Nirupana 73 – le mental devient silencieux

Tout ce qui est perceptible, l’est au travers de la capacité des sens. C’est perceptible par Celui qui ne peut être perçu par les sens (l’Absolu non manifesté est antérieur au monde manifesté, le non connu est antérieur au connu).

Parfois, il est dit que tout cela est néant, mais celui qui observe le néant, est-il néant ? Méditez de telle manière que vous en oubliiez que vous méditez. La Vérité se révélera à celui qui s’oublie. Celui qui a saisi cela n’a pas besoin de s’asseoir en méditation. Poursuivez la récitation du mantra. Même sans le répéter, il faut savoir que cela se poursuit intérieurement. C’est même depuis la naissance de ce corps que cette incantation se poursuit. Cette incantation cesse seulement quand l’individu décède.

Nous possédons tous un fort désir de nous assurer de la protection de notre existence. Quand ceci est mis en question, la peur apparaît. Tenez les pieds de Celui qui fait disparaître la peur par sa présence. Tenez les pieds de la conscience. C’est en vous en permanence. Guru signifie la conscience.

Ne vous prenez pas pour un individu. C’est l’origine première de la peur. Oubliez ce que vous avez lu. Tous les hatha-yogis et ceux qui ont réveillé la Kundalini ont disparu dans la conscience. Le corps peut être fort et faible, mais celui qui en est le possesseur est le même. Atteindre le samâdhi par la sexualité est une idée stupide. La réalisation du Soi n’a rien à voir avec cela.

 Toutes les religions possèdent leur traditions, emplies de concepts. Elles sont faites de rituels. Quand on retire les concepts, le silence est là. L’ignorance est en échec dans la réalisation du Soi. Les conflits d’opinions commencent avec la perception du corps. Les gens prennent pour vrai ce qu’ils entendent. Personne n’est attentif à son propre Soi. Ô combien l’expérience du monde, qui est apparue avec le souffle, semble digne de confiance ! Que se passe-t-il quand la respiration s’arrête ? Vous êtes fier de votre religion, mais combien de temps passez-vous en votre propre compagnie ?

Celui, qui expérimente le jour et la nuit, est en nous. S’il avait été conscient de son existence avant la naissance, il ne serait pas né. Il ne prendrait plus forme. Il ne voudrait pas mijoter dans la matrice pendant neuf mois. Il est possible de supporter l’impureté dans la matrice parce que la conscience ne s’est pas encore manifestée.

Chacun croit ce qu’il entend ou voit. Avec l’attachement qui en résulte, il y a ensuite urgence d’agir selon l’inclination du mental. Quand vient un dégoût de cela, on parle de détachement – de retournement. Ceci apporte la perfection. Il n’y a plus de sens d’exister, aussi la joie et la peine deviennent sans signification. Le malheur est ce que quelqu’un n’aime pas. Le bonheur est ce que quelqu’un aime. Ils dépendent de l’existence du temps. Vous comprendrez la signification de ceci, quand vous réaliserez que les choses arrivent par la nature du temps et que vous n’êtes pas affecté par elles.

La plus haute pratique spirituelle est l’art de la juste discrimination. C’est le Sadguru. Il rend toute chose facile. Sans blesser personne, observez-vous minutieusement. De cette manière, la joie se lèvera en vous. C’est une grande fortune quand cela se produit. L’Atman est alors comblé. Tenez-vous aux pieds de Cela par quoi vous avez la connaissance de « Je suis » et que « le monde est ». Votre conscience possède des qualités. La somme totale des manifestations du monde est Dieu. La conscience est antérieure au monde. « Celui qui connaît » est antérieur à la conscience. C’est ainsi. Vous vous comportez en tant que corps. Quand le prana est prêt à s’en aller, vous ressentez que vous allez mourir. Alors vous expérimentez la peur.

Dieu est connaissance. Abandonnez-vous à Lui. Il est aussi l’Atman. Il est le monde. Aucune preuve n’est nécessaire pour cela. Avez-vous besoin d’une preuve que vous vous êtes réveillé ce matin ? Ne considé rez pas la conscience comme un corps. C’est un acte blasphématoire. La connaissance est puissance. Elle est identique à Purusha. Tant que vous ne vous serez pas éveillé à la parole du Guru, la peur de la mort ne s’en ira pas. Vous ne mourez pas ; seul le corps est oublié. Quelle lumière rend le corps pur ? N’est-ce pas la lumière de l’Atman, votre vraie nature ? Celui qui connaît la conscience est infini et éternel. Celui qui est antérieur au corps est celui qui connaît véritablement.

Doit être présente la conviction d’être la conscience, la connaissance « je suis », telle qu’enseignée par le Guru. Une fois atteinte la connaissance du Soi, vous vivrez à partir de votre dimension intemporelle. Alors, le temps n’aura plus de mesure. Si vous avez foi dans le Guru, alors, ayez foi dans la connaissance de votre être. Par la foi en Sri Krishna, Arjuna fut libéré par l’écoute de Sa parole. La conscience, qui est de la taille d’une graine de sésame, s’est déployée à tout le cosmos. Ne perdez pas votre divine foi en la conscience. C’est la plus haute forme divine. Le conseil du jnani n’est pas le produit d’une fierté. La signification de la parole du Guru est notre vraie nature. Par une telle méditation, le mental devient silencieux. Il en résulte le détachement. Ne parlez pas de ceci à d’autres sans discernement.

Nisargadatta Maharaj

dimanche 12 novembre 1978

Extrait de  » méditations avec Sri Nisargadatta Maharaj » éd. Aluna

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