Nirupana 38 – méditez sur votre Soi

soi nisargadatta maharaj

 

 Il n’y a pas d’autre Dieu que la conscience.

Méditez sur la sensation « Je suis ». Elle est le méditant lui-même. C’est si simple, et pourtant les gens pratiquent d’incroyables ascèses pour l’atteindre.

Comme Krishna, vous devriez aussi dire : « Tout ceci est Je. » Ce qui écoute est la conscience. N’êtes-vous pas conscient d’être ? Auparavant, vous n’existiez pas et n’étiez pas conscient de votre existence. Maintenant, vous savez que vous êtes et cette connaissance est conscience.

Méditez sur votre Soi, mais pas en tant qu’un corps limité.

Est-ce que la mémoire que vous êtes un homme ou une femme vous appartient ou appartient au corps ? Est-ce que cette mémoire est vous ?

À partir du moment où quelqu’un ressent « Je suis », les cinq éléments sont perçus dans la conscience. Poursuivre en qualifiant « Je suis » de « comme ceci » ou « comme cela » est ignorance. Le remède à cela est la recherche du Soi. Comme il est difficile de méditer directement sur la conscience, vénérez-la en tant que le Guru . Vous pouvez penser au Guru se tenant derrière vous, la lumière illuminant tout. Mais vous n’avez pas la capacité de vous imaginer vous-même, vous tenant derrière vous.

Les premières étapes de la méditation requièrent le support de la dualité.

Votre vraie identité n’a pas de forme corporelle. Tout deviendra clair quand vous réaliserez qu’il n’existe rien d’autre que vous. Là où se trouve Dieu, vous êtes ; là où vous êtes, Dieu est. Vous n’êtes pas dépendant du corps, ou de la connaissance dans le corps. Vous saisirez clairement sans aucun support que « Je suis éternel et le suis à jamais ».

Vénérez uniquement ce par quoi vous connaissez toute chose. La nature de Paramatman  est la vôtre, votre droit propre, votre propre existence.

Il n’y a pas de connaissance du Soi pour celui qui se considère comme un corps physique. Le Soi doit être réalisé avec une totale détermination.

C’est la raison de votre aspiration à venir ici.

Nisargadatta maharaj

jeudi 22 juin 1978

Extrait de « méditations avec Sri Nisargadatta Maharaj » éd. Aluna

Nirupana 37 – Le Soi, notre véritable nature

nisargadatta maharaj soi

 Dans les temps anciens, quoi que ce soit que le Guru  avait à dire

au disciple, il ne le disait qu’une seule fois. Quand ils se rencontraient à

nouveau douze ans après, le disciple était prêt. La signification de cela

est qu’il n’est pas nécessaire de revenir constamment auprès du Guru .

En tout premier, il y a le Soi, notre véritable nature.

Puis la conscience apparaît.

À travers elle, toutes les activités prennent place. Elles sont dépendantes

de la mémoire. Mais rien ne reste pour toujours. Le fonctionnement

dans son entier est tradition. Rare est celui qui s’y penche.

La conscience, et tout ce qui est connu à travers elle, est par nature universel.

Cela, qui en a la connaissance, est atomique et impénétrable. Tout

ce qui est connu par la conscience est soumis au changement, et pour

finir, la conscience elle-même disparaît. Alors qui est né et qui meurt ?

Vous avez saisi toute chose dans la conscience. Mais la conscience a un

début et une fin. C’est votre illusion de vous prendre pour ceci ou cela

au sein de la conscience.

Ce que vous connaissez par la conscience s’en ira.

Alors, ultimement, quelle est l’utilité de ce que vous avez fait ?

N.M

Dimanche 18 juin 1978

Extrait du Nirupana 37 de  » Méditations avec Sri Nisargadatta Maharaj »

Nirupana 36 – Amour du Soi

Amour du Soi

   Ne blessez personne. Comportez-vous avec tolérance. Vous accéderez au pouvoir illimité de la tolérance. Endurez avec patience la critique et les harcèlements de l’un ou de l’autre. Ne censurez pas ces personnes par réaction. Toute la bêtise est due à l’égocentrisme. Les querelles sont dues à l’égocentrisme. Avec la réalisation, votre égocentrisme arrivera à sa fin.

Lui (Dieu), qui ne peut être trouvé dans le monde, se trouve dans le coeur du dévot.

Le monde semble être à l’extérieur, mais il est vu depuis l’intérieur. La divinité dans le coeur, la divinité de la connaissance, est sans forme. Elle est comparable à la douceur du sucre. Krishna  dit : « Je suis présent dans vos coeurs en tant que Bhagavan , le Lumineux. Il est conscience, Il est identique à vous. » Le soleil de la connaissance dans votre corps est ce par quoi vous avez la connaissance d’être. C’est la suprême dévotion. C’est non duel. On l’appelle l’amour.

Tous les êtres vivants portent cette dévotion dans leur coeur, mais seuls les êtres humains peuvent en avoir la compréhension.

Une personne occupée agit au travers de cette dévotion, mais ne le sait pas. La dévotion, c’est l’amour d’être. Elle est apparue sans le savoir. Elle protège le corps. Avez-vous réalisé que vous-même êtes cet amour ? Soyez présent à cette suprême dévotion et méditez sur elle. Dans un premier temps, cela peut sembler difficile. Pour cela, cette dévotion est appelée Dieu ou Guru .

Qui écoute maintenant ? N’est-ce pas l’amour dans le corps ? Celui qui a une connaissance directe de cet amour atteint l’état de Paramatman. Parce que vous vous prenez pour le corps, vous devez faire face à la misère jour après jour. Quelles que soient les expressions du corps, l’amour, la suprême dévotion, n’est jamais contrarié. L’amour du Soi dans le corps entretient la dévotion.

Pour accéder à la connaissance de l’amour du Soi, méditez sur lui. Ce sont tous des noms donnés pour la compréhension des faits. Quoi de plus noble que la connaissance du Soi ? Un être sur des millions méditera sur l’amour du Soi. Vous viendrez à connaître votre totalité au travers de l’amour du Soi ou à travers la dévotion. Pour qui endurez-vous ces épreuves et faites-vous ce travail laborieux ? N’est-ce pas pour cet amour ? Pour méditer sur l’amour du Soi, reconnaissez-le comme Dieu, Il a des milliers de noms. Cela, qui est vénéré et prié, est l’amour qui s’éclaire lui-même dans le corps.

Rare est celui qui réalise qu’il est cet amour du Soi et que c’est ainsi que Paramatman  se manifeste Lui-même. L’amour du Soi est connaissance du Soi, qui est de la nature de Brahman .

Pour combien de temps ?

Aussi longtemps que la conscience est dans le corps.

N.M

jeudi 15 juin 1978

Extrait du Nirupana 36  de « Méditations avec sri Nisargadatta Maharaj » éd. Aluna

Nirupana 35 – pas d’activités

conscience Nisargadatta

 Plus vous accédez à la compréhension de la spiritualité, plus vos besoins se réduisent.

Quand un jiva (conscience se percevant comme individu) meurt, cela veut dire que le sens « Je suis » prend fin.

Pour saisir cela, il faut y être stabilisé. Quoi que  ce soit à quoi vous vous identifiez, cela prendra fin.

Le sentiment « Je suis »,que vous avez pris pour si grand, ne durera pas.

L’état de veille émerge du sommeil profond.

En même temps arrive la sensation « Je suis ».

Quand le mental est occupé avec les activités quotidiennes, nous nous lions à ce que nous disons ou faisons.

Autrement, le sentiment d’être, par lui-même, est détaché.

À moins que nous nous donnions un nom, il n’y a pas d’activité.

En réalité, personne ne fait, et aucune action n’est réellement vraie ; rien n’est fait.

Nisargadatta Maharaj

dimanche 11 juin 1978

extrait du Nirupana 35  de « méditations avec Sri Nisargadatta Maharaj » éd. Aluna

Nirupana 34 – ‘Je suis’ une expérience transitoire

je suis conscience

 Toutes les religions sont les religions de la tradition.

La vraie religion est de connaître la nature du Soi.

Soyez en Cela.

Celui qui est mort, a-t-il l’expérience d’être mort ? Quelqu’un d’autre dira qu’il est mort. C’est la tradition.

Ce qui voit, à travers celui qui connaît, est la conscience.

Dans cette vision se déroule toute cette performance.

Après la réalisation, il n’y a plus de place pour l’individualité.

Mais reste une mémoire, sous une forme ou une autre, d’être un individu.

La conscience qui s’est déployée dans tout l’univers n’appartient à personne en particulier.

Elle appartient à tous.

De toute manière, elle est passagère, temporaire, liée au temps.

Quand son temps est fini, ça s’en va.

N.M

jeudi 8 juin 1978

extrait du Nirupana 34 de  » méditations avec sri nisargadatta maharaja » éd. Aluna

Nirupana 33 – Naissance et connaissance

naissance connaissance nisargadattta maharaj

 Qu’est-ce qui est nécessaire pour reconnaître le Soi ? Est-ce le mental? Ce qui connaît le mental est la conscience.

Le Soi ne peut être connu qu’au travers de la conscience. Ici, l’intellect n’est d’aucune utilité. L’intellect est l’essence du mental collectif. La conscience doit être réalisée au travers de la conscience qui est antérieure au mental.

Vous dites que vous connaissez le flot du mental, et pourtant vous vous laissez emporter par lui. Cela est faux. Cela veut dire qu’il n’y a aucune conviction de ce que vous êtes, et tant que c’est le cas, la peur est là. Toute la grandeur du monde entier est dans le coeur d’un être humain. Malgré cela, il n’arrive pas à le comprendre. Il se considère comme le corps et souffre la misère. Tous les grands sages du monde le sont devenus en méditant sur leur propre conscience. Elle se déploie et révèle sa grandeur.

Cela qui était déjà là est venu à connaître « C’est ». Ceci est appelé la naissance. Le nom de maya  est donné à la naissance. Maya  est le comportement des gunas . Sa source est la conscience. C’est la connaissance créée à la naissance. La naissance implique être. Vous êtes antérieur à cette connaissance. Tout ceci est « l’activité sportive » de votre conscience. Quoi que ce soit qui est ressenti, imaginé ou connu n’est présentement pas vous. Celui qui connaît cela est le Soi. La création, le maintien, la dissolution de la conscience se passent sur la base du suprême Soi.

N.M

mardi 6 juin 1978

Extrait du Nirupana 33 de « méditations avec Sri Nisargadatta Maharaj » éd. Aluna

Nirupana 32- Conscience espace

conscience nisargadatta maharaj

 

 La forme de la conscience (« Je suis ») est espace. En tant que sans forme, avez-vous un quelconque besoin ?

Prenez l’espace pour votre identité. S’en tenir à cette identité en permanence est appelé une ascèse spirituelle. N’amenez pas d’humain dans cela. Une fois cela réalisé, est-ce qu’il y aurait encore un besoin de maison, de famille ?

De quel outil disposez-vous pour cette recherche ? N’est-ce pas la connaissance que vous êtes ? C’est le capital premier qui est déployé à travers le monde sous la forme des cinq éléments.

Krishna a aussi enseigné cette connaissance de différentes manières. Quel était Son capital ?

N’était-ce pas Sa conscience ? Pour la plupart des gens, le même capital est entaché par les concepts de péchés et de vertus. Que vous voyiez une déité ou un fantôme, il est vu dans la clarté de votre lumière. La plupart des enseignants recommandent des rites et rituels. Personne ne parle de telles évidences.

Si vous avez la conviction que l’espace est votre nature, y a-t-il encore gain ou perte ?

Celui qui connaît la conscience est antérieur à elle. Celui-ci, qui est antérieur à la conscience, ne peut être décrit en mots. Existence-conscience-félicité (sat-chit-ananda)  est la qualité de la connaissance.

C’est encore objectif. Celui qui connaît n’est pas un objet. Mon discours est ainsi parce que j’ai vu sat-chit-ananda  dans son essence.

La connaissance « Je suis » est félicité. Tant que vous n’aurez pas expérimenté ceci, vous ne serez pas à même d’appréhender le Soi. Dès lors que vous serez stabilisé dans le Soi, le commentaire permanent du mental s’arrêtera.

Nisargadatta maharaj

Dimanche 28 mai 1978

extrait du Nirupana 32 de  » Méditations avec sri Nisargadatta Maharaj » éd. Aluna

Nirupana 31 – connaissance et inconnaissable

conscience je suis Nisargadatta Maharaj connaissance et inconnaissable

20 avril 1978

 Ici, nous parlons uniquement de pourquoi nous avons besoin de notre sensation d’être et de quelle utilité elle est pour nous maintenant.

Ici, rien n’est évoqué au sujet du passé ou du futur.

Quoi que ce soit de connu arrivera à sa fin. Chacun a l’impression qu’il devrait « être », mais « être » ne reste pas indéfiniment.

« Nous sommes tels que nous apparaissons » – ce concept si profondément enraciné doit s’en aller. Nous devons réaliser le fait que nous ne sommes pas tels que nous apparaissons, mais que nous sommes comme nous nous voyons.

La croyance que nous allons mourir est fausse. Le connu deviendra inconnu.

Nous sommes par nature « inconnaissables ». Tout comme le fait que l’eau s’évapore, ou que le soleil se couche, ou que la lampe s’éteint, ne veut pas dire qu’il y a mort. Comprenez la mort comme ceci.

 Chacun devrait se considérer en tant que conscience et non pas en tant que corps. Tout ce qui dépend de la mémoire ne peut durer. Tout ce qui est connu sera oublié. Celui à qui la connaissance arrive est toujours en paix.

Nous n’allons pas mourir, mais ce qui est connu deviendra inconnaissable, cela ne sera plus perçu. L’inconnaissable est appelé Dieu, Brahman , etc. C’est tout un bazar de noms. Toute action est effectuée en vertu du nom. Considérez votre conscience en tant que Dieu, et vénérez-la comme vous l’a enseigné le Guru .

Toute action est simple divertissement. La nature du divertissement varie avec le temps.

La force vitale est une. À cause de la multitude des formes, chaque chose semble différente d’une autre. Chaque sage a une manière différente de se comporter. Il y a des milliers d’êtres humains, mais chacun est différent. Il en est de même des Avatars  (incarnations). Par exemple, Rama est différent de Krishna. Les jours ont des noms différents, mais le soleil est le même.

Ce puzzle se solutionnera lentement, et finalement il ne restera plus trace d’ego.

N.M

Extrait du Nirupana 31 de  » Méditations avec Sri Nisargadatta Maharaj » éd.Aluna

Nirupana 30 – Action sans acteur

nisargadatta maharaja action sans acteur

 Gardez le silence et dites : « Je ne suis pas le corps. »

Tout disparaîtra spontanément et votre vraie nature sera dévoilée. Je ne suis pas le Sattva guna  (conscience) parce que je suis celui qui le connaît (Je suis antérieur à lui). J’étais déjà là avant que le corps me recouvre, mais je n’avais pas d’information.

Toute cette connaissance n’est pas honnête. La raison en est qu’elle est soumise au changement. La manifestation est appelée naissance. Mais la naissance de qui ?

La manifestation est atomique, mais elle a engendré tout l’univers ! L’ignorance originelle est devenue une personne centenaire et dit : « Je suis devenu un mahatma  (une grande

âme). » Mais si cette ignorance (ou conscience) s’en va, alors quoi ?

Comment cela se passe-t-il quand vous faites l’expérience d’une bonne ou d’une mauvaise odeur ? Est-ce que cela se produit spontanément? Qui fait cela ? Qui présente l’image que vous en avez ? Gardez vous volontairement quelque chose en mémoire, ou est-ce que cela se fait de lui-même ? Toutes sortes de besoins arrivent avec le corps et font de nous des mendiants. Là où il n’y a pas conscience, il y a perfection.

Là où il y a conscience du corps, Dieu (la conscience) est là, et là où se trouve Dieu il y a aussi un corps.

(L’Absolu – Parabrahman  est antérieur au deux.) Quand nous éprouvons de la peine, son origine est notre propre conscience.

Là où il n’y a pas connaissance, il n’y a pas de formes, pas de gunas , pas d’actions.

Concentrez-vous sur la conscience et rien d’autre.

Quoi que vous fassiez sera une obstruction.

Extrait du Nirupana 30 de « Méditations avec Sri Nisargadatta Maharaj » éd. Aluna

Nirupana 29 – le temps

nisargadatta Nirupana 29

 Le temps apparaît avec « Je suis » et alors tout arrive. Quand il disparaît, rien ne reste.

Ce n’est pas possible d’être totalement sans préoccupation, parce que c’est inhérent à la nature du temps. Nous sommes juste des spectateurs impuissants.

Les choses arrivent telles qu’il se doit.

Toutes les affaires du monde se font spontanément. Rare est celui qui examinera et délibérera sur cette question.

Nous évoluons dans notre vie quotidienne uniquement sur la base de ce que nous avons lu et entendu (Maharaj dit que chacun d’entre nous est conscience pure, un témoin passif. Les impressions enregistrées dans la mémoire sont à l’origine de toutes les activités. Cela se fait automatiquement).

Nous avons oublié notre vraie nature. Notre comportement est celui d’un roi se comportant comme un mendiant dans un rêve. À l’état de veille, nous avons la connaissance, mais il y a aussi l’enchevêtrement des trois gunas .

Menez à bien vos activités quotidiennes mais rappelez-vous qu’elles sont éphémères.

Il est dit que Dieu créa le monde.

C’est notre propre conscience. Elle est sans forme. Quand cela est réalisé, le travail est accompli.

Évoquez-vous libre et sans corps.

Contemplez le contemplateur.

Extrait de Nirupana 29 « Méditations avec Sri Nisrgadatta Maharaj » éd. Aluna