Nirupana 82 – notre véritable nature

méditations Nisargadatta Nirupana

Vous pourriez dire que Dieu existe ou que Dieu n’existe pas. Le fait suivant ne changera pas. Qui dit que Dieu est ou n’est pas ? (C’est notre Conscience qui est le véritable Dieu).

Être réalisé signifie être parfaitement silencieux. Dans le sommeil profond, il n’y a ni plaisir, ni peine. Chacun apprécie quand le sommeil arrive. De la même manière, quand vous avez connaissance de qui vous êtes, la mort devient une occasion de grande joie. Il n’y a en fait rien qui ressemble à la mort. Celui qui n’est plus comme ci ou comme ça, atteint la libération. Qu’est-ce que Cela, dont l’expression est le sommeil et la veille ? Ceci vous mènera à l’Absolu. Vous découvrirez qu’il n’y a qu’un être sur des millions qui a connaissance de la Conscience.

Avez-vous saisi votre vraie nature ? Le corps est constitué de nourriture. Le mental, l’intellect, l’ego, et la conscience, sont des expressions du prana – la force vitale. Celui qui a connaissance de tout ceci, ne fait rien. Aussi longtemps que le bâton d’encens brûle, un parfum agréable se dégage. Quand tous les ingrédients ont été consumés, le parfum disparaît. De la même manière, tant que l’essence de nourriture brûle dans le corps, la conscience est présente. C’est un parfum, c’est l’amour de soi. Celui qui a connaissance de ceci ne peut être décrit. « Je suis » est connaissance directe. C’est aussi la résultante des trois gunas. Celui qui comprend ceci est le même qui a connaissance des trois gunas. La sensation « Je suis » est le produit des trois gunas. Quand quelqu’un prie Dieu comme une entité différente de lui-même, il s’agit alors de connaissance indirecte. Quand le même réalise que quoi que ce soit est uniquement lui, il s’agit alors de connaissance directe. La première étape se fait avec la connaissance objective. Ensuite, il n’y a plus d’objet.

Celui qui se tourne uniquement sur le Soi, en ayant foi dans le Guru, devient libre de tout objet. Ce qui est, est vous. Aucun autre remède n’est à prescrire. Le besoin d’un remède implique que la conscience n’est pas purifiée. Chacun devient heureux quand il s’oublie. Aucun objet extérieur ne peut rendre heureux. La signification de ces mots est comprise par la grâce du Guru.

Durant le sommeil, il y a oubli de soi. L’état de veille vient ensuite spontanément. La seule chose qui soit source de réjouissance est la foi dans le Guru. C’est notre véritable nature. Ne recherchez pas la renommée et ses souffrances. N’acceptez pas les concepts tels que « Je suis comme ceci, comme cela ». Après avoir écouté ceci, si quelqu’un souffre encore de l’identification au corps, quelle aide peut apporter le Guru ? Le son par lequel vous avez pris conscience de vous-même est le premier état sans mots. Les significations apportées ensuite par le mental sont principalement cause de souffrance. Un jnani est au-delà de tout ceci, il se tient uniquement en tant que Témoin.

Celui qui expérimente une paix constante est un jnani. Il est pur Brahman. Le monde a été créé à partir de votre « Je suis ». Ce fait est connu à travers l’absence de pensées. C’est parfait. Gardez le silence. Quand le mental se reconnaît, vous venez à connaître qu’il est la puissance d’action de Dieu. Ne vous laissez pas tenter par les honneurs quand on pourrait vous prendre pour le Guru. Si un soi-disant jnani subordonne les autres, vous saurez qu’il manque de connaissance.

Nisargadatta Maharaj

jeudi 21 décembre 1978

Nirupana 82 de « méditations avec Sri Nisargadatta Maharaj » éd. Aluna

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Nirupana 81 – vous êtes le vaste océan de paix.

Nisargadatta vous êtes le vaste océan de paix.

  À quoi servent ces chercheurs dont le mental est apaisé ? Celui qui a le désir le plus sincère dans le cœur, sera comblé tôt ou tard.

Je ressens que j’ai été pris dans le piège de maya, sans en avoir connaissance. N’est-ce pas dû à mes parents qui ont proclamé la naissance de celui qui n’a pas de naissance ? Que je sois né et que j’aie des parents est ma diffamation. Pourquoi devrais-je prendre pour vérité ce qui s’est produit sans que j’en aie connaissance ?

La pensée « Je suis » est une affection qui est arrivée spontanément. La manifestation de la Conscience veut dire que, tout soudainement, nous ressentons « Je suis ». À cause de cette affection, on dit : « Je suis le corps. » L’Atman est la manifestation. Cependant, il y a identification au corps et à ses collections de désirs et passions. Écoutez attentivement. La libération n’est pas le résultat d’une action. Quoi que ce soit que vous puissiez connaître n’est pas vous. Une discrimination avec les yeux grands ouverts est nécessaire. Une foi aveugle, seule, n’est pas suffisante.

Avec notre sentiment d’être vient le monde avec le vivant et le non vivant. « Être » est assimilé au corps. Le désir racine est d’entretenir l’ego. C’est le résultat d’une perturbation des gunas. Le reste suit. Quand le sentiment d’être s’en va, il ne reste rien. Celui qui sait qu’il n’est pas le corps, est illuminé. Il n’y a plus pour lui de souffrances dues aux espoirs, désirs, passions, etc.

Avez-vous remarqué la transformation de l’enfant en adulte ? Sans le savoir, le corps grandit. Votre état, antérieur au mouvement au sein des gunas, n’est pas perceptible par les sens. Tout est créé par la mise en mouvement des gunas. Saisissez cela et restez tranquille. Il n’est pas nécessaire d’évoquer ceci. Alors que vous en aurez connaissance, vous saurez que l’univers n’est pas vrai – juste une apparence. Cette compréhension  devra être fermement établie dans le mental.

« Je suis » signifie un mouvement des trois gunas. Quoi qui soit vu au travers de ce mouvement est un rêve. On l’appelle le monde. Il est apparu sans aucun effort. Quel est votre rôle dans tout cela ? Le remède le plus simple pour l’appréhender est de saisir ce qu’est la conscience (Je suis la conscience, Je suis Dieu. Le monde est en moi. Je suis antérieur à toute chose. Je suis celui qui en a connaissance. Ceci est le Jnana yoga). Le yoga de la dévotion ( Bhakti yoga) c’est prendre pour vérité le fait que la conscience est le Guru et rester à ses pieds.

Ce « Je suis » est apparu spontanément et sans être invité. Il n’était pas là auparavant. Quand il part, l’univers se dissout dans les cinq éléments. Le fait « Je suis » s’est vu donner des noms tels que maya, la racine première, la matrice d’or, etc. Chacun devrait connaître qui et comment il est, ainsi que par qui tout est connu.

Notre existence mondaine a pour objectif de satisfaire notre faim sous la forme d’espoirs, de désirs, et de passions. Le mouvement des gunas soutient cette vie passagère et les nombreux êtres avec.

Même en pleine santé, il n’y aura pas de paix. Le repos ne survient qu’après l’oubli de vous-même dans le sommeil profond. Vous oubliez que vous êtes. Pour qui chantez-vous des chants dévotionnels ? Méditez sur Cela en vertu de quoi vous avez connaissance du monde. Vous serez en paix, dans l’état de samâdhi. Cette paix-là n’est pas du domaine des cinq sens. Quand vous saisirez ce qu’est votre Conscience, vous viendrez à savoir que vous êtes le vaste océan de paix.

dimanche 17 décembre 1978

Nisargadatta Maharaj

Nirupana 80 – Votre sensation « Je suis » est Dieu

Nisargadatta Votre sensation « Je suis » est Dieu

  Le concept premier est le sens « Je suis ». C’est la Conscience. Restez avec le concept de base « Je suis vivant ». Votre sensation « Je suis » est Dieu. De toute votre vie, n’oubliez jamais ceci. Il s’agit de maya. Elle représente le pouvoir de Dieu. Chacun doit être convaincu qu’il n’est pas le corps, qu’il est la Conscience.

Le chercheur n’a pas de forme. Celui qui s’identifie encore au corps est un aspirant. La conviction « Je ne suis pas le corps » doit être présente. Il doit être fermement établi que « Je suis uniquement conscience ». Ceci est l’objectif de tout chercheur : « Je n’ai pas d’apparence. Je suis dans la maison, mais je ne suis pas la maison. » Vous dites : « Je suis » ; mais pouvez-vous me donner une information à votre sujet tout en mettant de côté le mot « Je » ? Celui qui est antérieur aux mots « Je suis », est-il un être humain ? A-t-il une forme ? Cette connaissance n’a pas de corps. Elle ne se pose pas la question d’être un homme ou une femme. Elle a cependant un parfum. La Conscience est antérieure à toute chose. C’est la Conscience qui se souvient du Guru. Un chercheur n’a pas de forme, tout comme la faim et la soif n’ont pas de formes. Ne vous ai-je jamais dit que vous n’étiez pas le corps ? (Même avant que le corps disparaisse).

(En réponse à quelqu’un qui posait une question concernant l’astrologie, Maharaj répondait que ses effets étaient réels, parce que nous les croyons réels et par conséquent souffrons de ces effets. Si nous nous identifions à la conscience pure et sans forme, comment le mouvement des planètes pourrait-il nous affecter ? L’univers avec son système planétaire se trouve dans notre Conscience).

Celui qui n’a aucune notion de dévotion ou de Dieu est véritablement prisonnier. Celui qui Le recherche désire la libération. Celui qui suit une discipline est un chercheur. Il deviendra un siddha, un libéré vivant.

Quand vous voyez la misère du monde, vous ressentez de la souffrance, parce que vous vous prenez pour un individu. L’individu est perturbé par les concepts de « je » et « mien ». La totalité n’a pas de telles perturbations. Si vous méditez sur le fait que « Je suis le monde dans son entier, avec ses plaisirs et ses souffrances », votre sens personnel de la misère s’en ira.

La Conscience, avec ses trois gunas, est la même pour tous les animaux. C’est l’existence. La subtile sensation d’être est l’identité manifestée de maya. Dans sa matrice se trouvent les trois gunas. Personne ne veut mourir. Parce que la conscience « Je suis » veut perdurer. C’est le pouvoir de maya. Voir la conscience subtile, c’est voir le monde avec ses innombrables êtres. Personne ne peut être nommé un acteur, un créateur, ou un destructeur. La sensation « Je suis » est la plus haute dévotion.

Aussi longtemps qu’il y a friction entre le prana et l’essence de nourriture, « Je suis » est ressenti. Quand le prana s’en va, la sensation d’être prend fin. Dans le corps, l’interaction entre pur Sattva (qualité de connaissance) et prana est permanente. Ceci produit la connaissance « Je suis ». Quand le prana se sépare, le sentiment d’être s’en va. Tant que ceci n’est pas saisi, personne ne peut échapper aux mâchoires de la mort.

Tamas et Rajas sont impliqués dans les activités quotidiennes. Rajas est le travailleur, et Tamas est celui qui retire de la fierté du travail. Sattva est le superviseur. La conscience est la caractéristique de l’essence du corps de nourriture. Une fois que le prana aura quitté le corps, vous ne vous souviendrez plus que vous êtes. Le monde et l’état de veille ne sont pas différents. Pour comprendre ceci, suivez la parole du Guru. Votre Conscience manifestée doit devenir à nouveau non manifestée.

Tenez-vous-en à la Conscience, au moins au moment de vous endormir. Quand vous vous éveillez, de la même façon, tenez-vous-en à la connaissance. Vous êtes Conscience pure pour quelques secondes au réveil, puis la personne se réveille. La chose la plus sacrée au monde est la Conscience. Sans rien faire d’autre, méditez sur la Conscience. Vous avez l’impression d’être le corps, mais vous êtes uniquement la Conscience.

jeudi 4 décembre 1978

Nisargadatta Maharaj

Extrait de « Méditations avec Sri Nisargadatta Maharaj » éd.Aluna.

Nirupana 79 – Il est toute chose

Nisargadatta Il est toute chose

  Le plus grand besoin de chacun, est son besoin d’exister. C’est le sentiment d’exister créé par les cinq éléments. En lui-même, il est faux. Une fois que vous avez conscience que tout est faux, alors quoi que vous fassiez sera faux. Ceci parce que vous n’avez aucune existence par vous-même. Le fait que tout soit vide dépend aussi de « vous ». Sans « vous », qui dira que c’est vide ? Vous pouvez faire ce que vous voulez, mais cela restera faux.

Vous ne pouvez entendre ce genre de discours qu’ici. Les autres (en- seignants spirituels) vous emmèneront dans un rituel, sous une forme ou une autre. Un certain nombre d’êtres furent célèbres en leur temps. Existent-ils encore aujourd’hui ? Peut-on les rencontrer aujourd’hui ? Tout ce qui a été créé est faux. Tout cela est à nouveau redevenu sans existence. Cette connaissance n’est pas utile à ceux qui veulent vivre et faire du profit pour eux-mêmes. Elle est pour ceux qui veulent réaliser leur vraie nature. Vous avez la connaissance « Je suis » et par conséquence vous avez des besoins et des volontés. C’est ainsi que vous voulez une femme, (un mari), des enfants et bien d’autres choses. (La Conscience pure est vide, vacuité, et pour cela il n’est pas facile de se retrouver face à Elle. Pour échapper à ce vide, la plupart des gens remplissent leur vie de choses pour se distraire). Si vous laissez tous les désirs, passions et peurs, vous vous verrez clairement. Alors vous vous prosternerez.

L’amour pour vous-même survient spontanément. (Votre Conscience est de la nature de l’amour). Vous voulez cette Conscience, et en même temps vous n’êtes pas capable de La supporter. Pour La rendre supportable, vous faites tant de choses ! Si vous réalisez votre véritable nature, que pouvez-vous faire pour vous-même ? C’est Brahman qui vient à l’existence de lui-même, et disparaît de lui-même. Il est toute chose. Jusque-là, vous avez l’impression d’être celui qui agit. Le fait de la connaissance « Je suis » est la cause racine du problème. Dans l’optique de réaliser la Conscience, le prana doit être purifié par la dévotion et les récitations. Après cette purification, il est possible de se réaliser. À ce moment-là, nous n’aurons plus l’utilité de nous-même. Toutes les actions surviennent spontanément. La plus grande de toutes les manifestations, visibles et invisibles, est la Conscience.

N’est-il pas nécessaire, pour quoi que ce soit qui arrive dans le monde, que « Je » soit là ? Le monde ne peut être là que si ma présence est là. Votre première action est de préserver votre conscience. L’univers tout entier est contenu dans la Conscience. L’origine de la conscience se trouve dans les cinq éléments. Votre besoin de Dieu est pour protéger la connaissance « Je suis ». La mort est la fin de la connaissance, rien d’autre. En réalité, il n’y a ni naissance, ni mort. La connaissance devient non-connaissance, c’est tout.

Vous cherchez en posant la question « Qui suis-Je », mais s’il n’y a pas de questionneur pour poser cette question, qui va questionner qui ? Au niveau de l’Absolu, une telle question n’a plus de sens. Il est suffisant de vous rappeler quotidiennement de l’évidence que Paramatman est votre Conscience. C’est l’amour originel, la dévotion originelle. Aimez-La et vous serez libre de l’expérience de la joie et de la tristesse. Vous vous êtes identifié à une forme ; pourtant votre Conscience est sans forme.

Il n’y a pas d’attachement comparable à l’amour DE soi. Il s’agit de la maya-racine. Par sa cause, le monde vient à l’existence. Quand « Je suis » est oublié, le monde disparaît. Personne ne meurt. Il est dit qu’après la mort, un être vertueux va au paradis. Alors où va un âne, ou un rat ? Après la disparition des cinq éléments, tous les êtres retournent au même état.

Nisargadatta Maharaj

dimanche 10 décembre 1978

Extrait de « Méditations avec Sri Nisargadatta Maharaj » éd.Aluna

Nirupana 78 – Asseyez- vous tranquillement un moment

Nisargadatta Asseyez- vous tranquillement un moment

 

Dieu est la conscience pure qui demeure dans le corps. Quand le corps meurt, le prana s’en va. L’Atman, Lui, ne va nulle part. Est-ce que l’espace se déplace de cette pièce à l’autre pièce ? Non, parce que tout est contenu en lui. Quand le prana et la Conscience s’unissent, la douleur et le plaisir sont ressentis. Quand le prana se sépare de la Conscience, il n’y a plus d’expérience de douleur et de plaisir. Le corps est constitué à partir de la nourriture. Êtes-vous de la nourriture ?

Quand vous vous rappelez que vous êtes Conscience, le Guru est avec vous. La croyance que vous êtes un corps humain est une erreur. Vous n’avez pas de commencement. Dieu vient plus tard. Dieu a Son origine dans la maya primordiale. Cette source est sans cause. (Dieu – le manifesté, apparaît de l’Absolu – le non manifesté). Votre désir de faire perdurer la conscience est la maya racine.

Quand il n’y a pas de corps, il n’y a pas de mot. Quand il n’y a pas de mot, il n’y a pas de sens « Je suis » ou « Je ne suis pas ». Un verset dit : « Avant toute chose existe une graine, la perception ‘Je suis’. » La vraie religion est de vivre en tant que Soi. Vous pouvez faire ce que vous aimez, mais n’identifiez pas votre conscience au corps. La conscience est le Sadguru. Souvenez-vous, l’état de veille qui apparaît le matin est le saint regard de Dieu. Gardez cela présent pendant que vous poursuivez vos activités quotidiennes. Les « pieds bénis du Guru » sont la manifestation du Guru. C’est votre véritable nature.

Dans l’essence des choses se trouve une saveur, comme le sucré ou l’amertume. Votre expérience de la conscience graine est votre sensation d’être. L’essence du corps est la sensation « Je suis ». Votre corps est nourriture pour la Conscience. Votre destinée est l’expression d’impressions qui sont gravées en vous. Cela n’est fait que de concepts. Atman est pur, mais il est entravé par les concepts. La conscience est attachée à ses qualités. C’est la conséquence de maya. C’est l’amour de l’existence. La dénomination de guna-maya est donnée au Soi dans le corps ; la conscience dans le corps. Elle est identique à Dieu. Nous savons que l’illusion première est « Je suis ». C’est la qualité de Sattva. À cause de la maya-racine, chacun veut que son existence se poursuive. C’est l’amour de soi.

Paramatman, notre vraie nature, n’a pas de qualités similaires. Maya est le nom donné à la manifestation de la conscience. Paramatman est antérieur à ces qualités ; il est antérieur à la sensation d’existence, antérieur à « Je suis » ou « Je ne suis pas » (la conscience pure est appelée Dieu. Après la réalisation du Soi, la même est appelée maya).

Il n’y a aucune différence entre celui qui parle et celui qui écoute. (La même conscience est à l’œuvre dans les deux.) Quand la Conscience est pure, elle se révèle.

Les incantations purifient le prana. Le prana purifie le mental. Quand la Conscience se purifie, avec un mental pur, elle se révèle à elle-même. Un tel être, chez qui cela se produit, est appelé un jnani. La Conscience, la sensation « Je suis », est le Guru. Ne la prenez pas pour le corps. Elle peut percevoir l’espace, mais l’espace ne peut percevoir la conscience, car il lui est postérieur.

Ce qui agit est le prana. Quand le prana habite le corps, il y a connaissance. Une fois hors du corps, il redevient universel. Quand vous entendez ceci, vous comprenez que la mort est un faux concept. Le corps composé des cinq éléments est produit à partir de la maya primordiale. Quoi qu’il en soit, nous ne sommes pas le corps. Asseyez- vous tranquillement un moment et méditez sur celui qui connaît. Le mantra est donné pour apaiser le mental.

jeudi 7 décembre 1978

Nisargadatta Maharaj

Extrait de  » Méditations avec Sri Nisargadatta Maharaj » éd. Aluna

Nirupana 77 – Ce que Dieu a créé, retourne à Dieu. Je ne fais rien

Ce que Dieu a créé, retourne à Dieu. Je ne fais rien

  La réalisation du Soi mène à un état de parfait contentement à la fois sur le plan spirituel et dans le monde. Après cela le chercheur ne réclame plus rien, même pas sa vraie nature. Vous êtes devenu un chercheur parce que vous étiez affamé de la réalisation de votre vraie nature. Le but à atteindre (la Conscience pure) comporte trois états : l’état de veille, de sommeil, et de rêve. Celui qui a connaissance de l’objectif est antérieur à tous les états. Ce qui est recherché comporte trois gunas : Sattva, Rajas, et Tamas. Quand vous vous êtes réalisé, vous avez connaissance d’être antérieur au sommeil et à la veille. Les états qui alternent, du sommeil et de la veille, ne seront pas présents indéfiniment. Quand vous êtes antérieur à ces états, pouvez- vous me dire quelle tenue vous portez ?

Pratiquez la méditation. Chacun devrait vivre avec la ferme conviction qu’il n’est pas le corps, mais la pure Conscience dans le corps. Le printemps de la réalisation du Soi s’épanouira depuis l’intérieur. Voici le signe d’un véritable dévot : « Ce que Dieu a créé, retourne à Dieu. Je ne fais rien. » Cela qui anime le corps est le véritable dévot. Il a un cœur pur. Il est lui-même Dieu. Au début, il offre son corps et sa présence à Dieu, ensuite il Est, en tant que pure Conscience.

Méditer signifie s’en tenir à la Conscience. La Conscience qui apparaît le matin est le regard saint de Dieu. Tout est connu au travers de la Conscience. Quand le cœur est pur, il est possible de dire : « Le Guru est le Soi, Il est tout. » Le véritable dévot n’a aucun sens de l’appropriation d’une action. La Conscience est la force vitale de l’ensemble du monde. Si vous êtes dans l’incapacité d’une pratique spirituelle, au moins gardez dans votre cœur la sensation pure « Il n’y a pas d’autre Dieu que (ma) Conscience ». Cela vous sera profitable, ainsi qu’aux autres. Ne portez pas d’attention aux honneurs et reconnaissances. Aussi, ne retirez aucune fierté du genre « Je suis un remarquable dévot ». Ne faites jamais état de vos bonnes actions et œuvres charitables. Usez du corps avec joie, mais ne vous identifiez jamais à lui.

Gardez toujours présent ceci : « Je suis l’observateur, pas l’expérimentateur. » Ainsi, les basses qualités se détacheront. La sensation pure dans votre cœur ne devrait jamais être lâchée, même au prix de votre vie. C’est l’inspiration divine qui nous a mené ici. Poursuivez la méditation. Alors vous serez convaincu que tout ce qui est n’est pas séparé de vous.

Nisargadatta Maharaj

jeudi 30 novembre 1978

Extrait de « Méditations avec Sri Nisargadatta Maharaj » éd. Aluna

Nirupana 76 – qui que ce soit est moi-même

qui que ce soit est moi-même

  Il y a eu tant de grands sages. Cependant, ils n’ont pu provoquer aucun changement dans la Conscience par le fait de devenir un avec la Conscience universelle. Cette Conscience n’est sous le contrôle de personne, car créée par personne. Elle est apparue spontanément, et tout le reste a suivi. Il est dit que Dieu s’incarne et détruit le mal, mais cela ne se produit pas sciemment. Cela se produit spontanément, comme le printemps suit l’hiver. Quand le mal est abondant, le bien apparaît spontanément. La connaissance du Soi est une question d’expérience. Qu’est-ce que la totalité ? Jusqu’à ce que nous saisissions que nous sommes la totalité, nous ne pourrons accéder à la satisfaction ultime.

La sensation « Je suis » est Shiva et Vishnu. Tout est créé au travers de la Conscience. Sans votre Conscience, il ne peut y avoir de déités. Le soleil est le même pour chaque jour, cependant chaque jour porte un nom différent. À vrai dire tous les jours sont dimanche (jour du soleil, en anglais) ; les concepts l’ont divisé.

Arrêtez-vous sur pourquoi et comment la conscience vous est apparue. Le reste n’a pas de sens. Quand la conscience est présente dans le corps, le monde est là. La conscience est Dieu. Cela, à travers quoi tout est connu, est la conscience-Dieu. C’est la sensation « Je suis ». À travers sa lumière tout est vu. Le monde résulte de la sensation « Je suis ».

Parabrahman – l’Absolu, n’est pas satisfait par des efforts mon- dains.Pour atteindre cet état, aucune méthode n’est efficace. De tels comportements n’ont pas d’autre valeur que de multiplier les concepts. Vous existez à travers les concepts jusqu’à ce que vous compreniez qui vous êtes. Ce que vous croyez ou ce que vous savez est une sorte de distraction. Même dans ceci, il y a des vagues de misère et d’amertume. Vous vous comportez en fonction de ce que vous avez entendu et qui vous a convenu, mais c’est entièrement faux. L’image que vous avez de vous, que ce soit dans le quotidien ou spirituellement parlant, n’est ja- mais vous, à aucun moment. Ceci est vrai, que vous soyez occupé dans vos activités quotidiennes ou spirituelles. Il n’y a pas une seule expérience dans le monde qui soit vraie et honnête. Quelle que soit l’image que vous avez mentalement, elle est fausse. Vous ne pouvez pas être ainsi pour toujours. L’image de vous-même et vos actions ne sont pas fiables. Ni l’enfance, ni la jeunesse ne nous sont fidèles. L’information « Je suis une femme » ou « Je suis un homme » n’est pas vraie. La mémoire dépend du corps, mais le corps est-il un fait sûr ? Y a-t-il quelque chose de durable dans le monde ? Y a-t-il quelque chose d’honnête qui puisse être prouvé ? Est-ce que l’honorabilité dans ce monde repose sur un standard éprouvé ?

  L’expérience de notre conscience elle-même est fausse et trompeuse. Comment le monde insufflé par elle pourrait-il être fiable ? Toutes les méthodes spirituelles sont fausses. Et pourtant, la Conscience s’est vue dotée d’un statut divin. Cette Conscience par laquelle vous avez la connaissance « Je suis », est-elle présente à jamais ? Non. C’est pourquoi les sages ont posé la question « Qui suis-je ? ».

Chacun se remémore les bonnes œuvres et les pratiques spirituelles qu’il accomplit. Est-ce que nous faisons de même pour le nombre de fois où nous urinons ? En entretenant cette distinction, le Soi ne sera jamais en vue.

Krishna dit : « Vous ne pourrez pas venir à moi tant que vous n’aurez pas recherché la compagnie d’un sage. » De cette manière, les concepts fondront doucement. Quand le chercheur atteint sa véritable nature, il n’y a plus la moindre idée telle que « Je suis Brahman ».

Rencontrer un Sadguru est une grande chance (les trois choses les plus importantes sont : le corps humain, le désir de réalisation du Soi, la rencontre du Sadguru). Continuez de dire intérieurement : « Jaï Guru, Jaï Guru. » Vous accéderez à la compréhension, et le murmure se déploiera.

  Vous verrez votre véritable nature. Il n’y a pas au sein de votre véritable nature (l’Absolu) de changement comme « Je suis », « Je ne suis pas ». Telle est la condition d’un sage. Vous devez clairement comprendre ce qui en vous porte l’expérience de joie ou de misère. Vous avez des soucis, mais ce à travers quoi ces préoccupations sont expérimentées n’est pas éternel. La Vérité éternelle ne peut être oubliée, alors le sage s’assied en silence. Il ne recherche aucune publicité.

Laisser tout ceci ne crée pas de peur en vous. Ayez foi dans le Guru. Alors, Ce qui ne peut être décrit sera comblé. Ne prenez pas pour du détachement un dégoût passager. Vous êtes chanceux d’avoir l’opportunité d’écouter ceci. Dieu est comme un bâton fait de votre foi, pareil au bâton que vous prenez par sécurité pour vous aventurer en forêt. Quand vous reconnaissez Dieu, Il vous sert. Continuez de réciter le mantra. Ne soyez pas impatient. La Conscience est « les pieds du Guru ». C’est une grande amie. Soyez conscient de cela et restez tranquille. La non-dualité, c’est : qui que ce soit est moi-même, uniquement. Celui qui vit ainsi est protégé de tout.

Nisargadatta Maharaj

jeudi 23 novembre 1978

Extrait de « Méditations avec Sri Nisargadatta Maharaj » éd. 2 océans

Nirupana 75 – Vous êtes antérieur à toute expérience qui se présente

antérieur à toute expérience

  Vous êtes antérieur à toutes vos pensées. Soyez toujours conscient de ceci. Vous êtes antérieur à toute expérience qui se présente. Quand vous y revenez, ce qui est alors vu et senti perdra sa consistance. L’expérience « Je suis » n’est pas celle d’un individu. C’est la totalité. Cela ne peut pas être modifié. Il peut y avoir un remède pour un individu, mais est-ce possible pour la totalité ? L’expérience « Je suis » s’en ira comme elle est venue.

J’ai connaissance que l’expérience « Je suis » n’était pas là. Je sais aussi qu’elle s’en ira. Je ne suis pas ce qui s’en ira. Dieu (la Conscience) ne peut pas rester en ma compagnie pour toujours.

Pourquoi souhaitez-vous que les choses s’améliorent dans vos affaires quotidiennes ? C’est stupide. Est-ce que quelque chose de ce monde va rester avec vous ? En toutes situations, ne voyez rien d’imparfait. Quoi qu’il se passe, cela est dû à la nature du temps. Un individu est sans aucun pouvoir. Au fil du temps, un individu change. Vous ne pouvez pas changer une situation.

L’expérience que j’ai subie est valable pour tous. Mon identité ne repose pas sur l’imagination de quelqu’un ; elle est, naturellement. La nature du mental est de penser. Il ne peut pas s’arrêter.

En fait, c’est dû au prana. Vous dites que les pensées sont le résultat des impressions. En réalité, il s’agit du flot du prana. Le langage est créé par le prana. Le prana est mouvement ; c’est la force vitale (chaitanya).

  Le mental est un flot de langage ; il ne doit pas être accepté. L’éveil de la Kundalini à travers les six centres est l’œuvre du prana. Au milieu de tout cela, qui êtes-vous ? Y a-t-il quelque chose qui puisse être proclamé comme véritablement vôtre ?

  Y a-t-il encore le besoin de penser quand il n’y a plus de sentiment d’individualité ? Vous êtes le même aujourd’hui que vous étiez avant votre naissance. L’amour, que chacun possède en tant que « Je suis », est la maya primordiale – le concept racine.

La naissance est la plus mauvaise des servitudes. J’ai avalé ce lien de la naissance. Par la divine compréhension, tout s’en va.

Nisargadatta Maharaj

samedi 18 novembre 1978

Extrait de « Méditations avec Sri Nisargadatta Maharaj » éd. 2 océans

Nirupana 74 – La Vérité ne peut être vue

Nisargadatta nirupana méditation

Au cœur de tout vivant se trouve l’éternel. Une « erreur » est apparue dans la Vérité éternelle, avec pour résultat le fait que nous avons été amenés à connaître que « nous sommes ». Un bouton est apparu sur la Vérité. La douleur qu’il provoque est ressentie en tant que « Je suis ». La lumière, qui s’échappe d’un trou dans ce bouton, est appelée le monde. En langage spirituel, vous pourriez appeler ce bouton un atome (la manifestation). La survenue de la présence du bouton est comparable à celle de la conscience « Je suis ». Dieu, qui imprègne tout l’univers, est vu maintenant comme habitant une maison de la taille d’une graine de sésame !

La conscience est difficile à supporter, c’est pourquoi les gens s’impliquent dans les activités du monde. Parmi des millions d’êtres, rare est celui qui reste en silence. La conscience n’est pas notre véritable nature. L’expérience prend beaucoup de place, mais existe-t-il une expérience de l’expérimentateur ? La vision du monde est la vision de votre propre conscience. Vous prenez les Écritures pour autorité, mais ce qui les connaît, c’est vous. Vous êtes celui qui connaît. Tous les trésors contenus dans les livres du monde se trouvent dans votre conscience.

Le fait que vous soyez vivant et éveillé est l’illusion originelle. La perception intellectuelle est superflue ; elle est aride. La réalisation du Soi est comme une coupe de nectar (elle vous rendra immortel). Pourquoi votre existence n’était-elle pas connue auparavant et l’est maintenant ?

La véritable satisfaction arrivera avec la compréhension de ceci. Dieu est contenu dans la connaissance « Je suis ». Quand le temps arrive à sa fin, Dieu aussi arrive à sa fin. Vous êtes primordial. L’Atman est éternel. Vous dites qu’il y a cent ans vous n’étiez pas là, mais aujourd’hui, vous avez connaissance que vous êtes. Celui qui n’était pas, vient-il à connaître qu’il est ? Seul celui qui existe a connaissance qu’il est. La connaissance s’en ira, mais Celui qui en a fait l’expérience reste. Vous pensez que vous êtes la conscience. Alors qu’en fait, Celui qui connaît est le témoin de la conscience. La conscience n’est pas éternelle, Celui qui connaît, oui. Le monde est contenu dans la conscience. Quand la conscience s’en va, le monde s’en va. Alors qu’est-ce que le témoin a à perdre ?

Pendant le déroulement du rêve de la conscience, vous pouvez voir Rama et Krishna. Cela n’empêche pas que le concept « Je suis pleinement conscient » soit faux. Saint Tukaram disait : « Quand il n’y avait pas d’espace, pas d’eau, j’existais déjà en temps qu’Absolu. » Qu’est-ce qui s’est déployé partout ? C’est l’amour sous la forme « Je suis ». Si vous restez le témoin de votre conscience, il n’y a besoin d’aucun rituel. Nous n’avons aucun contrôle sur nos rêves ; de la même manière, pendant l’état de veille, tout arrive automatiquement. Vous ne faites qu’être témoin. Aussi longtemps que vous dites : « C’est moi qui fais ! », vous ne pourrez pas être le Témoin. Ce rêve de pleine conscience lui-même est faux. L’action de voir et ce qui est vu sont tous deux faux. »

L’être intérieur de l’aspirant n’est pas encore mature. C’est pourquoi il erre dans le monde, avec sa compréhension verbale (mentale). Il doit comprendre très clairement que son état de conscience éveillé est lui- même faux. Cela doit être une conviction. Vous aimez vous prendre pour une forme humaine. Comment cela se produit-il ? Vous vous retrouvez d’abord en compagnie de votre conscience, et ensuite du monde. Dans ma nature éternelle, il n’y a de compagnie d’aucune sorte. Alors que vous errez dans le monde, vous prenez appui sur Dieu. Autrement, c’est insupportable. Ce n’est pas différent que de prendre un bâton pour se donner du courage en s’aventurant dans la forêt.
Celui qui ne sait pas qu’il est prend-il naissance ? Il est antérieur à la naissance. Toutes les actions sont vaines tant qu’il n’y a pas connaissance de Soi. Après la réalisation du Soi, toutes les actions sont encore vaines.

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Ce qui est compris au travers des mots est faux. Ce qui est en mouvement est faux. Soit vous suivez ce que vous avez entendu, soit vous rejetez le tout. Ne parlez de tout ceci à personne. Vous seriez moqué.
Celui qui a connaissance de n’être jamais né, peut juste dire : « Je ne suis pas l’acteur. » La sensation de croire que vous savez (au sujet de la Vérité) est fausse. Ai-je fait la moindre chose pour que vous soyez là ? Seul le fait d’en être témoin est là. La présence témoin est plus subtile que l’espace. La conscience suivra son cours. Elle est arrivée sans savoir comment. Elle est spontanée. Vous n’êtes pas la conscience. Vous êtes antérieur à elle. Ce qui a connaissance de Cela, ne peut être mentionné en mots.

La Vérité ne peut être vue. Cela ne connaît pas « Je suis » ou « Je ne suis pas ». Celui qui connaît, ne peut être connu. Votre sens « Je suis » s’en ira aussi. Par la conscience identifiée au corps, l’expérience d’être et le monde vous sont arrivés. Vous avez oublié que vous êtes la conscience qui connaît le corps. Vous considérez le corps comme « Je ». C’est ce qui provoque l’attachement aux choses matérielles. Vous êtes l’Atman, le Témoin.

Vous n’avez pas oublié la Vérité, et vous ne pouvez pas non plus vous la remémorer. Comment pouvez-vous vous remémorer ce qui n’est pas oublié. C’est comme la lampe qui est le témoin. Dans sa lumière toute chose se fait, combat ou querelle. La lampe n’est pas concernée par cela. De la même manière, l’Absolu n’est pas concerné par la conscience et les comportements qui en découlent. Celui qui a connaissance de ceci est un sage. La spiritualité consiste à réaliser le sens absolu de votre Être, et non pas la signification de ce qui est vu ou ressenti.

Les états de veille et de sommeil vont et viennent automatiquement. Vous ne pouvez pas changer cela. Celui qui a connaissance de ces états n’a pas de connexion avec eux. Il n’est pas plus réveillé qu’il n’a dormi. L’état de veille est un aspect microscopique de la conscience. Même ça, c’est difficile à supporter. Celui qui n’a ni l’expérience de la veille ni celle du sommeil, est le principe témoin de tout. La joie et la tristesse font partie de la conscience. Le jnani a un sens silencieux d’être. Il ne sait pas qu’il est un jnani.

Tout comme il y a la douceur dans le sucre, il y a l’amour de soi dans la conscience. Cette association avec la conscience est transitoire. Pour la rendre supportable, on la considère comme Dieu ou Brahman. La conscience est la graine qui peut créer un nombre infini d’univers. Soyez en bons termes avec la conscience. Honorée, elle se révélera à vous.

Nisargadatta Maharaj

jeudi 16 novembre 1978

Extrait de  » méditations avec Sri Nisargadatta Maharaj » éd. Aluna

Nirupana 73 – le mental devient silencieux

Nisargadatta mental silencieux

Tout ce qui est perceptible, l’est au travers de la capacité des sens. C’est perceptible par Celui qui ne peut être perçu par les sens (l’Absolu non manifesté est antérieur au monde manifesté, le non connu est antérieur au connu).

Parfois, il est dit que tout cela est néant, mais celui qui observe le néant, est-il néant ? Méditez de telle manière que vous en oubliiez que vous méditez. La Vérité se révélera à celui qui s’oublie. Celui qui a saisi cela n’a pas besoin de s’asseoir en méditation. Poursuivez la récitation du mantra. Même sans le répéter, il faut savoir que cela se poursuit intérieurement. C’est même depuis la naissance de ce corps que cette incantation se poursuit. Cette incantation cesse seulement quand l’individu décède.

Nous possédons tous un fort désir de nous assurer de la protection de notre existence. Quand ceci est mis en question, la peur apparaît. Tenez les pieds de Celui qui fait disparaître la peur par sa présence. Tenez les pieds de la conscience. C’est en vous en permanence. Guru signifie la conscience.

Ne vous prenez pas pour un individu. C’est l’origine première de la peur. Oubliez ce que vous avez lu. Tous les hatha-yogis et ceux qui ont réveillé la Kundalini ont disparu dans la conscience. Le corps peut être fort et faible, mais celui qui en est le possesseur est le même. Atteindre le samâdhi par la sexualité est une idée stupide. La réalisation du Soi n’a rien à voir avec cela.

 Toutes les religions possèdent leur traditions, emplies de concepts. Elles sont faites de rituels. Quand on retire les concepts, le silence est là. L’ignorance est en échec dans la réalisation du Soi. Les conflits d’opinions commencent avec la perception du corps. Les gens prennent pour vrai ce qu’ils entendent. Personne n’est attentif à son propre Soi. Ô combien l’expérience du monde, qui est apparue avec le souffle, semble digne de confiance ! Que se passe-t-il quand la respiration s’arrête ? Vous êtes fier de votre religion, mais combien de temps passez-vous en votre propre compagnie ?

Celui, qui expérimente le jour et la nuit, est en nous. S’il avait été conscient de son existence avant la naissance, il ne serait pas né. Il ne prendrait plus forme. Il ne voudrait pas mijoter dans la matrice pendant neuf mois. Il est possible de supporter l’impureté dans la matrice parce que la conscience ne s’est pas encore manifestée.

Chacun croit ce qu’il entend ou voit. Avec l’attachement qui en résulte, il y a ensuite urgence d’agir selon l’inclination du mental. Quand vient un dégoût de cela, on parle de détachement – de retournement. Ceci apporte la perfection. Il n’y a plus de sens d’exister, aussi la joie et la peine deviennent sans signification. Le malheur est ce que quelqu’un n’aime pas. Le bonheur est ce que quelqu’un aime. Ils dépendent de l’existence du temps. Vous comprendrez la signification de ceci, quand vous réaliserez que les choses arrivent par la nature du temps et que vous n’êtes pas affecté par elles.

La plus haute pratique spirituelle est l’art de la juste discrimination. C’est le Sadguru. Il rend toute chose facile. Sans blesser personne, observez-vous minutieusement. De cette manière, la joie se lèvera en vous. C’est une grande fortune quand cela se produit. L’Atman est alors comblé. Tenez-vous aux pieds de Cela par quoi vous avez la connaissance de « Je suis » et que « le monde est ». Votre conscience possède des qualités. La somme totale des manifestations du monde est Dieu. La conscience est antérieure au monde. « Celui qui connaît » est antérieur à la conscience. C’est ainsi. Vous vous comportez en tant que corps. Quand le prana est prêt à s’en aller, vous ressentez que vous allez mourir. Alors vous expérimentez la peur.

Dieu est connaissance. Abandonnez-vous à Lui. Il est aussi l’Atman. Il est le monde. Aucune preuve n’est nécessaire pour cela. Avez-vous besoin d’une preuve que vous vous êtes réveillé ce matin ? Ne considé rez pas la conscience comme un corps. C’est un acte blasphématoire. La connaissance est puissance. Elle est identique à Purusha. Tant que vous ne vous serez pas éveillé à la parole du Guru, la peur de la mort ne s’en ira pas. Vous ne mourez pas ; seul le corps est oublié. Quelle lumière rend le corps pur ? N’est-ce pas la lumière de l’Atman, votre vraie nature ? Celui qui connaît la conscience est infini et éternel. Celui qui est antérieur au corps est celui qui connaît véritablement.

Doit être présente la conviction d’être la conscience, la connaissance « je suis », telle qu’enseignée par le Guru. Une fois atteinte la connaissance du Soi, vous vivrez à partir de votre dimension intemporelle. Alors, le temps n’aura plus de mesure. Si vous avez foi dans le Guru, alors, ayez foi dans la connaissance de votre être. Par la foi en Sri Krishna, Arjuna fut libéré par l’écoute de Sa parole. La conscience, qui est de la taille d’une graine de sésame, s’est déployée à tout le cosmos. Ne perdez pas votre divine foi en la conscience. C’est la plus haute forme divine. Le conseil du jnani n’est pas le produit d’une fierté. La signification de la parole du Guru est notre vraie nature. Par une telle méditation, le mental devient silencieux. Il en résulte le détachement. Ne parlez pas de ceci à d’autres sans discernement.

Nisargadatta Maharaj

dimanche 12 novembre 1978

Extrait de  » méditations avec Sri Nisargadatta Maharaj » éd. Aluna