Nirupana 117 – réalisation du Soi

Vous voulez beaucoup de choses, mais quelle est l’identité que vous appelez « vous » ? Votre identité présente est de la nature de la nourriture. Le corps est nourriture pour votre conscience. C’est en raison de votre conscience que vous expérimentez le vaste monde. Combien de temps sera-t-elle présente ? Pourquoi vous est-elle présente maintenant, et pourquoi ne l’était-elle pas auparavant ? Vous réalisez beaucoup de choses avec le corps. Quoi qu’il en soit, le corps ne durera pas.

C’est un fait que vous allez mourir. Alors de quelle utilité vous est le monde, la vie mondaine passagère, Dieu et la religion ? Les gens font toutes sortes de choses pour rendre la conscience supportable. Quoi qu’il en soit, ce qui doit arriver, arrivera. Les gens ont l’impression que les difficultés pourront être évitées s’ils font pénitence et récitent le nom de Dieu. Le seul bénéfice est que la peur diminue. Pourquoi êtes-vous anxieux ? C’est le fait d’endurer la conscience. Si nous nous occupons, nous pouvons nous supporter. Quand nous sommes fatigués, nous nous endormons. Le fait d’avoir connaissance que vous êtes, est votre conscience. En raison d’elle, vous avez la capacité de connaître. Vous pourriez appeler la conscience Guru ou Dieu. Méditez sur elle et laissez le reste de côté. Ne mettez jamais sur le même plan la conscience et le corps.

Vous ne pouvez pas obtenir cette intimité parce que vous êtes occupé toute la journée. Mais qui dort la nuit ? N’est-ce pas votre conscience ? Alors, au moins à ce moment-là, méditez sur elle. Jusqu’au moment du coucher, vos pensées continuent d’être actives. C’est comme quand une graine est mise en terre, elle germe et devient un arbre. Rendez-vous à votre conscience. Entretenez le vœu de vous abandonner à la parole du Guru.

Sur ma voie spirituelle, l’effort n’est d’aucune utilité. La conscience est apparue spontanément. Elle s’éclaire elle-même. Si vous essayez d’in- tervenir, ça ne pourra qu’empirer. Quel que soit l’effort qui sera fait, il le sera au travers de votre identification au corps. Que faites-vous avec Cela qui connaît le corps ?

Est-ce que la Foi dans « Je suis » vient avant ou après que vous croyiez qu’il en est ainsi ? La conscience est antérieure à toute manifes- tation. Vénérez ce fait. Est-ce que la conscience a été exportée d’autre part ? Elle s’éclaire elle-même. Vous êtes dépendant de votre intellect. Ne vous laissez pas attraper dans la cage de votre intellect.

Le remède le plus simple est de répéter continuellement : « Jaï Guru, Jaï Guru, Jaï Guru », (Gloire au Guru), sans prononcer de mot jusqu’à ce que vous vous endormiez. De cette manière cela se poursuivra dans le sommeil. Si vous devenez un véritable dévot, vous passerez de l’état de dévot à Dieu. Saint Tukaram dit : « Je ne désire pas l’Atman. Il est préférable que je sois le dévot et que vous soyez Dieu. » Il disait cela après la réalisation du Soi.

Rare est celui qui se considère en tant que conscience. La plupart la vénèrent en tant que Dieu ou Brahman. Tant que les mémoires font des ravages, comment peut-on parler de réalisation du Soi ? Un jour, vous réalisez votre Soi. Alors vous saisissez que le monde est un jeu de la conscience. Le Soi est votre véritable nature, sans forme et emplie de félicité. Elle n’est ni masculine, ni féminine. La conscience identifiée au corps est un déni du Soi. La conscience n’est-elle pas antérieure aux mots ?

Oubliez le mental, restez fixé sur le Soi. Quand il y a une signification donnée à la parole, le mental est présent. Mais si la parole n’a plus de signification, où est le mental ?

Si le mantra « Jaï Guru » est constamment présent, le dévot est plus heureux que quand il dort. Alors, la réussite se montrera en toute chose. Si quelqu’un atteint la réalisation du Soi, où qu’il se rende, l’endroit sera un lieu saint.

Même pour les dieux, un corps humain est rarement disponible. Qui a créé ce magnifique monde ? N’est-ce pas la conscience au travers du corps humain. Adonnez-vous à autant d’activités que vous aimez le faire, mais ne trahissez pas la foi dans votre Soi.

Après la réalisation du Soi, il devient évident qu’il n’y a pas de naissance. Les étoiles ont un effet sur le corps humain. Aussitôt que l’entité qui est née de parents se sépare, une carte instantanée du ciel est mémorisée dans cette entité. Celui qui a pris naissance n’a pas encore d’intellect, cependant un enregistrement des parents est déjà mémorisé. Tout ce qui est enregistré dans cette première image est la destinée. Après cela, ça pourra être un garçon ou une fille. Il y a tant de découvertes dans le monde, mais personne ne sait comment les images ont pris forme dans la conscience. Ainsi, le continuel enregistrement de la parole, du toucher, des formes, du goût et des odeurs se poursuit. Ce fait n’est pas aisément remarqué, mais ceux qui en connaissent le secret transcendent la naissance. Tout ceux qui sont vénérés en tant qu’incarnation de Dieu ont eu un Guru. Personne n’est devenu un sage sans un Guru. Il est convaincu d’être identique à ce qu’évoque la parole du Guru. Cela ne pourra se produire que si la conscience en a l’inspiration et le désir, n’est-ce pas ? C’est pourquoi je ne force rien chez personne. Quand, après l’avoir entendu, cela s’élève de l’intérieur, la qualité du Sans-naissance se révèle. Diriez-vous en toute confiance que vous n’êtes jamais né ? La vue de celui qui voit n’est pas une vision physique. La création entière est contenue dans sa vision, mais il est au-delà de la création. Par l’illusion, il croit qu’il est dans le monde. Le rêve prend naissance en vous, cependant vous rapportez ce que vous faites dans le rêve. L’influence de maya est telle, qu’un être souhaite atteindre un parfait bien-être, tout en croyant qu’il est né.
La conscience est créée à partir de Sattva et est de la nature de Sattva (dans son aspect de force vitale). Mais le jnani réalise qu’il n’est pas Sattva. Sur des millions d’êtres, rare est celui qui n’est pas affecté par tout ce qui se produit dans le monde. S’il vous plaît, ayez du respect pour ces mots que vous entendez. C’est une grande chance pour vous. Alors votre présent sera bienheureux. Il vous servira et vous conduira jusqu’au Suprême.

Nisargadatta Maharaj

jeudi 5 juillet 1979

Extrait de « Méditations avec Sri Nisargadatta Maharaj » éd. Aluna

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