Nirupana 103 – Nous ne sommes rien d’autre que la grâce du Sadguru

La nature du Sadguru est éternelle et infinie. Rama, Krishna, Hari, etc., sont tous Ses noms d’apparat (tous ces noms sont ceux de la conscience dans les apparences corporelles correspondantes). Quand le concept de la naissance est vu irréfutablement comme faux, tout ce qui lui est lié est aussi vu comme faux. Le Guru est Parabrahman. Celui qui a compris cela, s’y tient intérieurement et accède à la nature du Guru. Une fois que le corps subtil est dissous, il n’y a plus aucun concept de mort. Alors, ce qui subsiste est le principe non né. La conscience identifiée au corps et la sensation d’être l’auteur des actions disparaissent par la grâce du Guru. Une fois que cela est saisi et assimilé, vous ne l’oubliez plus. La grâce du Sadguru signifie la manifestation de Sa conscience. La conscience a un sens d’individualité de par le corps. Ce sens s’en va et ce qui reste est la totalité. La nature de Brahman est conscience. Aussi longtemps que le corps subtil est présent, il y a un ego. Quand celui-ci est extirpé, il n’y a plus de naissance. La conscience identifiée au corps laisse alors place à l’Infini universel. L’état de Parabrahman et la grâce du Sadguru sont un. Cela prend son sens en réalisant sa propre véritable nature. Vous devenez Cela, tel qu’on vous l’a décrit. Alors, la grâce du Sadguru se manifestera. Nous ne sommes rien d’autre que la grâce du Sadguru. La conscience dans le corps se manifeste dans le monde au travers de l’acceptation de divers concepts. Celui qui a porté toute son attention sur la parole du Sadguru obtiendra assurément Sa grâce. La nature du Sadguru se déploiera et deviendra limpide. Vous viendrez à connaître que vous et le Guru êtes le même. L’expérience du monde et le rêve viennent au travers du corps. Qu’y a-t-il dans le corps, après tout ? Avec cette connaissance, le corps subtil est déposé, reste alors la véritable nature. C’est alors que le chercheur n’a plus d’individualité, de concept de naissance. Celui qui n’a pas réalisé ceci est contraint de se comporter conformément à la nature du temps. Le terme de vie, de la naissance à la mort, est une saison qui passe ; c’est le temps. Toutes vos expériences dépendent du temps. Aussi, comprenez ceci une bonne fois pour toutes avant que votre vie arrive à son terme. Le Jnani vit une journée juste dans l’instant. Toutes les choses seront accomplies dans la présence à l’instant. Quel aspect de vous-même voulez-vous préserver ? Ce que vous êtes maintenant est simplement passager et donc temporaire. Si vous comprenez la nature du temps, vous transcenderez le temps. Tout ceci sera clarifié par la parole du Guru. Le mouvement perpétuel de la conscience se poursuit en vous. Observez-le juste. Dans la phase d’ignorance, la libération était nécessaire. Une fois la connaissance du Soi révélée, cette libération est à votre service. Il en est ainsi tant qu’il y a la plus infime trace d’individualité. L’individualité dépend du temps. Celui qui connaît le temps est le Sadguru. Celui qui dépend du temps ne sera jamais libre de préoccupations. Celui qui connaît le temps n’a pas besoin d’une durée de vie. La félicité signifie la réalisation de votre véritable nature intemporelle. Votre expérience du temps se situe entre le lever et le coucher de la conscience. Le Sadguru est notre véritable nature. Ce pourquoi nous nous prenons est de nature temporelle. Il s’agit du sens de « moi et mien », et de rien d’autre. Et encore, il n’y a rien de tout cela. Restez profondément tranquille. Ne laissez pas venir de perturbations par le renoncement ou l’acquisition de quoi que ce soit. Seul le mental est né, pas vous.

Nisargadatta Maharaj

jeudi 29 mars 1979

Extrait de  » Méditations avec Sri Nisargadatta Maharaj » aux éditions Aluna

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