Nirupana 60 – le lieu de rencontre du manifesté et du non manifesté

Votre ancienne identité s’en ira, et vous parlerez à partir d’une nouvelle identité, mais sans vous prendre pour ceci ou cela. Vous ne saurez rien de cette nouvelle identité qui parlera spontanément.

Voici une jolie fleur ; qui est responsable de sa croissance ? Là où il y a force vitale, il y a mouvement. Ce qui se manifeste tendrement et délicatement dans la fleur, est ce qui parle aussi au travers de ce corps. Dans le cas de la fleur, ça ne parle pas, mais ça montre que « c’est ». C’est à la fois manifesté et non manifesté, et cela imprègne tout. Il y a un précieux échantillon de la force vitale infinie en vous. Vous vous immergerez dans Cela. Vous ne pourrez pas Le voir. S’immerger ne veut pas dire mourir.

Le mental est occupé par les pensées générées par ses principaux concepts. Chaque être s’identifie à son corps. Un rare être humain sur un million s’identifie à Dieu. Le prana s’appuie sur la nourriture et tout s’exprime au travers de la puissance du prana. La conscience surgit quand le prana et l’essence de la nourriture sont mêlés. C’est la source d’inspiration « Je suis Brahman ». Atman ou « Je » est sans forme. Les arbres poussent haut par la puissance du prana. Sans la combinaison de la nourriture et du prana, il n’y a pas de conscience. Je ne suis ni la nourriture, ni le prana; je suis là uniquement quand ils s’unissent.

Les gens conversent au sujet de Dieu et de Brahman (le principe de manifestation). Ce n’est pas ce que je fais. J’évoque ma propre réalisation.

Cette connaissance vient du point de rencontre du monde et de Cela qui est antérieur au monde. C’est le lieu de rencontre du manifesté et du non manifesté. Cela doit être examiné avec attention. Ceux qui ont l’impression d’avoir compris, n’ont rien compris du tout (cela ne peut pas être conceptualisé.)

Les pensées apparaissent dans le mental sans être appelées. Elles vont et viennent. Quelque part quelqu’un meurt. Les gens se rassemblent. Quelles pensées sont présentes dans le mental de ces gens ? Le silence de celui qui est décédé a enterré le mental de ceux qui sont présents.

Alors qu’une action est effectuée par l’intermédiaire du corps, la sensation d’être l’auteur est ignorance. Vous vous comportez en fonction de l’image que vous avez de vous-même. Ce n’est pas la vérité. La conscience est présente pour une certaine période. On l’appelle le contrat d’expression de la vie, connu aussi comme le temps. Finalement, tout ceci disparaîtra.

La conscience dans le corps est l’expérience « Je suis ». Cette expérience n’appartient pas au corps. Elle appartient uniquement à la faculté de connaissance. Le corps n’expérimente rien. La conscience, présente dans le corps, est votre véritable nature. Elle n’a pas de forme. Une personne s’identifie à son corps et va ainsi. « Rien ne se passe réellement » – ceci sera compris si vous restez en compagnie de la conscience. En bonne compagnie (satsang), les pensées erronées sont remplacées par des pensées justes. Le jiva se purifie en réalisant sa véritable nature. Jusque là, l’impureté au sein de la forme corporelle est son seul domaine. En bonne compagnie, les pensées impures sont détruites ; le monde, de même, est nettoyé par le soleil.

Bhagavan veut dire le Lumineux. C’est la conscience qui nous fait sentir que nous sommes. Là où il y a dévotion, il y a conscience. Est-ce que le corps a de l’amour pour lui-même, ou est-ce la conscience présente dans le corps qui a de l’amour pour elle-même ? L’amour signifie la dévotion et la dévotion signifie l’amour, Dieu est ainsi. Quand l’ignorance est détruite, et que la conscience est libérée, le dévot devient Dieu. Il est nécessaire de contempler ce qui est entendu. Celui qui aime le Guru, s’aime lui-même. Rappelez-vous de ce que vous avez entendu.

Le Guru passe son temps à répéter tant de choses, mais restent-elles en vous ?

La conscience dans le corps est la représentation de Dieu. Si la conscience n’était pas perçue au réveil, vous ne pourriez mener aucune action. La perception « Je suis », que vous avez au réveil, est la sainte vision de Dieu. La conscience était minuscule à son réveil, mais ô combien infiniment sa lumière s’est-elle répandue ? Elle prend en compte toutes choses, réelles comme irréelles. Si vous accueillez cette conscience, vous connaîtrez votre infini. Elle est votre Guru. Elle est votre vraie nature.

Vénérez la conscience qui est antérieure à toutes choses. Mettez votre foi en elle. Jusqu’à ce moment, vous serez insatisfait et malheureux. Ayez la conviction d’être Dieu. Ne bavardez pas à ce sujet avec d’autres. Il n’est pas nécessaire d’annoncer votre éveil. Les gens se rendront compte que vous avez atteint la connaissance du Soi.

Nisargadatta maharaj

jeudi 14 septembre 1978

Nirupana 60

Extrait de « Méditations avec Sri Nisargadatta Maharaj » éd.Aluna

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