Nirupana 58 – La conscience est Brahman

Pourquoi appelle-t-on un dévot, un dévot ? Parce qu’il n’a de soin que pour Dieu, qu’il a pour contemplation Dieu. Les autres sont dans l’anxiété de leur vie quotidienne. Tous sont fixés sur ce qui se passe dans leurs affaires courantes. Rare est celui qui a un réel désir de connaître Dieu. Pour celui qui a la connaissance suprême, il n’y a pas d’autres pensées que Dieu. Alors, C’est à Dieu que revient la responsabilité de subvenir au besoin quotidien du dévot.

Brahma, Vishnu et Shiva, ne peuvent pas conserver éternellement leur forme présente. Dans ce sens, ils sont illusoires. L’expérience qui est connue au travers des sens est illusoire. Celui qui a connaissance de cela est éternel.

Le Guru illumine votre nature véritable. Celui qui considère le corps comme sa véritable nature, ne peut pas le faire. Quel est l’instrument de dévotion et d’adoration ? C’est la conscience qui est présente dans le corps. Elle doit être appelée Dieu ou Guru et honorée. La conscience est Brahman. Méditez sur cela est tout ce qu’il est nécessaire de faire (au- cune autre pratique n’est requise). Contemplez et méditez sur le Guru. Il n’y a pas d’autre Dieu. C’est une vénération non duelle. Dans cette sorte de dévotion, Dieu, qu’il soit avec qualités ou sans qualités (mani- festé ou non manifesté), avec tous ces noms, est de la nature du dévot. Où se trouve Dieu, il y a un dévot ; où se trouve un dévot, il y a Dieu. Il n’y a pas de dualité. À moins que vous n’acceptiez ceci et que vous vous y immergiez, vous ne pourrez comprendre. À moins qu’un individu plonge dans l’eau, il ne pourra nager. La dévotion fait ressentir la nature de Dieu. En fait, leurs deux natures sont une seule et même. S’il n’y a pas la conscience, qui peut dire : « C’est ou ce n’est pas ? »

Combien de chercheurs sérieux, parmi ceux présents actuellement, utiliseront cette vie transitoire pour chercher Dieu ? Méditez sur Celui qui prend note du monde phénoménal et passager. Quand le dévot est devenu de nature identique à Dieu, il s’abandonne à Lui. Dieu prend soin de lui. Ses besoins sont assurés. Qui nourrit le fœtus ? Qui génère le lait dans le sein maternel ? Quand les dents apparaissent, la nourriture n’est-elle pas là ? Ceci est la sorte de foi nécessaire pour un véritable dévot. Il vit avec une conviction inébranlable. C’est une posture pure, comme celle de l’enfant. Est-ce qu’un tel dévot mendiera pour combler des désirs ? En paix, Il dira : « Je suis Cela. » Il est béni par l’expérience de l’enfant. Il n’a pas de peur. Comment pourrait-il encore s’inquiéter ?

Quand les choses deviennent insupportables, répétez : « Guru, Guru, Guru. » Il vous montrera à la fois sa nature avec et sans forme. Par la dévotion au Guru, Dieu devient désireux de Se manifester. Si même après avoir écouté tout ceci, quelqu’un ne vénère pas Dieu, que faire ? Votre conscience est la représentation de Dieu. Par la dévotion, elle devient l’infini Brahman.

Nisargadatta Maharaj

dimanche 3 septembre 1978

Nirupana 58 extrait de  » méditations avec Sri Nisargadatta Maharaj » aux éditions Aluna 

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