Conscience et Absolu – Individu et universel

Visiteur : Pourquoi se fait-il qu’on se pense tout naturellement comme individus séparés ?

Nisargadatta Maharaj : Vos pensées sur l’individualité ne vous appartiennent pas en propre; elles sont collectives. Vous opinez que c’est vous l’individu qui a ces pensées; en fait, elles viennent de la conscience.

Quand notre spiritualité se développe, notre identification à l’individualité corps-esprit diminue, et notre conscience atteint la conscience universelle.La force vitale continue, mais ses pensées et ses actions ne sont plus limitées à un individu. Elles deviennent une expression du tout. C’est comme le vent : il ne souffle pour personne en particulier.

V: En tant qu’individu, puis-je retourner à la source?

N.M : Pas en tant qu’individu; la connaissance « Je suis » doit retourner à la source.

La conscience s’est identifiée et déterminée dans une forme particulière. En suite, elle réalise qu’elle n’est pas cette forme, et elle progresse. Dans certain cas, elle peut atteindre l’espace, et très souvent elle s’arrête là. Très rarement, elle remonte à sa vraie source, au delà de tout conditionnement.

Il est difficile de ne pas se laisser aller à cette tendance à ramener le Soi ( universel) au corps-esprit individuel. Quand je vous parle, je ne parle pas à un individu; je parle à la conscience. C’est elle qui doit remonter à sa source.

Au début, il y a le non-être. Puis, l’être en sort, aussi doucement que vient le crépuscule, avec juste une sensation de  » Je suis », et soudain l’espace est là. L’espace permet le mouvement, qui se manifeste  par l’air, le feu, l’eau et la terre. Ces cinq éléments sont vous. C’est votre conscience qui a tout fait. Il n’y a pas d’individu, il a vous, c’est-à- dire le fonctionnement du tout, la conscience en acte.

Vous êtes cette conscience, tous les attributs de la Divinité sont aussi les vôtres, mais vous vous cramponnez au corps-esprit, et ce faisant vous vous laissez aller au temps et à la mort – vous vous l’imposez à vous-mêmes.

je suis l’univers tout entier. Je n’ai besoin de rien, puisque jesuis tout. Mais je me suis niché dans du tout petit, dans un corps; je me suis limité à un fragment, et maintenant j’éprouve le manque, un corps a besoin de tant de choses.

Sans le corps, est-ce que vous existez, est-ce que vous avez existé? Sans le corps, est-ce qu’il y a, est-ce qu’il y a eu quelque chose? Retournez à cet état d’avant le corps.Votre véritable nature est présente, elle est libre, mais vous la cachez, en vous imaginant toutes sorte de choses.

Nisargadatta Maharaj

Le 8 novembre 1980

Extrait de « Conscience et Absolu » aux éditions des deux Océans

 

 

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