Premiers discours 8 – parce qu’ils s’identifient avec le corps, ils échouent à contacter leur vrai Soi

Aucune créature vivante
ne peut être sans que Dieu soit !

Alors que Bhagavan Krishna est en train d’amener son conducteur de char Daruka à réaliser sa vraie Nature, Il lui dit: «Je suis, en eux, le Soi de mes dévots, sans qu’ils en aient connaissance. Et parce qu’ils s’identifient avec le corps, ils échouent à contacter leur vrai Soi. »

Même dans ce cas, le Vénérable est en eux.

Krishna poursuit: «Bien que ces mots annoncent la fin de ma forme physique, Je suis et Je serai toujours présent dans le Cœur de mes fidèles. » Dieu est présent en chaque être vivant. Il est toujours entier et non pas plus ou moins selon les circonstances. Sans la présence de Dieu en nous, nous ne pouvons pas connaître notre existence. Bhagavan dit à Daruka: «Je suis là avec Mon dévot, avant qu’il ne répète Mon nom. Un tel dévot médite sur Moi et répète Mon nom selon sa foi. »

En répétant le nom de Dieu, nous sommes conscients de Lui, où qu’Il soit. Un dévot peut répéter le nom de n’importe quel Dieu; il réalisera de la sorte son propre Atman. En chantant le Mantra, les pensées seront dissoutes une par une et nous nous observerons dans un état sans pensée. Ceci rendra progressivement le dévot libre de l’identité corporelle et de tous les désirs.

Ce que notre Maître intérieur, le Sadguru, nous donne, c’est la réalisation de notre propre Soi. Celui qui vénère le Soi avec foi et conviction devient libre de toutes les erreurs des visions et devient très sage. Pour un sage, tous les êtres vivants sont équivalents au Soi. Quand il y a identité corporelle, il y a différents désirs et envies. Quand vous perdez l’intérêt pour ceux-ci en raison de l’absence de passion mondaine, il y a connaissance du Soi.

Nous devrions nous évoquer conformément aux paroles du Sadguru. En méditant sur le Soi, il ne faut pas oublier que c’est sur notre vraie nature que nous méditons. Notre corps est responsable de l’entretien de la mémoire d’être un homme ou une femme. Par contre, celui qui se souvient du corps et de sa couleur, mais qui a la conviction intérieure qu’il n’est pas limité à cette forme, celui-là accède à une connaissance pure. Quand vous méditez sur ces mots, cela a plus de valeur que le fait de donner en offrande un million de vaches! Une telle méditation, accomplie même une seule fois, est suffisante pour «satisfaire» Paramatman. Celui qui se stabilise dans une telle méditation n’est pas affecté par la mémoire de «Je suis le corps», tout comme nous ne sommes pas le vêtement que nous portons. Celui qui a pris l’initiation du Sadguru ne peut plus envier personne, à cause de son sentiment d’unité avec tous.

Vous pouvez poursuivre vos activités quotidiennes comme habituellement. Ce corps est destiné à l’effort et à l’activité. Celui qui se voit comme pure Conscience est sans limites. Celui qui est dans la béatitude du Soi est entouré de joies et de plaisirs mondains de toutes sortes. Le mirage est faux, mais il apparaît par la présence du soleil, qui est vraie. Notre expérience et la connaissance des objets sont dues à l’Atman. C’est Dieu lui-même. Une fois que vous avez la connaissance véritable, vous ne devez plus l’oublier ou la mettre de côté. Vous pouvez évoluer dans le monde comme vous le souhaitez, sans pour autant oublier votre vraie nature. Votre Conscience ne doit pas se limiter au corps, mais être partout. De Celui qui s’est réalisé comme l’Atman, pourquoi ne chanterions-nous pas des chansons louant Ses réalisations et Sa grandeur ?

Nisargadatta Maharaj

6 février 1955

Extrait de « Premiers discours » aux éd. des 2 Océans

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