Nirupana 134 – Jnani

Quand on devient libre de la conscience identifiée au corps, l’affectation générée par les relations s’étiole. Une fois que vous réalisez votre propre identité, vous pouvez aimer chacun.  Le monde entier est votre manifes- tation, votre forme. Tant que vous ne lâchez pas la conscience identifiée au corps, il ne pourra pas y avoir de progression. Il convient de méditer de la sorte : « Cela qui est invisible et peut être séparé du corps est ma véritable nature. Le corps n’est pas mon identité. »

Après avoir transcendé la conscience identifiée au corps, il convient de ne pas négliger de prendre soin du corps. Toutefois, il n’y a plus de passions et de désirs. Une sensation de détachement en même temps que de plénitude apparaît. Tout au long de la journée, un être humain va se distraire dans différents concepts. Les autres êtres (tels que les animaux) utilisent leurs capacités pour leur survie. Quand l’attention se détourne des autres objets, elle se reporte sur le Soi. Quand le mental se détache des objets, il se pose dans le Soi.
Existe-t-il réellement une dualité ? Vous y croyez, alors il y en a une. Est-ce que le soleil considère ses rayons comme séparés de lui ? Devenir un Jnani, c’est devenir pure présence. Alors Maya, Brahman, Dieu, montreront leur irréalité. Seul un Jnani peut reconnaître un Jnani. Où il y a conscience, il y a souffrance. Est-ce qu’il y a de la souffrance dans le corps ? La souffrance est là, tant que la conscience est présente. Il convient de réaliser que la conscience et la souffrance qui l’accompagne ne sont pas ma véritable nature. La naissance entraîne l’état de veille et de sommeil. Il s’agit de deux états. Le Jnani en a connaissance. La conscience ne peut être comprise objectivement. En état de Samadhi, la veille et le sommeil ne sont pas séparés. L’état de Samadhi n’existe pas au niveau du Soi. L’intellect est le jeu du concept « Je suis ». C’est la ficelle qui fait tournoyer le cerf-volant. Le Jnani observe comment la conscience s’éteint. Il n’en est pas affecté. Il a vu Dieu, dont tout ceci est l’expression. Il a aussi vu que Dieu était passager et disparaissait. Les autres êtres vénèrent Dieu dans le but que leur bien-être soit préservé. C’est la différence. Seul un Jnani peut observer que lorsque l’incarnation de Dieu se termine, ce n’est pas sa propre fin. Les autres entretiennent les concepts de paradis et d’enfer.

Ce que le Guru demande que l’on dépose à ses pieds, c’est le soi ; certains y mettent leur corps, mais pas le soi. Si vous voulez devenir un Jnani, vous devez offrir votre soi au Guru. Un Jnani n’est pas la conscience. Il n’est jamais né. Quoi que ce soit qui soit, est la conscience. Le Jnani, en tant qu’Absolu, n’est même pas le témoin. Vous viendrez à connaître, le moment voulu, comment la manifestation prend place. Pour l’instant, contentez-vous de présenter la conscience à la conscience. Il n’est pas nécessaire d’amener Paramatman dans le décor. Une fois que ce mariage sera consumé, vous pourrez faire ce qu’il vous plaît. Une fois que vous aurez transcendé la conscience, vous n’aurez plus aucune anxiété.

Portez votre intérêt uniquement sur comment, pourquoi et quand vous avez été amené à connaître que « vous êtes ». Laissez de côté tout le reste. Ce qui est agité s’apaisera. En tant qu’Absolu, vous êtes déjà tranquille.

 

Nisargadatta Maharaj

samedi 6 octobre 1979

Extrait de « Méditations avec Sri Nisargadatta Maharaj » aux éd. Aluna

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