Nirupana 136 – le mieux à faire est de rester tranquille

 Si chacun souhaite la libération, c’’est parce que personne ne peut supporter la conscience. C’est sans identité.

Tout ce qui existe dans le monde n’est que traditions faites de mots. Toutes les religions sont de simples concepts. Les traditions de mots reposent sur ces concepts.

La connaissance présente dans le corps est unique. Elle est sans forme ou aspect. Il est impossible de dire quand la libération se produira en vous. Quelle que soit la gravité de la situation, le suicide ne devrait jamais être commis. L’expérience du corps humain est difficile à obtenir, même pour les dieux.

Le Jnani est posé dans sa véritable nature. Il n’a pas besoin de Dieu. Le Jnani ne souffre pas du contenu de sa mémoire, quelle qu’elle soit. L’ignorant en souffre par attachement. Si vous n’entretenez pas vos relations, vont- elles toutes mourir ? N’est-il pas vrai que le corps a pris son apparence spontanément ?

Si vous n’étiez pas venu à cet Ashram, vous seriez peut-être mort en espérant ou souhaitant encore quelque chose. En venant  ici, vos espoirs ont disparu. Si vous m’avez compris profondément et avez embrassé cette compréhension, vous pouvez maintenant aller où vous voulez. Si vous vous rappelez ma parole, cette parole fera tout ce que je pourrais faire pour vous. Alors, vous n’aurez plus rien à faire. Quand vous connaissez une personne, vous pouvez être un ami ou un ennemi pour elle. Mais si vous ne la connaissez pas du tout, alors tout est Brahman.

En premier lieu, l’aspirant doit être un chercheur. Il acquiert la nature divine. Ensuite, il doit abandonner sa nature divine. Cela se fait spontanément. Tout ce qui est vu sans effort, est le véritable Brahman. C’est l‘état naturel du Jnani. Il n’a aucun besoin des mots au niveau de son propre Soi.

L’autre jour, une femme occidentale est venue ici. Un Yogi de l’Himalaya, âgé de dix mille ans, lui est apparu en vision et lui a demandé de venir me voir. Il lui a dit qu’elle pourrait le rencontrer une fois qu’elle aurait rencontré Maharaj. Babaji Yogi est identique à l’espace. Je m’adresse à lui de la façon suivante : « Vous avez pris forme, mais pouvez-vous interférer dans les affaires du monde ? Alors pourquoi êtes-vous collé à votre conscience, comme l’est un enfant à une sucette ? N’avez-vous pas connaissance de comment le bail de la vie prend place ? Alors pourquoi devriez-vous vous en préoccuper ? »

Des incarnations renommées sont venues et parties. Pouvaient- elles agir sur la création, le maintien, et la dissolution de la manifestation ? Où étaient-elles quand de grandes tyrannies et calamités se sont produites ?

Celui qui s’est installé dans le Brahma-randhra (chakra coronal et état de conscience correspondant) peut dire : «Le monde est irréel. » Celui qui a mis fin à lui-même (en tant que conscience identifiée au corps) pourra le comprendre. Tout le monde est identifié à des concepts, des traditions de paroles, et des flots de sensations. Un être sur un million s’interrogera sur cela. Rarement, un être portera l’attention sur le Soi et ira à la Source.

Existe-t-il plus grande lumière que celle par laquelle vous avez connaissance d’être ? Vous vous identifiez aveuglément au corps, alors que vous vous éclairez de votre propre lumière. Qui connaît le mental, qu’il soit calme ou agité ? Recherchez celui qui connaît. Si vous croyez vos pensées vous serez déçu. Soyez le témoin des pensées. Ce « Principe » observe tout. Personne ne peut l’observer. Restez en tant que Celui qui voit. La sensation d’être l’acteur est fausse. Vous êtes témoin, aussi restez-le simplement. C’est la seule pénitence que vous devriez pratiquer.

La conscience est apparue sans le savoir. C’est ce que l’on appelle la naissance. Les expériences que vous avez maintenant proviennent d’un état de sommeil (l’ignorance, qui est la conscience identifiée au corps). Dans le sommeil profond, un roi rêve qu’il est un mendiant et alors il s’en va mendier. L’état de rêve le fait mendier bien qu’il soit un roi. Quand le faux état de veille disparaît, il est à nouveau le roi. Alors qu’est-ce qui est vrai dans tout ceci ? Vous n’avez pas de corps. Vous n’êtes pas la conscience. Vous êtes témoin. Tenez-vous à cela uniquement. Alors, il n’est même pas nécessaire de méditer.

Rappelez-vous que Cela par quoi vous avez connaissance d’être est la manifestation de Dieu. Alors, vous n’avez plus besoin d’aller au temple. Le chercheur spirituel ne devrait dévoiler ce secret de son cœur à personne. Soyez un ami fidèle de Dieu, avec la conviction qu’Il est Celui qui écoute, qu’Il est Celui qui parle. Ce n’est pas votre ego. Faites- en une habitude.

La lune, les étoiles, sont à des millions de kilomètres. Elles sont observées par la lumière de votre propre conscience. Cela montre comment s’est déployée la lumière de votre conscience. La lumière est celle du Soi qui est dans votre cœur. La conscience peut-elle appartenir à un individu (qui par ignorance se prend pour un corps) ? Elle appartient uniquement à Dieu qui est l’Infini. Aussi, le mieux à faire est de rester tranquille.

La félicité est de nature divine. Celui qui n’a pas confiance, n’obtiendra aucune joie de tout son bien-être. En tant que disciple du Guru, ne parlez à personne de ce secret dans votre cœur. C’est de l’intérieur que ce qui émane du Guru se fera entendre. En tant que disciple, ne croyez pas à ce que les gens racontent. Ils vous feront vous vautrer dans leurs propres concepts. Ce secret doit rester entre vous et le Guru.

Dieu dit au dévot : « Tu ne mourras pas, parce que ta mort signifierait ma mort. Je suis l’impérissable et immortel Atman. » Vos problèmes sont les problèmes de Dieu. S’il y a des problèmes, répétez « Jaï Guru ». Paramatman, l’Absolu, tient le drapeau de votre conscience. Qui peut l’arracher ? Souvenez-vous qu’Il est présent, et qu’ainsi vous êtes présent. La conscience est votre sentiment d’être, « Je suis ». C’est Dieu. C’est le Guru le plus pur possible. Cela devrait être la foi la plus simple et pure. Vous devriez en premier vous adresser au Divin intérieur. Si vous en parlez aux gens, ils vous mettront à mal avec leurs concepts. Votre conviction doit rester pure et claire. C’est l’essence secrète de tout cela.

Nisargadatta Maharaj

jeudi 11 octobre 1979

Extrait de « Méditations avec sri Nisargadatta Maharaj » aux éditions Aluna

2 réponses sur “Nirupana 136 – le mieux à faire est de rester tranquille”

  1. Il y en aura d’autres, c’est l’instant de la reconnaissance tout à la fois sans cesse renouvelée et toujours une maintenant !
    Une nouvelle traduction est actuellement en cours pour sortir en 2021 pour les 40ans du MahaSamadhi (départ physique) de Nisargadatta. Une occasion d’y découvrir toujours et encore des perles ! ( ou des armes de destructions massives de l’illusion, suivant que l’on ait l’humeur guerrière ou pacifique ! 🙂

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