Nirupana 68 – L’état d’être, dans lequel n’est plus connu le fait « d’être » ou « de ne pas être », est appelé l’Absolu.

 

Vos croyances vous apporteront des expériences les justifiant. Continuez de réciter le mantra. Il vous permettra d’accéder à votre véritable identité. Vous viendrez à connaître que vous n’êtes pas le corps. Pour la réalisation du Soi, il est nécessaire que la conscience et la force vitale soient unies. Ceci se produit par la répétition du mantra. Il faut le faire à la fois avec amour et un sentiment d’urgence. Bien sûr, c’est la force vitale qui récite le mantra. Un engagement durable est nécessaire. Il n’y a pas d’investissement spirituel à temps partiel.

Le corps est créé à partir de la nourriture. Le bourdonnement de la conscience apparaît au travers de l’essence du corps. C’est ce que l’on nomme « Je suis ». Il n’existe pas de véritable sens de l’individualité, que ce soit pour un insecte ou pour Dieu. Il y a manifestation pour un certain temps. Maya signifie l’ignorance, qui signifie la peur. Sous son influence, le jiva s’approprie une identité et vit des expériences en rapport. Le fondement de votre vie est la conscience. Elle dépend de la nourriture.

Ce qui est dit ici ne pourra pas être compris tant que les « fautes » ne seront pas supprimées. Les concepts sont les fautes. Être n’a pas de signification. C’est juste un mouvement (une activité due aux gunas), mais le fléau en résultant doit être supporté. Le corps est un aspect de la nourriture. Dans cet objet-nourriture, se trouve un goût de « Je suis ». Il s’en va quand la matière nourriture est épuisée.

Ne parlez de ceci que si vous le saisissez (vivez) réellement. Vos pensées et vos mots sont des bulles dans la conscience. Quand ceci est compris, le jnani n’est plus importuné par les pensées. Quand la force vitale est présente dans le corps, il se produit une variété infinie de pensées et d’actions. La conscience est constituée de l’essence de la nourriture. Rien de tout ceci ne restera. Quand c’est fini, ça disparaît. Alors qui meurt ? Un homme, une femme ? La conscience-racine est créée à partir de cette essence (sattva) et est ressentie en tant que « Je suis ».

Le nom de Dieu est votre propre parole. Votre foi dans votre parole se manifeste en tant que Dieu. Les chants dévotionnels (bhajans) ont une grande importance. Avec le temps, cette parole prend plus de sens. Votre conviction grandit aussi. Atman peut prendre n’importe quelle forme. Les mots résident dans le cœur et émergent en tant que pensées. L’idée de « l’arbre à souhaits » implique que vos concepts se matérialisent. Avec de la peur dans votre cœur, vos actions seront empreintes de peur.

Krishna dit : « Mes dévots sont la manifestation de Ma véritable nature. » C’est l’amour, le Soi, la connaissance, ou la conscience d’être. Cette connaissance est sans forme. La nature du temps est liée au corps. La durée de votre vie, le lieu, les activités, etc., sont inclus dans le temps. La réalisation du Soi est félicité. Elle apporte la vraie joie. Le vrai dévot connaît ça. Si nous ne nous percevons pas de la sorte, alors qu’est-ce que méditer ? Il n’y a pas d’autre Dieu que la conscience. C’est « les pieds du Guru ». Alors, les actions sont menées, en ayant connaissance qu’il n’y a aucune différence entre soi et les autres êtres. Tous ont la même conscience. Dieu s’exprimant dans tous les êtres, tous sont considérés comme Dieu. Quand il est clairement établi que Dieu et « Je » sont le même, toutes les activités Lui sont une offrande.

La conscience, qui sans savoir comment vous est apparue, s’est éveillée en tant que « Je ». Elle est le support de toutes les actions. Celui qui a connaissance de cela n’est pas le corps, il se maintient dans une perpétuelle présence à lui. L’ego, qui proclame : « Je suis ceci, je suis cela », est celui qui revendique les actions. Portez attention au germe de conscience, l’état de veille atomique qui se lève à l’aube. Après avoir écouté le Guru, quels changements sont apparus en vous ? Une phrase, au moins, vous a-t-elle apporté une assurance ? Toutes les croyances impliquent des concepts qui les satisfassent. Vous devez savoir que Celui qui a connaissance se trouve dans le présent. Alors tout sera révélé.

Toutes les incarnations se comportent différemment. Chaque sage expose un concept différent. Pourquoi en est-il ainsi ? Si vous voulez avoir la réponse, vous devez plonger dans votre véritable nature. Du point de vue d’un véritable dévot, il n’y a rien de mauvais dans le monde. Celui qui comprend ça, ne donne plus de prix à sa personne. Il ne s’approprie plus aucun concept. L’état d’être, dans lequel n’est plus connu le fait « d’être » ou « de ne pas être », est appelé l’Absolu.

Votre pensée crée votre destinée. Le concept de vous-même crée les situations en rapport. Aussi, voyez que vous ne devenez rien. Quand vous voyez votre véritable nature, cela s’appelle la réalisation du Soi. La connaissance « Je suis » est le Dieu suprême. Abandonnez-vous à Lui sans dualité aucune. Vous n’êtes pas différent de la conscience. C’est votre véritable nature.

Nisargadatta Maharaj

Nirupana 68

Extrait de  » Méditations avec Sri Nisargadatta Maharaj » éd.Aluna

2 réponses sur “Nirupana 68 – L’état d’être, dans lequel n’est plus connu le fait « d’être » ou « de ne pas être », est appelé l’Absolu.”

  1. Que dire de plus ? Tout est dit, mais rien n’est dit: c’est l’enseignement sans parole, le dernier mot est au silence(si le silence peut parler…(hum!)
    Mais l’essentiel estd’éviterd’éviter les bavardages (autant pour moi !) Merci Ji-Phi pour ces extraits .

    1. A la joie du partage et de la transmission de ces enseignements essentiels. Là où ils peuvent être appréciés à leur juste valeur, c’est que le processus de reconnaissance de la Conscience par elle -même est déjà à l’oeuvre …

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