Nirupana 87 – un état au-delà des besoins

Nous sommes tous nés au sein de la même espèce, mais à la naissance nos caractéristiques sont différentes. C’est à cause de la combinaison des cinq éléments. Ainsi la manière de s’exprimer de chacun est différente. Nous subissons les programmations des cinq éléments en tant que destinée.

Le but pour chacun est le même, cependant il y a différentes opinions. Dans le sommeil profond, nous sommes tous identiques. Aussitôt que nous nous réveillons, la différentiation se met en place. La sensation « Je suis » est la caractéristique de la conscience. Quand la forme va apparaître, l’essence des cinq éléments est en action. Cela signifie que la conscience est générée. Elle s’éteint quand vient la fin. Ce n’est pas notre fin. Le jnani est séparé de la conscience. Vous connaissez un jnani par son nom, son corps, et ce qu’il vous dit. Mais pour le connaître directement, vous devez aller au-delà de votre conscience. Aussi longtemps que le mental, avec ses changements incessants, continue à errer, vous n’êtes pas prêt pour la réalisation du Soi.

Croire que je suis le corps est ignorance. Notre identité sans le corps est illimitée. La conscience se prend pour le corps. Ceci est la grande faute. Dans le corps se trouvent le prana, et la conscience, en tant que caractéristique du prana. Quand le prana quitte le corps, la conscience disparaît. L’ignorant dit que la personne est morte. Le corps est la nourriture qui soutient le prana et la conscience. La conscience est le Guru.

Le prana implique la parole, le discours. Tous deux sont interdépendants. Ensemble, ils sont nommés respectivement prakiti (la création) et purusha (le témoin.) La parole du Guru, elle-même est prana. La conscience est le Guru. Une fois saisi ceci, comment vous voyez-vous ? Pensez-vous être le corps ? Votre conduite résulte des cinq éléments. Le comportement des cinq éléments est appelé votre destinée.

Quoi que ce soit qui arrive est tel un rêve. Des désirs seront là jusqu’à ce que le prana et la conscience soient réalisés. Le désir est la racine de l’esclavage. Après la réalisation, il y a passage à un état au-delà des besoins. Poursuivez vos activités quotidiennes de la meilleure manière qui soit. Prenez soin des membres de votre famille en les traitant comme Dieu. N’attendez aucun profit de cela. Vous devez réaliser le prana et les gunas très clairement. Alors, vous transcenderez immédiatement la conscience et ses caractéristiques.

Vous serez véritablement satisfait. Le plus grand désir est le désir de vivre. La conscience dans le corps est le roi – le Soi. La force vitale ou prana est le serviteur. Pratiquer rend toute chose possible. Dites : « Je ne suis pas le corps », faites-en une habitude. Cela ne se produira pas instantanément.

Nisargadatta Maharaj

jeudi 11 janvier 1979

Extrait de  » méditations avec sri Nisargadatta Maharaj » aux éditions Aluna.

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