Nirupana 90 – Vous pensez que vous agissez, mais tout se fait spontanément.

Les gens répètent le nom de Dieu de multiples manières, telles qu’elles leur ont été enseignées. D’après ma propre expérience, si le mantra est répété avec la juste respiration, le mental devient silencieux et un état de samâhdi s’ensuit.

Même en plein combat, Arjuna vivait une paix inébranlable. Sans paix, il n’y a pas de samâhdi. La paix qui découle de la réalisation du Soi est le véritable samâhdi. Les autres sont des constructions mentales. Soyez dans la connaissance de n’être ni le corps, ni le mental, ni le prana, et restez tranquille. Alors, les activités du corps-mental ne vous affecteront pas. Qui est concerné par la naissance ? Qui est concerné par la vieillesse ? Voyez cela. Toutes les bonnes et mauvaises habitudes sont liées au corps et s’en vont quand le corps s’en va. Mais vous n’êtes pas le corps. Tant que vous vous prendrez pour le corps, il y aura la sensation d’être un homme ou une femme, avec les peines et plaisirs qui vont avec. Toutes les qualités dépendent de la conscience identifiée au corps. Notre véritable nature n’a pas de qualités.

La vérité ultime, Paramatman, ne fait pas partie d’une caste ou d’une religion. Celui qui a la connaissance, reconnaît cela et garde le silence. Si je vous dis de pratiquer tel rituel, vous le ferez, mais cela ne vous sera d’aucune utilité. Vos tourments viennent de la conscience, pas du monde. La connaissance que l’on peut évoquer est encore du domaine de l’ignorance. Toute action dans le monde est juste un divertissement.

Tant que vous ne lâcherez pas ce divertissement, il n’y aura pas de paix. Le vrai jnani ne voit pas le monde comme véritablement réel. Un jnani n’est pas préoccupé par le fait d’agir ou de ne pas agir. C’est pourquoi il n’y a rien à dire au sujet de sa vie quotidienne. Juste répéter : « Je ne suis pas le corps, je ne suis pas le mental », n’est pas suffisant. Il faut connaître les qualités qui relèvent du corps et du mental. Un simple savoir verbal ne fonctionne pas.

La conscience dans le corps est la caractéristique de l’essence de nourriture. Elle sera présente aussi longtemps que cette essence est présente. Toutes les choses sont contenues dans la conscience. Le prana et la conscience apparaissent de l’essence de nourriture. Combien de temps seront-ils là ? La conscience par laquelle vous faites l’expérience du monde n’est pas éternelle. En réalité, rien n’est véritablement créé.

Rompez avec le concept que vous êtes l’auteur des actions, et faites ce qui vous plaît ! Tout comme le diamant taille le diamant, il faut utiliser la conscience pour aller au-delà de la conscience. Aucun autre outil ne peut convenir. Accrochez-vous à ce par quoi vous expérimentez la peur (la conscience crée la dualité, qui génère la peur. L’unité dans la conscience permet d’être libre de la dualité, c’est ce qui se produit par la réalisation du Soi. Aussi, qui expérimente la peur ?).

Après avoir entendu cela, peut-être que vous ne me reverrez plus. Mais en tout cas, si cela vous offre la réalisation, vous accourrez de loin et vous vous prosternerez. Vous pouvez être en quête de la Vérité toute votre vie, seule votre conscience vous libérera. Elle vous libérera de tous vos besoins. Après quoi, il n’y aura plus le besoin de Dieu.

Vous devez être libre de la conscience. C’est la maya primordiale. Ce n’est pas l’état permanent. S’il y a compréhension de ce qu’est le temps, la peur s’en va à tout jamais. Pour mettre fin aux tourments, embrassez Cela par quoi tous les tourments sont connus. Cela par quoi vous avez connaissance de tout, est identique aux pieds du Guru. Méditez-y. Les trois gunas sont à l’œuvre, mais en tant qu’individu vous revendiquez en être l’auteur. Cette individualité doit être lâchée. Vous pensez que vous agissez, mais tout se fait spontanément. Vous viendrez à connaître que tout se fait de lui-même. Vous ne faites rien. C’est seulement une impression. Ce qui ne se fait pas au travers de la méditation, se fera à travers le discernement.

Celui qui a créé le corps connaît le remède. Que peuvent faire les médecins ? Sans prendre pour support le nom ou la forme, soyez en unité dans la conscience. En fait, rien ne s’est produit, et cependant vous voyez le phénomène-monde. C’est une propriété de votre conscience. Soyez totalement présent à cela.

Nisargadatta Maharaj

jeudi 1er février 1979

Extrait de  » Méditations avec Sri Nisargadatta Maharaj » aux éditions Aluna

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