Nirupana 67 – Vous réaliserez alors que vous n’avez jamais rien fait, et ne ferez jamais rien.

 

La graine plantée par le Guru germera. L’arbre qui poussera est identique au monde. Pour finir, il disparaîtra. Il n’est d’aucune utilité pour vous. Quel que soit votre gain, il sera ultimement inutile, puisqu’il n’y aura plus de forme pour l’apprécier. La mémoire « Je suis » ne restera pas. Quand la conscience n’est pas là, il n’y a pas de besoin d’être heureux, ni d’expérience de souffrance. Tout comme l’enfance ne dure pas, notre individualité ne dure pas. Tout ce que vous n’êtes pas prendra fin aussi, que vous l’aimiez ou non. Le désir d’être mène a des conditions dégradantes, telles que le besoin de manger, de dormir, et de se réveiller, etc., encore et encore. En vérité, votre véritable nature n’a pas de mesure. Elle est sans couleur. Vous ne saurez jamais que vous êtes mort. Comment la mort peut-elle être expérimentée quand il n’y a pas de mort ? La conscience ne restera pas, que cela vous plaise ou non. Quoi que vous ressentiez du corps, cela ne durera pas. Quand vous réalisez en méditation qu’il n’y a rien, qui a connaissance de ça ? Quand la connaissance disparaît, est-ce la mort ?

Tant de noms ont été donnés à la conscience présente dans le corps humain. Cela ne se trouve pas dans le monde objectif. Cela n’est connu de personne. C’est transcendantal. Une personne sur un million le réalise. Elle réalise sa propre naissance. Elle a connaissance que là où il y a la conscience, il y a le monde. Ils vont ensemble. La conscience pure, par laquelle nous faisons l’expérience d’être, est le Sadguru. Ce ne peut être expérimenté objectivement.

Tous les êtres ont le besoin de poursuivre leur existence. C’est entretenu par les cinq sens. Dans le but de l’entretenir, différentes activités sont menées. La dévotion portée à la conscience est son aliment. C’est notre premier amour. C’est la seule chose digne d’amour. Elle est de la nature du Soi. On doit le percevoir directement. Répétez silencieusement : « Guru, Guru, Guru. » Au final, la conscience se dissoudra en elle-même. Vous pourriez perdre votre prana ou votre corps, mais pas la connaissance du Soi.

Le sommeil profond est reposant parce que la connaissance n’est pas là. Le souvenir d’être un homme ou une femme appartient au corps. Il n’y a plus besoin de rien une fois que le corps est oublié. À moins de comprendre votre état d’être présent, vous ne comprendrez pas votre véritable nature. Quand vous lâcherez la sensation d’être un corps, votre individualité deviendra la totalité. Une fois que le corps subtil (la conscience-germe) est réalisé, il devient universel. Tous les noms sont donnés au manifesté. Le monde et Brahman ne sont pas séparés. La lumière de la conscience est appelée le monde. C’est la conscience manifestée qui connaît le monde à travers elle. On la nomme « les pieds du Guru », et elle est vénérée.

Dans une première étape, on devrait s’isoler et s’asseoir pour s’intérioriser, en portant l’attention sur notre propre conscience – le Guru. Pendant l’état de veille, n’oubliez pas que vous êtes pure conscience. Il doit être fermement établi que « Je suis » est antérieur à tout ce que je vois. Vous réaliserez alors que vous n’avez jamais rien fait, et ne ferez jamais rien.

Quand les émotions s’apaisent, il n’y a plus le besoin d’aller quelque part. L’intellect machiavélique ne vous apportera aucune satisfaction. La juste discrimination et la foi sont essentielles. L’entière existence du monde est en vous. Tout comme l’araignée forme une toile de sa salive, l’univers est formé de votre propre lumière. C’est une servitude que de croire que vous vivez dans la lumière du monde. C’est complètement l’inverse.

Toutes les actions prennent place avec le support des mots (concepts mentaux). Celui qui se trouve dans la vacuité du corps subtil s’éveille s’il se réalise par les mots. Qu’est-ce que le corps subtil et quand vient-il à exister ? C’est Cela par quoi nous percevons « Je suis ».

Il n’y a pas d’autre Dieu que le dévot. En tant que Dieu, il est conscience. Vous le prenez pour un corps et êtes convaincu qu’il mourra. L’univers est fabriqué par votre seule conscience. Portez attention constamment à votre véritable nature. Si cela n’est pas facile, répétez : « Guru, Guru, Guru. » Celui qui est sans peur ne meurt pas.

Nisargadatta Maharaj
Nirupana 67

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