Nirupana 99 – ni connaissance, ni inconnaissance

Vous avez accepté la limitation du corps, et ainsi vous êtes prisonnier de ses actions. Paramatman est sans limite. Depuis la naissance du corps, vous avez accepté les concepts. Vous vous accrochez à ces concepts. Le concept premier est « Je suis » ou « Je suis conscient ». De ce concept découle la sensation de temps. Une fois que ce concept premier sera vu comme faux, vous réaliserez que vous êtes sans naissance et sans mort. À chaque instant, il y a des millions d’incarnations de la conscience (ce que nous voyons, visualisons, et imaginons est l’incarnation de notre conscience). Il est dit que les pensées du dernier moment d’une personne décident de ce qu’elle deviendra. Ceci est vrai pour une personne ignorante qui se prend pour le corps. Qu’est-ce qu’un jiva ? Qu’est-ce qu’une personne ? C’est l’existence. C’est sans forme. La conscience est née ; elle possède les caractéristiques de l’essence de nourriture. En tant que telle, elle est pure. Par la présence du corps, elle semble polluée. La plus simple définition de Parabrahman est : Cela qui est au-delà de tout ce qui peut être vu ou expérimenté. Il est éternel et vrai. A-t-il une quelconque expérience d’implication ? Il est au-delà de l’espace. Il est immuable. Expérimentet-on l’espace pendant le sommeil profond ? Celui qui évolue est celui qui est consumé par le temps. Quoi que ce soit qui se produise est dû à l’expression de la conscience. Paramatman ne peut faire bien ou mal. Au sein de ma véritable nature, rien ne peut être changé. Paramatman n’est ni connaissance, ni inconnaissance. Il ne possède pas un iota d’information. Ce qui fait preuve de dévotion est de la nature de l’éternel Parabrahman. Si la lumière du soleil est présente, il n’y a pas besoin de chercher après le soleil. La lumière du soleil n’est pas indépendante du soleil. De la même manière, tout vient à l’existence à travers ma conscience. Je suis, moi-même, Parabrahman, Celui qui est parfait. Tout se produit au sein de l’espace de conscience. L’attente, le désir, la peur, la naissance, la mort existent au travers du mental. Ils s’élèvent avec le sens « Je suis ». Celui-ci veut perdurer. La conscience produit le cosmos que nous voyons. L’espace de la conscience est apparu de lui-même. Avec certitude, Je suis Parabrahman. Je suis plénitude. Vous vous préoccupez de votre corps. Vénérez votre conscience. Les imperfections s’accumulent quand vous vénérez le corps. Celui qui devient un avec sa conscience fait obligatoirement l’expérience d’être le témoin absolu (le quatrième état). Le monde et votre conscience ne sont pas deux choses séparées. Votre état de pleine conscience et le monde sont de même nature. Rappelez-vous bien que Atman, la connaissance, et le monde sont un et un seul. Attardez- vous sur le fait que votre conscience soit visible en tant que le monde. Une grande importance est donnée à la naissance du corps que vous appelez vôtre. Quelqu’un, ici, a-t-il le courage d’affirmer : « Le monde entier est ma propre forme, ma propre nature ? » Par l’expression de Sattva (conscience), l’état de veille surgit en tant que « Je suis ». Par le fait que cela se reproduit sur un long temps (la durée de vie du corps), il se produit une intoxication, jusqu’à en arriver au fait que l’état de conscience puisse être difficile à supporter. Pour connaître le secret de la conscience, il faut devenir très intime avec elle. La conscience dans le rêve ou l’état de veille est la même. C’est un processus physique. Après avoir acquis une connaissance fine des trois états que sont la veille, le sommeil, le rêve, celui qui vit à partir du quatrième état est pur Brahman. Cela demande d’y être dédié totalement pour se réaliser.

Nisargadatta Maharaj

dimanche 18 mars 1979

Extrait de  » Méditations avec Sri Nisargadatta Maharaj » aux éditions Aluna

Une pensée sur “Nirupana 99 – ni connaissance, ni inconnaissance”

  1. « Votre état de pleine conscience et le monde ne sont pas séparés. Qu’elqu’un a- t- il le courage d’affirmer : « le monde entier est ma propre forme, ma propre nature? »
    Encore un diamant de Maharaj.
    Parfois en le relisant on s’étonne de ne pas avoir ramassé ces diamants sur le chemin . Mais pour le moment, souhaitons (comme il dit ) que la graine étant semée, elle germe et devienne un arbre immense qui remplit tout l’univers !

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