Nirupana 123 – la nature de la Vérité

Cela qui connaît est sans forme. Il est simplement connaissance. N’ayant pas de forme, il n’agit pas. Il est le témoin. Il voit tout. Celui qui est convaincu de ceci, d’ici peu, n’aura plus de désirs.

Vous voyez le ciel. Il est sans limites. De la même façon, vous êtes sans limites. Vous devez être convaincu de ceci. Tant que vous vous considérerez comme une forme visible, vous devrez faire face à la mort. Vous errez à travers le monde entier parce que vous vous considérez comme une forme visible. Jusqu’à la fin de ceci, il n’y aura pas de paix. Si vous aimez entendre ce qui est dit ici, portez-y toute votre attention. En écoutant ceci, la forme visible disparaîtra. « Vous » ne disparaîtrez pas. N’essayez pas de rechercher la nature de la Vérité (votre Soi) – soyez simplement conscient du fait que vous prenez ce qui n’est pas vrai pour vrai.

C’est un fait que, ultimement, la conscience ne vous est d’aucune utilité. En présence du Sadguru elle sera purifiée. Quand cela sera le cas, les gens viendront recevoir votre darshan. Même si vous avez connais- sance que vous n’êtes pas la conscience, les gens viendront encore pour la sainte vision de votre conscience. Mais si vous devenez très érudit, votre conscience identifiée ne disparaîtra pas pour autant. Elle doit s’en aller. La maison est la mienne, mais je ne suis pas la maison. De la même manière, cette conscience est la mienne, mais je ne suis pas la conscience. Chaque forme visible a une durée limitée. Vous dites qu’elle meurt.

Aussi longtemps que vous utiliserez le mot « je », la conscience identifiée au corps ne vous aura pas quitté.

Maya est la combinaison du nom, de la forme et de la conscience. Mais vous êtes celui qui a connaissance de ceux-ci. Celui qui a connais- sance est présent, mais il n’a pas perception d’être celui qui connaît. Trouvez ce que cela veut dire. Celui qui a connaissance, a aussi une fin. Celui qui connaît est celui qui a transcendé la connaissance. Il n’est pas connu de la conscience. Il ressent « Je suis», mais il n’est pas cette sensation. Il est celui qui a connaissance de Cela.

Une mère ressent de la tristesse quand elle capte la douleur de son enfant. Elle a connaissance de la douleur de l’enfant, mais elle n’est pas l’enfant. Pareillement, celui qui a connaissance ne change pas. Il n’est pas l’énergie vitale, aussi ne peut-il pas interférer avec la conscience. Vous voudriez une connaissance qui convienne à votre conscience. Mais la conscience est l’essence des cinq éléments. La connaissance ne peut perdurer quand la conscience s’en va. Vous dites que Celui qui a connaissance n’est plus là, mais qui a connaissance de cela ? Vous dites que rien ne persiste, alors qui pose la question ? Qu’est-ce que vous gagnez à nier tout ceci ? La peur de la mort sera toujours là.

Vous continuez à vivre en acceptant une personnalité – l’ego – « Je suis ceci », « Je suis comme ça ». Sans cela, vous n’êtes pas à l’aise. C’est très rare que quelqu’un vive sans ego. Quand vous n’êtes rien, vous êtes encore capable de dire « Je suis Brahman». Quand je dis : « Je suis celui qui connaît », c’est uniquement pour votre compréhension. La conscience est la maya-racine. Elle est la mère du monde. Elle se tient avec celui qui connaît, comme son ombre.

Une fois que la conscience identifiée a été abandonnée, que devient le mari, et comment est-il en relation avec sa femme ? La conscience est très rusée. Il n’y a pas besoin de dire ce qui va se faire et comment cela se fera. Mais pour un jnani, c’est comme s’il s’agissait de son ombre. La veille, le sommeil, la douleur et le plaisir sont dus à la conscience. Celui qui a réa- lisé cela n’est pas la conscience, la peine et le plaisir peuvent-ils l’affecter ? Je n’ai rien à voir avec la conscience, alors que dire des choses qui sont connues à travers elle ? Si j’accuse quelqu’un d’être fou, c’est une accu- sation de ma propre conscience, puisqu’il n’y a qu’une seule conscience.

Par l’écoute de ceci, vous allez devenir vide. Si vous voulez préserver votre conscience, ne venez pas ici. N’est-ce pas un esclavage ? Cela qui voit le corps se trouve dans le corps. Il s’agit de la conscience. Celui qui en a connaissance ne prend rien de perceptible pour vrai. Le monde est connu au travers de l’ignorance. Personne ne saisit ce fait. Le lieu de naissance de la conscience est l’ignorance. Tout d’abord l’ignorance est créée. Elle fut confinée pendant neuf mois. Alors elle vint au monde. Quand l’ignorance s’en va, la connaissance disparaît aussi.

Ce n’est que par la méditation que vous réaliserez précisément qui vous êtes. Quand la conscience devient pure ignorance, on appelle cela le samâdhi. Même les grands sages n’ont rien à dire au sujet de ce qui fut confiné pendant neuf mois. Qui voit ? La conscience voit, mais les com- portements dépendent de la force vitale. Cela qui considère les images comme vraies est aussi l’ignorance (la Source ultime).

Guru est le mot le plus important de tous. Il ne désigne pas un indi- vidu – une personnalité. Cela à travers quoi la manifestation s’est réali- sée est le Guru. Pour commencer, considérez-vous de la façon suivante : « Je ne suis pas le corps, mais je suis la conscience dans le corps. » C’est difficile de maintenir cet état. C’est pour cela qu’il est identifié à Rama ou Krishna ou Brahman. La meilleure façon de vénérer la conscience est de la prendre pour Guru. C’est comme cela qu’elle est satisfaite. Alors, la dévotion et le dévot deviennent un, et la connaissance devient de nature divine. La conscience est la connaissance. Celui qui a connaissance de la conscience n’a pas la sensation d’être celui qui connaît. Chacun est per- suadé que ce qu’il sait est tout à fait juste. Comme c’est étrange !

En prison, pendant neuf mois, dans l’ignorance, fut créé tout aussi bien la veille que le sommeil, la faim que la soif. La conscience dans le corps est le principal obstacle. Il est nécessaire de faire tant de choses pour la tolérer ! Pour la saisir, la dévotion envers le Sadguru est nécessaire.

Le monde est créé dans une pure ignorance. La sensation « Je suis » est aussi fausse. En raison d’elle vous souffrez. Cette connaissance est vraiment facile et accessible ; pour autant, elle n’a pas beaucoup de preneurs. Les gens sont attirés par ce qui est difficile et compliqué.

De même que le daim possède une substance odorante au niveau du nombril, de même vous pouvez reconnaître le parfum présent dans votre cœur. La conscience dans le corps est l’essence de la nourriture. C’est un parfum. Ce parfum commence à diminuer si le mouvement du prana s’affaiblit par manque d’eau et de nourriture.

Portez votre attention sur celui qui écoute. Quelles informations reçoit-il ? Alors la grâce du Sadguru vous imprégnera.

Nisargadatta Maharaj

dimanche 5 août 1979

Extrait de » Méditations avec Sri Nisargadatta Maharaj » éd. Aluna

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