979

Extrait de « Graines de Conscience «  aux éditions des deux Océans

Commentaires : La connaissance dont il s’agit ici , n’est pas la connaissance de Soi, non duelle sans sujet, ni objet, mais la connaissance d’accumulation de savoirs, d’idées , de concepts fussent-ils spirituels. Nisargadatta tirait toujours ‘ la carpette sous les pieds de ses visiteurs », pour leur faire lâcher leur savoir, leur  concepts qui leur donnaient l’impression rassurante d’ être dans le vrai, le juste. Nisargadatta souhaite nous libérer de  l’emprisonnement et la limitation générés par cette appropriation et identification à nos idées ( connaissances). La Vérité n’est pas du domaine des idées, mais toute entière offerte pour celui qui les a abandonnées. Elle est antérieure au mental.

Inédits – méditation

méditation Nisargadatta

Nisargadatta Maharaj : C’est au-delà de la portée de vos pensées. Vous ne pouvez pas penser à votre Soi. Gardez vos pensées de côté.

Visiteur : Avec quoi est-ce que je fais l’expérience ?

Mullarpattan ( le traducteur): C’est un ressenti.

Visiteur : Où se trouve ce ressenti ?

Mullarpattan : Les mots ne vont pas vous transmettre ce que vous êtes. Vous êtes assis ici, vous savez que vous l’êtes, c’est très subtil – vous devez vous tenir avant le mental.

Visiteur : Rien ne peut être appréhender de tout ceci si le corps n’est pas là. C’est l’enseignement le plus élevé ici. D’où provient cet enseignement ?

Nisargadatta Maharaj : Il est partout. Je ne suis qu’un porte-parole… comme les ondes radio sont partout, mais seulement quand vous avez une radio, elle se transforme en son. C’est latent partout, même dans les matériaux inertes, mais en imprégnant progressivement le corps, cela devient mature, et se manifeste soudainement. Ce n’est pas quelqu’un qui parle. C’est la nature, dans sa spontanéité.

Visiteur : Pour rester centré sur ‘cela’, y a-t-il une méthode ?

Nisargadatta Maharaj : Il existe une multitude de méthodes, mais je n’en donne qu’une seule. Je vous le dis – ayez connaissance de votre existence – à l’exclusion de tout. Soyez juste. C’est la seule méthode. Pourquoi voulez-vous commencer telle ou telle pratique ?

Visiteur : Je sais que « je suis ». Mais cela fluctue.

Nisargadatta Maharraj : Qui a connaissance de ces changements ?

Visiteur : ‘Quelque chose’ qui reste tranquille. Des fois, je suis plus tranquille qu’à d’autres moments.

Mullarpattan : Cela signifie qu’il y a un principe qui est témoin de toutes ces variations de quiétude.

Reculez, reculez encore, allez derrière. C’est là aussi très silencieux. Vous êtes en dehors de cette quiétude . Vous  êtes alors le témoin cette tranquillité.

Visiteur : Je suis silencieux…

Mullarpattan : Vous dites « je » suis silencieux – qui dit « je suis calme ? »

Visiteur : Cela est calme.

Mullarpattan : Qui dit que Cela est calme ? Qui vous a parlé de Cela ?

Visiteur : J’avance encore vers cette tranquillité.

Nisargadatta Maharaj : vous observez la quiétude. Vous êtes toujours là. Soyez juste ce ‘vous’.

Visiteur : je ne fais plus attention au corps. Il me semble que je prends conscience que j’évolue vers la quiétude.

Nisargadatta Maharaj : Très bien.

Visiteur : Ce que je recherche, c’est la quiétude. Y a-t-il une approche nécessaire pour y arriver ?

Mullarpattan : Viendra un état où il n’y aura plus vous d’un coté, et une tranquillité de l’autre.

Visiteur : En attendant, j’observe ce mouvement vers la tranquillité.

Mullarpattan : Oh, oui, cela doit être pratiquer longtemps.

Alors la connaissance véritable va germer en vous. Tout ce qui est nécessaire sortira de vous.

Visiteur : La connaissance est alors silencieuse. Je suis juste témoin du silence ?

Mullarpattan : Oui.

Nisargadatta Maharaj : Vous pouvez y aller. Vous avez reçu votre diplôme.

Mullarpattan : Restez dans cet état.

Visiteur : Si je le suis et que je sais que je le suis, alors pourquoi dois-je me lancer dans une méditation formelle. Je sais que je le suis tout le temps, alors à quoi sert la méditation ?

 

Nisargadatta Maharaj : L’avez-vous pleinement réalisé ? Cet enseignement est destiné aux personnes mûres. Pour le moment, vous le comprenez grâce à votre intellect. Ce n’est pas encore vous.

Décembre 1980

Retranscription par Jean Dunn, d’un entretien entre un visiteur, Nisargadatta Maharaj et K.S Mullarpattan, un de ses fidèles traducteurs.

Inédits – Conscience et Absolu

Nisargadatta Maharaj Jean Dunn

Nisargadatta Maharaj : Les gens s’intéressent habituellement à l’apparence du corps, ils oublient que ce qui apparaît n’est que l’enveloppe extérieure et que ce qui est important, c’est ce qui donne la capacité de sentir à cette enveloppe extérieure. Lorsqu’on comprend que le corps n’est pas soi-même, on perd alors le sentiment d’individualité et on se fond dans la manifestation totale. Il n’y a pas de soi et d’autre.

Lorsque l’on comprend cela et que l’individualité est perdue, alors tout ce qui se passe dans le monde est réalisé comme étant simplement un fonctionnement qui est vu. Il n’y a pas d’implication. En ce qui me concerne, il y a beaucoup de souffrance. Ce qui se passe, c’est que l’on est témoin de cette souffrance et je suis pleinement conscient que ce qui souffre n’est pas mon Soi.

Ce qui est apparent et présent disparaîtra et ce qui est absent (absent parce qu’il n’est pas phénoménalement présent) restera pour toujours. Sachant cela, je suis également conscient que seul ce qui est apparent peut souffrir et que la souffrance est telle que même les pleurs n’aideront pas. Mais il n’y a que le témoignage qui a lieu. Toute expérience, tout savoir généralement acceptés comme connaissance, ne dure que du moment où la Conscience est apparue jusqu’au moment où la Conscience disparaît. Ce que je considère comme la véritable connaissance existe avant l’arrivée de la Conscience et perdure après la disparition de la Conscience.

Comprenez ce dont je parle. Ce qui prend place pendant la période de la Conscience n’est pas seulement limité à l’expérience du monde, mais aussi les expériences spirituelles qui surgissent dans la Conscience. Celles-ci ne se poursuivent que pendant la période d’actualisation de la Conscience. Mais certaines personnes considèrent que les expériences spirituelles qu’elles ont vécues sont la permanence, ce qui n’est pas le cas.

En ce qui concerne cette expérience de l’Être, cette Conscience, beaucoup de ceux qui se considèrent comme des Jnani et que d’autres considèrent comme des Jnani, restent à ce niveau. La Conscience est limitée dans au temps – très, très peu de gens considèrent et acceptent cela.

La souffrance est vraiment insupportable, mais il y a une conviction totale que ce qui est souffrance est lié à l’essence ou à la nature de l’essence de nourriture. Par conséquent, elle est temporaire. Imaginez la fantastique différence. Auparavant, cette essence de nourriture et la nature de cette essence, c’était moi. C’était une ferme conviction précédemment. Et maintenant, la ferme conviction est que ce n’est pas le cas. L’expérience concerne l’essence des 5 éléments, c’est ce qui souffre. Ce principe que je veux que vous appréhendiez peut-il souffrir ?

Bien que je semble parler d’une manière parfaitement confortable, ce n’est pas le cas, je parle d’un état de malaise et de souffrance aussi important que tout le monde peut l’imaginer.

Je suis vraiment en paix quand ce que je suis reste sans activité. Si je m’allie à quelque chose et tant que j’en suis conscient, il y a toujours ce sentiment de dualité. Ce n’est que lorsqu’il y a une séparation complète d’avec cette dualité et que je suis dans ma propre nature, qu’il y a une paix totale. Tant que la conscience est là et que je veux la conscience, il n’en reste pas moins que même si je ne fais qu’un avec la conscience, il y a un sentiment de dualité. Ce n’est que lorsque la conscience est absente qu’il peut y avoir une paix totale et cela ne peut être que lorsque la conscience n’est pas là.

 

Imaginons que Vishnu, la divinité qui représente le déployement et l’entretien  de la manifestation) apparaisse avec tout son attirail et se tient devant moi pendant un certain temps. C’est bien, très bien, mais je ne tarde pas à dire : « Une fois pour toutes, tu t’en vas. Tu es une nuisance à rester devant moi pendant si longtemps. Un jour, deux jours, il y a une limite. Tu ferais mieux de t’en aller ! »

Dans mon état originel, quand j’étais inconscient de ma Conscience, cet état de Conscience est venu et me donne un sentiment d’existence. C’est cette existence qui est insupportable et irrespirable. Le sens même de l’existence me maintient dans un état d’esclavage et je veux donc que cette expérience d’existence s’en aille pour que je puisse être dans mon état originel.

Question : Nous forçons Maharaj à rester dans cette Conscience, pour notre bien.

N.M : Même cela se situe au niveau de la Conscience. Ce que vous voulez en tant que Maharaj est dans votre Conscience. Comprenez quelle est cette condition. Est-ce que ce qui veut Maharaj est réel ? Cette entité n’est-elle pas fausse ?

Quelles que soient les expériences qui se présentent, je ne suis pas du tout impliqué. Mon état est celui où la connaissance n’est pas là. Cette présence consciente était disponible hier et aujourd’hui, et à travers cette expérience, qu’est-ce que je pourrais gagner ? Au niveau de l’Absolu, il n’est ici aucunement question de gain ou de perte.

Extrait de l’entretien du matin du 4 décembre 1980, mis par écrit par Jean Dunn

Inédits – Entretien Clé

Ramesh Balsekar Nisargadatta

Visiteur : Maharaj a dit hier quelque chose à propos de l’être et de l’essence de nourriture. Sans nourriture, il n’y a pas d’être, mais (dans mon idée) je pensais que l’être et la conscience étaient toujours là. C’est l’Absolu, donc ce n’est pas la même chose que la nourriture, ou les choses matérielles.

Nisargadatta Maharaj : Tout est cette Conscience, mais on n’est pas conscient de cette conscience. Cette conscience n’a pas connaissance d’elle-même  à moins qu’il n’y ait un corps. La connaissance de l’être n’apparaît pas à moins qu’il y ait une forme et cette forme ne peut pas se maintenir à moins qu’il y ait de la nourriture.

V : La conscience dépend donc de la forme ?

N.M : La Conscience est présente partout, mais la connaissance de cette Conscience dépend de la forme.

V : La Conscience pure sans forme est donc impossible ?

N.M : La Conscience est là, mais la connaissance de celle-ci n’est pas là. Qui aurait la connaissance ?

V : Mais hier, vous avez dit de s’en tenir à la connaissance « Je Suis » et ce serait alors s’en tenir à la forme matérielle.

N.M : Il n’est pas question de s’accrocher à la Conscience. Elle est là, vous ne pouvez pas vous en échapper.

V : Sur quoi dois-je méditer alors – « J’ai connaissance que je suis » ou le « je suis » ?

N.M : Restez tranquille dans la Conscience. Celui qui appréhende la qualité de cet être, la transcende et n’est plus affectée par la naissance ou la mort. La Conscience se connaît elle-même grâce à l’aide du corps.

V : Sans lui, que reste-t-il ?

N.M : L’état Absolu. L’état Absolu stable en dehors de toutes formes que les 5 éléments prennent. Où le mouvement est figé mais le potentiel est là, c’est Parabrahman ; il n’y a pas de mouvement. Quand, à partir de là, le mouvement commence, c’est Saguna Brahman… la manifestation. Les 5 éléments en jaillissent !

V : Mais il n’y a rien de conscient là-dedans ?

N.M : L’Absolu ne se connaît pas lui-même. Sans le corps d’essence de nourriture, la conscience ne se connaît pas. Personne ne se connaît sans le corps de nourriture.

V : Eh bien, disons que Maharaj est à l’état Absolu. Alors il n’est pas conscient de lui-même ?

N.M : Je connais cet état pour toujours.

V : Mais, vous avez dit qu’il ne se connaissait pas lui-même.

N.M : Si cet état prévaut seul, il ne se connaîtra pas lui-même. Mais lorsque ce corps et cet être  sont disponibles, on les connaît à travers eux.

V : Mais quand le corps disparaît ?

N.M : Plus de connaissance.

V : Alors quand Maharaj est mort, il ne connaît plus l’état Absolu ?

N.M : Tout ce jeu se déroule dans le domaine des 5 éléments. La mort signifie quoi ? Ce corps et cet être vont se fondre dans les 5 éléments.

V : Il est préférable d’être vivant parce qu’alors vous en êtes conscient. Mais quand vous êtes mort, vous n’en êtes pas conscient, donc quand vous mourez, il manque quelque chose, il y a quelque chose de moins.

N.M : L’Absolu a l’aide de ces 5 éléments et du corps dont il dispose pour s’exprimer. En l’absence de cela, il ne se connaît pas lui-même. Mais l’être est composé des 5 éléments. L’Absolu n’a rien à voir avec lui, si ce n’est de s’exprimer à l’aide de ces éléments. Lorsque l’essence de nourriture/l’être s’éteint, la connaissance disparaît et l’Absolu demeure. Lorsque l’être est disponible, alors seulement il peut s’exprimer.

Dans vos affaires mondaines, vous avez recours à la spiritualité pour comprendre à quel point cela est irréel. Une fois que vous avez compris l’objet de la spiritualité, vous comprenez également que la spiritualité est également irréelle et, ce faisant, vous écartez tout ce monde. Le monde a disparu. Ce qui reste ne se connaît pas lui-même.

Je vous le dis dans un langage simple et clair : Voici la nourriture qui est servie. Dans cette nourriture, ce « JE SUIS » est dans un état de dormance. Il est déjà dans cette nourriture, mais il s’exprime véritablement lorsqu’il a un corps. Donc, lorsque le corps de nourriture est éteint, est-ce la mort ? Malheureusement, vous essayez de vous identifier à ce produit alimentaire et c’est là que les ennuis commencent.

V : Maharaj a-t-il dit que la spiritualité est irréelle ?

N.M : Pour comprendre ce que c’est, dans cette vie mondaine, vous devez vous aider de la spiritualité. Une fois qu’à travers la spiritualité vous comprenez de quoi il s’agit, la spiritualité ne sert plus. Le but de la spiritualité est de comprendre ce qu’est cet être et de s’en débarrasser. Ce principe de base ne vous sera pas exposé normalement. « Ils » essaieront de vous enrôler dans leurs concepts. Si vous comprenez ces entretiens, vous serez libéré.

Le point que vous devez comprendre est qu’il n’y a pas de personnalité individuelle. Cette forme et cet être proviennent de l’essence des 5 éléments. Oubliez Maharaj – il n’y a pas de différence.

N.M : Considérez que le fœtus dans l’utérus grandit. Qui dit au fœtus de faire pousser des os, de la moelle et du sang ? Après la naissance du bébé, il commence à téter – qui lui dit de commencer à téter ? Tout cela se fait par le biais de ce petit bout de conscience qui était latent. Dès que la conception a eu lieu, cette même chose s’est développée, en utilisant les Guna. Donc, quel que soit le corps, il fonctionnera de la même manière : c’est ce qu’on appelle une réaction chimique. C’est le produit de cette chimie qui s’empare de tout ce qui se passe, des sentiments ou de la connaissance du monde. Il est toujours là, tout vient de cette conscience.

V : Comment Mozart a-t-il pu composer une symphonie à l’âge de quatre ans sans renaître ?

N.M : Cette chimie de l’être a une qualité omnisciente qui est déjà là, mais sous quelle forme elle se manifestera, c’est une autre histoire. Dans le monde du rêve, votre produit chimique manifeste le monde du rêve. Allez-vous vous référer à votre naissance précédente comme étant la cause de ce rêve ? Cette Conscience a ressenti « Je me suis réveillé » et a créé son monde de rêve, et le monde de rêve est également très ancien. Vous voyez dans votre rêve des monuments vieux de plusieurs milliers d’années, mais ce rêve n’a été formé qu’à cet instant. Comment cela a-t-il été possible : toutes les qualités pour créer ce monde de rêve résident dans ce potentiel chimique.

Maintenant que vous avez compris que vous n’êtes pas le corps-esprit, continuez votre vie quotidienne normale comme avant. Vous pouvez faire ce que vous voulez.

En ce qui vous concerne, que ce corps vive mille ans ou disparaisse à ce moment ne vous concerne pas.

Traduction des paroles de Nisargadatta Maharaj par Ramesh Balsekar.

Derniers jours – La félicité originelle

sat chit ananda Nisargadatta

Visiteur : Pouvez-­vous nous parlez de l’état de grâce le plus élevé, est­-ce ce « Je suis » ?

Nisargadatta Maharaj : La félicité (Sat Chid Ananda) est le plus haut état de bonheur. Mais quoi qu’il en soit, cette félicité ne peut être permanente ; c’est une expérience. La réalisation se produit quand cet état, cette félicité se dissout et disparaît dans un état neutre sans aucune caractéristique (nirguna). Ceci est la véritable réalisation. C’est un état sans pensées et conceptualisation, où vous êtes zéro, le Rien.

Quel est votre âge ?

Visiteur : Trente-­huit ans.

Nisargadatta Maharaj : Quelle était votre conception de la fé­licité deux ans avant votre naissance ?

Visiteur : Je n’avais aucune connaissance de tout cela !

Nisargadatta Maharaj : À ce moment-­là, deux ans avant votre naissance, vous n’aviez aucune expérience de l’état de rêve et de l’état de veille, ou bien encore de ce que peut être l’expérience du plaisir ou de la douleur. Cela pour dire en fait que vous n’aviez absolument aucune expérience de quoique ce soit. Êtes­-vous d’accord avec cela ?

Visiteur : l’expérience demande un corps.

Nisargadatta Maharaj : Répondez uniquement à ce que je vous demande par«Oui»ou«Non».

Visiteur : Non.

Nisargadatta Maharaj : Est-­ce que cela signifie que Vous n’étiez-­pas ? Qui peut dire, je n’avais aucune expérience ? S’il vous plaît allons plus loin !

Visiteur : Merci à vous de bien vouloir m’amener plus encore au cœur de moi-­même.

Nisargadatta Maharaj : Si vous étiez au centre, vous ne pour­riez plus en ressortir. Qui se sent poussé à l‘intérieur ? La félicité ne peut venir à exister que par l’union du féminin et du masculin. Autrement, il n’y aurait pas de félicité. Vous êtes le produit de cette félicité. Vous avez émergé il y a trente­huit ans de cette félicité, mais ce n’est que maintenant que vous en avez connais­sance ! Au moment où cela s’est produit, vous ne le saviez pas. Jusqu’à l’âge de trois ans, vous n’aviez aucune idée de cette fé­licité. Ensuite, vous en avez eu des expériences fugaces, mais ce n’est que maintenant que vous en avez une connaissance. Tout ceci n’est que la mémoire ou les vestiges de cette Félicité origi­nelle.

 

 

Extrait de « Derniers jours de Nisargadatta Maharaj » aux éditions Aluna

Derniers jours – Ce qui est déjà vous

méditations avec sri nisargadatta maharaj

Nisargadatta Maharaj : Vous êtes comme une personne qui cherche après elle dans chaque coin et recoin de la pièce. Vous êtes en quête de ce qui est déjà Vous. Vous ne pouvez pas trou­ver la Vérité ultime en regardant au­dehors.

Visiteur : C’est comme si vous me marteliez la tête pour m’ai­der à ne pas oublier.

Nisargadatta Maharaj : Cette idée de « votre » n’est pas non plus juste. Lâchez vos perceptions sensorielles. Votre corps est constitué des cinq éléments, mais ce n’est pas Vous. Ce corps que vous prenez comme tout ce que vous avez n’est pas permanent. Tant que vous vous prenez pour votre corps, vous êtes un être malade et qui n’est pas apte à la réalisation du Soi. Quand vous aurez totalement réalisé ce « Je suis », sans les conditionnements liés au corps physique et mental, vous ne ferez alors plus qu’Un avec le monde dans son entier. L’univers ne doit son existence qu’à cette connaissance, « Je suis ».

Visiteur : Je ne suis pas capable d’avaler le remède que vous me donnez !

Nisargadatta Maharaj : Vous aurez encore à vous exercer à la méditation et à réciter un mantra, ainsi l’obstacle que représente votre identification au corps sera éliminé.

Visiteur : Me donnerez-­vous un mantra ?

Nisargadatta Maharaj : Pour le moment ce n’est pas néces­saire. Contentez­vous de tourner toute votre attention sur le Soi et restez à l’écoute du son qui l’accompagne. Il semble que vous n’expérimentez pas de moment de tranquillité et de calme. Pour le moment, vous êtes très attaché aux perceptions qui vous viennent du monde extérieur à travers le corps physique et men­tal. Détournez-­vous de cette attraction est intériorisez-­vous. Vous trouverez ainsi votre véritable Soi. Vous semblez avoir déjà oublié ce que vous avez entendu ce matin, et vous évoquez d’autres sujets.

Visiteur : Pourquoi devrais-­je rester coller à la mémoire ?

Nisargadatta Maharaj : Qui reste collé à la mémoire ? la connaissance « Je suis » est plus subtile que le ciel, comment la mémoire pourrait y adhérer ?

Extrait de « Derniers jours de Nisargadatta Maharaj » aux éditions Aluna

Derniers jours – Udmani

udmani Nisargadatta Maharaj

Nisargadatta Maharaj : Quand l’état de Connaissance véri­table sera établi, vous serez dans un état ressemblant à celui du sommeil même la sensation d’être le témoin ne sera pas là. Vous pourrez ressentir un état proche du sommeil, mais ce n’est pas le sommeil. Cela est appelé udmani, qui signifie ‘au­-delà du mental’. Les Yogis et les sages sont dans cet état au-­delà du mental. C’est un état qui transcende le mental. Quand je parle, je le fais depuis l’udmani – depuis ce non-­état. C’est un état de tranquillité et de détente. 

Question : Est­-ce un état de sommeil profond ? 

Nisargadatta Maharaj : Bien qu’il semble similaire au sommeil, ce n’est pas le sommeil, parce qu’il s’y trouve une grande Pré­sence ou Conscience. Vous ne pouvez pas accéder à cela à moins d’être déjà stabilisé dans une certaine tranquillité et paix. 

Question : Parfois, quand je suis en train de lire, il y a une identité, et je me vois en train de lire. Est­-ce différent de ce que vous décrivez ? 

Nisargadatta Maharaj : Pendant que vous rêvez, vous obser­vez le rêve, n’est­-ce pas ? À ce moment, le monde rêvé dans son entier se déploie devant vous. Vous êtes tout à la fois en train de participer à ce monde rêvé en tant qu’un des personnages, un des acteurs et en même temps témoin de l’ensemble. Dans ce que j’évoque (udmani), vous êtes pure témoin. Vous n’agissez pas vous êtes simplement témoin, bien qu’en même temps vous participiez au rêve. 

Certains Guru-s donnent des conseils à suivre qui n’engage que l’aspect mental et les activités. Ils dirigent leurs disciples dans un jeu mental qui se réfère aux concepts qu’ils affectionnent. Ils concrétisent leurs concepts préférés sous forme d’activités des­tinées à leurs disciples. Laissez tout cela de coté – il n’est pas là question d’effort et de s’élever à un niveau supérieur. Où cette clarté, cette flamme pourrait­-elle bien se rendre ? Où ce prana ou mon souffle vital pourrait-­il se rendre ? Il n’est pas question ici de se rendre quelque part. Vous avez juste à être présent en tant que Témoin et vous ne ferez plus qu’un avec les cinq éléments. 

Si vous vous identifiez avec le complexe corps physique­-men­tal, vous aurez alors à supporter toutes les misères et souffrances qui le concernent en ressentant toutes ses impressions. Si vous vous identifiez au corps, vous souffrirez avec le corps. Un nageur qui est pris dans un tourbillon, doit y plonger profondément avant de pouvoir s’en éloigner et revenir à la surface. Cependant si le nageur tente de se débattre, il s’épuisera et cela en sera fini. De la même manière avec ce tourbillon de ce complexe psycho­-corporel, avant de rentrer dans un état de perturbation avancée, descendez profondément en vous, ne vous laissez pas emporter et épuiser par cette identification. Placez­-vous au­-delà des pen­sées et demeurez dans cet état sans pensées. Si je vous demande de poser des questions, c’est pour que je puisse apprécier la pro­fondeur de votre compréhension. Les questions appartiennent au mental, mais vous n’êtes pas le mental. 

Extrait de « Derniers jours de Nisargadatta Maharaj » aux éditions Aluna

Derniers jours – Atma prem

Ashram Nisargadatta

Visiteur : Qu’est­-ce que Atma Prem (L’amour de Soi) ?

Nisargadatta Maharaj : Atma Prem est aussi une conséquence de la conscience d’être. Si vous prenez part à Atma Prem, il a la capacité de vous distraire et tout ce que vous verrez sera maya, qui est l’état d’igno­rance. Si vous atteignez un état de Connaissance, alors même cet Atma Prem sera vu sans existence véritable. Le mot maya a ici un autre sens. Ce que vous appelez l’amour est lui ­même maya. L’amour joue de multiple rôle. Toutes ces maisons, etc., ont été créé à partir de maya. L’amour ou maya a créé Mumbai tout en­tière. L’Amour prend de multiple forme ; mula-maya a créé tout aussi bien Vishnu que Shankara, mais qu’est-­ce qu’il y avait avant cela ? Maya est la responsable. L’être humain est enchevêtré dans ce concept et illusion de l’amour, et à cause de cela il est pri­sonnier du cycle de la vie et de la mort. Le sentiment d’amour devient une grande méprise si vous vous retrouver empêtrer en lui. L’amour peut être éprouvé pour tant de choses. À l’instant où l’illusion est créée, les liens se créent. En vous prenant pour un homme ou une femme, vous vous empêtrez dans cette illusion.

Vous êtes Para Atma. C’est ce que mon Guru m’a transmis alors qu’il entrait en MahaSamadhi. Ses paroles étaient si puis­ santes qu’elles se sont implantées et enracinées en moi, et je suis ainsi devenu Cela. Il y avait une telle puissance et force dans ses propos que ce qu’il disait prenait forme et devenait la réalité.

… /…

Visiteur : N’y a-­t­-il pas d’amour dans la réalisation du Soi ?

N.M : C’est au­-delà de cela. L’Amour appartient au monde. La véritable réalisation du Soi ne se produira pas tant que vous ne saisirez pas ce que vous êtes. Si vous comprenez la réponse, alors cette question au sujet de la réalisation du Soi ne viendra plus.

Ananda, la félicité et la grâce de la Conscience, s’élèvera en vous comme une explosion atomique, et vous verrez alors comment le vaste monde dans son entier est la manifestation de Cela.

Extrait de « Derniers jours de Nisargadatta «  aux éditions Aluna

Derniers jours – sans effort

Nisargadatta maharaj sans effort

Visiteur : La méditation n’est pas encore quelque chose de confortable pour moi. Elle est souvent chaotique.

Nisargadatta Maharaj : L’idée que vous n’êtes pas stable et que c’est chaotique est juste le point de vue de votre mental, et ne concerne que le mental.

Visiteur : Oui, c’est pourquoi je me tiens fermement au té­ moin.

Nisargadatta Maharaj : Pourquoi fermement ? Détendez-­vous et posez­-vous la question du pourquoi de cet effort.

Visiteur : Chaque instant a des saveurs de nectar d’immorta­ lité (amrit). C’est très important pour moi et cela amène un sens de l’effort plutôt que de me relaxer.

Nisargadatta Maharaj : Qu’est­ce que c’est que cet effort que vous faites qui aurait à voir avec amrit ?

Visiteur : Je fais tous les efforts possibles pour ne pas être dans l’ego, ou l’identification au corps physique et mental.

Nisargadatta Maharaj : D’où vient le besoin d’être impliqué avec le corps ?

Visiteur : Juste une habitude de conditionnement passé.

Nisargadatta Maharaj : Qu’est­ce qu’un moment peut avoir avec amrit ? Un moment est un morceau de temps, alors qu’amrit est éternel.

Visiteur : Si le « Je suis » est juste dans l’instant, n’est­ce pas l’éternité ?

Nisargadatta Maharaj : Ces moments sont comme un jet d’étincelles, alors que le Soi est continu.

Visiteur : J’expérimente souvent le Soi ces jours­ ci.

Nisargadatta Maharaj : Qui en fait l’expérience ? Vous êtes la Conscience. Il n’est aucunement question d’expérimenter quoique ce soit. Quoique ce soit, c’est ce que ‘Vous’ êtes. Tandis que vous créez une identité séparée.

Extrait de « Derniers jours de Nisargadatta Maharaj » aux éditions Aluna