Sois – Gurupurmina

Nisargadatta Maharaj: Depuis combien de temps suivez-vous cette recherche spirituelle?

Visiteur : De nombreuses années.

Nisargadatta Maharaj : Avez-vous était associé à un sage? Avez vous un Guru en France?

Visiteur: Qu’est-ce qu’un Guru?

(Maharaj demande à une personne présente à ses côtés de dire  ce que pour elle est un Guru).

Disciple:  Le Guru est un reflet de vous-même, il prend la forme d’un guide.il est le témoin, quoi que cela puisse être.

Maharaj: L’observateur, celui qui est le spectateur de la personne, est le Gurur mais il n’a ni aspect, ni forme. Il  vous faut accéder à cette conviction.

Visiteur: Il s’appelle lui-même l’observateur, oui.

Nisargadatta Maharaj : L’observateur de qui?

Visiteur: L’observateur du mental.

Nisargadatta Maharaj: Cet observateur a-t-il un corps?

Visiteur: Non.

Nisargadatta Maharaj : Quand vous évoquez l’observateur cela signifie simplement vous, n’est-ce pas?

Visiteur: Je ne suis pas sûr qu’il s’agisse de moi en tant que moi.

N.M: L’observateur de l’intellect ne peut-être que vous-même , non ?

V: Moi-Même… et c’est cela le Guru?

N.M: C’est votre compréhension qui est le Guru, cette compréhension qui est complète, totale connaissance. C’est cela que l’on vénère, aux pieds de cela que l’on se prosterne. Vous êtes à Bombay mais vous souvenez vous de la ville ou du village d’où vous venez?

V: Oui.

N.M: Similairement, vous devriez connaître cet état de connaissance sans corps que vous êtes.

V: M’en souvenir?

N.M: Savoir comment il est venu, comment il est apparu.

Visiteur: Comment sont apparus la connaissance ou l’observateur?

N.M: L’observateur en elle-même est connaissance. Comment est-elle apparue?

V: Je ne me le rappelle pas.

N.M: Cela doit être exactement su.

V: Comment elle est apparue? Je sais comment elle apparaît mais je ne sais pas comment elle est apparue pour la première fois. Je comprends comment la connaissance se révèle : je veux dire quand elle apparaît maintenant, en chaque instant. Je sais aussi que lorsque je veux demeurer tranquille, je n’observe plus. Voilà comment cela apparaît et disparaît en moi.

N.M : Cette connaissance n’apparaît aps et ne disparaît pas à chaque instant. Ce dont vous parlez est simplement l’observation de vos émotions et de vos pensées, mais ce qui connaît cette observation ou cette absence d’observation demeure en place, c’est là immuablement.

V: À moins que ce soit là sans que j’en aie conscience…? Puis-je en être conscient quand c’est présent et, et en même temps conscient quand c’est absent?

N.M: À quoi vous référez-vous quand vous dites que vous en avez conscience ? Le témoin est là que vous n ayez conscience ou non, il est toujours là. Alors à quelle conscience vous référez-vous?

V: À l’observateur des émotions, des pensées et des sensations.

N.M: Vous avez connaissance de votre enfance, vous souvenez -vous de vous -même enfant?

V: Oui, du moins de certains aspects. Je ne me souviens pas de tout.

N.M: Cet état « Je suis » de votre enfance se poursuit jusqu’à la vieillesse, jusqu’au dernier jour. Le même processus d’être, de conscience, le m^me état  » Je suis » se poursuit, vous êtes d’accord? Vous êtes un enfant, un adolescent, un adulte plein de force, puis un vieillard de plus en plus faible et courbé, mais votre connaissance d’être demeure la même?

V: Enfin, quelque fois elle est et quelque fois elle ne l’est pas.

N.M: Absurde. Si comme vous le dites la connaissance n’était pas immuable, sur quoi vous appuieriez-vous pour dire qu’elle ne l’est pas? Quelqu’un doit bien le savoir?

V: Il n’y a que moi qui puisse savoir sil a connaissance n’est pas la m^me à présent ou , du moins, je le crois … mais en fait je suppose que personne ne peut le savoir.

N.M: Il vous faut méditer souvent et mûrir afin de parvenir  à comprendre le langage utilisé ici .

un vieillard dit  » je suis un vieille homme », la connaissance de ce vieille homme comprend  également » j’ai été un enfant ». Ce « je » n’est-il pas le même « je » qui perdure de puis l’enfance?

V: Oui, le m^me.

N.M: Méditez sur ce « je ». Qu’a-til de commun avec l’enfant et le vieillard? Qu’est-ce qui est constant?

 

Nisargadatta Maharaj

Extrait du chp 6 de la 1ère partie de « Sois » aux éditions des deux océans

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *