Nirupana 104 – Le rêve prit fin et le monde disparut

Une personne ordinaire ne peut pas réaliser le Soi. Elle se voit comme étant le corps. À moins que la conscience identifiée au corps soit supprimée, la réalisation du Soi ne peut pas advenir. En fait, les impuretés du corps grossier ne peuvent pas affecter la conscience présente dans le corps. Cependant la conscience s’exprime en tant que corps. Quelle que soit l’apparente joie expérimentée, elle sera aussi la source de tourment. Le Soi s’identifie au corps et perd ainsi sa perfection. Aussi longtemps que le concept de naissance sera présent, il y aura tourment. La conscience en elle-même est sans forme, pure et sainte, mais elle est alourdie par les concepts de naissance et d’ego. Celui qui en arrive à l’écoeurement des affaires du monde commence à se détacher. C’est par la conscience identifiée au corps que se fait l’imprégnation avec les cinq éléments. La connaissance dans le corps est la sainte vision de Dieu. C’est Lui qui fait comprendre que l’idée de naissance est erronée. Il anéantit le sens de l’individualité. La conscience est occupée par tant de pensées. Sous la guidance du Guru, vous allez la tourner sur elle-même. Celui qui saisit qu’il n’y a pas de différence entre lui et le Guru, s’illumine. Celui qui accepte qu’il n’est pas le corps, reçoit la grâce du Guru. La conscience est infinie et sans limite. Alors comment pourrait-elle mourir ? Par la grâce du Guru, la naissance du corps devient la naissance de Brahman. Alors le chercheur oublie qu’il se prenait pour un individu.

Même si le jnani imprègne toute chose, il a encore un désir : celui que la connaissance se poursuive. Il est à la recherche de quelqu’un ayant les qualités requises pour recevoir cette connaissance et la lui transmettre. Ainsi, tous sont des dévots de Dieu. La dévotion envers Dieu est dévotion envers le Soi. Tout est fait pour que le sens « Je suis » se perpétue. En accord avec la parole du Guru, si vous vénérez la conscience sans forme, vous deviendrez immortel et indestructible. Vous comprendrez que votre véritable nature est Parabrahman. Est-ce que le Soi a des besoins tels que de la nourriture, une femme, un mari, des enfants, ou cela concerne-t-il le dévot ? Le Soi ne se soucie pas de la forme corporelle. Ceux qui ont atteint la connaissance du Soi se sont déployés à l’entière manifestation et l’ont transcendée. Ils sont Parabrahman – au-delà de toutes formes et qualités. Si vous avez réalisé le Soi, les rituels, religions, magies blanches ou noires, malédictions et fantômes ne vous concernent pas. Au contraire, ils se retournent contre ceux qui en feraient mauvais usage à votre encontre. Quelqu’un qui veut se jouer d’un jnani apportera sur lui-même beaucoup de tourments. Si vous donnez du crédit aux diseurs de bonne aventure, c’est que vous n’avez pas atteint la réalisation du Soi. Dans le rêve, le monde était vu. Dans le rêve apparaissait aussi votre corps. Le rêve prit fin et le monde disparut. Qu’advient-il de celui qui regardait le rêve ? Est-ce qu’Il contemple son corps gisant là ? Il n’est jamais venu, ni parti. L’Atman n’est pas le prana. Reconnaissez ce fait. Ce n’est pas suffisant d’en faire juste un savoir. Qu’est-ce qui, présent dans le corps, nous permet d’avoir la connaissance que nous sommes ? Vous devez faire acte de dévotion envers le Guru (une dévotion non duelle). Soyez attentif. Préparez-vous pour la félicité du dernier moment. Pour les autres, ce sera un événement terrifiant.

Nisargadatta Maharaj

dimanche 1er avril 1979

Extrait de  » Méditations avec Sri Nisargadatta Maharaj » aux éditions Aluna

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