Nirupana 4 – Vous êtes la Lumière qui éclaire le monde

Votre rêve vous est propre, personne ne peut le voir. Pareillement, votre monde vous est propre.

Le fait « Je ne suis pas les vêtements que je porte » est facilement compris. Le fait « Je ne suis pas le corps » ne peut être compris sans la grâce du Guru. La parole du Guru « Je suis pure conscience » a valeur de mantra. La réalisation du Soi ne change pas. Plus grande est la compréhension, plus faibles seront les désirs. L’essence du Soi est sans désir. Le jiva (le soi identifié au corps) est épris du corps. Dans tous les cas, n’oubliez pas que même absorbé dans le Soi, le corps doit être bien soigné. La parole du Guru reflète notre vraie nature. Une fois que tous nos efforts arrivent à leur fin, notre vraie nature brille spontanément.

Celui qui a tant soit peu contemplé le Soi, n’aura plus besoin d’aucun dieu ou déité ; en fait il n’aura besoin de rien. Un tel être ne blessera même pas la plus petite créature.

Après la réalisation de votre essence, vous ne demanderez plus rien. Le corps n’est pas votre création, ni celle de vos parents ou de Dieu. Il a été créé spontanément.

Comparés à la connaissance de votre véritable nature, tous les lieux saints du monde ne sont rien. C’est éclairé par votre propre lumière que les lieux saints prennent leur importance.

La plus grande faute est de douter de la parole du Guru.

La lumière que vous voyez à l’extérieur vient de votre propre lumière. La lumière du soleil et de la lune ne peut être comparée à la lumière du Soi. Le corps appartient à l’être humain, mais ce n’est pas l’être humain qui agit à travers le corps. C’est l’essence du Soi. À cause de la conscience identifiée au corps, vous croyez être celui-ci ou un autre. Ce n’est plus le cas quand le Soi est réalisé. Assurément vous allez mourir, mais avec quelle identité ?

La sensation « Je suis » crée un léger mouvement en vous, saisissez-le. C’est facile pour celui qui se détourne des activités mondaines. La connaissance de l’existence est le moteur de tout. La conscience qui vous donne la sensation « Je suis » est pareille au fait de se trouver au pied du Sadguru. Restez en contact avec elle. Au moins, rappelez-vous que votre corps renferme la graine de l’Absolu. Contemplez la flamme du Soi. La nature éternelle de cette flamme est comprise par la réalisation du Soi.

Soyez conscient que c’est votre propre histoire. Alors votre qualité sera équivalente à celle de Brahman. Tout comme vous savez vous rappeler que vous êtes un homme ou une femme, rappelez-vous « Je suis Brahman ». Ne vous présentez pas à la mort en vous nommant le corps. La méditation sur le Soi est ce qui nous sauve. Le temps se dissoudra alors en vous et non pas vous dans le temps.

« Oh ! Guru, ta vraie nature n’est en rien différente de mon propre Soi, et c’est ainsi que je me suis rendu à Toi. » Ceci doit être une conviction. Cette connaissance de l’être est comme un missile nommé Brahmastra. Il ne rate jamais son coup. Un tel être paraîtra ordinaire, mais il est différent. Méditez sur le méditant, sur rien d’autre. C’est une grande bénédiction que de pouvoir entendre parler de la connaissance du Soi de cette façon.

Nisargadatta Maharaj

jeudi 22 décembre 1977

Extrait de « Méditations avec Sri Nisargadatta Maharaj » aux éditions Aluna

 

 

 

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