Nirupana 69 – Seul le corps meurt

   L’expérience du monde se fait à travers le corps. L’expérience de Dieu se fait aussi à travers le corps. Il réside dans votre cœur. Il ne peut être contacté qu’au travers d’une forme humaine. Quand le jiva atteint le Divin, tout le passif karmique est effacé.

Toutes les actions reposent sur la force du verbe. Cela, par quoi le monde est créé, se trouve dans notre corps. Celui qui le réalise devient un sage. Il n’est plus distrait par les désirs. Celui qui n’est plus perturbé par son mental, ne sera plus troublé par le monde. Celui, dont les orages intérieurs (les pensées) se sont tus, est un sage réalisé. Par la récitation du mantra, Dieu est comblé. La perception « Je suis » provient de la nourriture. C’est Dieu.

Personne ne devrait penser qu’il mourra. Seul le corps meurt. Et vous n’êtes pas le corps. L’amour de soi est une qualité innée de la conscience. Elle veut perdurer. Vous vivez dans la maison, mais la maison n’est pas vous. Il y a reconnaissance de « Je suis » dans le corps ; le corps n’est pas vous. C’est un instinct naturel de la force vitale de se préserver. Le corps est nourriture pour le prana (la force vitale.) Celui qui accède à cette connaissance devient immortel. Pour atteindre cette qualité, suivez la parole du Guru.

Une juste ferveur spirituelle peut être entretenue tout en menant une vie de famille. Aussitôt que vous réaliserez que vous n’êtes pas le corps, vous ne serez plus affecté par vos concepts. Le monde phénoménal dans son entier est fait de conscience. Quoi que vous soyez maintenant est de nature temporelle. Celui qui saisit ceci transcende le temps. Comme conséquence des trois gunas, nous ressentons que nous sommes. Le jnani est le témoin de la conscience.

Le prana se déploie dans l’espace et le corps se dissout dans les cinq éléments. Où va l’Atman ? Voyez que vous n’êtes pas le corps, vous êtes conscience. La sensation de connaissance est la qualité de l’essence de nourriture. Quand l’essence de nourriture s’en va, la conscience fait de même. Celui qui connaît la conscience est un sage. L’habit orange ne fait pas de vous un sage. Un tel être n’est pas libre de la peur. Un sage n’est pas lié par les traditions.

Si vous retenez une phrase de ce que vous avez entendu, et que vous la faites votre, vous serez libéré. Au moins, soyez tranquillement présent au fait que vous n’êtes pas le corps.

Nisargadatta Maharaj

Nirupana 69

Extrait de « méditations avec Sri Nisargadatta Maharaj » éd.Aluna

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