Nirupana 64 – Cela qui transcende le temps

Être présent à notre sensation d’être est méditation. Nous avons compris qui nous sommes; restez-y présent. À moins que l’intellect ne le comprenne, le cœur ne l’acceptera pas. Soyez toujours conscient que vous n’êtes pas le corps, vous êtes sans forme. Avez-vous connaissance de comment vous étiez avant d’acquérir un corps ? Cette connaissance se présente à vous pour ôter la conscience identifiée au corps. Votre corps n’est pas la forme du Soi. Penser que le corps est sa propre forme, est l’ego. Celui qui saisit ceci devient Brahman.

Le mantra du Guru devrait être répété continuellement. Avec de la pratique, même le poison peut être digéré. Essayez de prendre l’habitude de vous asseoir en méditation. Augmentez ce temps d’une minute par jour. Il n’y a rien d’impossible dans ce monde si vous êtes déterminé. Le monde phénoménal est fait de votre propre force vitale. Rien n’est impossible pour elle.

Les rituels se poursuivent tant que vous n’avez pas connaissance de qui vous êtes. Il est facile d’être quelqu’un d’autre, mais être de la nature de Paramatman est très difficile.

C’est de l’ignorance que de penser que vous êtes un être humain qui subit les lois karmiques. La conscience est recouverte par le corps. Il en est ainsi par ignorance. C’est par elle que nous connaissons que nous sommes. Puisque vous n’êtes pas la forme corporelle, c’est une illusion de penser que vous allez mourir. Notre véritable nature est celle de Celui qui connaît la conscience présente dans le corps. Nous sommes Ce qui a connaissance de la conscience, sans mots.

De nombreuses actions sont menées par l’acquisition des savoirs du monde. Cependant, cela n’est pas la connaissance de notre propre nature. Il faut comprendre que notre vraie nature est sans activités, au- delà de la naissance et de la mort. Cela, qui connaît la conscience, est immuable. Ce que nous pouvons connaître au travers de la conscience n’est pas notre véritable nature. C’est changeant. Ce qui est connu sans avoir à connaître, ne change jamais. Cela qui est vrai, est éternel. Ce qui est éternel est la Vérité.

La conscience est Dieu. La conscience, le monde et Dieu sont liés au temps et, par conséquence, sont temporaires. On peut dire que Dieu est de la nature de l’univers. De toute manière, ce qui est vu ou senti finira un jour. Votre véritable nature n’est ni vue, ni sentie. D’où le fait qu’elle n’est pas liée au temps. Un être sur des millions connaîtra ceci.

La conscience qui s’est prise pour le corps est l’ignorance. Celui qui a connaissance de ceci est éternel. Il n’a pas de contrat avec la vie. Il est pure non-dualité. Après avoir entendu ceci, voyez où vous êtes. Votre véritable nature n’a pas l’expérience de la veille et du sommeil. Dans un premier temps, vous devez réaliser que vous êtes la conscience. Ensuite, que vous ne l’êtes pas non plus. Notre conversation est de la connaissance matérielle. La caractéristique de ce matériel est la conscience. La conséquence de l’essence de nourriture est la sensation d’être. Le corps est un objet. Vous n’en n’êtes pas un.

Celui qui est purifié est Dieu. Le jiva est essence de nourriture. Réaliser que « Je ne suis pas le corps » met fin à la connaissance objective, telle que « Je suis comme ceci », etc. Ce qui est important, c’est la discrimination entre ce qui est transitoire et ce qui est éternel. Ne courez pas après les concepts. N’essayez pas d’être ce que vous n’êtes pas. Autrement, vous serez à nouveau ficelé dans des concepts. N’acceptez aucun compliment. Ne vous qualifiez pas. Vos actions et leurs résultats ne sont ni vrais, ni éternels. Rare est celui qui, sans être illusionné par la forme physique, saisira ceci. Il a alors connaissance que le monde est né dans sa conscience.

Ne soyez pas déprimés. Prenez courage. Reconnaissez tout ceci et poursuivez votre vie quotidienne. Vous comprendrez que la souffrance est comme un jouet d’enfant. La première chose que chaque être ressent est qu’il est. C’est temporel. Celui qui a cette connaissance est éternel. Ce qui s’élève, disparaît aussi. La connaissance prend fin tranquillement et tout est en paix. Vous êtes Ce qui connaît « Cela qui transcende le temps ».

Cela qui est intemporel est connu de vous assurément, mais vous ne prenez pas le temps de discriminer. Cela, qui n’est pas connu du mental, est présent avant la perception « Je suis ». La naissance du mental peut être appelée la naissance de Dieu ou Brahman – le manifesté. L’influence de Brahman, la création, est très complexe. Seul le Sadguru peut l’enlever. Aussi, accrochez-vous à la parole du Guru. Alors, vous ne serez plus malmené par cette influence. Affirmez que vous êtes Dieu. À travers Lui, allez au-delà de Lui. Tout ceci est connaissance matérielle. Rappelez-vous que vous n’êtes pas un objet. Celui qui est antérieur à toute qualité, antérieur à la sensation « Je suis », est intemporel. Il est ni grand, ni petit. Celui qui saisit ceci laisse tomber toute idée de mérite et devient le plus petit des petits. La conscience identifiée au corps est une misère. Celui qui conserve des doutes au sujet du Guru ne trouvera la paix nulle part.

dimanche 8 octobre 1978

Extrait de  » méditations avec Sri Nisargadatta Maharaj » aux éd. Aluna

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