Nirupana 61 – La vision parfaite est sans regard

La manifestation implique la conscience. Elle est sans forme. Le mental est sans forme. Quand il n’y a pas de corps, il n’y a pas de forme. Actuellement, vous êtes pure conscience dans le corps. C’est la perception de votre propre existence. C’est plus subtil que l’espace.

Même dans le cas de « grandes » incarnations, il n’y avait aucune sensation de « Je suis », avant l’incarnation. Parabrahman, dans sa véritable nature, n’a aucune connaissance de Son existence. Sri Rama était Parabrahman, cependant son Guru a dû lui transmettre la connaissance du Soi. Qu’est-ce que cela signifie quand quelqu’un prétend avoir choisi ses parents, ou bien proclame être une incarnation ? Quelle preuve donne-t-il ? Une telle personne est ignorante. Quand il n’y a pas de corps, il n’y a pas de connaissance.

Le verbe implique le prana, la force vitale. La nourriture pour le prana est le corps, la conscience est connaissance. C’est l’assurance de votre existence. C’est Brahman. C’est le verbe. C’est la vibration de la manifestation.

Celui qui inflige un châtiment et celui qui souffre de ce châtiment sont la même conscience. Celui qui punit est identique à celui qui reçoit la peine. Pour pouvoir évoquer cela ouvertement, il est nécessaire de n’avoir aucun doute sur sa vraie nature.

La racine de la souffrance est en lien intime avec le prana. Il est difficile de supporter votre sensation « Je suis ». Votre existence, la présence de Dieu Lui-même, est souffrance. Toutes les activités mondaines sont menées pour supporter cette souffrance. Quand il y a une perturbation dans le corps, ayez le courage de dire : « Dieu (conscience), maintenant va-t-en ! »

C’est uniquement après la naissance que certains deviennent ingénieurs, scientifiques ou docteurs et, de la même manière d’autres deviennent sâdhu, jnani et yogis. Toutefois, qu’en serait-il s’il n’y avait pas de naissance ? Ce qui est appelé naissance est empli d’une infinité d’univers. Vous pouvez méditer sur tout, cela se manifestera devant vous. En qui le monde rêvé est-il créé ? N’est-ce pas en vous ?

Vous n’êtes pas pour autant libre du concept qui vous assure que vous vivrez de grands bonheurs dans le corps humain. La force vitale dans le corps est conscience – l’Atman. La nature essentielle de Krishna est la même que la vôtre. Celui qui agit le corps ne peut être perçu.

Vous devez écouter sans les sens corporels. La véritable nature de celui qui écoute est le Soi. C’est votre véritable nature. Utilisez votre conscience pour l’adoration. Les rituels sont là pour la satisfaction du mental. Il n’y a aucune expérience du mental dans l’adoration du Soi.

Beaucoup de choses sont vues quand les yeux sont ouverts. Cependant, avec les yeux fermés, ce qui est vu est le lieu où tous les yogis sont allés. La vision parfaite est sans regard. Tant que vous souhaiterez avoir une réussite dans la vie pour le confort du corps, rien ne pourra être accompli. Tous les chercheurs ont ultimement fusionné avec la force vitale. Le mouvement de la force vitale porte des noms tel que Brahman. Une particule de conscience est aussi l’océan de conscience. L’état du Soi est sans dualité. Mon discours et votre écoute n’impliquent pas la présence de deux Dieux. Cela veut dire que je parle à moi-même. Dieu n’a pas à apprécier les fruits d’actions vertueuses ou la souffrance résultant de mauvaises actions. Celui qui ne se considère pas lui-même comme Dieu ne peut en faire l’expérience. Jusqu’à ce que votre conscience soit parfaitement comblée, elle doit être adorée par le mental, puis sans le mental (l’adoration sans le mental signifie un état sans pensées, en tant que pure conscience). Comment le Guru offre-t-il sa grâce ? Quand il parle de son expérience, sachez qu’il s’agit aussi de la vôtre. Cela doit être compris jusqu’à la plus grande conviction. L’excès de contemplation est comme une agitation. Cela crée un poison à partir du nectar de la connaissance. Le poison est l’ego. Il doit être mâché par les pensées justes.

Celui qui n’a pas d’assurance dans la connaissance directe, doit pratiquer la dévotion. C’est le propos de la vie. C’est aussi le rappel de la parole du Guru. Ne cessez pas de vous rappeler que vous n’avez ni naissance, ni mort, ni bonnes ou mauvaises actions, vous n’êtes pas le corps, vous êtes éternel. Pratiquez la dévotion avec le mental. Où que vous portiez votre attention, le Sadguru est là. Ayez foi dans Sa parole.

Nisargadatta Maharaj

dimanche 17 septembre 1978

Extrait de « méditations avec Sri Nisargadatta Maharaj » aux éd. Aluna

2 réponses sur “Nirupana 61 – La vision parfaite est sans regard”

  1. Je retrouve la pureté de l’enseignement du maître avec cette induction si particulière et si fine que génèrent ses enseignements… Nul doute que la lecture du livre n’amène à de de puissantes méditations.
    Merci de ce partage

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